Barfleur

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Barfleur
Le port de Barfleur un soir d'été.
Le port de Barfleur un soir d'été.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg-Octeville
Canton Val-de-Saire
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Saire
Maire
Mandat
Michel Mauger
2014-2020
Code postal 50760
Code commune 50030
Démographie
Gentilé Barfleurais ou Barflotais
Population
municipale
641 hab. (2012)
Densité 1 068 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 40′ 13″ N 1° 15′ 53″ O / 49.670278, -1.26472249° 40′ 13″ Nord 1° 15′ 53″ Ouest / 49.670278, -1.264722  
Altitude Min. 2 m – Max. 8 m
Superficie 0,60 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ville-barfleur.fr
Le clocher depuis sa récente restauration
Le clocher depuis sa récente restauration.

Barfleur (prononcé [baʁflœʁ ], localement [baʁflœː]/[baʁfjø:]) est une commune française, située dans le département de la Manche en région Basse-Normandie, peuplée de 641 habitants[Note 1].

Avec un territoire ne couvrant que 60 ha, elle est la plus petite commune du département de la Manche.

Barfleur est aujourd'hui gratifiée du label des plus beaux villages de France, décerné par une association indépendante visant à promouvoir les atouts touristiques de petites communes françaises riches d'un patrimoine de qualité.

Géographie[modifier | modifier le code]

Barfleur est desservi par la ligne Manéo no 13, mise en place par le conseil général de la Manche (ligne Barfleur-Valognes)[1]. Valognes lui-même est desservi par la ligne SNCF Paris-Caen-Cherbourg.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Barbefloth, Barbeflueth en 1066-1077, Barbefluet au XIIe siècle, Barbeflet en 1163, Barbeflo en 1175, 1198, Barflue en 1227, Barefleu en 1317 et par une transposition latine du XIe siècle Barbatum fluctum[2]. La forme française actuelle Barfleur apparaît pour la première fois au XVIIe siècle.

Le r final, non étymologique, ne se prononce pas. Barfleur se dit donc « Barflleu » en normand, ce qui se prononce /baʁfljø:/ ou plus souvent /baʁfjø:/. Les Barfleurais s'appellent alors les « Barfllotais » (soit /baʁfjote:/).

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale. La nature du second élément -fleur que l'on retrouve ailleurs en Normandie dans Honfleur, Harfleur, Fiquefleur, Vittefleur, Crémanfleur à Crémanville et la Gerfleur a donné lieu à diverses interprétations par les toponymistes. Il s'agit soit du norrois floth (pour René Lepelley[3]); du vieil anglais flod (pour François de Beaurepaire); du vieux norrois fljot (pour Albert Dauzat et Charles Rostaing[4]). Paradoxalement, ces derniers considèrent -fleur dans Harfleur comme représentant le vieil anglais flēot « eau qui coule, courant, rivière ». Cette explication a été reprise ultérieurement par Dominique Fournier pour expliquer Honfleur[5]. L'anglo-saxon flēot s'accorde tout aussi bien avec les attestations les plus anciennes de Barfleur.

Le premier élément Barbe- (dans les formes les plus anciennes) contracté en Bar- parait être le nom de personne Barbey, Barbay (ancien français Barbé « le Barbu », du gallo-roman BARBATU, latinisé en Barbatus dans les textes), essentiellement attesté en Normandie jusqu'au début du XXe siècle et que l'on retrouve dans Barbeville, lieu-dit à Barfleur, Barbeville (Calvados) et Barbetot à Épretot (Seine-Maritime)[6]. L'association avec -fleur ou -tot, la localisation dans l'aire de diffusion des toponymes norrois (y compris Barbeville) incitent à mettre en parallèle le nom de personne norrois Skeggi « le Barbu », très fréquent, rencontré par exemple dans Equiqueville, Ecuquetot (Seine-Maritime). René Lepelley à la suite d’Albert Dauzat a émis l'hypothèse que le premier élément Barbe- pouvait représenter le norrois barmr « sein » (Dauzat lui donne le sens de « coin »), d'où « pointe, cap ». Cette proposition est moins solide, car cet élément ne correspond pas aux formes anciennes, qui sont toutes en Barbe-, jamais en *Barm-. De plus, la présence du lieu-dit Barbeville à Barfleur affaiblit encore cette interprétation, car les noms en -ville sont presque tous composés avec un nom de personne, les noms en -fleur également et ils ont souvent un doublet en -ville (ex: Honnaville / Honfleur ou Crémanville / Crémanfleur). Enfin, c'est très peu satisfaisant sur le plan sémantique et topographique. En effet, Barfleur n'est pas situé sur (ou près) d'un cap ou une pointe en forme de sein. La pointe de Barfleur plus au nord, est un nom donné a posteriori d'après le port de Barfleur, dont l'élément -fleur fait par contre référence à sa configuration et position.

