Rochefort-du-Gard

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Rochefort-du-Gard
Vue du Castelas et d'une partie du centre-village.
Vue du Castelas et d'une partie du centre-village.
Blason de Rochefort-du-Gard
Blason
Rochefort-du-Gard
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Villeneuve-lès-Avignon
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Grand Avignon
Maire
Mandat
Dominique Riberi
2014-2020
Code postal 30650
Code commune 30217
Démographie
Gentilé Rochefortais
Population
municipale
7 511 hab. (2014)
Densité 221 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 58′ 32″ nord, 4° 41′ 27″ est
Altitude Min. 48 m
Max. 267 m
Superficie 34,03 km2
Localisation

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Liens
Site web ville-rochefortdugard.fr

Rochefort-du-Gard est une commune française du sud de la France, située dans le département du Gard, en région Occitanie.

Ses habitants sont appelés les Rochefortais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Plans et vues satellite : 43° 58′ 24″ N, 4° 41′ 20″ E.

Localisation[modifier | modifier le code]

Rochefort du Gard est une ville à l'extrême est du département du Gard. La commune s'étend sur 3 403 hectares, ce qui en fait, après Avignon, la plus grande superficie de la communauté d'agglomération du Grand Avignon.

La ville se situe à proximité d'Avignon (à l'est), d’Orange (au nord), de Nîmes ou encore de Montpellier (au sud-ouest).

Communes limitrophes
Rose des vents Valliguières Tavel Pujaut Rose des vents
Estezargues N Villeneuve-lès-Avignon
O    Rochefort du Gard    E
S
Domazan Saze Les Angles

Climat[modifier | modifier le code]

Relevés météorologiques[modifier | modifier le code]

Rochefort-du-Gard : Relevés météorologiques de la région d'Avignon
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Température moyenne (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Température maximale moyenne (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
dont pluie (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34 465,4
Source : Données climatologiques de Rochefort-du-Gard 2000-2007

La commune de rochefort du gard, est située dans la zone d'influence du climat méditerranéen.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

les terres de Rochefort du Gard sont traversées par l'autoroute A9 (E15) au nord[1], cependant les entrées/sorties les plus proches de celle-ci se situent dans les villes de Remoulins (Sortie 23) et de Roquemaure (Sortie 22). La ville se situe près de la route nationale 100[1], qui part à l'ouest vers Remoulins, avant d'y rejoindre l'embranchement de l'A9 en direction de Nîmes, et à l'est vers Avignon.

Voies ferroviaires[modifier | modifier le code]

Rochefort-du-Gard est traversée par la LGV Méditerranée, ligne ferroviaire à grande vitesse reliant le sud-est de la France à Paris. Les gares les plus proches sont celles de la ville d'Avignon, desservi par deux gares[2] : la gare d'Avignon-Centre, gare historique située extra-muros face aux remparts, qui peut accueillir tout type de train, et la gare d'Avignon TGV, dans la zone de « Courtine » au sud de la ville, construite sur la ligne LGV Méditerranée.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Auparavant desservi par la société STDG (Société des Transports Départementaux du Gard), Rochefort-du-Gard est raccordé, depuis le [3], au réseau TCRA, transport urbain de la communauté d'agglomération du Grand Avignon, par la ligne 16[3],[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Rochefort-du-Gard apparaît pour la première fois, dans les chartes en 1169, sous le nom de Roca-Fortis[5],[6],[7],[8].

Elle apparaitra ensuite sous les noms de Rupis-Fortis (1292)[5],[9], Castrum de Rupe-Forti (1312)[5],[10], Terra et baronia Ruppis-Fortis (1329)[5],[11], Locus de Ruppe-Forti (1384)[12], Rochefort (1551)[5],[13], Le prieuré de Roquefort (1620)[5],[14], La communauté de Rochefort (1633[15] et 1736[16]), ou bien encore Podium-Raynaudi, Pech-Reynaud, Notre-Dame-de-Grâce et Notre-Dame de Roque-Vermeille[17].

