Argilliers

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Argilliers
Église et chapelle du domaine de Castille.
Église et chapelle du domaine de Castille.
Blason de Argilliers
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Redessan
Intercommunalité Communauté de communes du Pont du Gard
Maire
Mandat
Laurent Boucarut
2014-2020
Code postal 30210
Code commune 30013
Démographie
Population
municipale
467 hab. (2014)
Densité 70 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 58′ 50″ nord, 4° 29′ 45″ est
Altitude Min. 37 m – Max. 200 m
Superficie 6,67 km2
Localisation

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Argilliers est une commune française située dans le département du Gard, en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Daniel Roux DVG  
mars 2014 en cours Laurent Boucarut EELV Fonctionnaire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[2],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 467 habitants, en augmentation de 31,92 % par rapport à 2009 (Gard : 4,64 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
121 117 122 138 122 113 123 120 103
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
120 121 104 94 115 121 122 128 110
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
98 118 86 80 100 93 80 61 62
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
69 74 76 96 120 193 267 354 467
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de Castille et son parc[5],[6] : la seigneurie d'Argilliers est devenue la baronnie de Castille en 1748. En 1773, la baronnie est héritée par Gabriel-Joseph de Froment d'Argilliers (1747-1826). Le baron de Castille fait remanier le vieux château du XVIIe siècle vers 1785. Le baron est arrêté en 1794. Le château est pillé. On sait par une lettre du baron à la comtesse d'Albany qu'il est en train de construire d'espèces de temples monoptères en 1804.
    Le vieux château est un bâtiment rectangulaire cantonné de tours rondes. Le baron ajouta des colonnes. Le château est précédé de colonnades dont le baron a probablement voulu qu'elles rappellent la place Saint-Pierre du Bernin. Il ajouta des fabriques. Les travaux ont duré jusqu'en 1815. Le baron est mort en 1826. Depuis, une partie des fabriques a disparu.
    Après la mort du baron, l'indifférence va entraîner la ruine du jardin et de ses fabriques.
    Le château est acheté en 1924 par Paul Grousset à M. Seguin, héritier des barons de Castille. Le château et la colonnade sont inscrits à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1927. Le propriétaire s'inquiète du coût des travaux d'entretien. En 1929, on informe le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts qu'une partie des fabriques a été vendue à un Américain en 1929. Paul Grousset écrit à l'État qu'il souhaite vendre par partie des éléments de son château et que si l'État ne lui achète pas, il continuera à vendre les fabriques avant leur ruine totale. Des estimations des coûts des travaux de restauration sont faites en 1930 et 1934. Le château est racheté en 1950 par Douglas Cooper (en) pour y mettre sa collection d'art moderne. Il y a invité Pablo Picasso qui fait des dessins gravés à la meule dans une galerie. La collection disparaît en 1977.
    Plusieurs campagnes de restauration ont été entreprises à partir de 1962. La façade, la toiture, les communs, la « salle à manger à l'antique » et la colonnade sont classés Monuments historiques le 4 novembre 1983.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Gabriel Joseph de Froment Fromentès[modifier | modifier le code]

Gabriel Joseph de Froment, baron de Castille (1747 - 1826) and his wife Princess Hermine Aline Dorothée de Rohan (1785 - 1843) with their family.
L'ancien hôtel du baron de Castille à Uzès.

Gabriel Joseph de Froment Fromentès[7],[8] est baron de Castille, baron de Ranymenc (Uzès 3 février 1747 - Uzès 19 mars 1826). Il descend d'une famille marchande et bourgeoise d'Uzès, anoblie par l'achat de l'office de trésorier de France à La Rochelle. Il est page de la Grande Écurie du roi en 1762, officier au régiment des Gardes-Françaises en 1766. Il hérite en 1773 de la baronnie de Castille qui a été constituée par lettres-patentes d'avril 1748 par réunion des terres de Castille et d'Argilliers. Il ne s'y installe que dix ans plus tard.

Il est nommé lieutenant du roi en Languedoc pour le Bas-Virarais par lettres-patentes du 9 août 1785 et prête serment dans les mains du roi le 4 septembre 1785. Lieutenant-colonel, il est licencié du régiment des Gardes-Françaises quand celui-ci est dissout, le 31 août 1789.

Entre 1777 et 1783, il va parcourir l'Europe. On connaît par ses écrits son voyage en Italie entre juin 1778 et février 1779 pendant lequel il visite Rome, Pompéi et Herculanum. Il rencontre à Florence la comtesse d'Albany en 1778 et la retrouve à Paris en 1787. Grâce aux recommandations de Madame du Deffand, il rencontre Horace Walpole, amateur de jardin, pendant son voyage en Angleterre en 1777. Il visite la Hollande et Spa en 1779. Il est en Suisse en 1781 et 1782. Il fait un second voyage en Angleterre en 1783. Il a aussi effectué des voyages en France, et en particulier dans le Languedoc.