Le gentilé est Barfleurais ou Barflotais[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le port est sans doute ancien, mais on ne possède aucune trace de son nom antérieur : le nom actuel n'est pas antérieur au IXe ou Xe siècle (les plus anciennes attestations datent du XIe , cf. ci-dessus). Geoffroy de Monmouth, dans le neuvième livre de son Historia regum Britanniae, fait partir le roi Arthur de Barfleur pour combattre les Romains chez les Allobroges, peut-être a-t-il disposé de sources anciennes de la légende mentionnant le nom originel de Barfleur, sinon il aura donné cette localisation, car ce port était à son époque le principal lien maritime entre le duché de Normandie et la Grande-Bretagne.

Ainsi pendant la période ducale (jusqu'à 1204, date du rattachement de la Normandie au royaume de France), Barfleur est resté le port préféré des ducs de Normandie qui étaient aussi rois d'Angleterre.

Rocher avec un médaillon en l'honneur d’Étienne, esturman[8] barfleurais de la Mora, bateau de Guillaume le Conquérant

En 1066, la bataille de Hastings marque le début de la conquête de l'Angleterre par les Normands parmi lesquels figurent de nombreux Cotentinais et Avranchinais. Sur le port de Barfleur fixé sur un rocher, un médaillon rappelle que Guillaume le Conquérant fit sur le Mora la traversée depuis Barfleur piloté par un jeune Barfleurais, Étienne.

Il débarquera à Pevensey dans le Sussex de l'Est, le 28 septembre 1066. Le 14 octobre, il défait son compétiteur Harold à la bataille d'Hastings, durant laquelle ce dernier est tué, et reçoit la couronne anglo-saxonne le 25 décembre 1066 dans l'abbaye de Westminster.

En 1105, Henri Beauclerc y débarque afin de récupérer la Normandie au détriment de son frère Robert Courteheuse.

En 1120, la Blanche-Nef, navire royal, sombra au large de Barfleur, sur le rocher de Quillebeuf situé au nord, avec à son bord le fils du roi Henri Ier d'Angleterre, Guillaume Adelin[9]. Ce naufrage signe le déclin de la préférence ducale. À la fin du XIIe siècle, Richard Cœur de Lion aurait embarqué à Barfleur pour rejoindre l'Angleterre. Jean sans Terre y séjourne entre le 5 et le 10 février 1200, puis entre le 15 et 17 septembre de la même année.

En 1346, Barfleur est détruite par les troupes anglaises d'Édouard III, débarquées à Saint-Vaast-la-Hougue. L'église actuellement en bord de mer était à l'époque au milieu de la ville, la mer ayant rongé la côte.

En 1860, un second naufrage coûteux en vies humaines se produit sur ce même rocher de Quillebeuf, il s'agit de celui de la Luna, trois-mâts américain commandé par le capitaine John Schannon. Il se dirigeait vers la Louisiane avec à son bord 18 hommes d'équipage et 85 passagers français et allemands. Sur un total de 103 personnes à bord, on dénombre 101 morts.

En 1865, c'est à Barfleur que fut construite la 1re station de sauvetage sur le modèle des stations britanniques, en raison du danger que représente la pointe de Barfleur.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Barfleur est libérée le 24 juin 1944 par les troupes américaines sans combat. Le port sera par la suite utilisé pour débarquer du matériel et des vivres.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la commune de Barfleur se blasonnent ainsi :
De gueules au bar contourné d'argent, surmonté d'une fleur de lys d'or.