La commune de Rochefort s'appelle Rochefort-du-Gard depuis 1890, à la suite de la délibération du conseil municipal, le , relative à l'établissement d'un service télégraphique à Rochefort, afin d'éviter toute confusion dans la transmission des dépêches télégraphiques avec les autres localités portant le nom de Rochefort ; celle-ci s'aligne ainsi sur la dénomination du bureau des postes[5]. Sadi Carnot, président de la République française, signera un décret officialisant le changement du nom de la commune le [18].

Histoire[modifier | modifier le code]

Tour du Castellas, au XIXe siècle, jouxtant l'église romane

Les plus anciens vestiges découverts sur la commune remontent à la fin du Paléolithique, il y a 11 000 ans. Le site de "la grange des Merveilles" a été fouillé en 1995 sur le tracé du TGV dans la plaine de Pujaut. Il a révélé une petite occupation en bord d'étang, peut être liée à des activités de pêche [19].

Rochefort faisait partie de viguerie de Roquemaure et du diocèse d'Uzès pour le temporel ; mais pour le spirituel, il appartenait au diocèse d'Avignon.

Aux XIe et XIIe siècles, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait le prieuré Sanctae Victoriae et l’église paroissiale Sancti Bardulphi (fin du XIIe seulement), et en percevait les revenus. Le pitancier du monastère était prieur de Rochefort[20].

Ce lieu se composait de 25 feux en 1384. Rochefort était le siège d'une baronnie qui comprenait : Domazan, Estézargues, Fournès, Pujaut, Saint-Hilaire-d'Ozilhan, Saze, Tavel et Valliguière. Le prieuré de Saint-Bertulphe (Saint-Bardoux en languedocien), église paroissiale de Rochefort, fut uni en 1410 à Notre-Dame de Rochefort.

En 1866, Rochefort comptait 1164 habitants, 626 femmes et 538 hommes, les Rochefortais aux armées ne sont pas comptés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Au référendum européen sur le traité de Maastricht (scrutin du ), sur 2 585 inscrits, 2 033 ont voté, ce qui représente une participation de 78,65 % du total, soit une abstention de 21,35 %. Il y a eu une victoire du non avec 1 074 voix (54,30 %) contre 904 voix (45,70 %) prononcées oui et 55 (2,71 %) de votes blancs ou nuls[21].

Au référendum sur la constitution européenne (scrutin du ), sur 4 285 inscrits, 3 213 ont voté, ce qui représente une participation de 74,98 % du total, soit une abstention de 25,02 %. Il y a eu une victoire du contre avec 1 905 voix (60,42 %), 1 248 voix (39,58 %) s’étant prononcées pour et 60 (1,87 %) étant des votes blancs ou nuls[22].

À l’élection présidentielle de 2007, le premier tour a vu se démarquer en tête Nicolas Sarkozy (UMP) avec 35,32 %, suivi par Ségolène Royal (PS) avec 18,36 % et François Bayrou (UDF) avec 17,62 %, Jean-Marie Le Pen (FN) avec 15,25 %, puis aucun autre candidat ne dépassant les 5 %. Le second tour a vu arriver en tête Nicolas Sarkozy avec 64,25 % (résultat national : 53,06 %) contre 35,75 % pour Ségolène Royal (résultat national : 46,94 %)[23].

Aux élections législatives de juin 2007, les électeurs de la commune, qui fait partie de la troisième circonscription du Gard, ont contribué à faire élire Jean-Marc Roubaud (UMP) avec 65,62 % des voix contre 58,79 % à l’échelle de la circonscription[24].

Aux élections européennes de 2009, sur 5 066 inscrits, 1 943 ont voté, ce qui représente une participation de 38,35 % du total, soit une abstention de 61,65 %. Les résultats sont Dominique Baudis (UMP) avec 32,41 % des voix, suivie de José Bové (Europe Écologie) avec 16,34 %, de Kader Arif (PS) avec 11,39 %, puis aucune autre liste n'a dépassé les 10 %[25].

Au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, sur 6 091 inscrits, 5 131 ont voté, soit une participation de 84,24 %.

