Yèvre-le-Châtel

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Yèvre-le-Châtel
Vue des toits du village depuis son château
Vue des toits du village depuis son château
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loiret
Arrondissement Pithiviers
Canton Malesherbes
Intercommunalité Communauté de communes de Beauce et du Gâtinais
Commune Yèvre-la-Ville
Statut commune associée
Code postal 45300
Code commune 45349
Démographie
Gentilé Evarois[1]
Géographie
Coordonnées 48° 09′ 36″ nord, 2° 20′ 02″ est
Historique
Date de fusion 1973
Commune(s) d’intégration Yèvre-la-Ville
Localisation

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Yèvre-le-Châtel
Liens
Site web http://www.yevre-la-ville.fr

Yèvre-le-Châtel est une ancienne commune française située dans le département du Loiret en région Centre-Val de Loire.

Yèvre-le-Châtel est associée depuis 1973 à la commune de Yèvre-la-Ville[note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Yèvre-le-Châtel est situé sur un éperon.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Souville ; Nascelles ; Saint-Martin ; Moulin Vasle ; La Basse-cour ; Le Bourg.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Yèvre-la-Ville, Dadonville, Givraines, Estouy, La Neuville-sur-Essonne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l'Antiquité, le village est situé à la limite du territoire des peuples gaulois des Carnutes et des Sénons. L'oppidum protège une voie de communication, puis deux entités romaines après 52 av. J.-C. Le site surplombe alors la voie romaine reliant les villes de Sens au Mans. Après la christianisation de la Gaule gallo-romaine, la rivière Rimarde devient la frontière entre les évêchés de Sens, paroisse Saint-Martin de Souville ; et Léproserie Saint-Lazare et l'évêché d'Orléans, paroisse Saint-Gault et Saint-Lubin. Cette division subsiste jusqu'au XIXe siècle.

Dès le Xe siècle, Yèvre est une des possessions de l'abbaye de Fleury. À plusieurs reprises, les moines de Fleury se plaignent au roi des Francs Hugues Capet, des exactions du baron Arnoul de Yèvre. C'est sans doute pour faire oublier les excès de son mari que son épouse, Lucinde, fonde dans l'enceinte du château une abbaye sous l'invocation de Saint Gault, un des Saints de Bretagne dont les reliques avaient été apportées dans la région par des moines fuyant l'invasion des Normands[note 2].

Au printemps 1079, une armée venue de Bourgogne se joindre aux forces de Philippe Ier pour assiéger Le Puiset fait étape à Yèvre. Les paysans du lieu avaient amassé tous leurs biens et leurs grains dans l'église, espérant qu'ils y seraient respectés. Cependant, avec l'autorisation du jeune évêque d'Auxerre qui était de l'expédition avec son père le comte de Nevers, les chevaliers y prélevèrent de force l'orge nécessaire au ravitaillement de leurs chevaux. C'est la raison pour laquelle, selon Raoul Tortaire, Philippe Ier fut battu au Puiset, par la volonté de saint Benoît[2].

Après le décès du baron Arnoul, le roi interviendra plusieurs fois pour soumettre ses successeurs et démanteler leurs châteaux qui ne devaient être que des fortins de bois, construits sur une « motte ». Le rattachement du château à la couronne de France se situe vraisemblablement vers 1112, lorsque Louis VI le Gros contraint le vicomte Foulques à lui céder Yèvre-le-Châtel dont il fit une puissante châtellenie.

La poterne d'entrée du château

Vers 1200, sur ordre de Philippe Auguste, le château fut reconstruit selon les derniers perfectionnements de l'architecture militaire rapportés des croisades, notamment les arcs de décharge augmentant la résistance au travail de sape. C'est semble-t-il à Gilon du Tournel que l'on doit cette ultime reconstruction.(à vérifier) mais surtout Guillaume le Maréchal. Elle était une position stratégique entre les duchés d'Orléans et l'Île-de-France, sur la route entre Paris et Orléans, dans l'œuvre d'unification du Royaume par Philippe Auguste.
En 1280 ,Jean de la Coudre, un bourgeois d'Yèvre-le-Châtel vend à la commanderie de Beauvais-en-Gâtinais, la ferme des Coudres située à Larchant.

Pendant la guerre de cent ans, Yèvre resta, avec Montargis, la seule place forte au nord de la Loire à ne pas tomber entre les mains des Anglais ou des Bourguignons. Le capitaine de la place était Nicolas de Giresme à l'époque de Jeanne d'Arc.

À la fin du XVe siècle, du fait de l'extension du domaine royal et des progrès de l'artillerie qui rendirent ses défenses obsolètes, Yèvre-le-Châtel perdit de son importance et son rôle de place forte. Un inventaire indique déjà, en 1610, que le château est en ruine.

