Camon (Ariège)

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Camon
Camon (Ariège)
Vue du village de Camon
Blason de Camon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Ariège
Arrondissement Pamiers
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Mirepoix
Maire
Mandat
Sylvie Czeczotka
2020-2026
Code postal 09500
Code commune 09074
Démographie
Gentilé Camonais
Population
municipale
145 hab. (2018 en diminution de 4,61 % par rapport à 2013)
Densité 14 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 01′ 20″ nord, 1° 58′ 03″ est
Altitude Min. 326 m
Max. 582 m
Superficie 10,25 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Mirepoix
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Camon
Liens
Site web Site de la Mairie de Camon

Camon (Camon en occitan languedocien) est une commune française, située dans le département de l'Ariège en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Camonais et Camonaises.

La commune fait partie de l'association Les plus beaux villages de France.

Camon 2010 pano.jpg

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Commune du piémont Pyrénéen située à l'extrême est du département de l'Ariège. C'est une commune limitrophe avec le département de l'Aude dans le Pays des Pyrénées cathares.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Camon est limitrophe de six autres communes dont deux dans le département de l'Aude.

Carte de la commune de Camon et de ses proches communes.

Hameaux[modifier | modifier le code]

La Besse, Brindou, le Cazalet, le Chiqué, Daurat, Montaragou, la Prade, Sampête, Triè...

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est arrosée par l'Hers-Vif un affluent de l'Ariège.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune est de 1 025 hectares ; son altitude varie de 326 à 582 mètres[2].

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

En limite de l'Aude, Camon subit les influences climatiques de l'océan, de la Méditerranée et de la montagne.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Camon est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Ancienne abbatiale.

Le village est construit dans un méandre de l'Hers-Vif.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La tradition veut que ce soit Charlemagne qui ait, en 778, fondé un monastère sur cette petite éminence rocheuse située dans une courbe de l'Hers. Une abbaye fortifiée fut bâtie par la suite, donnée en 943 à l'abbaye de Lagrasse. Au XIIe siècle elle en devint un simple prieuré. La première enceinte fortifiée fut édifiée à la même époque, ainsi que le château de Montaragou. Le 18 juin 1279, l'abbaye avec ses fortifications fut détruite par la rupture du barrage de Puivert, qui emporta également Mirepoix et les autres villages de la vallée. En 1494, le village et son abbaye sont de nouveau mis à sac, cette fois par une bande de pillards.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

C'est Philippe de Lévis-Mirepoix, évêque de Mirepoix et prieur de Camon, qui va reconstruire au début du XVIe siècle l'ensemble des bâtiments que l'on voit aujourd'hui, dont le rempart du village. Entre 1560 et 1570, le cardinal Georges d'Armagnac, alors prieur de Camon, termine l'enceinte en y accolant une tour ronde.

Lors de la création des départements, Camon fut comprise dans l'Aude puis réunie à l'Ariège en 1794.

La porte d'entrée principale du village fortifié.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Camon a bénéficié d'une gare de 1902 à 1939 sur la ligne de Moulin-Neuf à Lavelanet. Il y eut cependant une réouverture temporaire du service voyageur du 5 mai 1941 au 6 mai 1946, la pénurie de transports routiers liée à la guerre conduisit à ajouter une voiture au train de marchandises subsistant.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au recensement de 2017 étant compris entre 100 et 499, le nombre de membres du conseil municipal pour l'élection de 2020 est de onze[7],[8].

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

Commune faisant partie de l'arrondissement de Pamiers de la communauté de communes du Pays de Mirepoix et du canton de Mirepoix.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 En cours Sylvie Czeczotka SE Retraité Fonction publique

Économie[modifier | modifier le code]

L'élevage bovin est l'activité agricole principale du village aujourd'hui.

De la vigne a été plantée sur la commune[9] au début des années 2010 dans le cadre de l'IGP Pays Cathares.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[11].