Votants %
Nicolas DUPONT AIGNAN 291 5,79 %
Marine LE PEN 1543 30,71 %
Emmanuel MACRON 1013 20,16 %
Benoît HAMON 148 2,95 %
Nathalie ARTHAUD 19 0,36 %
Philippe POUTOU 30 0,60 %
Jacques CHEMINADE 13 0,26 %
Jean LASALLE 68 1,35 %
Jean-Luc MELENCHON 822 16,36 %
François ASSELINEAU 67 1,33 %
François FILLON 1010 20,16 %
Blanc 73 1,20 %
Nul 34 0,56 %

Au second tour de l'élection présidentielle de 2017, sur 6 091 inscrits, 4 894 ont voté, soit une participation de 80,35 %.

Votants %
Emmanuel MACRON 2287 52,62 %
Marine LE PEN 2059 47,38 %
Blanc 411 6,75 %
Nul 136 2,27 %

Elections législatives 2017[modifier | modifier le code]

Député sortant : Patrice Prat (Divers gauche)

3e circonscription du Gard

Résultats des élections législatives des et .
Premier tour

Second tour

Nombre % des inscrits Nombre % des inscrits
Inscrits 6101 100,00 6101 100,00
Abstentions 3192 52,32 3496 57,30
Votants 2909 47,68 2605 42,70
% des votants % des votants
Bulletins blancs 28 0,46 43 0,70
Bulletins nuls 14 0,23 160 2,62
Suffrages exprimés 2867 45,99 2402 39,37
Candidat
Etiquette politique (partis et alliances)
Voix % des exprimés Voix % des exprimés
Anthony Cellier
La République en marche !
1070 37,32 1373 57,16
Monique Tezenas du Montcel
Front national
743 25,92 1029 42,84
Muriel Dherbecourt
Les Républicains (Union des démocrates et indépendants)
386 13,45
Geneviève Sabathé
La France insoumise
331 11,56
Marie-Pierre Mercier
Écologiste (Europe Écologie Les Verts)
89 3,10
Jean Isnard
Debout la France
53 1,85
Alexandre Pissas
Divers gauche (Parti radical de gauche)
49 1,71
Léa Comushian
Parti communiste français
37 1,29
Patricia Garnero
Divers droite (Union des démocrates et indépendants (diss.))
32 1,12
Thierry Barnabé
Divers (Union populaire républicaine)
25 0,87
Marc Viot
Écologiste (Mouvement 100 %)
23 0,80
Jean Egea
Extrême gauche (Lutte ouvrière)
17 0,59
Frédérique Louvard-Hilaire
Divers gauche (Nouvelle Donne)
12 0,42
Source : Ministère de l'Intérieur - Troisième circonscription du Gard - Résultats Mairie de Rochefort du Gard

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1981 15 novembre 2000 André Savonne RPR Conseiller régional de Languedoc-Roussillon - chevalier de la légion d'honneur (décès en cours de mandat)
16 novembre 2000 mars 2001 Mme Gauthier    
mars 2001 2008 Jean-Marie Pascal PS puis PRG  
mars 2008 mars 2014 Patrick Vacaris UMP Conseiller Général du Gard
mars 2014 en cours Dominique Ribéri UMP puis LR  

Canton[modifier | modifier le code]

Rochefort-du-Gard fait partie du Canton de Villeneuve-lès-Avignon.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[27],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 7 511 habitants, en augmentation de 5,77 % par rapport à 2009 (Gard : 4,64 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
780 767 746 889 935 918 960 1 042 729
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 141 1 167 1 164 1 065 1 072 1 030 994 929 897
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
852 850 781 687 636 711 709 698 684
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
783 910 1 128 2 018 4 107 5 821 6 667 7 443 7 511
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[28] puis Insee à partir de 2006[29].)
Histogramme de l'évolution démographique

Établissements d’enseignement[modifier | modifier le code]

Rochefort-du-Gard compte plusieurs établissements scolaires[30] :

  • École maternelle Les Eynavay ;
  • École primaire Le Vieux Moulin ;
  • École élémentaire Saint-Exupéry ;
  • École élémentaire privée Pie XII ;
  • Collège Claudie Haigneré.

Sports[modifier | modifier le code]

Rochefort-du-Gard dispose de plusieurs infrastructures sportives : la salle polyvalente Jean Galia, le complexe sportif du Vieux Moulin et son stade André Savonne ainsi que la Halle des sports du collège Claudie Haigneré. Ces infrastructures sont utilisées par diverses associations ou clubs, tels le club de football Entente sportive Rochefort Signargues, un club de judo, le club d'athlétisme Rochefort Sport Athlétisme (RSA), un club d'escalade Rochefort-escalade[31] et le club de tennis[32].

