Le Poët-Laval

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Le Poët-Laval
Image illustrative de l'article Le Poët-Laval
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Dieulefit
Intercommunalité Communauté de communes Dieulefit-Bourdeaux
Maire
Mandat
Jean Boursaly
2014-2020
Code postal 26160
Code commune 26243
Démographie
Population
municipale
919 hab. (2014)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 32′ 12″ nord, 5° 00′ 50″ est
Altitude Min. 255 m – Max. 973 m
Superficie 31,22 km2
Localisation

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Le Poët-Laval est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village fortifié du Poët-Laval, dominé par son château médiéval, se détache sur un paysage de collines boisées, à quelques kilomètres à l'ouest de Dieulefit, en Drôme provençale.

La commune est membre de l'association Les Plus Beaux Villages de France, qui vise à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité.

La commune s'étend sur 3 122 hectares, de part et d'autre de la vallée du Jabron, entre Souspierre et Dieulefit. Elle comporte deux agglomérations principales, Gougne et le Vieux Village, auxquelles s'ajoutent de nombreux hameaux.

Le village est situé à 5 km de Dieulefit, 15 km de Grignan, 20 km de Montélimar, 20 km de Nyons, 65 km de Valence, un peu moins de 90 km d'Avignon, 170 km de Lyon, 175 km de Marseille et à moins de 3 heures de Paris en TGV.

La commune est arrosée par le Jabron et le Vermenon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Poët : Une altération du latin podium accompagné du suffixe diminutif -ittum.

  • Le Poët-Laval signifie « le petit mont dans la vallée » (pogetum vallis’’)[1].

Localement Poët est donc « un petit Puy ».

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction du château et de la chapelle voisine peut être attribuée à l'Ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dont la présence est attestée de façon indiscutable à partir de 1269. Le donjon, l'enceinte et la chapelle furent sans doute édifiés dans les premières décennies du XIIIe siècle. Le bourg castral se développa à la suite sous la protection du château ; il fut entouré d'une enceinte fortifiée au XIVe siècle.

La commanderie du Poët-Laval comptait quarante-deux membres en 1338 ; elle a connu un important développement à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, avec l'extension du vieux château, la construction d'un second château dit « Salon des commandeurs » à la limite sud-ouest de l'enceinte du village et la reconstruction partielle ou complète d'une partie des habitations du bourg.

Au cours des guerres de religion, Le Poët-Laval connut plusieurs sièges : le château, très endommagé par les combats, fut délaissé par les commandeurs qui se fixèrent définitivement à Montélimar à la fin du XVIe siècle. Les fortifications furent démantelées et le corps de logis tomba en ruines. La chapelle castrale Saint-Jean redevint église paroissiale sous le vocable de Saint-André.

Dans le cadre de la réaction seigneuriale qui précéda la Révolution française, le seigneur local s'approprie un bois qui appartenait collectivement à la communauté dans les années 1770 et le vend à des charbonniers[2].

En 1893, Le Poët-Laval est relié à Montélimar par une ligne des chemins de fer départementaux de la Drôme à écartement d'un mètre et construite en accotement sur la route (sauf le contournement du Poët). Pendant la Première Guerre mondiale, une usine du Poët fabriquait des grenades qui étaient expédiées par ce tram[3]. En 1895, la chapelle castrale utilisée comme église paroissiale Saint-André depuis le début du XVIIe siècle est remplacée par une nouvelle église construite dans la vallée ; elle est abandonnée puis tombe en ruines.

À partir du début du XXe siècle, le développement du village de Gougne, en fond de vallée, entraîna l’abandon progressif du vieux village, qui n’était plus occupé que par quelques personnes âgées au début des années 1950. Dès 1925, quelques passionnés créèrent l’association des Amis du vieux Poët-Laval, qui freina le pillage systématique dont le site faisait l’objet en acquérant et en consolidant les constructions les plus menacées. À partir de 1959, les travaux réalisés par des particuliers sur toute la partie haute du village, sur les rues et quelques maisons anciennes ont permis de redonner vie à ce lieu remarquable, qui semblait voué à la disparition comme nombre de villages perchés et auquel l’accueil touristique et le retour d’habitants permanents rendent aujourd’hui une nouvelle jeunesse.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie du Poët Laval.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1959 1977 Yvon Morin    
1977 1989 Dominique Boltri    
1989 1995 Gérard Verpeaux    
1995 2008 Dominique Boltri    
2008 2014 Maia Cavet    
2014 en cours
(au 13 novembre 2014)
Jean-Claude Roz[4] DVG Retraité

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 919 habitants, en diminution de -0,33 % par rapport à 2009 (Drôme : 3,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
830 955 949 1 057 1 102 1 241 1 200 1 221 1 227
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 140 1 147 1 144 1 045 994 936 902 813 830
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
759 813 760 666 637 594 549 538 561
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
549 505 493 538 652 809 893 927 919
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Des visites accompagnées du château et du village sont organisées.
  • Le Centre d'art et d'animation Raymond-du-Puy propose chaque année deux expositions temporaires : une exposition de printemps à thème, et une exposition d'été consacrée à un artiste de renom. Il abrite également des concerts de mars à septembre.
  • « Voix d’Exils », journées thématiques organisées au mois d'octobre au fil de l’itinéraire huguenot, dans les pays de Bourdeaux, de Dieulefit et de Saoû.

