Collonges-la-Rouge

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Collonges-la-Rouge
Collonges-la-Rouge
Vue partielle.
Blason de Collonges-la-Rouge
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Corrèze
Arrondissement Brive-la-Gaillarde
Canton Midi corrézien
Intercommunalité Communauté de communes des Villages du Midi Corrézien
Maire
Mandat
Paulette Fender
2014 - 2020
Code postal 19500
Code commune 19057
Démographie
Gentilé Collongeois(es)
Population
municipale
491 hab. (2015 en augmentation de 4,47 % par rapport à 2010)
Densité 34 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 03′ 40″ nord, 1° 39′ 18″ est
Altitude Min. 144 m
Max. 493 m
Superficie 14,31 km2
Localisation

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Site web Site officiel
Vue générale de Collonges-la-Rouge

Collonges-la-Rouge (Colonjas en occitan) est une commune française limousine, située dans le département de la Corrèze en région Nouvelle-Aquitaine. La mise en valeur de son patrimoine vaut à la commune qui fait 1 431 hectares d'avoir 420 ha classés monument historique et 189 ha inscrits à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques[1].

Les habitants de Collonges-la-Rouge sont des Collongeois et Collongeoises[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Collonges-la-Rouge Blason D'azur à la bande d'argent, à l'écu en cœur coticé d'or et de gueules de douze pièces (armes des Vassinhac et de Turenne).
Détails
Blason voté le 4 mars 1978.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la commune.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le bourg s'est implanté à 19 kilomètres au sud-est de Brive, à la lisière des plateaux limousins au nord (à l'altitude avoisinant 500 m), sur un plateau calcaire 500 m plus bas, face au Quercy distant de 4 km au sud. Il est situé dans le Causse corrézien à l'extrémité septentrionale du Causse de Martel[3],[4].

Rose des vents Noailhac Lagleygeolle Rose des vents
Ligneyrac N Meyssac
O    Collonges-la-Rouge    E
S
Saillac Chauffour-sur-Vell

Géologie[modifier | modifier le code]

Pour un article plus général, voir géologie de la France.

Le bourg est bâti en grès rouge extrait du Puy de Valège qui culmine à 450 m du village. Il est installé sur le premier rivage calcaire du Quercy et du Périgord déposé par la mer du Jurassique[5]. La faille de Meyssac[6] d'une soixantaine de kilomètres, de direction E-W à NW-SE (matérialisée par les tranchées excavées dans les années 1990 lors du redressement de la départementale 38 au nord du bourg) signe le contact entre cette mer liasique et le bassin sédimentaire permien, le promeneur pouvant faire en quelques pas un bond dans le temps de plus de 60 millions d'années. La mer liasique correspond à une transgression marine franche liée à l'individualisation du Bassin aquitain qui donne un domaine de sédimentation marine ouverte communiquant avec l'océan Atlantique en cours d'ouverture, d'où la formation d'une plate-forme carbonatée nord-aquitaine (vases carbonatées issues de cordons oolithiques et de barrières coralliennes qui isolaient des lagons et des lagunes côtières) qui s'appuie sur le Massif Central avec la mise en place d'une série épaisse de dépôts de calcaires et marnes à ammonites et bélemnites. La bassin permien est un fossé d'effondrement formé à la fin du cycle hercynien et constitué de sédiments issus de l'érosion du Massif central, épandant dans le bassin de Brive de vastes dépôts de grès (au nord de Collonges, il correspond au grès de Mayssac, grès rouge en bancs réguliers, parfois schisteux)[7].

La morphologie actuelle, sans rupture brutale de relief, masque le rejet vertical de cette faille de plusieurs centaines de mètres entre les deux compartiments nord et sud. Sa matérialisation se traduit par les terrains qu'elle fait affleurer : au-dessus des terrains de l'ère secondaire, les couches plus anciennes de grès de diverses couleurs selon les conditions climatiques torrides ou tropicales, et le taux d'oxyde de fer dans le grès[8]. Au Trias, la région était à la latitude du Sahara actuel, d'où l'oxydation des minéraux ferrifères du grès sous forme d'hématite, en raison du climat tropical chaud et sec, et du taux d'oxyde de fer dans cette roche (2,2 % pour celui de Collonges, d'où les tons de grenat et de lie de vin alors que celui des Vosges est rose et celui de Brive est blanc et bariolé avec des tons blond et lie de vin)[5],[4]. Au sud de cette faille, les terrains marno-calcaires sont généralement orientés vers le sud-ouest, et les affleurements occidentaux de calcaires gréseux donnent des cuestas typiques dans les roches dures mais qui n'ont pas de réelle vigueur[9].

