Bridgestone

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bridgestone
logo de Bridgestone
illustration de Bridgestone

Création 1931
Fondateurs Shōjirō Ishibashi
Personnages clés Shōjirō Ishibashi
Forme juridique Kabushiki kaishaVoir et modifier les données sur Wikidata
Action TSE : 5108
Slogan Votre Route, notre passion
Siège social Tokyo
Drapeau du Japon Japon
Direction Masaaki Tsuya (PDG)
Activité fabricant de pneus
Produits Pneumatiques
Équipement de golf
Bicyclettes
Produits industriels
Sociétés sœurs Firestone
Effectif 157 000 (2016)
Site web www.bridgestone.com

Chiffre d’affaires en augmentation 34,1 milliards (USD) (2015)
Résultat net en diminution 2,55 milliards (USD) (2015)

Bridgestone Corporation (株式会社ブリヂストン, Kabushiki-gaisha Burijisuton?) (TSE : 5108) est un fabricant japonais de pneus fondé en 1931 par Shōjirō Ishibashi à Kurume au Japon. Le nom Bridgestone provient de la traduction et de la transposition en anglais de ishibashi, signifiant pont de pierre en japonais. Bridgestone est en 2015 le plus gros groupe pneumatique mondial en termes de chiffre d'affaires, légèrement devant Michelin[1].


Histoire[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Né en 1889 dans la préfecture de Fukuoka, Shōjirō Ishibashi reprend l’entreprise familiale à 17 ans, spécialisée dans le textile. Il se lance ensuite dans la fabrication de semelles en caoutchouc, avant d’investir le secteur automobile.

Le premier pneu Bridgestone est fabriqué le 9 avril 1930 par la marque Japonaise Tabi de Shojiro Ishibashi[2]. Un an plus tard, le 1er mars 1931, Ishibashi profite de l’indépendance de la division Pneu de Tabi pour fonder Bridgestone, en s’inspirant de son propre nom (‘’Ishi’’ = Stone, ‘’Bashi’’ = Bridge)[3].

Pour sortir de la dépendance vis-à-vis des technologies européennes et nord-américaines, Bridgestone Tyre CO., Ltd. fabrique des pneus entièrement basés sur des technologies japonaises. Les premières années, l’entreprise rencontre des difficultés sur les terrains technologiques, productifs et de la vente. Mais l’amélioration de la qualité et des process de fabrication permettent à Bridgestone de prospérer à la fois au Japon et à l’international.

« Servir la société avec des produits de qualité supérieure » : telle est la philosophie de Shojiro Ishibashi. Cette dernière a permis de consolider la stratégie de développement et les valeurs du groupe. Elle est basée sur plusieurs piliers qui correspondent à des expressions japonaises et régissent les façons de travailler des collaborateurs du groupe[4].

Historique pendant et après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Les restrictions subies par le Japon au cours de la guerre affectent fortement l’activité des pneus. Presque toute la production de Bridgestone se destine aux besoins de l’armée. Si la guerre s’achève en 1945, l’entreprise comme le pays sont dévastés ; le quartier général est détruit au cours de bombardements aériens et tout ce que l’entreprise possédait à l’étranger est perdu. Mais les usines de Kurume et Yokohama sont épargnées et la production peut reprendre dès le lendemain de la guerre. À l’issue d’une grève qui dure 46 jours, la pérennité de l’entreprise est sauvegardée.

Bridgestone débute une production de motos, mais la part principale de son chiffre d’affaires demeure la vente de pneus à des concurrents qui fabriquent des motos tels que Honda, Suzuki et Yamaha avant que l’entreprise ne se décide à cesser définitivement son activité moto[5].

Innovation technologique[modifier | modifier le code]

En 1951, alors que Bridgestone enclenche un plan de modernisation de cinq ans, elle est la première entreprise à commercialiser des pneus à rayons[5]. Une nouvelle usine Bridgestone ouvre à Kyobashi (Tokyo), là où se trouve aujourd’hui le musée Bridgestone. Le chiffre d’affaires dépasse les dix milliards en 1953, ce qui place l’entreprise au sommet de l’industrie du pneu au Japon. Bridgestone fête ses 25 ans à Kurume[6].

La vente de pneus en nylon débute en 1959[7] et une nouvelle usine ouvre à Tokyo en 1960 afin de subvenir à la demande du marché de la motorisation en forte expansion[8].

