Polignac (Haute-Loire)

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Polignac
Polignac (Haute-Loire)
Château et village de Polignac.
Blason de Polignac
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Le Puy-en-Velay
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Puy-en-Velay
Maire
Mandat
Jean-Paul Vigouroux
2020-2026
Code postal 43000
Code commune 43152
Démographie
Population
municipale
2 814 hab. (2017 en diminution de 0,11 % par rapport à 2012)
Densité 85 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 04′ 14″ nord, 3° 51′ 37″ est
Altitude Min. 562 m
Max. 892 m
Superficie 33,05 km2
Élections
Départementales Canton du Puy-en-Velay-2
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Polignac

Polignac est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Les maisons du bourg-centre de la commune sont disposées en cercle autour d’un relief rocheux basaltique (Neck) portant à son sommet une vaste forteresse, à une centaine de mètres en contre-haut du village.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Le blason de la ville de Polignac.

Les armes de la ville de Polignac, qui sont celles de la maison de Polignac, ont pour définition héraldique :
« Fascé d'argent et de gueules de six pièces. »

Géographie[modifier | modifier le code]

L'altitude de Polignac va de 562 à 892 mètres, pour une moyenne de 727 mètres. Sa mairie se trouve à 760 mètres[1].

Le centre de Polignac se trouve à environ 3220 mètres au Nord-Ouest de la cathédrale du Puy-en-Velay (à vol d'oiseau); à 6 055 mètres au Sud-Ouest du château de Lavoûte-Polignac; à 31 km au Sud-Est de l'Abbaye de La Chaise-Dieu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans la grotte Le Rond du Barry furent trouvées des traces d'occupation magdaléniennes et néolithiques, et dans celle de Sainte-Anne 2 furent trouvées des traces d'occupation du magdalénien final[2].

La tradition populaire voudrait qu'à l'époque gallo-romaine se trouvait un temple dédié à Apollon sur le neck, d'où le nom actuel du village, transformation d'"Apollon"[3]. Cependant, la première mention écrite connue du lieu le nomme Podempniacum (montagne escarpée)[4].

Est conservé actuellement sur le site un masque antique imposant, taillé dans un bloc de calcaire, d'un homme au visage barbu qu'on nomme Apollon. Mais pour Prosper Mérimée, il ne peut en aucun cas être la représentation de ce dieu, toujours imberbe.

Moyen-âge[modifier | modifier le code]

L'église romane du bourg, dédiée à Saint Martin, est bâtie aux XIe et XIIe siècles.

Au IXe siècle les vicomtes Armand s'emparent du lieu et prennent le nom du village[5]. En 929[6] le château de Polignac apparaît dans un écrit[7]. Il est probable qu'il fut principalement en bois.

La maison de Polignac, donc propriétaire des lieux[8], érige au XIIIe siècle de petits remparts en pierres le long de la falaise, puis au XIVe siècle édifie le donjon de 32 mètres de haut[9]. Cette forteresse fut la maison de guerre de la famille, le château de Lavoûte-sur-Loire étant la maison de repos.

Les évêques du Puy se plaignent souvent que les Polignac se battent avec les dynasties voisines pour accroître leur zone d'influence, et surtout rançonnent les voyageurs qui se rendent au Puy pour les pèlerinages[10]. Mais cependant les seigneurs du lieu participent aux grands combats du temps, et l'un d'eux, Héracle de Polignac, part pour la Première croisade aux cotés d'Adhémar de Monteil, et trouve la mort sous les murs d'Antioche. En 1213, une décision royale contraint les vicomtes à rendre hommage à l'évêque[10].

Citons au passage Ponce de Polignac, qui fut abbé de Clairvaux de 1165 à 1170, puis évêque de Clermont de 1170 à 1189.

Lors de la Guerre de cent ans (1337-1453)[11] les Polignac assurent la défense de la région. Entre autres, le seigneur de Polignac répond avec soixante lances à l'appel du sénéchal de Beaucaire à créer une armée de 10000 combattants afin de détruire les bandes de Robert Knolles, alors fortes de 4000 routiers. En mars 1362, à l'appel d'Arnoul d'Audrehem il se présente avec plus de mille lances pour libérer Saugues. Randonnet Armand IX taille en pièces une bande de routiers anglais en 1365[12], et son frère Randon Armand X est surnommé le Taureau de Salzuit suite à son courage face aux envahisseurs. La tâche est ardue, car encore en 1421 le seigneur de Rochebaron aidé de Bourguignons assiègent la ville du Puy, mais ne pouvant la prendre ravagent les environs avant de partir.

Lors de la Ligue du Bien public, le château est confisqué un temps par Louis XI.

