Salazie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Salazie
L'hôtel de ville de Salazie
L'hôtel de ville de Salazie
Blason de Salazie
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région La Réunion
Département La Réunion
Arrondissement Saint-Benoît
Canton Salazie (chef-lieu)
Intercommunalité CIREST
Maire
Mandat
Stéphane Fouassin
2014-2020
Code postal 97433
Code commune 97421
Démographie
Gentilé Salaziens
Population
municipale
7 418 hab. (2011)
Densité 71 hab./km2
Géographie
Coordonnées 21° 01′ 40″ S 55° 32′ 21″ E / -21.0278, 55.5392 ()21° 01′ 40″ Sud 55° 32′ 21″ Est / -21.0278, 55.5392 ()  
Altitude Min. 230 m – Max. 3 071 m
Superficie 103,82 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : La Réunion

Voir la carte administrative de La Réunion
City locator 14.svg
Salazie

Géolocalisation sur la carte : La Réunion

Voir la carte topographique de La Réunion
City locator 14.svg
Salazie
Liens
Site web Ville-salazie.fr

Salazie est une commune française, située dans le département en région de La Réunion.

Ses habitants sont appelés les Salaziens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue du cirque.

Salazie se situe au centre de l'île, au nord-est du Piton des Neiges, dans le cirque naturel du même nom. L'ensemble du territoire communal se trouve dans les Hauts. Ceci explique la devise de Salazie : « Au cœur de l'île rayonne ».

Les communes limitrophes sont Bras-Panon, Cilaos, La Possession, Saint-André, Saint-Benoît, Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne.

Le cirque est surplombé au nord-ouest par la Roche Écrite.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’étymologie du mot Salazie est controversée.
Pour certains, il serait issu des « Salazes », ces trois rochers caractéristiques plantés entre les cirques de Cilaos et de Mafate. Salazes viendrait du malgache salazhon qui signifie « trépied pour marmite ».
Pour d'autres, il viendrait de Saolozy, nom donné par Annette Robinet de la Serve, fille de Nicole Robinet de la Serve et qui signifierait « bon campement ».
Ou encore il viendrait du nom d'un esclave qui s'y était réfugié au XIXe siècle qui s'appelait lui aussi Salazie.Le nom de Salazie ne fut reconnu officiellement qu'en 1835.

Les premières occupations précaires[modifier | modifier le code]

Dès le XVIIe siècle, le cirque a servi de refuge, comme les cirques de Cilaos et Mafate, aux Noirs marrons fuyant les propriétés de la côte. La lutte des propriétaires contre ces esclaves marrons, sous la forme d'expéditions punitives, eut pour principale conséquence la découverte du cirque de Salazie. Certaines figures de Noirs marrons laissèrent leur nom à des lieudits : piton d’Anchaing, le Cimandef, plateau Sisahaye, Piton Lélesse, etc. La toponymie dans le cirque est par ailleurs pleine de mots d'origine malgache : Bé-Mahot, Bé-Cabot, Bélouve, Piton Bé-Massoune, piton Bénoune ( signifiant « grand »).

Outre les Noirs marrons, les Blancs apprennent à connaître le cirque, refuge idéal des parias et des assoiffés de liberté. Ainsi, on fait état en 1810, à la suite de l'occupation de l'île par l'Angleterre, d'un pionnier (un certain Louvet) qui s'installa avec deux esclaves sur les bords de la mare à Poule d'Eau. Cette première implantation fut détruite par le cyclone de 1929.

1830  : genèse de la colonisation du cirque[modifier | modifier le code]

Le début du XVIIIe siècle est marqué par l'arrivée de nouveau colons à La Réunion (certains fuyant la Révolution et les instabilités politiques de l'époque en métropole) et par une pression démographique importante. Le manque de terres se fit cruellement sentir.

Dépossédés, certains de ces « Petits Blancs » émigrèrent vers les hauts de l'île, à la limite des terres cultivées, vivant de chasse, de pêche, de cueillette, mais aussi de rapines sur les habitations. Ils étaient particulièrement nombreux dans les hauts de Saint-André et de Saint-Benoît où ils menaient une vie semblable à celle des Noirs marrons.

