Générac (Gard)

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Générac
Vue générale.
Vue générale.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Saint-Gilles
Intercommunalité Communauté d'agglomération Nîmes Métropole
Maire
Mandat
Frédéric Touzellier
2014-2020
Code postal 30510
Code commune 30128
Démographie
Gentilé Généracois
Population
municipale
4 012 hab. (2012)
Densité 165 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 43′ 45″ N 4° 20′ 58″ E / 43.7291666667, 4.3494444444443° 43′ 45″ Nord 4° 20′ 58″ Est / 43.7291666667, 4.34944444444  
Altitude Min. 29 m – Max. 144 m
Superficie 24,26 km2
Localisation

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Générac
Liens
Site web generac.fr

Générac est une commune française située dans le département du Gard, en région Languedoc-Roussillon.

Le village se situe au sud de la ville de Nîmes, dans la région naturelle des Costières. Il s'est développé dans un espace géographique fréquenté par l'homme depuis de nombreux siècles. Marqué par l'influence des comtes de Toulouse et par le passage de grands ordres militaires médiévaux, Générac a également connu la Réforme protestante au XVIe siècle et les conflits religieux qui l'ont suivie. Au XIXe siècle, l'essor du vignoble des Costières a assuré au village une certaine prospérité.

Aujourd'hui encore, Générac se trouve au cœur du terroir viticole des Costières de Nîmes. L'activité essentiellement agricole de la commune est aussi soutenue par l'arboriculture fruitière, bien que les services tendent à y occuper une place toujours plus importante. La commune compte près de 4000 habitants et fait partie d'une communauté d'agglomération de 240 000 habitants. Ses habitants sont les Généracois et Généracoises et ils sont surnommés Li racanels dans le langage des sobriquets collectifs[1] parce qu'ils étaient considérés comme des râleurs.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune de Générac se situe à 14 km au sud de Nîmes, au centre d'un triangle formé par les villes de Nîmes, Vauvert et Saint-Gilles. Elle se trouve en plein cœur de la région naturelle et agricole des Costières et aux portes de la Petite Camargue.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Aubord Milhaud Nîmes Rose des vents
Beauvoisin N
O    Générac    E
S
Saint-Gilles

Hydrographie et relief[modifier | modifier le code]

Grès des Costières.

La commune n'est traversée par aucune rivière. Seuls quelques ruisseaux s'échappent des collines. Les plus notables sont le Campagnolle et le Rieu, tous deux affluents du Vistre. Les nappes de la Vistrenque et des Costières constituent quant à elles un réservoir d'eau important pour tout le sud du département du Gard[2].

Situé sur la rive droite du Rhône, le plateau des Costières contre lequel se niche Générac s'est principalement formé par l'action tumultueuse du fleuve durant la fin de l'ère tertiaire. À cette période, l'écorce terrestre se soulève sensiblement par la forte pression des sédiments maritimes. Parallèlement à ce phénomène, le climat se radoucit et entraine la fonte des glaciers. Des masses d'eau et d'embâcles suivent le lit du fleuve rhodanien afin de rejoindre la mer. Ce long trajet permet un tri tout à fait naturel : les plus grosses masses rocheuses s'échouent et les plus petites se déposent en aval, dans le cône de déjection du fleuve.

Les galets patinés des Costières, localement appelés grès, sont principalement composés de silice. Les flots charrièrent également des roches granitiques et calcaires aujourd'hui érodées. Notons que ces alluvions villafranchiens ont mis plusieurs millions d'années à s'accumuler pour former le paysage connu aujourd'hui. Leur faculté drainante, notamment lors des forts épisodes pluvieux que connait la région à l'automne, est exceptionnelle. En profondeur, le sous-sol des Costières présente des strates d'argile rouge, localement appelées gapans. Plus en profondeur encore, on retrouve des sédiments méditerranéens du Pliocène[3].