Ces armes sont une sorte de rébus correspondant au nom de la commune : bar - fleur.

Le port typique de Barfleur

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
v. 1860  ? M. Dalidan[10]    
 ? mars 1998 Jean Villette    
mars 1998 mars 2008 Jacques Houyvet    
mars 2008[11] mars 2014 Jean Deville SE Retraité de la DCNS
mars 2014[12] en cours Michel Mauger SE Informaticien retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 641 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2005, 2010, 2015, etc. pour Barfleur[13]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. Entre 1804 et 1831, Montfarville inclus dans Barfleur.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
896 899 2 553 2 674 2 675 1 158 1 185 1 195 1 271
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 279 1 304 1 253 1 218 1 070 1 005 1 065 1 135 1 189
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 210 1 274 1 238 1 116 1 100 1 069 1 065 977 907
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
847 837 703 619 599 642 650 644 643
2012 - - - - - - - -
641 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Barfleur est un port de pêche, notamment de moules de pleine mer. Son centre de débarque est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Cherbourg-Cotentin.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Petit port de pêche d'échouage typique.
  • Église Saint-Nicolas (XVIIe-XIXe siècles) : elle remplace une église plus ancienne recouverte depuis longtemps par les flots.
  • Cour Sainte-Catherine (XVIe)
  • Dans le village, maisons barfleuraises (du XVIe au XIXe) en granit et à toit de schiste.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Barfleur dans les arts[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Sainte Marie-Madeleine Postel, née Julie Postel (Barfleur, 1756 - Saint-Sauveur-le-Vicomte, 1846), fondatrice en 1807, de la congrégation des Sœurs des écoles chrétiennes et de la Miséricorde.
  • Paul Signac (1863-1935), peintre, propriétaire d'une maison rue Saint-Nicolas.
  • Jean Giraudoux (1882-1944), écrivain, y rédigea Siegfried et le Limousin en août 1922[16].
  • Vanber (1905-1994), (de son vrai nom Albert Voisin), peintre, né à Lestre (Manche), sa famille possède encore résidence secondaire à Barfleur.
  • Jacques Berthier (1923-1994), compositeur et organiste, possédait une résidence à Montfarville. Son épouse et lui étaient des habitués de Barfleur.
  • Henry Hartley (1930-2011), artiste peintre, possédait une résidence-atelier impasse des jardins. Ses tableaux sur les thèmes titrés "Les Galets" et "Sun Boat" ont été peints à Barfleur.
  • Jean-Luc Petitrenaud (né en 1950), journaliste et critique gastronomique, possède une résidence secondaire à Barfleur.
  • Jérôme Houyvet (né en 1970 à Barfleur), photographe.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2012.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Manéo, site du conseil général de la Manche.
  2. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Éditions Picard 1986, p. 74.
  3. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, éditions Charles Corlet et PUC 1994, p. .
  4. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1978. p. 54a
  5. Dominique Fournier, Dictionnaire des noms de rues et noms de lieux de Honfleur, éditions de la Lieutenance, Honfleur 2006. p. 124-125.
  6. François de Beaurepaire, op. cit.
  7. habitants.fr, « Manche > Barfleur (50760) » (consulté le 22 juillet 2012)
  8. Littéralement « Homme du gouvernail » en ancien normand, mot scandinave issu du vieux norrois stýrimaðr ou vieux danois styrman.
  9. René Lepelley, op. cit.
  10. Annuaire du Département de la Manche, 33° Année 1861, p 102
  11. « Jean Deville met un terme à toutes ses fonctions municipales », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 9 février 2015)
  12. « Michel Mauger, élu maire, succède à Jean Deville », sur Ouest-france.fr (consulté le 7 avril 2014)
  13. Date du prochain recensement à Barfleur, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2012.
  16. Hugues Plaideux, « Jean Giraudoux à Barfleur (août 1922) », Revue de la Manche, t. 51, fasc. 206, 4e trimestre 2009, p. 2-19