Pneus à carcasse radial et expansion internationale[modifier | modifier le code]

En 1973, alors que le Japon connaît une stagnation économique en raison du premier choc pétrolier[9], l’entreprise se focalise de plus en plus sur son développement technologique autour de la fabrication de pneus radiaux ; le Super Filler Radial arrive sur le marché en 1978, et en 1979 l’entreprise propose le pneu haute-performance Potenza. Bridgestone s’engage très largement dans une expansion internationale, marquée par son implantation en Indonésie et en Iran en 1976[10]. L’entreprise investit aussi dans un fabricant de pneus Taïwanais et s’offre une usine de pneus et une usine de produits diversifiés en Australie en 1980.

Le fondateur de l’entreprise Shojiro Ishibashi meurt le 11 septembre 1976[11].

Le 1er mars 1981, Bridgestone fête son 50e anniversaire. Au même moment, l’entreprise met en œuvre une stratégie de renforcement de ses activités japonaises avec l’objectif de devenir l’un des trois premiers fabricants de produits en caoutchouc. De nouvelles usines s’installent en Thaïlande, Inde, Pologne, Chine, États-Unis et d’autres pays[12]. L’entreprise est rebaptisée en 1984 : Bridgestone Tyre CO., Ltd devient Bridgestone Corporation[13].

Le Groupe achète Firestone en 1988.

L’implantation internationale de Bridgestone[modifier | modifier le code]

Bridgestone dans le monde[modifier | modifier le code]

Bridgestone dispose de nombreuses usines de fabrication dans de nombreux pays autour du globe. En avril 2011, l’entreprise possède 47 usines de pneus, 19 de matériaux bruts, 89 de produits diversifiés, 4 centres techniques et 11 terrains d’essais internationaux[14].

Parmi les nombreux pays qui accueillent une ou des usines Bridgestone :

Europe Amériques Asie/Océanie Moyen-Orient/Afrique
Belgique Argentine Australie Afrique du Sud
France Brésil Chine (jusqu’en 2019) Cameroun (à partir de 2020)
Hongrie Canada Inde Kenya (à partir 2023)
Italie Costa Rica Indonésie
Pologne Mexique Japon
Portugal États-Unis Taiwan
Espagne Venezuela Thaïlande
Turquie Colombie Vietnam
Biélorussie (à partir de 2026) Bolivie (à partir de 2027) Myanmar (à partir de 2021)
Estonie (à partir de 2024) Puerto Rico (à partir de 2025) Corée du Sud (à partir de 2022)

Bridgestone en Europe[modifier | modifier le code]

Le siège de Bridgestone UE est situé à Bruxelles (Belgique) depuis 1972[15]. Il y a 7 usines sur le continent et un centre de R&D de 32 hectares près de Rome (Italie). L’entreprise commercialise plus de 25 millions de pneus chaque année via ses 17 filiales nationales et ses deux distributeurs. Elle emploie directement plus de 12 000 personnes sous la direction de son PDG, Monsieur Tsuya.

Bridgestone dispose de QG nationaux dans plusieurs grandes villes européennes : Vienne, Autriche; Prague, République Tchèque; Hinnerup, Danemark; Vantaa, Finlande; Fresnes, France; Bad Homburg, Allemagne; Athènes, Grèce; Budapest, Hongrie ; Dublin, Irlande; Milan, Italie; Moerdijk, Pays-Bas; Oslo, Norvège; Varsovie, Pologne; Alcochete, Portugal; Madrid, Espagne; Sundsvall, Suède; Spreitenbach, Suisse, et Warwick, Royaume-Uni. Bridgestone EU opère le système Truckpoint qui permet aux flottes de véhicules de se rendre dans les garages approuvés par l’entreprise en Europe et d’obtenir le travail spécialisé Bridgestone sur leurs pneus.

Bridgestone en France[modifier | modifier le code]

Activité[modifier | modifier le code]

Bridgestone France est une entité de Bridgestone EMEA, filiale régionale du groupe Bridgestone, dirigée par Benoit Raulin (Directeur Général France & Benelux)[16]. En France, l’entreprise réalise un chiffre d’affaires de 1,1 milliard d’euros et emploie près de 5000 personnes. Elle est basée à Massy en région parisienne et à Béthune, où se situe son siège social, implanté depuis plus de 50 ans dans la région.

En France, le groupe Bridgestone est présent sur les segments de marché suivants : véhicules particuliers, moto, poids lourds, génie civil, agraire, flotte, rechapage.

