Aiguèze

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Aiguèze
Le village d'Aiguèze surplombant l'Ardèche.
Le village d'Aiguèze surplombant l'Ardèche.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Pont-Saint-Esprit
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Gard rhodanien
Maire
Mandat
Alain Chenivesse
2014-2020
Code postal 30760
Code commune 30005
Démographie
Gentilé Aiguezois
Population
municipale
216 hab. (2013)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 18′ 15″ Nord 4° 33′ 23″ Est / 44.3042, 4.5564
Altitude Min. 40 m – Max. 405 m
Superficie 20,03 km2
Localisation

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Aiguèze

Aiguèze est une commune française située dans le département du Gard, en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Géographie[modifier | modifier le code]

Depuis la Révolution, qui lui fit perdre les terroirs des communes actuelles de Laval-Saint-Roman dans le Gard et de Saint-Martin-d'Ardèche en Ardèche, la commune est en grande partie constituée de bois et de garrigues en bordure du vaste plateau urgonien (altitude moyenne 300 à 400 m) que trouent les gorges de l'Ardèche : toute la moitié sud du canyon est sur son territoire. Le village qui, vu de l'Ardèche côté nord, est en raide surplomb sur la rivière, se trouve en fait dans une légère combe, sur une faille propice aux sources ou résurgences - d'où son nom qui rappelle l'eau, aigo. Une étroite paroi calcaire verticale exhausse le bord de la falaise et a permis l'installation précoce d'une forteresse (restes de donjon et de tour des XIe et XIIe siècles dominant au sud le village, au nord toute la perspective de fin de l'Ardèche jusqu'au Rhône et au mont Ventoux).

Le reste du terroir est composé d'alluvions anciennes, souvent caillouteux, propice au vignoble et à l'olivier, avec le vallonnement du ruisseau ou vallat d'Aiguèze au lit partiellement asséché (moulin ancestral de la Roquette).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Perché sur la falaise qui domine l'Ardèche à la fin de ses gorges, la forteresse d'Aiguèze (XIe-XIIe siècle) évoque les rivalités entre les barons d'Aiguèze, vassaux des comtes de Toulouse, et les comtes-évêques de Viviers. La concurrence entre ces deux grands seigneurs se termine lors de la croisade contre les Albigeois et la victoire du roi de France allié au Pape.

Lors de la Guerre de Cent Ans, la région est régulièrement ravagée par les grandes compagnies (soldats déserteurs et bandits de grand chemin) : c'est la période des Jacqueries. Dans la région, les Tuchins s'emparent de plusieurs cités, dont celle d'Aiguèze en enivrant la garnison. Le roi de France mobilise une véritable armée pour reprendre la forteresse qu'il détruit de fond en comble : en 1384, il reste neuf feux à Aiguèze, alors qu'aux temps de sa splendeur 500 hommes d'armes et plus d'un millier de personnes y vivaient. Aiguèze ne s'en remettra jamais.

Dans la deuxième moitié du XVe siècle, la population est partiellement revenue. Un hôpital fortifié est construit. Au siècle suivant, l'église est agrandie (porche de 1552) et de nombreux bâtiments sont relevés. Dans bien des maisons, les rez-de-chaussées ont des voûtes romanes du XIe ou XIIe siècle, et les étages des fenêtres à meneaux Renaissance.

Le XIXe siècle est celui d'une relative prospérité agricole en polyculture et petit élevage. Une filature de soie s'installera sur la Roque surplombant l'Ardèche. À la fin du siècle, la crise du phylloxéra anéantit le vignoble. Le début du XXe siècle a deux visages : Aiguèze paie un lourd tribut à la Grande Guerre : un tiers des hommes valides n'en reviennent pas. Mais grâce notamment au mécénat de Mgr Fuzet, archevêque de Rouen et enfant du pays, Aiguèze change tout en conservant son caractère médiéval : autour de 1915, plantation de platanes, aménagement du jeu de boules, rénovation de l'église (clocher octogonal devenu gothique, fresques néo-gothiques de la nef), restauration de l'Escalo, chemin qui descend du Castelas jusqu'à l'Ardèche où se dressent les ruines de Borian, un ancien hameau de pêcheurs. Depuis 1905, un pont suspendu au quartier de la Blanchisserie relie Aiguèze à Saint-Martin-d'Ardèche.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1965 1972 Rolland Chenivesse    
1972 1983 Jean Arnaud    
1983 2001 Robert Coste    
2001 2014 Roland Vincent DVD  
2014 en cours Alain Chenivesse DVD Retraité
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Communauté de communes[modifier | modifier le code]

Aiguèze fait partie de la Communauté de communes de Valcèzard et de la Communauté d'agglomération du Gard rhodanien.