En 2018, la commune comptait 145 habitants[Note 2], en diminution de 4,61 % par rapport à 2013 (Ariège : +0,25 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
550559578612628548516516543
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
523529516476501433418372365
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
402352383280257239204200197
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
181147116110125144157166145
2018 - - - - - - - -
145--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution du rang de la commune
selon la population municipale des années : 1968[14] 1975[14] 1982[14] 1990[14] 1999[14] 2006[15] 2009[16] 2013[17]
Rang de la commune dans le département 158 181 197 183 173 165 166 182
Nombre de communes du département 340 328 330 332 332 332 332 332

Enseignement[modifier | modifier le code]

Camon fait partie de l'académie de Toulouse.

Culture[modifier | modifier le code]

Activités sportives[modifier | modifier le code]

Chasse, pétanque, randonnée pédestre,

Écologie et recyclage[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Porte de l'église autrefois abbatiale.
L'abbaye château de Camon - Ancienne abbatiale de la Nativité de la Vierge.
Tour carrée des remparts.
Les salons XVIIIe de l'abbaye de Camon.

L'ancien prieuré et les remparts[modifier | modifier le code]

Ancienne abbatiale de la Nativité-de-la-Vierge de Camon.

Lorsqu'on arrive à Camon, l'un des Plus beaux villages de France, on ne peut rater cette imposante bâtisse à l'architecture sévère. La légende veut que cette abbaye bénédictine ait été construite sur ordre de Charlemagne en 778. Quoi qu'il en soit, le premier acte mentionnant ce palais fortifié date de 943 comme simple couvent dépendant de la puissante abbaye de Lagrasse, dont au XIIe siècle elle est devenue un prieuré simple. La forteresse du méandre, en référence au cours de l'Hers-Vif, fut fortifiée à trois reprises. Les vestiges de l'église et des remparts sont inscrits Monuments historiques.

L'église faisait partie du système défensif de la ville, sa façade nord étant appuyée sur les murs d'enceinte[18]. Les bâtiments du prieuré, protégés par une enceinte et par la rivière, sont ruinés lors de la guerre de Cent Ans[19]. Les tours sont bâties à la fin du XVe siècle[19] par Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix et prieur de Camon. À la fin du XVIe siècle, au moment des guerres de Religion[19], on surélève les murs. Il subsiste de l'enceinte principalement le mur nord.

L'église

L'église, étroite et longue, est resserrée entre les bâtiments claustraux et le chemin de ronde. Elle a une abside ronde sans transept ; en tiennent lieu les deux chapelles latérales construites en 1661 et en 1664. Les deux sacristies datent de la même période, celle du nord étant le rez-de-chaussée de son clocher carré.

Détruite en 1420 à la suite des troubles qui marquèrent cette période, elle fut reconstruite par Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix (1497-1537). En 1566, l'église fut incendiée accidentellement. En 1660, elle est réparée ; mais ce n'est que vers 1699 que les bénédictins de Saint-Maur se réinstallent et entreprennent de refaire le mobilier. À la Révolution, elle est en partie détruite. Elle ne sera restaurée qu'au début du XXe siècle[20].

Le château

Les riches aménagements intérieurs du XVIIIe siècle témoignent de la puissance de ce lieu religieux. Actuellement la bâtisse est un hôtel[21].

Le jardin d'agrément de l'abbaye de Camon[modifier | modifier le code]

Le jardin d'agrément de l'abbaye de Camon, propriété privée, est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[22].

Les cabanes de Camon[modifier | modifier le code]

Une des 120 cabanes en pierres sèches de Camon 'La Gaita'.

Témoins du passé viticole de Camon, les constructions en pierres sèches ont défié les lois du temps. Au Xe siècle alors que l'abbaye devient possession de Lagrasse, les paysans vont commencer à cultiver les terres autour du village. Pour faciliter la culture de la vigne et des céréales, ils construiront aidés du savoir-faire des moines, terrasses, cabanes, puits, aqueducs en pierres sèches. Ces cabanes et la culture en terrasse seront utilisés jusqu'à l'épidémie du phylloxera à la fin du XIXe siècle. Ces constructions en pierres sèches ont bénéficié d'une attention particulière au travers d'un inventaire et de restauration. On peut les découvrir aujourd'hui lors d'une très agréable balade guidée.