Les pionniers de Salazie[modifier | modifier le code]

L'habitation de Théodore Cazeau aux premières heures de la colonisation du cirque.

Pour la plupart, les pionniers de Salazie furent de moyens propriétaires de la côte au Vent (dans les environs de Saint-André), affidés de la société des Francs-Créoles (dont la figure emblématique reste sûrement Nicole Robinet de La Serve), gênés par les dégâts causés à leurs cultures par les cyclones de 1825 et de 1829 et inquiétés par l'abolition probable de l'esclavage.

Les premières concessions dites « primitives » furent encouragées par l'arrêté du 1er décembre 1830, date à laquelle des terres de l'île situées au-delà du » sommet des montagnes « furent pour la première fois concédées avec, pour encourager les premiers concessionnaires, une exemption de droit de capitation pour les Noirs affectés à l'exploitation de ces terres. Ces premières concessions furent situées à la Mare à Poule d'Eau.

Le tout premier concessionnaire s'appelait Théodore Cazeau. À Salazie se racontent encore ses débuts difficiles dans le cirque et l’anecdote de ses citrouilles providentielles de la Mare à Poule d'Eau.

Les familles nouvellement installées vivent d'abord en autarcie grâce aux ressources offertes par un sol neuf. Les nouvelles terres défrichées sont au début très fertiles et permettent la mise en culture d'espèces tropicales mais aussi tempérées telles que : café, tabac, vanille, fruits, légumes (grains, brèdes).

C'est le « chouchou » importé du Mexique par Sully Brunet en 1840, qui a fait et fait encore la renommée du cirque de Salazie. Ce légume était alors cultivé pour son fruit, ses feuilles, sa racine ainsi que les tiges dont la paille fut une matière première recherchée de très bon rapport pécuniaire au début du siècle. Cette dernière servait à la confection de « chapeaux en paille d'Italie », que les Européennes de l'époque s'arrachaient. Ces produits étaient exportés vers l'extérieur du cirque malgré les difficultés de transport de l'époque.

Fin XIXe siècle : le développement[modifier | modifier le code]

La route de Salazie depuis les hauteurs du Point du Jour avant 1885.

La politique gubernatoriale voulant installer les Blancs dans les Hauts est tellement encouragée que la population augmente beaucoup. En effet, selon les recensements, on passe dans les Hauts de 36 habitants en 1834 à 600 habitants en 1844, puis à 2 500 habitants en 1848.

Les réglementations concernant les concessions sont d'une longue tradition dans l'île et directement issues de la Compagnie française des Indes orientales. À Salazie, les concessionnaires furent un peu laissés à eux-mêmes. Ce fut à force de requêtes au gouverneur, qu'au bout de 5 ans, on décida d'appliquer enfin le décret de 1830 qui définissait plus ou moins les concessions, de mesurer et de délimiter les parties de chacune des propriétés. D’autant plus que les colons du cirque devenaient de plus en plus nombreux, et surtout ceux qui n'avaient aucun droit de propriété et qui s'étaient installés où bon leur avait semblé. Cet état de fait, courant par ailleurs dans l'île, se poursuivra longtemps dans le cirque, menaçant la stabilité des terres par un défrichage indu et intensif des pentes.

L’activité thermale à Hell-Bourg[modifier | modifier le code]

La découverte des sources thermales en 1831 à Bras-Sec et en 1832 au lieu-dit Bé-Mahot permet la croissance du village d'Hell-Bourg vers un apogée autour de 1875. Cette croissance est fortement liée au thermalisme et au rôle joué par les thermes d'Hell-Bourg. L'Hôtel des Thermes (ancien hôpital militaire) était le rendez-vous « à la mode » des curistes anémiés puis, suite à des difficultés financières, les sources sont fermées puis détruites par les cyclones successifs. Le cyclone de 1948 engloutit la source et Cilaos, également doté de thermes, est préféré à Salazie...

