Le Martinet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Martinet.
Le Martinet
Le Martinet
Vue générale de la commune du Martinet.
Blason de Le Martinet
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gard
Arrondissement Alès
Canton Rousson
Intercommunalité Alès Agglomération
Maire
Mandat
Michel Mercier
2014-2020
Code postal 30960
Code commune 30159
Démographie
Population
municipale
806 hab. (2015 en diminution de 0,49 % par rapport à 2010)
Densité 78 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 15′ 14″ nord, 4° 05′ 09″ est
Altitude Min. 234 m
Max. 692 m
Superficie 10,35 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte administrative du Gard
City locator 14.svg
Le Martinet

Géolocalisation sur la carte : Gard

Voir sur la carte topographique du Gard
City locator 14.svg
Le Martinet

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Le Martinet

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Le Martinet

Le Martinet est une commune française située dans le département du Gard en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est située à une dizaine de kilomètres de la ville d'Alès, au début des Cévennes.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Portes, Robiac-Rochessadoule, Saint-Florent-sur-Auzonnet, Laval-Pradel.

Hydrographie et relief[modifier | modifier le code]

Le territoire du village est situé dans la zone de contact entre la partie des Cévennes paléozoïques, cristallines et schisteuses, et la bordure secondaire sous-cévenole, constitutive de la Basse Cévenne. La partie Ouest est intégrée aux Cévennes schisteuses, composées de roches métamorphiques formant de longues crêtes (les "serres") et des vallées étroites et profondes. Cet ensemble constitue la montagne, ou massif, du Rouvergue, horst d'orientation générale Nord-Sud, dont le point culminant s'élève à 695 mètres d'altitude. Les terrains métamorphiques le composant sont des gneiss, gneiss amygdalaires et des micro-gneiss, qui seetrouvent au Carteau, au Felgas et à Cessous. Le nom ce cette montagne provient du mot rouvre, nom de lieu ou de famille, de l'occitan rove, signifiant chêne rouvre. Ces formations géologiques siliceuses, situées entre sept cents et trois cents mètres d'altitude sont le domaine de taillis de chênes-verts, sur les pentes raides, avec sous-bois de houx, buis, bruyère, ciste à feuilles de sauge, fougère. Le châtaignier apparaît sur les pentes douces recouvertes de sols profonds et frais, notamment aux alentours du mas de Ribes.

Le terrain houiller s'étale entre le Rouvergue et la bordure sous-cévenole, à l'Est, dominée par la montagne de Lachamp. Il fait partie du bassin Stéphanien de la bordure orientale des Cévennes schisteuses. Les terrains primaires carbonifères se situent à Trélys, l'Arbousset, Le Martinet, Crouzoul, la Bayte, Gournier et Mercoirol. Sur les grès et schistes du Houiller, le pin maritime constitue de vastes pinèdes d'origine humaine (utilisation pour le boissage dans les mines). Au pied de la montagne de Lachamp, les dépôts anthropiques, déblais produits par l'exploitation minière, entre l'Arbousset et les Esteyrains, constituent des terrils (ou "crassiers"), formés de schistes charbonneux, colonisés par les pins.

Dans la vallée, la rivière l'Auzonnet fait partie du réseau hydrographique de la Cèze, dont elle est un affluent de la rive droite. Son nom est un hydronyme préceltique, signifiant "riviére", à l'origine de nombreux toponymes de la Gaule. L'Auzonnet est réputée rivière aurifère. Elle traverse en effet dans sa partie amont des terrains conglomératiques, susceptibles de donner des paillettes, comme ceux traversés par la Ganière, rivière aurifère célèbre.

La partie Est du territoire communal s'intègre à la "bordure sous-cévenole", composée de terrains secondaires, trias, jurassique et crétacé inférieur. Elle est limitée au Sud par la "faille des Cévennes"; c'est la "montagne de Lachamp" ou "Lacham", dont l'altitude est d'environ 625 mètres. Son nom d'origine gauloise, calmis, provient de l'occitan calm qui désigne un plateau rocheux ou une lande couverte de bruyère. Ce sont des terrains sédimentaires secondaires du Trias, marnes bariolées, dolomies, grès, marnes noires et calcaires dolomitiques, du Lias et du Jurassique moyen, calcaire argileux gris clair, dolomie et calcaire gris-bleu à chaille. Cet adret est couvert d'une végétation méditerranéenne typique. La zone de contact entre Carbonifère et Secondaire, notamment à Trélys, à l'Arbousset et aux Esteyrains, est de géologie et de structure complexes. Cette bordure cévenole calcaire est couverte par une série végètale mixte de chênes-verts sur les affleurements rocheux, et de chênes pubescents méditerranéens sur les sols plus légers, accompagnés par le buis, le thérébinthe, l'érable de Montpellier, le genèvrier, le thym, etc. L'arbousier et la bruyère poussent sur les sols calcéro-siliceux (Trélys, le Tauty, l'Arbousset...)[1].

