Arlempdes

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Arlempdes
Le village d'Arlempdes et en second plan son château.
Le village d'Arlempdes et en second plan son château.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Le Puy-en-Velay
Canton Velay volcanique
Intercommunalité Communauté de communes des Pays de Cayres et de Pradelles
Maire
Mandat
Gérard Testud
2014-2020
Code postal 43490
Code commune 43008
Démographie
Population
municipale
133 hab. (2014)
Densité 9,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 51′ 58″ nord, 3° 55′ 26″ est
Altitude Min. 769 m
Max. 1 166 m
Superficie 13,74 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.village-arlempdes.com

Arlempdes (prononcer Arlandes[notes 1]) est une commune du département de la Haute-Loire, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, en France, située à 27 km environ au sud-est du Puy-en-Velay. Ses habitants sont appelés les Arlempdois[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village d'Arlempdes est principalement connu pour son site magnifique ainsi que son château éponyme, autrefois siège d'une baronnie. Il est encaissé au fond de la vallée de la Loire, à une trentaine de kilomètres seulement de sa source. Un piton rocheux (dyke volcanique) sert de piédestal aux ruines du château, qui surplombent ainsi la rivière d'une centaine de mètres.

Le paysage est dominé par de superbes coulées basaltiques, parfois sous forme d'orgues, qui témoignent du passé volcanique de la région. Sa signification en celte : « la vallée des éboulis » est sans doute une référence à l'effrondrement de ces orgues, colonnes fracturées en centaines de rochers plus ou moins importants.

Arlempdes est le bourg-centre d'une commune de 1 300 hectares dispersée en une dizaine de villages ou hameaux[notes 2]. Le village lui-même ne compte que peu d'habitants ; c'est une petite bourgade aux maisons anciennes et de mieux en mieux rénovées.

Le site se trouve à 7 km de la route nationale 88 joignant Saint-Étienne (42) au sud de la France, au niveau du village de Costaros.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Arlempdes est limitrophe des communes suivantes[2], toutes situées dans l'arrondissement du Puy-en-Velay :

Communes limitrophes d’Arlempdes
Le Brignon Goudet
Arlempdes Salettes
Landos Barges,
Saint-Arcons-de-Barges
Vielprat

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Arlemde en 1215, Harnempde en 1248[3], Castrum Arllemdii en 1267.

La forme de 1267, Castrum Arllemdii nous informe de la présence du château dont il reste quelques vestiges sur un roche surplombant la Loire.
Placé sur un endroit stratégique et haut lieu spirituel, le toponyme dériverait du celtique Ar-Nemeton (sanctuaire, lieu sacré). Prototype : *Arnemetum, ou mieux, *Arenemetum = devant le nemeton (temple)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le rocher et château surplombant la Loire.
Article détaillé : Dame blanche (légende).

Le site d'Arlempdes domine une boucle de la Loire et sert de « verrou » entre plusieurs vallées. C'est ainsi qu'il a naturellement été choisi comme site religieux, d'où son nom Arlempdes (< gaulois *Ar(e)-nemeton « temple de l'est »), et comme site militaire. Dans l'Antiquité, un camp romain est installé provisoirement sur une colline avoisinante : le camp d'Antoune. Il est occupé par une garnison romaine au temps de la Guerre des Gaules (Ier siècle av. J.-C.).[réf. souhaitée]

Dès le haut Moyen Âge, le dyke d'Arlempdes est habité. La chapelle Saint-Jacques, dont la construction actuelle date du XIIe siècle, semble avoir été précédée par une chapelle plus ancienne, qui servit de point de départ à l'installation permanente d'habitants.

Le château, qu'une bulle du pape Clément IV mentionne pour la première fois en 1267, est construit du XIIIe au XVIe siècle, avec de nombreux remaniements. Il présente la caractéristique d'être totalement imbriqué dans la roche et de s'adapter à sa morphologie. Il ne présente donc pas un plan classique de forteresse féodale. Les remparts sont naturellement prolongés par la roche volcanique, rendant une ascension quasi-impossible. La fonction du château d'Arlempdes est de protéger l'accès vers le nord, donc il est la cible de nombreuses convoitises.

Jusqu'au XVIe siècle, il est possédé par diverses familles de seigneurs locaux, dont la famille de Monlaur, très puissante dans tout le sud de l'Auvergne, ou la famille de Mirabel. Il entre ensuite, après qu'une fille du baron de Montlaur eut épousé Charles de Poitiers en 1450, dans les possessions de Diane de Poitiers, ce qui explique la présence de ses armes gravées dans un mur du château. Le logis seigneurial (dont il ne reste qu'un pan de mur) a été construit pendant sa possession. Par la suite, la forteresse sert de garnison aux troupes royales, sous la direction, une fois encore, d'un seigneur local, comme la famille de Goÿs de Mézeyrac au XVIIIe siècle.