Les géologues débattent sur l'origine de cette faille complexe : ancienne faille varisque de direction armoricaine, réactivée sous le poids des sédiments calcaires du Jurassqque et subissant le contrecoup lointain de la surrection des Pyrénées au Tertiaire ? Faille de direction « pyrénéenne » héritée du grand décrochement des sillons houillers du Massif Central[5] ?

Un double circuit de découverte (automobile et pédestre) est mis en place depuis 2010 pour la mise en valeur touristique et pédagogique de ce géosite. Il comprend cinq stations d’interprétation avec des panneaux explicatifs illustrés (falaise du Sinémurien avec le calcaire relevé de plus de 50 m au lieu-dit le col de la Croix du Buis, pli synclinal « en genou » à la station 5)[10],[11]. Ce patrimoine géologique est également mis en valeur au centre du bourg de Noailhac, dans une salle d’exposition sur la géologie, l'’Espace de Découverte de la Faille de Meyssac et de la Pierre inaugurée le 30 mai 2015[12].

Situation[modifier | modifier le code]

La faille se traduit par une dissociation nette entre les paysages, avec des variations en termes de végétation, de pratiques agricoles et de morphologie. Les sols gréseux (grès et argile rouge) du plateau cristallin au nord voient sont occupés par des taillis de châtaigniers ou des taillis mixtes (chênes-châtaigniers), des landes (bruyères, fougères aigle, genêts et ajoncs), leurs versants portant des vergers ou des vignobles : les landes de sol acide ont été partagées, encloses de murettes de pierres sèches, et labourées pour donner ces terres cultivées[13]. Ce panorama verdoyant contraste avec le sud où les sols calcaires suffisamment profonds portent au sommet du plateau des bois clairsemés de chênes truffiers (chênaie calcicole xérophile à influence méditerranéenne), caractéristiques du causse lotois. Ces champs brûlés laissent parfois la place aux fonds argilo-calcaires dans les vallons, propices aux champs (culture des céréales, du maïs ou du tabac), à de verdoyantes prairies, et aux collines parsemées de noyeraies. « Lorsque les sols calcaires sont peu profonds, ou bien les terres laissées à l'abandon, on observe une invasion de genévriers, prunelliers, églantiers, de buissons épineux et d'une riche strate herbacée, de type garrigue, parsemée de bruyères[13] ».

Le site de la commune est ainsi dominé au nord par les collines de Puy Valège (404 m d'altitude). À l’ouest, l'horizon se ferme sur la colline du Puy de Vésy (plateau en calcaire gréseux de 298 m d'altitude). En contrebas au sud, deux buttes arrondies de part et d'autre du village du Treuil cernent le site. À l'est, le territoire protégé s'achève sur le vallon de Meyssac caractérisé par une longue éminence calcaire orientée nord-sud (175 m d'altitude)[9].

Le petit ruisseau de Collonges-la-Rouge, asséché en période estivale, emprunte le vallon au pied du village. Il naît à la rupture de pente du Puy Boubou et a un parcours nord-sud de près de 8 km (suivant les alignements nord-sud de crêtes calcaires de la région) avant de se jeter dans la Tourmente, affluent de la Dordogne. Malgré son faible débit, il se distingue fortement dans le paysage par sa ripisylve constituée de grands peupliers, arbres aimant l'eau[13].

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Économie[modifier | modifier le code]

L'économie du village est essentiellement fondée sur le commerce touristique (boutiques et restaurants), la notoriété de la commune lui assurant une fréquentation de 700 000 visiteurs annuels (chiffres 2017)[14]. Le recours au processus de patrimonialisation pour le bourg afin de favoriser sa valorisation touristique fait aussi qu'il est confronté aux risques de la muséification, ce qui explique notamment qu'il ne possède aucun service tel qu'une boulangerie, une épicerie ou un marché hebdomadaire[15].