Rochefort-du-Gard est aussi connu pour la Ronde Du Castelas, organisé chaque année au mois de novembre, depuis 2000[33]. On peut également citer la randonnée VTT "la Randonnée des Garrigues" organisée par le VTT Club de Rochefort du Gard qui a lieu généralement en avril.

Écologie et recyclage[modifier | modifier le code]

La collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et le contrôle de la qualité de l'air se fait dans le cadre de la communauté d'agglomération du Grand Avignon, elle-même adhérente au SIDOMRA (Syndicat mixte pour la valorisation des déchets du pays d'Avignon)[34].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de la ville de Rochefort-du-Gard (30).svg

Les armoiries de Rochefort sont d'azur, à une bande losangée d'or et de gueules[35],[36].

Devise[modifier | modifier le code]

Sa devise actuelle est « Lou soulèu lusis pèr touti ! »[37],[38] qui signifie littéralement « Le soleil luit pour tous ».

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Ancienne chapelle Saint-Joseph, hôtel de ville depuis 1825.
La chapelle Saint-Joseph (ancienne mairie)

Sa construction date de [39], époque à laquelle Pierre Palejay, bourgeois du pays, la fit bâtir, en remplacement de la veille église du Castelas devenue vétuste et peu commode d’accès. On utilisera des pierres de l’ancien château pour la construire. Cette chapelle fut bénie le [39]. Cette chapelle transformée en 1825 en mairie, servira d’école et de logement pour l'instituteur communal jusqu’au début de la Troisième République. L'actuelle mairie se trouve désormais dans les locaux de l'ancienne école communale du Jardinet. Le bâtiment a entièrement été réhabilité et modernisé. La mairie a été inaugurée le 14 juillet 2012.http://www.ville-rochefortdugard.fr/?s=inauguration+de+la+mairie&x=-2&y=6

Le milieu de la voûte de la salle des délibérations, ancienne « Salle des mariages », porte une pierre qui constate sa fondation[39]. Elle représente un petit écusson ayant deux lettres (PP) placées en sautoir sur une petite croix, et autour les quatre chiffres formant 1734. Au-dessus de l’ancienne porte d’entrée de la chapelle, on remarque les deux lettres PP sur la grille en fer forgé.

Le Castelas

Elle est la première église paroissiale consacrée à saint Bardulphe (en patois, saint Bardoux), abbé du monastère de Bobbio, en Italie[39]. La chapelle qui touche la sacristie était consacrée au culte de saint Alzias, et celle de face à la Vierge. Son cimetière occupait l'éminence placée près de la source qui fournit les eaux au pays ; on y voit encore au milieu des vignes, les restes mutilés d'un oratoire témoin muet, mais pourtant éloquent, des grandes vicissitudes de la contrée. Elle existait déjà en 1195 puisqu’elle figurait sur la liste des possessions de l’Abbaye Saint-André[39]. Elle faisait partie de l'enceinte féodale et domine toutes les constructions de Rochefort.

Le , les consuls protestèrent contre le pitancier de l'abbaye du monastère Saint-André, de ce qu'il ne leur faisait point reconstruire leur église, et souffrait que le service divin eût lieu dans le cellier de la maison claustrale. L'affaire traîna en longueur jusqu'au 5 juin 1634, époque à laquelle on s'occupa des travaux ; l'érection du clocher fut comprise dans les réparations. En 1623, nous trouvons une série d’ordonnances de Richelieu qui donnent l’ordre de démolir les fortifications des villages de la région ; l’ordonnance de la démolition des remparts de Rochefort reste introuvable ; après les guerres de religion, les fortifications de Rochefort, en état de ruines, n’ont certainement pas été relevées, l’ordonnance devenait inutile, par la suite il est fort probable que la majeure partie des ruines de l’ancien rempart finiront dans le clocher en 1650. À présent, le monument est utilisé comme salle d'exposition ou d'évènements culturels.