De plus en plus délaissé par les familles qui succèdent à la famille de Goÿs, le château est, dès avant la Révolution française, totalement abandonné : il n'a plus d'intérêt stratégique. Il tombe alors en ruines, les habitants se servant en pierres sur le site. Au XIXe siècle, il est vendu pour un franc symbolique à l'œuvre du Prado. En 1963, une association regroupant des descendants de la famille de Goÿs de Mézeyrac et des passionnés du site rachète les ruines et entreprend la restauration du château.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1995 en cours
(au 27 avril 2016)
Gérard Testud[5] DVD Retraité agricole

L'élection municipale a été annulée par le tribunal administratif en juin 2014[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 133 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Une réforme du mode de recensement permet à l'Insee de publier annuellement les populations légales des communes à partir de 2006. Pour Arlempdes, commune de moins de 10 000 habitants, les recensements ont lieu tous les cinq ans, les populations légales intermédiaires sont quant à elles estimées par calcul[7]. Les populations légales des années 2008, 2013, 2018 correspondent à des recensements exhaustifs[8].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
721 476 513 513 544 471 477 553 519
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
531 534 514 512 514 518 537 538 536
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
544 550 527 510 468 451 428 367 326
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
270 211 220 182 142 114 133 135 133
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Âge de la population[modifier | modifier le code]

La pyramide des âges, à savoir la répartition par sexe et âge de la population, de la commune d'Arlempdes en 2010[11] ainsi que, comparativement, celle du département de la Haute-Loire la même année[12], sont représentées avec les graphiques ci-dessous.

La population de la commune comporte 50,8 % d'hommes et 49,2 % de femmes. Elle présente en 2010 une structure par grands groupes d'âge plus âgée que celle de la France métropolitaine[13]. L'indice de jeunesse, égal à la division de la part des moins de 20 ans par la part des plus de 60 ans, est en effet de 0,61 pour la commune, soit 61 jeunes de moins de 20 ans pour cent personnes de plus de 60 ans, alors que pour la France métropolitaine il est de 1,06. Cet indice est également inférieur à celui du département (0,87) et à celui de la région (0,8)[14].

Pyramide des âges à Arlempdes en 2010 en pourcentage[11].
Hommes Classe d’âge Femmes
1,5 
90  ans ou +
0,0 
5,9 
75 à 89 ans
7,7 
29,4 
60 à 74 ans
24,6 
16,2 
45 à 59 ans
20,0 
25,0 
30 à 44 ans
18,5 
7,4 
15 à 29 ans
10,8 
14,7 
0 à 14 ans
18,5 
Pyramide des âges dans le département de la Haute-Loire en 2010 en pourcentage[12].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90  ans ou +
1,4 
7,9 
75 à 89 ans
12,3 
15,9 
60 à 74 ans
16,3 
21,7 
45 à 59 ans
20,2 
19,8 
30 à 44 ans
18,6 
15,6 
15 à 29 ans
14,0 
18,7 
0 à 14 ans
17,2 

Économie[modifier | modifier le code]

Le village vit essentiellement du tourisme. Quatre gîtes ruraux et un hôtel-restaurant permettent l'accueil des touristes.

Les villages et lieux-dits de la commune sont agricoles. La commune compte 18 exploitations principales, dont la production principale est le lait[15].

Vie locale et manifestations[modifier | modifier le code]

Le festival d'Arlempdes, créé en 1995, est une quinzaine théâtrale. Il a lieu chaque année à la fin du mois de juillet, dans l'enceinte du château médiéval[16].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Église romane Saint-Pierre.
La poterne, face nord.
Croix historiée du XVe siècle (face avec la pietà).

Église Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Saint-Pierre d'Arlempdes.

L'église romane Saint-Pierre, composée d’un vaisseau unique, de trois travées, et d’un chœur clos par un mur plat, fut construite au XIIe siècle et au XIIIe siècle, puis remaniée au XVIe siècle. Elle comporte un clocher à peigne rectangulaire à quatre arcades du XVIe siècle, typique du Languedoc, un portail occidental à quatre colonnes, dont deux torsadées, et une archivolte polylobée. (Classée monument historique le 16 septembre 1907[17]).

Croix de pierre[modifier | modifier le code]

La croix monumentale en pierre du XVe siècle, naguère située sur le mur de l’ancien cimetière, non loin du portail d’entrée de l'église, est composée d'un fût octogonal et d'une partie supérieure (la croix proprement dite), historiée sur les deux faces : l’une, celle tournée vers l’ouest, s’ornant d’une pietà, l’autre représentant la crucifixion. (Classé monument historique le 28 mai 1907[18]).