Les revenus de la commune sont en grande partie liés à la taxe d'habitation et aux revenus substantiels des parkings payants[réf. souhaitée].

Commerces[modifier | modifier le code]

Les 150 commerces à Collonges sont essentiellement constitués de boutiques touristiques[16]. L'association « Créations et produits de Collonges » a pour mission de faire découvrir les œuvres artistiques de la commune[17].

Chômage[modifier | modifier le code]

2007 : 7,1 %

2012 : 13,9 %

2015 : 14,5 %

Toponymie[modifier | modifier le code]

Colongiam 1067[18].

Les formes anciennes des nombreux Collonges, Coulonges et Collanges de France sont du type Colonicas, Colonicae.

Tous ces toponymes ont pour étymologie le bas latin Colonicas qui désigne à l'origine « une terre cultivée par un colon », terme du droit féodal[19], puis « une exploitation agricole »[20]. Le paysan libre obtenait le droit de s'établir dans une colonica dont il était le colon.

Dès le VIIIe siècle sont apparues des colonicæ.

Selon Albert Dauzat et Charles Rostaing[21], il ne faut pas confondre avec Colonia qui désigne une colonie romaine, terme plus ancien. Cf. Cologne (Allemagne).

Histoire[modifier | modifier le code]

Collonge la rouge.png

Les moines de l’abbaye de Charroux en Poitou fondent en 782 un prieuré à la suite d'une donation du comte Roger de Limoges[22]. Le prieuré est intégré dans la Vicomté de Turenne en 844 et attire, sous sa protection, une population de paysans, d’artisans et de commerçants[23]. Autour de ses bâtiments protégés par des remparts percés de quatre portes (dont deux subsistent), le bourg devient une escale pour les pèlerins en route pour Compostelle via Rocamadour. En 1308, le vicomte de Turenne accorde à la ville une charte de franchise. Le droit de juridiction haute, moyenne et basse lui est accordé. Il préside à la naissance de lignées de procureurs, avocats, notaires. L’enclos ne suffit plus à contenir sa population. Naissent alors les barris : le faubourg de la Veyrie à l’est, celui de Hautefort, du Faure, la Guitardie. La production viticole à cette époque, vendue surtout localement et auprès des abbayes, contribue à la prospérité du commerce de Collonges. La tradition locale veut que cette production fasse partie des vins des papes d'Avignon qui s'invitent à la table des rois de France[24].

Collonges traverse les guerres de religion, de manière relativement pacifique, puisque les deux nefs de l'église sont utilisées alternativement pour le culte catholique et le culte protestant[25]. Après les guerres de religion, la reconstruction du patrimoine de la bourgeoisie enrichie et de la petite noblesse coïncide avec la montée en puissance de la vicomté dont plusieurs membres font de Collonges la capitale résidentielle de la région[22]. C’est au XVIe siècle, le « grand siècle de Collonges[26] » que s’élèvent les nobles logis des officiers de la vicomté, manoirs que les collongeois appellent aujourd’hui des castels. Ces logis se distinguent des maisons par la présence de tours d’escalier mais aussi très souvent de tourelles et d’échauguettes qui reposent sur des culs-de-lampe moulurés, et par de plus riches décors architecturaux[27]. Après la vente de la vicomté à la Couronne de France en 1738 — qui entraine la fin de ses privilèges fiscaux — puis la Révolution, qui détruit les bâtiments du prieuré, beaucoup d'habitants quittent le village, et Collonges devient une carrière de pierres. Le bourg ne retrouve qu’une prospérité éphémère au début du XIXe siècle. Cette fragile prospérité est anéantie par le phylloxéra qui décime les vignes dans les années 1880 et par l'exode rural, si bien que Collonges perd une grande partie de sa population, le village se transformant en carrière de pierres[28]. Des coteaux entiers de ceps malades sont arrachés et remplacés par des noyers, aujourd’hui culture emblématique de ce territoire[29]. La région s'est alors tournée vars la polyculture aquitaine (céréales, maïs, tabac), l'élevage et le gavage d'oies sur le plateau calcaire, l'élevage bovin sur le plateau limousin plus humide[22].