Les catastrophes naturelles[modifier | modifier le code]

Le cirque de Salazie étant exposé aux fortes précipitations notamment lors des passages des cyclones, de nombreux éboulements et glissement de terrains ont eu lieu. Le plus meurtrier fut celui qui ensevelit le village paisible du « Grand Sable » au pied du Gros Morne en 1875. On fait auparavant état d'un grand incendie en 1868.
L’instabilité des contreforts de la Mare à Poule d’Eau sollicita périodiquement les cantonniers car la route était emportée à chaque avalaison importante. Le plus important éboulement qu’on connaît est consécutif au cyclone Hyacinthe de 1979. Aujourd'hui, le relief tourmenté n'est plus qu'une contrainte. Il est aussi une occasion unique de pratiquer le canyoning.
Le 17 septembre 2010 vers une heure du matin, un pan de falaise (10 000 m3 de roches) surplombant la Rivière du Mât s'effondre en face de Cap Picard, sans faire de victimes.

Administration[modifier | modifier le code]

L'église de Salazie."Chez nous,soyez reine".

Liste des maires successifs :

  • Féréol Lepervanche 1836-1838
  • Elisée Jallot 1838-1839
  • Adrien Dubuisson 1839-1840
  • Marie Edouard Périchon de Sainte Marie 1840-1856
  • Jean Baptiste François Arthur Haudressy 1857-1863
  • Thimoléon Wickers 1863-1865
  • Bertin d'Avesnes 1865
  • Jules Diomat 1868-1871
  • Pierre Cazeau 1871-juin 1879
  • Armand Alidor juin 1879-1883
  • Charles Le Bihan 1883-juin 1889
  • Joseph Pignolet juin-juillet 1889
  • Jean Cadet juin 1889-1898
  • Théodore Simonette 1899 -1900
  • Appolidor Techer 1900 -1906
  • Louis Latge 1906 -1920
  • Fabien Gabou 1920 -1925
  • Xavier Fontaine 1925 -1935
  • Raymond Vergès, de 1935 à 1942
  • Maurice Payet 1942 -1945, 1945 -1953
  • André Fontaine 1953 -1972
  • Jean-Claude Welmant 1972 -1983
  • Roland Elisabeth 1983 -1987
  • Hilaire Maillot 1987 -1998
  • Stéphane Fouassin (Nouveau Centre) 1998- 2014

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 7 418 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1961. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2009 2011
6 590 7 105 6 462 6 467 7 004 7 402 7 065 7 406 7 418
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[1] puis population municipale à partir de 2006[2])
Histogramme de l'évolution démographique


Infrastructures[modifier | modifier le code]

On trouve sur le territoire communal un collège public, le collège Auguste Lacaussade. Il n'y a pas de lycée.

Économie[modifier | modifier le code]

Plantation de chouchous à Îlet à Vidot.

L'économie du Cirque est essentiellement axée vers la culture vivrière. Une culture omniprésente est celle de la chayote, appelée chouchou à La Réunion et dans le cirque. Elle est cultivée en treilles mais pousse quasiment à l'état sauvage, étant donné le climat ambiant très humide. On trouve des élevages porcins en grand nombre concentrés au lieudit de Grand-Îlet et quelques élevages de volailles.

La canne est présente dans les basses altitudes du cirque et autour du lieudit Mare-à-Vieille-Place et de la Mare-à-Citron.

Le Tourisme s'est développé surtout à Hell-Bourg où l'on trouve des cases d'une grande valeur patrimoniale, ainsi qu'un élevage de truites. Un projet de bambouseraie est à l'étude depuis quelques années et devrait voir le jour autour de la Mare-à-Poule-d'Eau. D'autre part, Salazie est le passage obligé des randonneurs qui se rendent dans le Cirque de Mafate par le col de Bœufs.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Anchaing et Eva : réalité ou légende de deux esclaves en fuite, Lacaussade Auguste : chantre de Salazie.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la population des communes de 1961 à 2008
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011