Canton[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitant(e)s s'appellent des Aiguezois(es)[1]. Les habitants sont surnommés Rasclets par les habitants de Saint-Martin-d'Ardèche en bord de rivière, qu'eux-mêmes dénomment des Trempe-quieù. On se perd en conjectures sur le sens de ce surnom, lo rasclet étant en occitan, domaine provençal-rhodanien, un râle d'eau, oiselet présent localement[2]. S'agit-il d'une éponymie au titre qu'un Aiguézois serait râleur, ou d'une métathèse par péri-francisation du verbe rascla/râcler, suggérant une âpreté sinon au gain, du moins à la conservation avide de ce qui est en propre ? Même le conte provençal de la vielha cabrassa d'Igueso qui ne voulait pas passer l'Ardèche, faisant choir lo Tonin et sa frenno dins l'aigo ne donne pas d'éclaircissement convaincant (il ferait plus figure de témoignage de l'attachement communautaire véritablement profond liant les Aiguézois entre eux, cabras incluses).

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 216 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
410 411 496 714 553 545 523 493 486
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
515 513 517 417 434 435 417 385 401
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
354 352 301 235 223 222 189 175 165
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008 2012
190 206 161 182 215 204 220 225 216
2013 - - - - - - - -
216 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est la suivante :

  • 50 % d’hommes (0-14 ans = 13,6 %, 15 à 29 ans = 20,9 %, 30 à 44 ans = 16,4 %, 45 à 59 ans =25,5 %, plus de 60 ans =23,6 %)
  • 50 % de femmes (0-19 ans = 17,3 %, 15 à 29 ans = 10,9 %, 30 à 44 ans = 19,1 %, 45 à 59 ans =25,5 %, plus de 60 ans =27,2 %).

Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est égale à la population féminine.

Pyramide des âges à Aiguèze en 2007 en pourcentage[5].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,9 
90  ans ou +
0,9 
8,2 
75 à 89 ans
12,7 
14,5 
60 à 74 ans
13,6 
25,5 
45 à 59 ans
25,5 
16,4 
30 à 44 ans
19,1 
20,9 
15 à 29 ans
10,9 
13,6 
0 à 14 ans
17,3 
Pyramide des âges du département du Gard en 2007 en pourcentage[5].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,1 
6,9 
75 à 89 ans
9,9 
14,6 
60 à 74 ans
15,1 
21,3 
45 à 59 ans
20,9 
19,9 
30 à 44 ans
19,8 
17,7 
15 à 29 ans
16,1 
19,1 
0 à 14 ans
17,0 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le village comporte plusieurs sites classés ou inscrits à l'inventaire des Monuments historiques, à savoir :

Le GR 4 Méditerranée-Océan traverse le village vers la garrigue, les Bois de Ronze (dolmens, avens) et Orgnac-l'Aven. Des chemins de randonnée sont balisés.

Les gorges de l'Ardèche sont situées, pour leur moitié sud, sur le territoire d'Aiguèze. Le site paléolithique de Castel Viel surplombe l'Ardèche au milieu des gorges.

Un pont suspendu sur l'Ardèche relie Aiguèze à Saint-Martin-d'Ardèche (dans l'Ardèche). Il a été ouvert à la circulation en 1905.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Distinction[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, Aiguèze est l'un des Plus Beaux Villages de France, le premier dans le Gard à avoir été ainsi labellisé. Le 8 juillet 2006, l’événement a été marqué par une grande fête médiévale costumée.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : armorial des communes du Gard.
Blason d'Aiguèze

Les armes d'Aiguèze se blasonnent ainsi : D'azur au pal losangé d'argent et de sinople[6].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La plaque et la statue en l'honneur d'Honoré Agrefoul.

Sur l'ancienne place de la ville fortifiée, une plaque murale commémore le séjour entre 1706 et 1777 d'Honoré Agrefoul, inventeur supposé de l'absinthe et personnage fictif né de l'imagination d'un plaisantin d'Arles qui inaugura l'inscription en 1985 déguisé en François Mitterrand[7],[8]. La plaque indique que, de nos jours, ce breuvage est appelé pastis, ce qui est une contre-vérité manifeste.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Alfred Jouen (chanoine), Aigueze: le village, le château, l'église, Imprimerie de la Vicomté, 1911

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. habitants.fr, « Gard > Aiguèze (30760) » (consulté le 22 juillet 2012)
  2. Lou Pichot Tresor de Xavier de Fourvières, 1902, réédition Marcel Petit 1978
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2007, 2008, 2012, 2013.
  5. a et b « le site de l'Insee », sur www.recensement-2007.insee.fr (consulté le 7 février 2015)
  6. Le blason de la commune sur « Gaso », sur www.labanquedublason2.com (consulté le 7 février 2015)
  7. Pierre-André Delachaux, « « Les années vertes ou la fée au fond du verre », sur doc.rero.ch (consulté le 7 février 2015) », Nouvelle revue neuchâteloise, 1997, no 54, p. 3.
  8. « The History of Absinthe, Revised », sur www.feeverte.net (consulté le 7 février 2015)