Afin d'enrayer ce déclin, la municipalité de Collonges entreprend des efforts de conservation dès 1905, permettant de classer plusieurs monuments. Quelques Collongeois ont l'idée de créer une organisation qui a pour mission, avec le concours des pouvoirs publics et la mairie de Collonges, de mettre en valeur le patrimoine du village. L'association « La Société des Amis de Collonges » naît le 20 septembre 1927[30] et veut l’inscription à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques du bourg. Cette inscription est actée le 30 septembre 1942 et s'étend aux abords le 4 mai 1973[1].

Le 4 septembre 1969, Charles Ceyrac, homme de communication et maire de Collonges qu'il veut ouvrir progressivement au tourisme[31], obtient que sa commune devienne officiellement Collonges-la-Rouge[32]. Le maire poursuit ses efforts dans ce sens « avec la suppression de tous les fils électriques et téléphoniques, le pavage des rues, la mise en lumière du village, l'aménagement d'aires de stationnement à ses entrées permettant partir de 1970 d'interdire son accès aux voitures d'avril à septembre[17] ».

Collonges et ses abords, en incluant les coteaux surplombant le village au nord, sont inscrits parmi les sites classés depuis le [1].

Village touristique et pittoresque, il est touché au début du XXIe siècle par le phénomène de gentrification : des personnes financièrement aisées achètent des résidences secondaires (près de 140 sur les 315 habitations) au cœur de Collonges-la-Rouge pour s’installer ou louer leur bien, repoussant les Collongeois de « naissance » en périphérie du village[33].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1965 1er mars 1998 (décès) Charles Ceyrac RPR Député (1972-1978), conseiller général (1964-1994)
président du conseil général (1985-1992)
1998 2001 Simone Laurent    
mars 2001 2008 (mort en fonction)[34] Henri Bassaler PS[35]  
octobre 2008 en cours
(au 30 avril 2014)
Paulette Fender[36] PS[37] Retraitée Fonction publique

Démographie[modifier | modifier le code]

Démographie ancienne[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants reste difficilement appréciable. La démographie historique s'appuie notamment sur les recensements qui donnent le nombre de feux et permettent d'en déduire le nombre moyen d'habitants par maison habitée qui varie suivant les régions de 4,5 à 5. Le Dictionnaire historique et géographique des Gaules et de la France de l'abbé d'Expilly indique pour Collonges 264 feux en 1765, 300 feux en 1789, ce qui donne près de 1 500 habitants[38].

Démographie contemporaine[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population

effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[39]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[40].

En 2015, la commune comptait 491 habitants[Note 1], en augmentation de 4,47 % par rapport à 2010 (Corrèze : -0,69 %, France hors Mayotte : +2,44 %).
Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1831 0641 3161 2648961 4701 4821 3701 487
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 3961 3821 2521 1871 1531 1551 1361 0381 006
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
934937855725663605580549461
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
401375360379381413450455460
2013 2015 - - - - - - -
485491-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[41] puis Insee à partir de 2006[42].)
Histogramme de l'évolution démographique

Cinéma et spectacles[modifier | modifier le code]

Plusieurs films et séries ont été tournés dans la commune en particulier :

Pour animer son bourg, la commune de Collonges accueille tous les ans depuis 1991 un festival de théâtre en plein air, Les Théâtrales, créé par l’association Collonges Animations Spectacles qui cherche à associer patrimoine et culture . Chaque mardi soir entre mi-juillet et mi-août, le Théâtre de Verdure situé sur la place du Lavoir reçoit un spectacle différent[43].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Collonges-la-Rouge.jpg

Le village de Collonges est construit essentiellement en grès rouge (qui donne une partie de son nom) contrastant avec le vert des châtaigniers et des vignes environnants. Cette terre rouge, dite « terre de Collonges », qui prend une teinte saumonée l'été quand elle est sèche, et une teinte de sang séché en période humide, se prête au travail de la poterie artisanale, d'où les ateliers de poterie dans le territoire[44]

Il possède de nombreux édifices protégés au titre des Monuments Historiques entre 1905 et 1987 (8 monuments historiques classés et 20 monuments historiques inscrits[13].