Filiales et réseaux de distribution[modifier | modifier le code]

Bridgestone dispose d’un réseau de distribution dense :

  • Acquisition du réseau Speedy en 2016 (500 points de vente en propre et franchisés)
  • Acquisition du réseau Côté route en 2017 (120 points de vente en propre et adhérents)
  • Acquisition de la filiale First Stop en 2017 (350 points de vente)
  • Acquisition de la société Pneus à Bas prix en 2016 avec des agences dans le Nord-Ouest de la France[17]

Le site de production de Béthune[modifier | modifier le code]

L’usine Bridgestone de Béthune, implantée depuis 1961, est un des premiers sites européens de production du groupe. Elle regroupe la production de pneus de la marque Bridgestone et Firestone, ainsi qu’un centre de stockage central pour toute l’Europe. Avec 1 100 collaborateurs, le site de Béthune produit en continu 24h/24 pour fabriquer 16 000 pneus par jour. C’est le plus grand site de production européen Bridgestone de pneumatiques hiver[18].

Avec l’agence intérim Randstad, hébergée sur place, le site abrite une formation interne : « Le campus des Métiers de Bridgestone Béthune »[19].

Activités[modifier | modifier le code]

Les ventes nettes de Bridgestone atteignent 35,1 milliards de dollars en 2012 (en augmentation de 0,5 % par rapport à 2011). Géographiquement, les ventes se répartissent entre les Amériques (44 %), le Japon (23 %), l'Europe (11 %) et le reste du monde (11 %). Bridgestone est dirigé par Masaaki Tsuya[20].

Pneumatiques[modifier | modifier le code]

Dans le monde du pneumatique, Bridgestone est l'un des plus gros manufacturiers. Ses activités autour du pneumatique touchent l'ensemble du TC4 (Voiture de tourisme, 4X4/SUV, utilitaire), la moto, les poids lourds, le génie civil ou encore l'agraire. Pour le marché européen, l'entreprise japonaise possède son siège social en Belgique, 9 usines en Europe, un centre de R&D (recherche et développement) en Italie[21]. Côté innovation, Bridgestone a lancé, en 2016, le pneu Driveguard, un nouveau pneu bénéficiant des avancées technologiques de la marque. Le Driveguard est un pneumatique dit "auto-réparant" grâce à sa technologie "Cooling Fin"[22]. Cette technologie permet notamment de conserver le contrôle de son véhicule lors d'une crevaison et ce même si la pression du pneumatique tombe à 0. Même si la bande de roulement est percée, le pneu Driveguard permet de rouler 80 km à 80 km/h. S'équiper de pneus Driveguard nécessite de posséder les capteurs TPMS. Bridgestone a produit son premier pneu à carcasse radiale en 1967.

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

Le budget alloué à la recherche et au développement est de 956 millions de dollars (en diminution de 1,4 % par rapport à 2011).

Bridgestone conduit ses activités de R&D dans une optique "dan totsu"[23] (le meilleur du meilleur) afin de maximiser la qualité et de baisser les coûts de production. Dans le cadre du développement de pneumatiques dits "verts", le Groupe a adopté une feuille de route à horizon 2050.

Comme pour la plupart des pneumaticiens qui doivent faire face à des contraintes réglementaires accrues en termes d'émissions de CO2 et de consommation énergétique, le travail de R&D met l'accent sur la résistance au roulement qui est un élément déterminant à prendre en compte pour mesurer l'efficacité énergétique d'un véhicule[24]. La ligne de produits Ecopia est développée dans cette optique (elle équipe notamment les Toyota Prius)[25],[26]. Pour renforcer la sécurité des automobilistes, Bridgestone développe également des pneumatiques pouvant continuer à rouler même après une crevaison.

Partenariats et mécénat[modifier | modifier le code]

Fondation Ishibashi[modifier | modifier le code]

Sensible aux arts dès son plus jeune âge, et tout particulièrement attiré par le courant impressionniste européen, Shojiro Ishibashi commence une activité de collectionneur à la fin des années 1930 et fonde, en 1952, le musée Bridgestone au cœur de Tokyo[27]. Ce dernier intégrera la Fondation Ishibashi pour l’art, en 1956. En 1955, Shojiro Ishibashi finance la construction du pavillon Japonais à la Biennale d’arts de Venise, conçu par l’architecte Takamasa Yoshizaka et inauguré en 1956.

À la mort du fondateur en 1976, son fils Kan’ichiro Ishibashi et son petit-fils Hiroshi Ishibashi poursuivent son action. La Fondation Ishibashi conserve aujourd'hui plus de 2600 œuvres, dont de nombreux tableaux impressionnistes et contemporains.