  • La rivière l'Auzonnet qui contient quelques paillettes d'or.

Climat[modifier | modifier le code]

Article connexe : Climat du Gard.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Article connexe : Ligne SNCF Alès-Bessèges.

L'aménagement de la grande route traversant la localité est d'abord réalisé, tandis que la ligne de chemin de fer, Saint-Julien - Le Martinet, autorisée le 3 juillet 1875, est construite en cinq ans; la gare du Martinet est inaugurée officiellement le 1er octobre 1880. La ligne de la compagnie P.L.M. est ouverte à l'exploitation le 25 septembre 1883. Jusqu'alors la production minière de Trélys était envoyée par l'embranchement Robiac-Rochessadoule de la ligne de Bassèges à Alais, livré en 1858[2].

Le village est proche des grands axes routiers menant vers Alès, Uzès et Nimes ou les Vans.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom du village vient de l'occitan "martinet", grue à monter les matériaux, atelier ou usine où l'on se sert d'un gros marteau ("marteau de forge"). Ce nom est tributaire de l'exploitation de l'énergie hydraulique de la rivière pour le fonctionnement de "marteaux de forge" ou "martinets". Au moins un "martinet", le "martinet de Crozoul", a fonctionné au lieu-dit "plan de Crozoul"[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Le Martinet était un hameau du village de Saint-Florent[4].

Révolution française et Empire[modifier | modifier le code]

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1921, Le Martinet n'est qu'un hameau de la commune de Saint-Florent-sur-Auzonnet. Outre le "hameau du Martinet", anciennement "martinet de Crouzoul", et le "hameau de Crouzoul" (ou "Crozoul"), la population se répartit entre divers hameaux et mas, notamment : mas de la Bayte, mas du Chambon, mas de Trescouhaut (ou mas Mourier), mas du Tauty, hameau de Trélys, mas de Courcoulouze et château de la Plane (ou de la Plaine). L'expansion de l'exploitation minière va conduire progressivement à son émancipation. A partir de 1820, le village a son cimetière particulier. Entre 1820 et 1850 la population est d'environ 450 habitants. A partir du dernier quart du XIXe siècle, l'expansion démographique, liée au développement de la production de charbon est très importante. La mine est à l'origine de ce "village-usine", comme d'autres quartiers ou agglomérations créés au sein de communes préexistantes (Rochebelle, Rochessadoule, La Jasse) , ou de villages créés ex nihilo La Grand'Combe, La Vernarède, Molière-sur-Cèze. L'emprise territoriale des installations minières et des possessions immobilières de la "Compagnie" est très vaste. Dans le village la "Compagnie" contrôle la vie locale, et peu d'éléments de la vie privée des mineurs y échappent[5].

En 1883, la commune de Saint-Florent, étant divisée en une partie agricole et une partie industrielle, l'administration décide son sectionnement : la première section, le Saint-Florent agricole, compte 1880 habitants et 19 conseillers municipaux, la deuxième section, Le Martinet, a 1006 habitants et 7 conseillers municipaux. La création de la commune du Martinet survient en 1921, suite à un référendum. Adopté par la Chambre des députés, un projet de loi "tendant à distraire de la commune de Saint-Florent-sur-Auzonnet, la section du Martinet pour l'ériger en municipalité distincte" est adopté par le Sénat le 23 juin 1921. La loi du 18 juillet 1921 et un arrêté pris en conseil d'Etat, divisent la commune de Saint-Florent-sur-Auzonnet en deux : Saint-Florent et Le Martinet. La population communale s'élève alors à 2348 habitants. Le premier conseil municipal est élu le 25 septembre, et le 5 octobre, Isidore Michel, déjà maire de Saint-Florent depuis 1919, devient maire de la "première mairie communiste [élue]de France". En effet quelques mois plus tôt, après la scission de Tours, Isidore Michel, élu socialiste, rejoint la nouvelle " section française de l'Internationale communiste". Le jeune Parti communiste conserve alors vingt-deux municipalités, dont celles de Saint-Denis et de Bobigny.

Entre les deux guerres le Parti communiste le Martinet est devenu un "bastion du mouvement ouvrier". C'est alors que le mineur Victorin Duguet (1905-1989) débute une carrière de militant syndicaliste qui le conduira à la tête de la Fédération nationale des Travailleurs du sous-sol, et en 1946 à la présidence des Charbonnages de France nationalisés. L'affirmation de l'hégémonie locale communiste, et de la C.G.T-U. organisation satellite du P.C.F., s'accroit encore avec la réunification syndicale de 1935 et le succès électoral communiste de mai-juin 1936[6].

Lors de sa création en 1921, la commune du Martinet a été la première commune communiste de France.