Poterne[modifier | modifier le code]

L'ancienne porte d'enceinte, dite poterne, datée de 1066 ― si l’on en croit une inscription gravée dans une plaque de marbre ― est composée d'une haute voûte en berceau brisé, que surmonte une salle prenant jour, sur la face nord (c'est-à-dire intérieure), par une fenêtre à meneau ; un deuxième étage sous comble, éclairé par une petite fenêtre dans la face sud (extérieure), fut probablement (comme le porte à supposer la différence de mise en œuvre de la maçonnerie entre les deux étages) ajoutée postérieurement, au XIVe ou XVe siècle. Cette porte était autrefois intégrée à l’enceinte extérieure du château, laquelle se raccordait aux murailles du château proprement dit par le sud-est et le nord-ouest. (Inscription MH le 27 septembre 1971[19]).

Château[modifier | modifier le code]

Le château, aujourd’hui ruiné, hormis la chapelle castrale et un corps de bâtiment non loin de celle-ci dont le rez-de-chaussée (la salle d’armes) a gardé sa voûte, coiffe un relief basaltique situé le long de la jeune Loire, dont la paroi orientale, face au fleuve, présente des à-pics d’une centaine de mètres de hauteur. Il se présente grosso modo comme un rectangle de 30 sur 80 mètres[notes 3], délimité par des fronts de courtine plus ou moins rectilignes, à l’exception de la portion nord-est de l’enceinte, d’un dessin irrégulier, où le château tend à se soumettre aux contraintes topographiques induites par la morphologie des falaises à cet endroit. Le côté le plus exposé est le flanc nord-ouest. Les murailles sont jalonnées de tours d’angle et de tours de flanquement (sept au total). Au centre de la forteresse, un mur, aujourd’hui à l’état de débris, relié à une tour circulaire, qui servit autrefois de donjon, subdivise le château en deux parties distinctes. La moitié sud a l’aspect d’un terre-plein dégagé, alors que la partie nord est densément occupée de bâtiments, pour la plupart ruinés : la chapelle, du XIIe siècle, préservée ; un pan de mur, seul élément à subsister de l’ancien logis seugneurial construit par les Poitiers aux XVe et XVIe siècles ; des vestiges de geôles, près de la salle d’armes, déjà mentionnée ; enfin quelques restes de murs et de fenêtres près du portail d’entrée (daté du XIIe) dans le nord-ouest du château. Les soubassements des murailles remontent au XIIIe siècle, et le reste des constructions date des XVe et XVIe siècles, c'est-à-dire de l’époque à laquelle les Poitiers s’appliquèrent à remettre en état et à reconstruire la forteresse.

La chapelle castrale Saint-Jacques du XIIe siècle, bâtie en pierre rouge, et nouvellement rénovée, est la seule partie conservée du château féodal primitif élevé au XIIe siècle. Peu décorée et d’aspect rustique à l’intérieur, elle se compose d’une nef voûtée en berceau, aux parois latérales évidées sous un arc de décharge surbaissé, se prolongeant par une abside ronde voûtée en cul-de-four, plus ou moins de même largeur. (Inscription MH le 27 février 1926, puis les alentours en 1945[20]).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le marquis d`Arlempdes fut avec Pilâtre de Rozier le premier aerostatier le 21 novembre 1783.

Emmanuel Ledépa y tint une maison close gay friendly de 1996 à 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le p en effet ne se prononce pas. API : /aʁlɑ̃d/.
  2. Ce sont principalement les localités de Montagnac, Freycenet, Masclaux, Coulombs, Montcoudiol, et le Suc.
  3. À titre de comparaison, la forteresse de Polignac mesure env. 100 sur 200m.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arlempdes et ses habitants les Arlempdois, Arlempdoises
  2. Géoportail (consulté le 30 novembre 2015).
  3. M. A. Thomas (Nouveaux Essais, p. 41).
  4. « La toponymie gauloise de l'Auvergne et du Velay (Albert Dauzat) »
  5. « Liste des maires » [PDF], Préfecture de la Haute-Loire, (consulté le 3 juin 2016).
  6. « Le tribunal administratif annule les élections municipales », sur La Montagne, (consulté le 26 août 2014).
  7. « Le recensement de la population en bref », sur le site de l'Insee (consulté le 14 juillet 2013).
  8. « Calendrier de recensement des communes de la Haute-Loire », sur Insee (consulté le 14 juillet 2013)
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. a et b « Chiffres clés évolution et structure de la population d'Arlempdes », sur le site de l'Insee (consulté le 14 juillet 2013)
  12. a et b « Chiffres clés évolution et structure de la population du département de la Haute-Loire en 2010 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 juillet 2013)
  13. « Chiffres clés évolution et structure de la population de la France métropolitaine en 2010 », sur le site de l'Insee (consulté le 14 juillet 2013).
  14. « Chiffres clés évolution et structure de la population de la région Auvergne en 2010 », sur le site de l'Insee (consulté le 13 juillet 2013).
  15. Arlempdes sur le site officiel de la communauté de communes du Pays de Cayres Pradelles
  16. Le festival d'Arlempdes sur le site des Théatrales du Velay
  17. Notice no PA00092579, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. Notice no PA00092578, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. Notice no PA00092580, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. Notice no PA00092577, base Mérimée, ministère français de la Culture.