Économie[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

Le café Tous les Matins du Monde, situé à Gougne, porte le label Bistrot de Pays[9], et adhère à ce titre a une charte qui a pour but de « contribuer à la conservation et à l'animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d'un lieu de vie du village »[10].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Fenêtre du donjon.

Le château

Le donjon médiéval de plan rectangulaire a été construit par les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, sans doute au début du XIIIe siècle : édifié sur un mamelon rocheux qui domine la vallée, il se composait de deux salles voûtées superposées et d'une terrasse défensive. L'ensemble était desservi, peut-être dès l'origine, par deux volées d’escaliers en pierre. La porte d'entrée, aujourd'hui murée, était protégée par un système de mâchicoulis sur arc. Le donjon était probablement entouré à l'origine d'un simple mur d’enceinte, auquel le village, fortifié au XIVe siècle, vint rapidement s'accoler.

Le château connut un important développement au XVIe siècle : construction d'un pigeonnier sur la terrasse - entouré d’un chemin de ronde couvert – et adjonction d’un vaste corps de logis composé de quatre grandes salles à cheminées, superposées sur deux niveaux. Les capacités défensives de l'enceinte furent également améliorées par l'adjonction de bastions.

Plusieurs fois assiégé au cours des guerres de religion, le château cessa d'être occupé vers la fin du XVIe siècle. Il sera démantelé en 1622 sur ordre de Louis XIII.

Acquis et entretenu par des particuliers au XIXe siècle, amputé d'une partie de son corps de logis, le château est devenu propriété de la commune en 1988. Classé monument historique,il a été restauré en 1996-1998.

La chapelle Saint-Jean-des-Commandeurs

La construction de la chapelle est probablement contemporaine de celle du château (début XIIIe siècle). Implantée le long du mur d'enceinte qui séparait le village de la basse-cour du château, elle servait à la fois de chapelle castrale et d'église paroissiale. Le clocher qui surmonte le chœur roman a sans doute été ajouté tardivement (fin du XVIe siècle ?), afin de renforcer les défenses du château.

L'édifice a été très endommagé par les guerres de religion : la voûte et les élévations latérales de la nef - initialement décorées d'arcatures dont il ne subsiste que les amorces de part et d'autre du chœur - ont été reconstruites à la fin du XVIIe siècle. À partir de la basse cour du château, une porte donnait accès à une petite tribune d'où le seigneur pouvait assister à l'office.

La chapelle est restée église paroissiale jusqu’à la construction de la nouvelle église en contrebas du village (1895). La nef et la sacristie attenante se sont effondrées dans les années 1930, et n'ont jamais été reconstruites. Le chœur a été restauré en 1966.

La Commanderie ou Salon des Commandeurs

Ce second château date probablement du milieu du XVIe siècle. Sa raison d'être demeure mal connue : il était peut-être destiné au logement du châtelain qui administrait le domaine au quotidien sous l'autorité des commandeurs.

L'édifice a été construit à cheval sur le rempart du XIVe siècle, en y intégrant au moins une tour plus ancienne. L'accès du château s'effectuait par l'intérieur du village, à travers un vestibule débouchant sur un escalier monumental à volées droites distribuées autour d'un noyau creux. Les grandes salles du premier étage s'ouvrent largement sur la campagne par de grandes croisées de meneaux à doubles traverses.

Le château a été acquis et restauré par des particuliers à la fin des années 1950.

Le temple et le Musée du Protestantisme dauphinois[modifier | modifier le code]

Le temple protestant du Poët-Laval a été aménagé au début du XVIIe siècle (1622) dans une ancienne maison d’habitation, convertie en maison commune au XVe siècle. Lors de la révocation de l’Édit de Nantes, en 1685, le temple fut sauvé in extremis de la démolition par son statut de maison commune. L’aménagement actuel du bâtiment date de 1807, avec des tribunes ajoutées en 1822. Le bâtiment fut utilisé pour le culte jusqu’en 1935, avant d’être aménagé en musée en 1959.

Le musée accolé à l'ancien temple présente de nombreux documents et objets liés à l'histoire du protestantisme dans la région, notamment sur les persécutions subies par la communauté réformée au lendemain de la révocation de l’Édit de Nantes.

Le vieux village du Poët-Laval est le point de départ français du sentier de grande randonnée Sur les pas des huguenots, qui relie le Poët-Laval à la ville allemande de Bad Karlshafen.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Gerard Reve, l'écrivain hollandais, habitait la maison La Grâce, qui se trouve au village bas, la Gougne.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Tillier, Le Poët-Laval, une commanderie des Hospitaliers en Dauphiné, éditions Bleulefit, 2011 (ISBN 978-2-36228-003-0)
  • Léo Bertrand, Le Poët-Laval, commanderie des chevaliers de Malte, Amis du Vieux Poët-Laval 1966-1985.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. A. Dauzat et Ch. Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Guénégaud, 1978
  2. Roger Pierre, « Libertés et contraintes des communautés villageoises dans les pays de la Drôme à la veille de la Révolution », Études drômoises, no 64, mars 1985, p. 19.
  3. Charles Gardelle, « Le « Picodon » », Études drômoises, octobre 1992, no 86, p. 30.
  4. Le Poët-Laval sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 13 novembre 2014).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. La charte Bistrot de Pays
  10. L'implantation des Bistrots de pays en France métropolitaine en 2010