Le grès rouge de Meyssac a été utilisé pour sa résistance et sa facilité à travailler. Les maçons ont également employé ponctuellement du grès beige de Grammont et du calcaire lithographique « qui permettent de créer des effets de polychromie. À l’écart du bourg ces matériaux l’emportent d’ailleurs sur le grès rouge, qui n’est utilisé qu’en complément. À l’origine, les moellons de grès rouge utilisés pour le gros œuvre étaient enduits. Seules les pierres de tailles réservées aux chaînages d’angles et aux encadrements des ouvertures étaient apparentes. Ce n’est qu´à partir de 1930, lors des premières restaurations de maison, que les maçonneries ont été laissées à nu[45] ».

Surnommé la « cité aux vingt-cinq tours », le bourg se distingue également par ses nombreuses tours et tourelles le plus souvent situées sur l’angle des maisons de ville des notables ou les manoirs ruraux enclos de murs. Ces habitations, tournant le dos à la rue (castels de Vassinhac, de Benge, de Beauvirie), sont distribuées par des escaliers en vis inclus dans des tours hors-œuvre, circulaires ou polygonales, dont certaines ont conservé leur couverture en lauze de grès rouge (la couleur rouge ayant grisé avec le temps)[46], portée par une voûte maçonnée en cul-de-four ou en pyramide, ou par une charpente en bois. Au-delà de leurs fonctions pratiques, les tours constituaient aussi des signes ostentatoires de richesse et parfois, leur dernier étage servait de pigeonnier[47].
Son surnom de « cité aux vingt-cinq tours » vient du fait que le bourg a pu compter ce nombre du temps de sa splendeur entre le XVIe et le XVIIIe siècles. L’impôt sur les portes et fenêtres introduit par la loi du 4 frimaire an VII (24 novembre 1798) a pour conséquence que les propriétaires, moins enclins à être taxés sur les tours à fenêtres, sont réticents à conserver ce témoignage de leur aisance financière. « Certaines sont démolies, d’autres simplement arasées d’un ou deux étages. Des tours d’escalier dans-œuvre sont découronnées et intégrées sous la toiture du logis pour devenir totalement invisibles de l’extérieur[47] ». . C’est ainsi que de nombreuses tours ont disparu dans le bourg qui compte, en 2018, 17 tours apparentes[48].

Le village fait partie de l'association des plus beaux villages de France (c'est Charles Ceyrac, maire de Collonges de 1965 à 1996 qui a créé l'association en 1982, il est le premier classé sur la Liste des Plus Beaux Villages de France), c'est le site le plus visité du Limousin.

Architecture civile[modifier | modifier le code]

La halle Henri IV[49] est une halle aux grains et aux vins datant de fin du XVIe ou du début XVIIe siècle. Elle évoque l'activité commerçante du village à ses heures prospères et abrite toujours le four banal qui était encore utilisé en 1968 (il n’est aujourd’hui rallumé que le premier dimanche d´août, pour la fête annuelle du pain)[23]. Le passage couvert est inscrit aux monuments historiques[50].

Bâtiments d’habitation[modifier | modifier le code]

Maison de la Sirène.
Porte à double accolade (caractéristique du style gothique flamboyant) qui affiche le chronogramme de 1886.
  • La maison de la Sirène (siège de l'association des Amis de Collonges et musée des arts et traditions populaires[17]) : maison à rez-de-chaussée avec porche et passage couvert en arc surbaissé, surmonté d'une fenêtre à croisée, et premier étage avec partie en encorbellement à pan de bois apparent. La travée de la porte d'entrée gothique (ornée d'une mouluration du XVe siècle) est rythmée par un bandeau prolongé par des nervures verticales qui se terminent en culots sculptés dont celui de droite représente une sirène qui tient un peigne et un miroir, et celui de gauche, bien moins conservé, représenterait peut-être un homme chevauchant un dauphin. La maison qui date du XVIe siècle est classée monument historique[51].
Un timbre postal, d'une valeur de 3,00 francs, représentant la Maison de la Sirène a été émis le [52].
  • Le prieuré, construit au XVIe siècle, est inscrit aux monuments historiques depuis le 4 janvier 1951 pour sa façade avec balcon sur consoles et ses toitures[53].
  • L’ancienne maison des sœurs, construite au XVIe siècle, est inscrite aux monuments historiques le 4 janvier 1951 (façade avec balcons sur demi-berceaux et toiture[54]).