Le village du Martinet est une ancienne cité ouvrière de la mine de Trélys, située dans la continuité du bassin des mines de houille d'Alès. L'économie actuelle est désormais tournée vers le tourisme vert.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Depuis 1921 la commune n'a connu que des maires communistes, cas unique en France.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1922 1953 Isidor Michel PCF  
1953 1983 Marcel Diet PCF  
1983 2001 Charles Diet PCF Conseiller général du Canton de Saint-Ambroix (1983-2001)
2001 2008 André Deleuze PCF  
2008 en cours Michel Mercier PCF Architecte
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1926. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[8].

En 2015, la commune comptait 806 habitants[Note 1], en diminution de 0,49 % par rapport à 2010 (Gard : +4,01 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
2 516 2 512 2 505 2 227 2 297 2 026 1 705 1 300 953
1990 1999 2006 2007 2012 2015 - - -
844 764 789 793 840 806 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Entreprises de l'agglomération[modifier | modifier le code]

Secteurs d'activités[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • Château de Crouzoul construit par la famille Despeisses
  • Dolmen de Trélis

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

  • Montagne du Rouvergue avec sa table d'orientation.
  • Montagne de Lachamp avec sa chapelle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Coin, secrétaire de la Région Gard-Lozère du PCF en 1945, secrétaire général de l'Humanité
  • l'abbé Albouy
  • Isidore Michel, premier maire du Martinet en 1921, autodidacte et leader de la corporation ouvrière
  • Élie et Victorin Duguet, secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du sous-sol CGT et premier président des charbonnages de France à la libération.
  • Marius Tour
  • Marcel Cachin en avril 1948.
  • Yves Delset, footballeur professionnel, né au Martinet le 11 mars 1933, champion de France de D2 avec l'Olympique d'Alès.
  • Robert Siatka, footballeur professionnel, né au Martinet le 20 juin 1934, 4 fois champion de France avec le Stade de Reims, 1 fois avec le FC Nantes, international A (1 sélection).

Famille Despeisses[modifier | modifier le code]

Armorial de la
famille Despeisses.

Cette figure réunit les blasons de la famille Despeisses et ceux de leurs épouses : Jeanne de Valette, Catherine de Causse, Anne de Ribeyrol, Isabeau de la Fare, Catherine de Ribeyrol.

Les Armes de la maison Despeisses, Seigneurs de Crouzoul, de la Plane et autres lieux.
Devise : Aux armes ne saurait faillir.

  • Au centre : la maison Despeisses - d'argent à la bande d'azur, chargé de trois têtes et cols de licorne d'or.
  • Au 1er : Ribeyrol d'Entremaux
  • Au 2e : de Causse - d'azur au tournesol d'or regardant un soleil du même, à la bordure de gueules
  • Au 3e : de Valette - d'azur au lion armé et lampassé de gueules, accosté de deux croissants adossés du même, au chef cousu d'azur chargé de trois étoiles d'or
  • Au 4e : de la Fare - d'azur à trois falots d'or allumés de gueules, posés en pal, accompagnés d'un lambel de trois pièces d'argent

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Le Martinet Blason D'argent aux quatre fasces ondées d'azur, mantelé ployé de gueules semé de clous d'or[11].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Le blason de la commune du Martinet a été créé en l'an 2000. Les ondées d'azur évoquent la rivière de l'Auzonnet qui traverse la commune. Les clous d'or évoquent le travail des nombreux cloutiers qui achetaient les tiges de fer produites dans les martinets, avec lesquelles ils fabriquaient des clous dans leurs ateliers familiaux. Spécialités de la vallée de l'Auzonnet, ces clous étaient vendus dans les foires de la région, en particulier à Beaucaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Vénobre, « Le Martinet. Petite histoire d'un "village-usine" cévenol. », Patrimoine 30, n° 36,‎ , p. 10-22 (ISSN 1624-5695)
  2. Jean-Paul Vénobre, « Le Martinet. Petite histoire d'un "village-usine" cévenol. », Patrimoine 30, n° 36,‎ , p. 10-22 (ISSN 1624-5695)
  3. Jean-Paul Vénobre, « Le Martinet. Petite histoire d'un "village-usine" cévenol. », Patrimoine 30,‎ , p. 10-22 (ISSN 1624-5695)
  4. Eugène Germer-Durand, Ministère de l'instruction publique (Éditeur scientifique) et Comité des travaux historiques et scientifiques (dir.), Dictionnaire topographique du département du Gard : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Paris, Impr. impériale, , XXXVI-298 p., in-4 (notice BnF no FRBNF30500934), p. 124 et 206
  5. Jean-Paul Vénobre, « Le Martinet. Petite histoire d'un "village-usine" cévenol. », Patrimoine 30, n° 36,‎ , p. 10622 (ISSN 1624-5695)
  6. Journal Officiel du 10 juillet 1921.
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  11. « Banque du Blason »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur www.labanquedublason.com