La Garde-Guérin

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La Garde-Guérin
Remparts du côté des gorges du Chassezac
Remparts du côté des gorges du Chassezac
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Lozère
Arrondissement Mende
Canton Villefort
Intercommunalité Villefort
Commune Prévenchères
Géographie
Coordonnées 44° 17′ 02″ nord, 3° 33′ 59″ est
Localisation

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La Garde-Guérin est un village fortifié, en bordure du Chassezac, faisant partie de la commune de Prévenchères, située dans le département de la Lozère et la région Occitanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

La tour

Le village est traversé par le Chemin de Régordane GR700, axe de communication presque unique reliant le Massif central à la Méditerranée, très fréquenté au Moyen Âge. À l’origine ce chemin était connu sous le nom de l’Estrade (occitan estrada, « grande route », du latin strata).

Au XIIe siècle, à la demande de l’évêque de Mende, le village devient un poste frontière défendu par une garnison chargée de la sécurité des voyageurs et des marchandises sur la Regordane. Pendant tout le XIIIe siècle, ce lieu s’appelle simplement La Garde. Le nom de Guérin n’apparaît qu’en 1298.

Le village fortifié, ou castrum de La Garde, est possédé en coseigneurie par une communauté de plusieurs chevaliers : les Pariers (en occitan : « les Égaux », du latin par). Chaque parier possède une parérie, appelée aussi part ou portion, dont il assume la charge et les émoluments : péage, cartalage (droit sur la mesure du grain), arrière-guidage, pulvérage (droit sur la poussière soulevée par les troupeaux de bêtes).

Au XIIIe siècle, un chevalier peut devenir parier dès qu’il a 16 ans, réside sur place, et assure le service. C’est l’acte créateur de la parérie. Pour empêcher un trop grand démembrement, le nombre de paréries ou portions d’un parier est limité et des conditions restrictives seront aménagées au fur et à mesure par des statuts (les premiers datent de 1228).

Les chevaliers pariers ont élu quatre des leurs qui, en leur nom et au nom de tous les pariers, étaient d’accord avec l’évêque pour maintenir la paix ou modifier les statuts existants. Ces chevaliers se rattachent à quatre clans : les Gaucelmes, les Hérail, les Bertrand et les Gaules.

La Garde n’a pas été épargnée par les guerres. Prise et détruite par le feu pendant la Guerre de Cent Ans, la forteresse est au cœur de combats sanglants et les Anglais ont dû s’en rendre maîtres. Au XVIe siècle, au moment des guerres de Religion, elle est de nouveau incendiée. Les catholiques la défendent, mais les protestants en font le siège à leur tour.

Les monuments[modifier | modifier le code]

Rue principale

Rues et maisons[modifier | modifier le code]

À l’intérieur du castrum, les rues sont pavées. Quelques belles maisons présentent sur la rue un mur pignon ajouré au rez-de-chaussée d’une porte simple ou jumelée et à l’étage d’une belle fenêtre croisée ou à meneaux. Des écussons datés de 1597 sont visibles sur certaines maisons.

La Tour[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de La Garde-Guérin.

La tour de la Garde-Guérin, datée du XIIe siècle, est en fait le donjon médiéval du castrum. De plan carré, haute de 21,50 mètres, elle a cinq niveaux et présente un appareil à bossage unique dans la région. Au pied de la tour sont visibles les vestiges du logis seigneurial ayant appartenu aux consuls nobles de la Garde-Guérin. Il n'est pas d'origine médiévale puisqu'il n'est pas répertorié au "vidimus" de 1364. On le daterait du XVIe siècle mais il a été détruit par un incendie en 1722.

L’église Saint-Michel[modifier | modifier le code]

Cette église romane est remarquable par le soin apporté à sa construction et la richesse dans la sculpture de ses chapiteaux. Une statue de Saint-Michel, patron de l’église et du village, est placée à l’intérieur. Elle est en bois doré et date du XVe siècle.

Vie actuelle[modifier | modifier le code]

  • La population : la population du village a beaucoup varié en quelques siècles. On comptait plus de 100 habitants en 1789, 158 en 1846, et 84 en 1936. Aujourd’hui une douzaine d’habitants y vivent toute l’année. En période estivale la population est plus nombreuse avec une centaine de personnes environ.
  • L'économie : depuis le début des années 1970, beaucoup de maisons ont été restaurées, mais la plupart restent des résidences secondaires. L’une des principales ressources des habitants du village a longtemps été la châtaigne, mais cette culture a été abandonnée. L'économie aujourd’hui repose surtout sur l’élevage et le tourisme. La transformation d’une grande maison en hôtel-restaurant, l’Auberge Regordane, et la création d’un pôle d’animation de la Chambre des métiers de Lozère, proposant aux visiteurs les produits d’artisans locaux, ont redonné une dynamique au village.
  • L'association G.A.R.D.E: une association pour la sauvegarde de La Garde-Guérin (l'association G.A.R.D.E. : Groupement pour l'Amélioration, la Rénovation, le Développement et l'Entretien du village) a également été créée en 1981. Elle a participé à de nombreux projets de restauration en collaboration avec les Bâtiments de France et les collectivités locales. Elle assure à présent l’activité touristique du village par la publication de brochures historiques, l’accueil et le guidage des visiteurs et l’animation du site.

En 1992, le village a servi de décor au film de Christian Fechner : Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu.

Personnalités de la seigneurie[modifier | modifier le code]

Photos[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Dussaud, La Garde-Guérin, communauté et coseigneurie en Gévaudan, Nîmes, Éditions Lacour, , 218 p. (ISBN 2-7504-1625-6)
    Historique de la place-forte et de son village médiéval depuis le XIIe siècle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]