Période Renaissance et Guerres de Religion[modifier | modifier le code]

En 1533, François Ier visite la forteresse, et à la vue époustouflante qu'elle offre sur toute la région, surnomme les Polignac "Les rois des montagnes".

Les guerres religieuses affligèrent le Velay de 1560 à 1596.

En 1589, dans le cadre de la huitième de celles-ci (1585-1598), débute le conflit entre la Ligue catholique et les partisans des rois Henri III puis Henri IV. Polignac est un bastion Royaliste, la ville du Puy se déclare pour la Ligue. Des troupes sont envoyées de Polignac afin de calmer des émeutes dans la ville, mais des combats opposent vite les soldats aux Ligueurs de la cité, au niveau du pont d'Estroulhas[13]. La troupe y perd 50 hommes, et est poursuivie jusque sous les murs de la forteresse[14].

Le 26 janvier 1590, les Royalistes d'Espaly attaquent Vals et s'emparent de bestiaux qu'ils amènent à Polignac.

Début mai, les Ligueurs incendient le bourg de Polignac, sous les tirs des canons de la forteresse.

Le 10 juillet, Chambaud, chef des protestants du Vivarais, arrive en renfort avec des troupes à Polignac. Le 12 et pendant huit jours, ces forces font en vain le siège du château de Saint-Vidal, puis prennent position dans les bourgs d'Espaly et de Saint-Marcel, et combattent dans ce secteur aux côtés des Royalistes jusqu'à la reddition des survivants le 21 août[15]. Lors de ces combats, une partie de la garnison de Polignac se trouve sur le sommet du Mont Denise (position vitale pour le ravitaillement des combattants engagés dans les bourgs) et repousse une offensive des Ligueurs[16].

du XVIIe siècle à 1900[modifier | modifier le code]

La forteresse perd de son importance militaire durant le XVIIe siècle et est finalement abandonnée au XVIIIe.

Au cours de la période révolutionnaire, la famille de Polignac émigre à la demande de Louis XVI[10]. La plus connue de ses membres à cette époque est Gabrielle de Polignac, née de Polastron, confidente de la reine Marie-Antoinette et Gouvernante des enfants royaux.

Lors de ces événements la commune porta le nom de Mont-Denise en 1789[17] puis Polignac en 1793. La forteresse est confisquée puis vendue comme Bien National, et sert de carrière de pierres. Elle est rachetée par le prince Jules de Polignac, ministre des affaires étrangères de Charles X, et est visitée par George Sand qui y situe l'un de ses romans, Le marquis de Villemer. Elle est classée monument historique par Prosper Mérimée en 1840. Le donjon est restauré en 1893.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

de 1900 à Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Quatre-vingt-neuf enfants de la municipalité sont tombés aux Champs-d'Honneurs lors de la Première Guerre mondiale, cinq lors de la seconde.

Dans les années 1960 est créée l'entreprise Vey, volailler qui emploie aujourd'hui (2020) plus de quarante salariés pour un chiffre d'affaires de plus de huit millions d'euros par an [18].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
juin 1995 mars 2008 Auguste Coffy DVD  
mars 2008 mars 2014 Thierry Léotoing    
mars 2014 En cours
(au 28 août 2014)
Jean-Paul Vigouroux[19] DVD Conseiller départemental depuis 2015

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[21].

En 2017, la commune comptait 2 814 habitants[Note 1], en diminution de 0,11 % par rapport à 2012 (Haute-Loire : +0,71 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 9541 9482 3192 1312 0932 2122 1342 0942 258
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 2092 3052 2632 2742 5532 7092 6982 6832 602
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 5742 5462 5112 5052 0922 0852 0901 5691 347
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 2571 4071 7092 0032 3842 6022 7322 7822 821
2017 - - - - - - - -
2 814--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • La forteresse médiévale de Polignac est perchée sur son rocher volcanique depuis le Xe siècle, à 806 m d'altitude, soit à 100 mètres environ en contrehaut du village. Par sa situation exceptionnelle, elle domine l'ensemble de la vallée et est visible depuis une multitude d'endroits ; corollairement, elle offre un panorama magnifique. Il faut également grimper sur le volcan de la Denise (par la route goudronnée qui mène à l'antenne, à 1 km environ, à vol d'oiseau, au sud de Polignac) pour admirer simultanément Polignac et le Puy.
    Le donjon du château est actuellement en pleine rénovation.
    Église Saint-Andéol dans le château.
  • L'église paroissiale Saint-Martin de Polignac, classée Monument historique, est un bel exemple d'art roman auvergnat. Datée du XIIe siècle, elle se compose de cinq travées, dont une travée de chœur supportant un clocher carré, et d’une abside flanquée de deux absidioles. La nef, voûtée en berceau, est bordée d’étroits collatéraux. Le portail de la façade occidentale comporte une voussure polychrome appuyée sur deux colonnettes de part et d’autre en guise de piédroits. Au flanc sud de l’édifice s’adosse un porche à arcades ogivales, remanié, tout comme le clocher (qui fut raccourci d’un étage), à la fin du XIXe siècle. L’abside en cul-de-four, qui se présente à l’extérieur comme un chœur à trois côtés, ainsi que les deux absidioles sont ornées d'intéressantes fresques du XIVe siècle représentant des épisodes de la vie de la Vierge Marie ― adoration des mages, adoration des bergers, Visitation, Annonciation, Nativité ―, des scènes du Paradis et de l’Enfer, des anges et des saints, etc. On peut y voir également une sculpture du XIVe siècle en bois polychrome représentant sainte Anne tenant sur ses genoux la Vierge, qui elle-même porte sur ses genoux l'enfant-Jésus.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Les ducs de Polignac ont abandonné la forteresse au XVIIe siècle pour s'installer dans leur château plus confortable de Lavoûte-sur-Loire[5].