Rue de la Barrière :

  • la maison Bonyt date du XVIe siècle, et est inscrite aux monuments historiques, notamment pour sa façade, sa toiture, et l’escalier à vis[55] ;
  • la maison Boutang du Peyrat, avec des parties des XVe, XVIe et XVIIe siècles, est inscrites aux monuments historiques. Les éléments protégés sont une fenêtre qui a conservé sa menuiserie d’époque Louis XIII, la porte d’entrée du XVIIe siècle, une cheminée en bois avec une frise peinte, ainsi que la façade et les toitures[56] ;
  • la maison Julliot, datant du XVIe siècle (une pierre est datée 1803), est inscrite aux monuments historiques, pour sa façade, sa toiture, et le perron[57] ;
  • la maison Dey, située place de la Fontaine, est inscrite aux monuments historiques (notamment pour son escalier dont les paliers sont en pierre rouge)[58] ;
  • une maison située place de la Halle, date du XVIe et du XVIIIe siècle. Sa façade, sa loggia et ses toitures sont inscrites aux monuments historiques[59].

La maison Poignet possède une fenêtre du XVIIe siècle, classée monument historique[60].

La maison Salvant et Vallat est également inscrite aux monuments historiques[61].

Bâtiments officiels[modifier | modifier le code]

  • L’ancien tribunal de la Châtellerie (XVIe siècle), est classé monument historique depuis le 13 décembre 1978[62].
  • L’ancienne mairie (parties des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles), est inscrite aux monuments historiques depuis le 4 janvier 1951, pour la façade, la toiture, et la cheminée en pierre de taille[63].

Les châteaux, hôtels et maisons nobles[modifier | modifier le code]

Architecture militaire[modifier | modifier le code]

L’enceinte fortifiée date du XIVe siècle : la Porte du Prieuré et la Porte Plate (ainsi nommée car non pourvue de tour, elle fermait l’accès à l’ouest de cet enclos prieural) sont respectivement inscrites et classées monuments historiques[71].

Architecture religieuse[modifier | modifier le code]

L’église Saint-Pierre, construite en grès rouge au XIe et XIIe siècles, a été agrandie et fortifiée à la fin du Moyen-Âge. Elle se distingue par son clocher roman à gables. Cette structure rare et particulièrement élaborée, représente le type le plus archaïque du clocher limousin[72].

La chapelle des Pénitents noirs daterait du XIVe siècle et aurait appartenu au prieuré de Collonges. Dès l’origine, elle est affectée à la sépulture de certaines familles notables locales, notamment les Maussac dont les armoiries sont visibles au-dessus d’une porte murée et sur une clé de voûte de la chapelle. À partir du milieu du XVIIe siècle et jusqu’à la fin du XVIXe siècle, elle est la chapelle des Pénitents noirs. Après la disparition de la confrérie, la chapelle tombe en ruine. « La Société des Amis de Collonges » entreprend des travaux de restauration à partir de 1927[73].