L'abside, unique débris épargné par les guerres du XVIe siècle, présente seule une certaine élégance et offre les caractères dont sont empreints les premiers monuments du christianisme. De style roman, fortement remaniée au XVIIe siècle, son chœur voûté en cul-de-four est décoré par une bande de dents d’engrenage qui date de la première moitié du XIIe siècle. Les fresques remontent à 1608. La nef a gardé son bénitier mais a perdu sa cuve baptismale de même style qui se trouve désormais dans l’église du village. Tel quel, isolé maintenant par la destruction des maisons qui l’entouraient, battu des vents, cuit par le soleil, il offre l’image d’un beau vaisseau tranquille avec son clocher comme un mat, défiant les siècles et les modes. Il conserve deux cloches : celle de l’ouest fondue en 1641, et celle du sud refondue en 1954[40].

L’église paroissiale Saint Bardulphe
Église paroissiale Saint-Bardulphe.

Cet élégant édifice, inauguré le , appartient à l'architecture gothique ; aigu de forme, hardi d'attitude, il montre avec orgueil son portail tout déchiqueté de sculptures. La grande rosace centrale est d'une ténuité charmante. La porte, avec ses colliers d'arabesques que couronne un gracieux chevron entouré de flammes, est flanquée de deux fenêtres et de deux niches taillées dans les angles de la façade. Cette partie possède, en outre, deux tourelles légèrement saillantes ; elles se composent d'un stylobate d'environ quatre mètres de hauteur, surmonté de deux étages hexagones, percés de fenêtre sur chaque face, au travers desquelles l'on découvre l'arête sinueuse d'un escalier à vis. La composition de cette façade présente une similitude frappante avec celle de l'église Saint-Pons de Sommières bâtie dix ans plus tard.

L'intérieur n'est pas moins remarquable; il renferme trois nefs. La voûte de la principale, ornée d'entrelacs losangés, s'appuie sur douze colonnettes, terminées par des pendentifs finement ciselés. Dix fenêtres occupent les entre-colonnes. Dix portiques, élevés sur douze colonnes, communiquent aux bas-côtés, convenablement éclairés par des fenêtres à rosaces. Trois autres portiques, placés près de l'entrée, soutiennent une tribune ourlée d'une capricieuse bordure. Les côtés du sanctuaire possèdent deux niches parallèles dont les encadrements sont pleins d'élégance et de légèreté. Trois autels en marbre décorent le fond des nefs. Parmi les peintures, nous citerons les douze stations de la Passion douloureuse; les lignes des personnages en sont sévères et les couleurs fortement senties. La boiserie de la chaire attire également une attention particulière, c'est un véritable chef-d'œuvre artistique. (cette chaire sera supprimée en 1988) Cette église peut être considérée comme une des plus complètes et des plus harmonieuses de toutes celles qui existent dans le département. Dans cette œuvre, M. Bourdon a fait preuve du goût qui le caractérisait.

L’église sera entièrement réalisée avec des pierres extraites de carrières de la région, pas de récupération locale. En 1931 l’église se lézarde, les murs s’écartent sous la pression de la toiture, de grosses modifications sont envisagées, le maçon Vidal de Beaucaire place des tirants sur les murs latéraux et rehausse ceux-ci, (à l’extérieur, on peut remarquer cette reprise, des cartes postales anciennes la représentent sous son ancien aspect), cela permet de poser la toiture sur des poutres, et ainsi supprimer la poussée latérale. Le sol dallé en pierre sera refait en carrelages, à cette époque, l’abbé Hébrard officiait alors la paroisse, il fera enterrer sous la chaire, un seau de maçon plein de pièces de un sou, elles étaient démonétisées. Les dates de la construction ainsi que celles des différentes restaurations sont gravées sur le premier pilier de gauche. (1849 - 1931 - 1988).

En 1954, une cloche neuve sera installée dans le clocher côté droit. Elle sera bénie le même jour que celle du Castelas.


L’aqueduc de Signargues

En 1867, après huit années de formalités administratives, le projet de percement de l'aqueduc de Signargues est en bonne voie. Un descriptif précis des travaux nous éclaire sur la façon dont ces derniers se sont réalisés. À partir de Vaujus, 700 mètres sont percés en tunnel, les derniers 200 mètres sont réalisés à ciel ouvert. Trois puits, creusés à intervalle, permettront d'évacuer les remblais. Ces derniers seront étendus sur les terrains communaux et sur un chemin, marqués par les lettres A et B sur le plan. Ce plan est publié avec les numéros des parcelles et les noms des propriétaires. M. Bègue, architecte du projet, prévoit six mois pour sa réalisation ; il aura fallu finalement 6 ans.