Le baron appartient à la franc-maçonnerie, et en particulier à la loge des Neuf Sœurs, en 1783. Cette loge avait reçu Voltaire peu avant sa mort et Benjamin Franklin[9]. Pierre Chevalier notait dans son Histoire de la Franc-maçonnerie française que pour être membre il fallait ...un talent quelconque, soit en fait d'art, soit en fait de science et avoir déjà donné une preuve publique et suffisante de ce talent[10]. Il faisait aussi partie de sociétés de pensée comme la Musée en 1782-1783 et l' Harmonie de France à partir de 1786. Pendant son voyage en Italie, il a été reçu à l'Académie des Arcades.

De 1792 à 1793, il réside à Lyon. En 1793, son château de Castille est pillé et la bibliothèque incendiée. Il est arrêté à Uzès en 1794 et emprisonné. Il sort de prison après le 9 thermidor, il est alors ruiné. Après sa libération, il va passer son temps à refaire sa fortune et à restaurer son château.

Il va commencer le chantier de son domaine par entourer de colonnes le château et les communs avant 1804. De son voyage en Italie lui est venu son goût pour les colonnes comme il l'écrit dans sa lettre du 15 mai 1804 à Louise de Stolberg-Gedern, comtesse d'Albany : J'ai pris un tel goût pour les colonnes en Italie que je viens de créer dans mes jardins, dans ma cour, quatre espèces de temples monoptères.

Le baron construit autour du château, dans un parc à l'anglaise, des fabriques comme il l'explique dans une lettre à la comtesse d'Albany : Je réalise chez moi ce que j'ai vu et qui m'a plus ailleurs ; chaque point de vue me présente une fabrique, un kiosque, un ermitage ou le bassin d'eau entouré de colonnes, un puits en forme de temple...[11]. Cinq allées partent de l'arrière du château. Une allée mène au belvédère, une autre à un temple circulaire dédié à la première femme du baron. On trouvait d'autres fabriques avec des colonnes : les Colonnes de la l'olivier de la Paix de 1806 pour célébrer la paix de Presbourg, un kiosque circulaire avec des colonnes surmonté d'une construction rappelant la tour Fenestrelle d'Uzès, le cénotaphe construit à la mémoire de son fils aîné tué à la bataille d'Essling fait de trois colonnes surmontées d'un entablement circulaire avec un globe, un croissant et une croix. La colonne à la gloire de Napoléon édifiée en 1806 est renversée en 1814. Un arc triomphal complété d'une pyramide de base rectangulaire est appelé « Arc de la Restauration » après 1814. Le baron fait réaliser des gravures représentant le château et le parc en 1812, 1820 et vers 1823. La construction s'achève avec la réalisation de la pyramide-cénotaphe à la mémoire de la comtesse d'Albany, en 1824.

Il a été marié en 1782 avec Épiphanie, fille du comte du Long du Longuo d'une famille de Sienne, décédée en 1794, puis le 8 novembre 1809 avec la princesse Herminie Aline Dorothée de Rohan-Rochefort (Paris 1785 - Paris 27 mai 1843), fille du prince Charles Louis Gaspard de Rohan-Rochefort (1765-1843) et de la princesse Marie Louise de Rohan-Guéménée (1765-1839).

Sur l'acte de naissance de sa fille Blanche, à Uzès, en 1813, on trouve les indications suivantes : baron de Castille, baron de l'Empire avec majorat de l'Ordre impérial de la Réunion, maire d'Argillers, lieutenant de louveterie du Gard, ancien lieutenant-colonel d'infanterie, ancien chevalier de Saint-Louis.

Par un acte du tribunal d'Uzès du 19 août 1819, il a été autorisé à ajouter à son nom de Froment celui de Fromentès.

Il a acheté en 1804 le palais épiscopal d'Uzès, puis il a construit en 1818 l'hôtel du baron de Castille sur la place de l'Évêché où il a donné libre cours à sa passion pour les colonnes « non canoniques ». On peut remarquer sur la façade le chiffre « C.R » pour Castille et Rohan.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : armorial des communes du Gard.
Blason de Argilliers Blason D'azur au pal losangé d'argent et de sable[12].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  2. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  5. Monique Mosser, Dominique Massounie, Castille, entre anticomanie et pittoresque, p. 135-143, dans Congrès archéologique de France. 157e session. Monuments du Gard. 1999, Société Française d'Archéologie, Paris, 2000
  6. Notice no PA00102961, base Mérimée, ministère français de la Culture : Domaine de Castille
  7. « Google Livres : Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Volume 16, p. 215, Paris, 1819 », sur books.google.fr (consulté le 7 février 2015)
  8. « Google Livres : Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Volume 8, p. 446, Paris, 1816 », sur books.google.fr (consulté le 7 février 2015)
  9. « Google Livres : Sous la direction de Louis-Théodore Juge, Archives générales des sociétés secrètes, non politiques, Volume 1, p. 382, Le Globe, Paris, 1839 », sur books.google.fr (consulté le 7 février 2015)
  10. Pierre Chevalier, Histoire de la Franc-maçonnerie française, tome 1, La Maçonnerie : École et Églalité 1725-1799, Fayard, Paris, 1974, p. 270
  11. [G. Charvet, Une correspondance inédite de la comtesse d'Albany, 1804-1824, Nîmes, 1878
  12. Le blason de la commune sur « Gaso », sur www.labanquedublason2.com (consulté le 7 février 2015)