La maison des pénitents blancs[modifier | modifier le code]

Une façade ornée de symboles théologaux : l'ancienne chapelle des pénitents blancs (XVIe siècle) ; elle est aujourd'hui privée et habitée.

La Maison Haute[modifier | modifier le code]

Ancienne tour des remparts, intégrée au système défensif du bourg fortifié, la maison haute fut transformée au XVIIe siècle en demeure seigneuriale. Privée et habitée, elle est inscrite en 2007 à l'inventaire des Monuments historiques[23].

Le métier à ferrer les bœufs[modifier | modifier le code]

Jadis dans les villages ruraux, il était de tradition de ferrer les bœufs pour éviter l'usure de la corne de leurs sabots. Le ferrage s'effectuait pour les animaux les moins dociles avec un métier à ferrer. Celui de Camon a été utilisé jusque dans les années 1970. Restauré en 1993, il est l'un des rares en état de fonctionner dans la région Midi-Pyrénées[24].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

ZNIEFF

La commune est concernée par quatre ZNIEFF de 1re génération :

  • Bas Pays d'Olmes

La zone validée en 1997 couvre 13 189 ha de 23 communes[25].

  • Bois d'en Bas et bois de Borreil

La zone validée en 1997 couvre 2 980 ha de 8 communes (Camon et sept communes de l'Aude)[26].

  • Coteau de Daurat La Ferrière

La zone validée en 1997 couvre 29 ha communaux[27].

  • L'Hers

La zone validée en 1997 couvre 1 132 ha de 18 communes de l'Ariège et de l'Aude[28].

Natura 2000

Camon est concernée par un site d'intérêt communautaire (Dir. Habitat) :

Le site Natura 2000 « FR7301822 - Garonne, Ariège, Hers, Salat, Pique et Neste » désigné par arrêté du 27 mai 2009, a une superficie de 9 602 ha des départements de l'Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées et Tarn-et-Garonne[29].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Palé contre-palé de gueules et d'or de quatre pièces[30].

Randonnée[modifier | modifier le code]

Le sentier de grande randonnée 7 (sentier européen E4) passe par Camon dans l'étape de Mirepoix à Andorre-la-Vielle..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
  3. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  4. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 6 novembre 2020)
  7. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  8. « Résultats des élections municipales et communautaires 2020 », sur https://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__MN2014 (consulté le 14 août 2020).
  9. « Quand l'histoire de la vigne en Ariège se dévoile », La Dépèche du midi,‎ (lire en ligne)
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  14. a b c d et e INSEE, « Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2012 (1990 à 2012 pour les DOM) », sur insee.fr, (consulté le 10 janvier 2016).
  15. INSEE, « Populations légales 2006 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  16. INSEE, « Populations légales 2009 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  17. INSEE, « Populations légales 2013 des départements et des collectivités d'outre-mer », sur insee.fr, (consulté le 8 janvier 2016).
  18. Notice no PA00093781, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. a b et c Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 228.
  20. Diocèse de Pamiers, Couserans et Mirepoix
  21. Abbaye Château de Camon
  22. Notice no IA09000024, base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. Notice no PA09000018, base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. Panneau d'information sur le Métier à ferrer les bœufs à l'entrée principale du village
  25. ZNIEFF 730011988 - Bas Pays d'Olmes sur le site de l’INPN.
  26. ZNIEFF 910030434 - Bois d'en Bas et bois de Borreil sur le site de l’INPN.
  27. ZNIEFF 730011973 - Coteau de Daurat La Ferrière sur le site de l’INPN.
  28. ZNIEFF 730011986 - L'Hers sur le site de l’INPN.
  29. - Site Natura 2000 FR7301822 - Garonne, Ariège, Hers, Salat, Pique et Neste sur le site de l'INPN
  30. Armorial de France

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.