Galerie[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Maison de Maurice Biraud dans la rue noire[74]
  • L'acteur et animateur de radio Maurice Biraud est enterré à Collonges-la-Rouge après que sa femme Françoise, présidente de la « Société des amis de Collonges », lui ait fait découvrir le village[17].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Un timbre postal, d'une valeur de 3,00 francs, représentant la Maison de la Sirène datant du XVIe siècle à Collonges-la-Rouge a été émis le 3 juillet 1982[52].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Agnès Brahim-Giry, Dimitri Paloumbas, Turenne, Collonges-la-Rouge (Corrèze), Samogy éditions d'art (collection Parcours du patrimoine no 360), Paris, 2011 (ISBN 978-2-7572-0467-2) ; p. 96
  • Jean-Pierre Lacombe, Collonges-la-Rouge, joyau du Bas-Limousin, Un Autre Reg'Art, Albi, 2015.
  • Robert Duchâteau, Maurice Biraud, ses deux coups de cœur pour Collonges-la-Rouge, Les Amis de Collonges, 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c DREAL du Limousin, Les sites remarquables du Limousin, t. 3, Les Ardents éditeurs, , p. 251.
  2. habitants.fr, « Corrèze > Collonges-la-Rouge (19500) » (consulté le 22 juillet 2012).
  3. « Village de Collonges-la-Rouge et ses abords », sur nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 6 octobre 2018).
  4. a et b Isabelle Varin, « Collonges-la-Rouge (Corrèze). Sanguine en pays vert », Les Plus Beaux Villages de France, no 23,‎ , p. 8.
  5. a b et c Claire König, « La faille de géologique de Meyssac », sur futura-sciences.com, .
  6. Les principales formations géologiques autour de Brive. Académie de Limoges, sur futura-sciences.com
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  15. Mathilde Lyotard, op. cit., p. 21 et 44
  16. Mathilde Lyotard, op. cit., p. 52
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  22. a b et c Isabelle Varin, « Collonges-la-Rouge (Corrèze). Sanguine en pays vert », Les Plus Beaux Villages de France, no 23,‎ , p. 9.
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  46. Au XIXe siècle, la lauze et l’ardoise de Corrèze sont progressivement « remplacées par la tuile plate puis la tuile mécanique, moins coûteuses et plus facile à poser, mais moins conformes à l’esthétique du bourg. Aussi, depuis le classement du site de Collonges en 1942, la couverture en tuiles mécaniques a été proscrite pour favoriser la réintroduction progressive de l’ardoise. Au gré des réfections, certaines toitures associent plusieurs matériaux ». Cf « Les couvertures », sur videoguidelimousin.fr (consulté le 5 octobre 2018).
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  48. Daniele Fender, « Que sont nos tours devenues ? (ou le mystère des tours disparues) », sur collonges-la-rouge.fr (consulté le 5 octobre 2018).
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  51. Arrêté du 21 septembre 1949, Maison de la sirène, Notice no PA00099730, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  52. a et b Le timbre.
  53. Ancien prieuré, Notice no PA00099742, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  54. Ancienne maison des sœurs, Notice no PA00099731, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  55. Arrêté du 4 janvier 1951, Maison Bonyt, Notice no PA00099734, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  56. Arrêté du 4 janvier 1951, maison Boutang du Peyrat, Notice no PA00099733, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  57. Maison Julliot, Notice no PA00099737, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  58. Maison Dey, Notice no PA00099735, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  59. Arrêté du 5 janvier 1951, maison située place de la Halle, Notice no PA00099739, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  60. Arrêté du 22 avril 1954, maison Poignet, Notice no PA00099728, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  61. Arrêté du 4 janvier 1951, maison Salvant et Vallat, Notice no PA00099729, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  62. Ancien tribunal de la Chatellerie, Notice no PA00099743, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  63. Ancienne mairie, Notice no PA00099726, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  64. Arrêté du 25 mars 1932, Manoir de Vassinhac, Notice no PA00099741, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  65. Ancien hôtel Beaurival, Notice no PA00099725, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  66. Château de Benge, Notice no PA00099964, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  67. Château Maussac, Notice no PA00099720, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  68. Arrêté du 28 mai 1951, Château du Martret, Notice no PA00099719, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  69. Arrêté du 3 octobre 1929, Manoir dit de Beauvirie, Notice no PA00099740, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  70. Château de Beauregard, Notice no PA00099718, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  71. Enceinte fortifiée de la ville, Notice no PA00099723, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 14 août 2010.
  72. Karine Colle-Madies, Collonges-la-Rouge, le clocher de l'église Saint-Martin - p. 125-130, dans Congrès archéologique de France. 163e session. Corrèze. 2005 - Société Française d'Archéologie - Paris - 2007.
  73. « La chapelle des Pénitents noirs », sur videoguidelimousin.fr (consulté le 6 octobre 2018).
  74. Les maisons de cette rue sont construites en retrait les unes des autres et les nombreuses chicanes pour faciliter la défense de la ville.

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