En 1637, la maréchaussée est transférée à Pithiviers, mais la justice royale continue de siéger à Yèvre jusqu'à la Révolution française de 1789.

Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Yèvre-la-Patriote[3].

Administration[modifier | modifier le code]

De 1790 à 1801, la commune est rattachée au canton de Boynes dans le district de Pithiviers. À partir de 1801, la commune est reversée dans le canton de Pithiviers[3].

De 1926 à 1942, Yèvre-la-Ville et Yèvre-le-Châtel, comme toutes les communes du canton de Pithiviers, dépendantes depuis 1800 (an VIII) de l'arrondissement de Pithiviers, furent rattachées à l'arrondissement d'Orléans, durant la suppression temporaire de l'arrondissement. La réforme de 1942 reconstitua cet arrondissement dans les limites et le découpage qui étaient les siens jusqu'en 1926[3].

Yèvre-le-Châtel est le résultat du regroupement au XIXe siècle de deux paroisses : Saint-Martin de Souville et Saint-Gault de Yèvre-le-Châtel.

Démographie[modifier | modifier le code]

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Église Saint-Lubin

Yèvre-le-Châtel possède depuis 2002 le label décerné par l'association les Plus Beaux Villages de France.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

Yèvre-le-Châtel possède deux églises : l'église Saint-Gault, et l'église Saint-Lubin, Logo monument historique Classé MH (1886)[4].

  • L'église Saint-Lubin d'Yèvre-le-Châtel a été terminée au début du XIIIe siècle et consacrée au culte jusqu'aux guerres de religions, période à laquelle elle fut saccagée et pillée. Par deux fois elle a failli être détruite, au XVIIe siècle et au XIXe siècle[réf. nécessaire].
  • Au XIXe siècle, la paroisse de Saint-Martin de Souville, fut rattachée à Yèvre-le-Chatel. L'église en meilleur état fut choisie pour le culte, ce fut Saint-Gault de Yèvre-le-Châtel.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

Château fort (voir histoire ci-dessus) : actuellement en ruines mais ouvert à la visite, il s'agit d'un ensemble castral militaire, dont le donjon forme un quadrilatère flanqué d'une tour ronde à chaque angle et entouré d'un fossé sec. L'entrée dans la basse-cour est protégée par un châtelet d'entrée, cantonné de deux tours, muni d'une herse, et d'une porte à double vantaux. Il existait par ailleurs deux poternes avec herse et portes à vantaux au sud et à l'est de l'enceinte. L'entrée dans le château lui-même se fait en gravissant un escalier du XVIe qui mène à la cour haute du donjon. Lors de l'usage militaire, l'accès se faisait par deux vantaux de bois s'abattant sur une pile, au sud et à l'est de l'édifice, reliés au donjon par une échelle mobile.

Personnalités liée à la commune[modifier | modifier le code]

La peintre Vieira da Silva y a habité depuis 1960 et son mari Árpád Szenes y ont acheté une propriété en 1960, y installant un atelier. Ils sont tous deux enterrés dans le cimetière du village[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les données géographiques (superficie, altitudes, coordonnées) ainsi que démographiques sont disponibles sur la page de Yèvre-la-Ville
  2. La chapelle de cette abbaye est aujourd'hui l'église paroissiale de Yèvre-le-Châtel.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Gentilés des communes du Loiret », sur www.habitants.fr (consulté le 11 mai 2011)
  2. Récit latin de 1114 environ, édité et traduit par Bernard Gineste dans le Corpus Etampois
  3. a, b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Yèvre-le-Châtel », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 15 novembre 2014)
  4. « Chapelle Saint-Lubin à Yèvre-le-Châtel », notice no PA00099038, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Jamet C, Le Loiret des écrivains et des artistes, éditions Corsaire, 2016, p126-130

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Gand, Yèvre-le-Châtel in L'Orléanais et son terroir, édition Horvath.
  • Jean Mesqui, Île-de-France Gothique 2 : Les demeures seigneuriales, Paris, Picard, , 404 p. (ISBN 2-7084-0374-5), p. 376-381
  • Jacques-Henri Bauchy, « Yèvre-le-Châtel et la fin du Monde (An Mil) », Bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais, Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. V (NS), no 38,‎ , p. 224
  • T. Cosson, « Découvertes de sépultures à Yèvre-le-Châtel (près Pithiviers) », Bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais, Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. V (AS), no 59,‎ , p. 26-28
  • « Les projets de vente et de démolition de la chapelle Saint-Lubin à Yèvre-le-Châtel au commencement du XIXe siècle », Bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais, Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XXII (AS), no 233,‎ , p. 439-446

Liens externes[modifier | modifier le code]