La princesse de Polignac habite sur place et s'occupe de son village (Polignac, du même nom que la commune) ; récemment elle a permis la construction d'un restaurant. Ce dernier a été racheté.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Danielle Bout, L’évolution des cultures de 1804 à nos jours dans le vallon de Chanceaux : in Cahiers de la Haute-Loire 1966, Le Puy-en-Velay, Cahiers de la Haute-Loire, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site internet www.cartesfrance.fr __"Ville de Polignac".
  2. Livre "Le monde souterrain de Haute-Loire", de Jean-Paul Béal, année 2018, pages 171 et 173.
  3. Cette possibilité est mise en doute par quelques uns, dont Roger Briand dans son livre "La Haute-Loire insolite - Histoires vraies, méconnues ou oubliées", édité en juillet 2016, pages 51 à 61. Elle fut aussi rejetée par Prosper Mérimée (source : Livre "Guide de l'Auvergne mystérieuse", année 1976, page 435). Existe une salle souterraine carrée située au centre de la cour de la forteresse, voûtée en ogive, et donc du moyen-âge, utilisée comme réservoir d'eau pour la garnison, mais qui fit naître la légende qu'un oracle antique y donnait des prédictions. Non loin de cette citerne se trouve un autre puits de plus de 80 mètres de profondeur, taillé dans le roc, nommé Puits de l'âbime.
  4. Livre "La Haute-Loire insolite", page 59.
  5. a et b « Histoire de la forteresse de Polignac »
  6. Le site internet www.rhone-medieval.fr __"Polignac"__ date le document de 930.
  7. Site internet zogotounga.free.fr __"Chronologie vellave".
  8. Sous les Carolingiens le territoire était divisé en vigueries, remplacées ensuite par des baronnies, intégrées plus tard dans des juridictions plus larges, telles les vicomtés. Mais chacun à son niveau devait allégeance au niveau supérieur. Sous les Carolingiens, il semble que les premières familles du Velay furent les Mercoeur et les Chapteuil, cette dernière nous étant mal connue (référence : site internet thierryhelene.bianco.free.fr __"Les Chapteuil-Fay (12ème siècle)". Mais ces familles étaient très certainement vassales de la Famille d'Auvergne. Cependant, le site internet www.rhone-medival.fr écrit que le Velay était sous l'autorité des comtes de Toulouse.
  9. Site internet www.hauteloire.fr __"Le château de Polignac".
  10. a b et c « Polignac », sur rhone-medieval.fr.
  11. En 1340, la générosité des Polignac permet la construction de l'actuelle Église Saint-Laurent du Puy-en-Velay, en remplacement d'une chapelle mentionnée pour la première fois en 1221. Cette église accueille en 1380 le premier des quatre tombeaux de Bertrand du Guesclin, contenant les cendres de ses entrailles dans une urne de plomb. Sources : livre Les mystères de Haute-Loire, de Roger Briand, année 2011, pages 119 à 137.
  12. Page Wikipedia de la municipalité de Ceyssac.
  13. Ce pont est situé sur la Borne entre les territoires actuels du Puy et d' Espaly. Il a une longueur de plus de deux-cents mètres et une largeur de cinq mètres, et a peut-être une origine gallo-romaine.
  14. zogotounga.fre.fr
  15. Cependant, Chambaud et plusieurs des siens ont survécu, puisque le 24 novembre ils tentent une attaque sur la porte du Pourtalet de la ville du Puy. Source : zogotounga.free.fr
  16. Voir page Wikipedia de la ville d'Espaly-Saint-Marcel.
  17. Polignac sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS, consulté le 17 juillet 2012.
  18. Journal "La Tribune - Le Progrès" du 21 juin 2020, page 16.
  19. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 28 août 2014).
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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