En 2017, le Musée d’Orsay et le Musée de l’Orangerie à Paris, ont organisé en collaboration avec la Fondation Ishibashi, l’exposition « Tokyo-Paris - Chefs-d’œuvre du Bridgestone Museum of Art de Tokyo, Collection Ishibashi Fondation » du 5 avril au 21 août[28]. Les 76 œuvres exposées représentaient des artistes peintres tels que Claude Monet, Auguste Renoir, Paul Cézanne, Pablo Picasso ou encore Jackson Pollock mais aussi des œuvres de l’artiste peintre japonais Kazuo Shiraga.

Partenariat mondial avec les Jeux Olympiques[modifier | modifier le code]

Bridgestone est partenaire mondial des Jeux Olympiques depuis 2014, aux côtés du Comité International Olympique. Ce partenariat s’étendra jusqu’en 2024[29] et concernera les éditions suivantes des Jeux Olympiques :

  • PyeongChang : hiver 2018
  • Tokyo : été 2020
  • Beijing : hiver 2022
  • Paris : été 2024

Annoncé le 13 juin 2014, ce partenariat a été reconduit au 1er janvier 2017. La campagne de Bridgestone « Poursuis ton rêve, quoi qu’il arrive »[30] a pour objectif de soutenir les valeurs de l’Olympisme et de promouvoir une culture du respect et du dépassement de soi.

En France, cette campagne est incarnée par quatre ambassadeurs[31] : Christophe Lemaitre, médaillé de bronze au 200 mètres lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016, Pierre Vaultier, médaillé d’or en snowboard cross aux Jeux Olympiques d'hiver de Sotchi en 2014, Sarah Ourahmoune, médaillée d’argent en boxe aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, et Charline Van Snick, médaillée de bronze en judo lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012.

Le Groupe est également partenaire des Jeux Paralympiques de Tokyo en 2020 et de l’équipe paralympique américaine jusqu’en 2024.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Leading tyre manufacturers », sur Tyrepress (consulté le 29 mars 2016)
  2. Histoire de la marque Bridgestone, Le repaire des motards
  3. Bridgestone, l'histoire d'un géant du pneu, Auto-Lifestyle.com
  4. Valeurs de la marque Bridgestone, site Bridgestone
  5. a et b Historique de la marque Bridgestone, Le repaire des motards
  6. Histoires des pneus Bridgestone, Oponéo
  7. Pneus Bridgestone : une marque leader
  8. L'oligopole du pneumatique : Globalisation des manufacturiers français, japonais et américains en Asie, Françoise Guelle
  9. ECH : un moment ébranlé, le Japon se ressaisi, Les Echos, 7 octobre 2003
  10. Tire Business : 28th Annual Report, 2013
  11. Quand un collectionneur japonais se passionne pour des œuvres occidentales, L'Humanité, 7 aout 2017
  12. Bridgestone corporation company-histories.com
  13. 3 aout 1900 : création de Firestone Tire and Rubber & Co
  14. Localisations de Bridgestone, site institutionnel
  15. Historique de Bridgestone, Le repaire du motard
  16. « La France est notre premier marché d'Europe et reste prioritaire ! , selon Benoit Raulin (DG de Bridgestone) », Boursorama,‎ (lire en ligne)
  17. « Bridgestone entre au capital de la société Pneu à Bas Prix », Décision atelier,‎ (lire en ligne)
  18. « Chez Bridgestone l'activité reprend », sur lavoixdunord.fr,
  19. « Comment Bridgestone fait face au manque de main d'oeuvre », sur lavoixdunord.fr,
  20. Rapport annuel 2012, site de Bridgestone
  21. Bridgestone Corporate, Site institutionnel de la marque
  22. Pneu Driveguard Bridgestone, 1001pneus.fr
  23. Bridgestone, site institutionnel de la marque
  24. Résistance au roulement, eco-conduite.com
  25. Site Ecopia au 31/12/2013
  26. Site consacré à Ecopia au 31/12/2013
  27. « Tokyo-Paris Chefs-d’œuvre du Bridgestone Museum of Art, Collection Ishibashi Foundation | Musée de l'Orangerie », sur www.musee-orangerie.fr (consulté le 27 février 2018)
  28. « Les trésors du musée Bridgestone de Tokyo à l'Orangerie du Jardin des Tuileries », Le blog de Thierry Hay,‎ (lire en ligne)
  29. (en) « Bridgestone, partenaire mondial TOP jusqu'en 2024 », International Olympic Committee,‎ (lire en ligne)
  30. « "Poursuis ton rêve, quoi qu'il arrive", avec Bridgestone », sur FranceOlympique.com, (consulté le 27 février 2018)
  31. « Poursuis Ton Rêve Quoi Qu'il Arrive », sur poursuistonreve.fr, (consulté le 27 février 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]