En 1869, les travaux de percement du souterrain de Signargues marquent le pas. Les habitants du village n'ont pas envie de passer un nouvel été sans eau, le 3 février 1869, le directeur des travaux publics fait un constat impitoyable. Extrait de sa déclaration, il dénonce le maçon de Rochefort qui a pris l'adjudication des travaux : « Par son manque de prévoyance et son incapacité plusieurs malheurs étaient arrivés dans la galerie, d'abord lui M.. s'enterra dans un éboulement, et un autre ouvrier eut le même sort et enfin un troisième ouvrier se tuait. C'était alors vers la fin août, personne ne voulait plus travailler dans cette galerie, vu le peu de précaution que Marquis prenait de ses cintres et de ses étançonnements, au point qu'il réduisit son chantier à quatre ouvriers et des plus incapables, qu'il maintenait là, pour que l'on ne puisse pas dire qu'il avait totalement quitté le chantier, enfin M. Marquis était complètement découragé... »

Les quelques initiés qui ont visité le tunnel se demandent bien pourquoi il serpente, ce n'était qu'une fantaisie, résultat de l'incompétence du premier maçon. Notre cher directeur des travaux, M. Bègue nous sort alors un nouvel entrepreneur de son chapeau, le nommé Denoos, tous les problèmes devaient être réglés par sa seule compétence. Mais les problèmes s'accumuleront encore et l'eau ne sera pas là cet été et il faudra en passer 6 pour avoir la satisfaction de voir couler abondamment la fontaine. Le délai de réalisation donné dans le cahier de charge était de 6 mois, les travaux dureront 6 ans, bravo à l'architecte M. Bègue d'Uzès, pour des raisons inconnues à ce jour, ce dernier n'a pas suivi les travaux jusqu'à la fin, il a été remplacé par un autre architecte originaire d'Orange. C'est ce dernier qui apportera des modifications en 1874 à la fontaine principale, initialement mal calculée, un dénivelé insuffisant ne permettait pas d'alimenter correctement tous les quartiers du village.

Le jardin de Notre-Dame-de-Grâce.
La Fontaine de l’Ange

En 1821, c'est la fin de grands travaux d'adduction d'eau et une canalisation des sources de Vaujus au cœur du village est enfin opérationnelle. Cette fontaine, placé devant la maison commune, a été construite une première fois en 1859, modifiée en 1874 et supprimée en 1963 lors de l’adduction d’eau de la ville. Elle fut reconstruite en 2003 par l’association rochefortaise “Aïgo I Font”, l’aide de la population, de la F.C.M.B (Fédération compagnonnique des Métiers du Bâtiment) et le soutien de la commune. Quelques pierres et éléments en fonte sont d’origine[39].

Sanctuaire Notre-Dame-de-Grâce

Il fut construit à l’époque carolingienne par Charlemagne en 798. Au XVIIe siècle, il subit un renouveau lié à la réforme catholique, tant dans le domaine de la piété que dans celui des bâtiments entièrement rénovés et agrandis. Ravagé au XVIIIe siècle, il fut restauré au XIXe siècle en monastère bénédictin en 1836 jusqu’à la révolution. À partir de 1964, il fut transformé en foyer de charité[39].

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Vignes près de Rochefort-du-Gard

Une grande partie des terres agricoles de la commune sont plantées de vignes, en vue de la production de vins d'appellation Signargues (AOC) et Côtes-du-rhône villages. Les producteurs sont regroupés autour d'une coopérative vinicole.

Industrie et artisanat[modifier | modifier le code]

Une centrale solaire de 11 MWc a été inaugurée en juillet 2013 par NEOEN. Elle couvre 30 hectares au bord de l'autoroute A9 ; sa production annuelle de 16,5 GWh couvrira les besoins en électricité de plus de 7 000 habitants, soit la population de la ville ; le conseil municipal de la commune de Rochefort du Gard a initié ce projet dès 2008, et le projet a été retenu à l'appel d'offres de la Commission de régulation de l'énergie de 2012 ; l'électricité produite est vendue à EDF au prix de 150 /MWh pendant 20 ans[41],[42].

Commerces[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vue satellite de Rochefort du Gard sur Google Maps
  2. (fr) Transports de la ville d'Avignon sur le site de la ville.
  3. a et b À partir du 31 août 2009 Nouvelle ligne sur Rochefort-du-Gard sur le site de la TCRA (hébergé sur Google Documents) consulté le 18 novembre 2010 [PDF]
  4. « Transports urbains », sur Ville-rochefortdugard.fr, (consulté le 17 novembre 2010)
  5. a, b, c, d, e, f et g André Laget, Monographie d'une commune rurale - Rochefort-du-Gard, 1909, p. 3 Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « laget-p3 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  6. (fr) « Rochefort-du-Gard, 30650 », sur communes-francaises.com (consulté le 19 novembre 2010)
  7. Donation de Raymond VI, 1198
  8. « Donation à Rochefort par Raymond VI en 1198 », sur Roca-fortis.com (consulté le 19 novembre 2010)
  9. Ménard I, preuves page 117, colonne 1
  10. Archives communales de Valliguière, 1329, 1384
  11. Dénombrement de la sénéchaussée, 1384
  12. Dénombrement de la sénéchaussée
  13. Archives départementales du Gard C. 1331
  14. Insinuations ecclésiastique du diocèse d'Uzès, 1620
  15. Archives départementales du gard C. 1296
  16. Archives départementales du gard. C. 1307
  17. Dom Chantelou, Historia monasterii Beatœ-Mariœ de Rupe Forti
  18. « Changement de nom "Rochefort-du-Gard", le 17 juillet 1891 », sur Roca-fortis.com (consulté le 18 novembre 2010) [PDF]
  19. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1998_num_95_4_10836
  20. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p. 227
  21. Ministère de l’Intérieur - Scrutin du 20 septembre 1992
  22. Ministère de l’Intérieur - Scrutin du 29 mai 2005
  23. Scrutin présidentiel de 2007 - Murs
  24. Ministère de l’Intérieur - Élections législatives de juin 2007
  25. Ministère de l’Intérieur - Élections Européennes de 2009
  26. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  27. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  28. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  29. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  30. « Établissements d’enseignement », sur education.gouv.fr (consulté le 17 novembre 2010)
  31. « Accueil - Rochefort-Escalade », sur www.rochefort-escalade.fr (consulté le 4 mars 2016)
  32. « Les associations », sur ville-rochefortdugard.fr (consulté le 18 novembre 2010)
  33. La Ronde du Castelas
  34. « Ordures Ménagères », sur grandavignon.fr (consulté le 17 novembre 2010)
  35. Eugène Germer-Durand, Topographie du Département du Gard, 1868
  36. « Description du Blason de Rochefort du Gard », sur Nimausensis.com
  37. « Communauté d'agglomération du Grand Avignon ouest », sur Vexillologie Provençale (consulté le 18 novembre 2010)
  38. [image] « Blason actuel de Rochefort-du-Gard », sur ville-rochefortdugard.fr (consulté le 18 novembre 2010)
  39. a, b, c, d, e, f et g (fr) « Les monuments », sur ville-rochefortdugard.fr (consulté le 18 novembre 2010)
  40. (fr) Georges Mathon, « Patrimoines de Rochefort du Gard », sur Nemausensis.com
  41. Neoen et Juwi EnR inaugurent à Rochefort du Gard l'un des premiers parcs photovoltaïques lauréat de l'appel d'offres CRE 2012, site Énergies Actu, 19/09/2013.
  42. Rochefort-du-Gard : trente hectares de ferme photovoltaïque, site du Midi libre, septembre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : source utilisée pour la rédaction de cet article

  • Guy Barruol, Roseline Bacou et Alain Girard, L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque inter-régional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001. (ISBN 2-906162-54-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Eugène Germer-Durand, Topographie du Département du Gard, 1868 [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hector Rivoire, Statistique du département du Gard, Nîmes, Ballivet et Fabre, 1842, Tome II [lire en ligne]
  • André Laget, Monographie d'une commune rurale - Rochefort-du-Gard, 1909 [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]