L'altitude moyenne du village est de 85 mètres au sein de l'aire urbaine[4]. Cette altitude diminue doucement en direction du nord. En revanche, au sud, le village est immédiatement entouré de petites collines d'une centaine de mètres environ, les puechs, formés par la puissante érosion hydro-éolienne du plateau. Le plus haut d'entre eux, le puech de Dardaillon, culmine à 146 mètres[5]. S'il est couramment fait référence aux « sept collines de Générac », les puechs sont en réalité plus nombreux. Au moins huit d'entre eux se distinguent :

Puech Altitude en mètres
Puech de Dardaillon 146
Puech du Moulin à Vent 141
Puech Cocon 139
Puech Lachet 136
Puech Roussin 135
Puech de Casseport 133
Puech de la Savatte 127
Puech du Cade 110

Climat[modifier | modifier le code]

Générac bénéficie d'un climat méditerranéen. Les étés y sont fortement ensoleillés, chauds et secs. Les hivers y sont plutôt doux et humides. La moyenne des températures en été (23,7 °) et l'ensoleillement (2700 heures par an) figurent parmi les plus élevés de France. La commune est régulièrement exposée au mistral, qui souffle en violentes rafales l'hiver et tend à relativiser la douceur de ce dernier. En revanche, cette douceur est plus marquée lorsque souffle le vent marin de secteur sud, depuis le littoral.

Le mois le plus chaud est clairement le mois de juillet. C'est également le mois comprenant la plus faible quantité de précipitations, avec moins de 26 mm. Le mois le plus froid est celui de janvier, avec une moyenne s'élevant à 6,3°. Notons qu'à Générac, l'enneigement est quasi nul et n'excède jamais un maximum de 2 jours par an. Les années sans neige y sont régulières.

L'intersaison la plus redoutée est sans conteste l'automne, où des orages d'une grande brutalité peuvent éclater. Les 6 et 8 septembre 2005, plus de 400 mm d'eau se sont abattus sur l'ensemble des Costières[6]. En moyenne, plus de 130 mm de pluie s'abattent sur cette partie du département au mois d'octobre, mois ou la pluviométrie est la plus élevée.

Données climatiques de Nîmes et sa région
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,4 3,4 5,1 7,8 11,2 14,9 17,7 17,2 14,7 10,8 5,9 3 9,5
Température moyenne (°C) 6,3 7,7 9,9 12,8 16,6 20,5 23,7 23 20 15,4 10 6,9 14,4
Température maximale moyenne (°C) 10,3 11,9 14,7 17,8 21,9 26,2 29,8 28,9 25,3 20 14 10,7 19,3
Ensoleillement (h) 143,5 147,4 203,1 227,6 267,8 310,2 353,8 315,3 236,6 186,8 143,9 133 2 668,9
Précipitations (mm) 67,7 70,7 55,9 59,2 60,9 38,6 25,3 51,6 66,8 131,9 69,2 64,1 761,9
Source : Climatologie mensuelle à la station départementale de Nîmes de 1961 à 1990[7].


Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Axes routiers[modifier | modifier le code]

Quatre routes départementales permettent l'accès à la commune, les principales étant la D13 depuis Nîmes, la D14 depuis Saint-Gilles et la D139 depuis Beauvoisin. La D197, plus étroite et moins fréquentée, permet quant à elle de rejoindre la commune depuis Franquevaux. Générac se trouve à 15 km de la sortie 25 Nîmes-ouest de l'autoroute A9. Une distance similaire sépare la commune de la sortie 1 Nîmes-centre de l'autoroute A54.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Transports ferroviaires[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Gare de Générac.

Générac est desservie par des trains TER Languedoc-Roussillon qui effectuent des missions entre les gares de Nîmes et du Grau-du-Roi.

Transports routiers[modifier | modifier le code]

Les transports de l'agglomération nîmoise TANGO desservent le village par 3 lignes de bus[8] :

  • la ligne 12, qui relie Générac à Poulx, via Nîmes ;
  • la ligne tempo 221, qui relie Saint-Gilles à Milhaud (lycée) ;
  • la ligne tempo 222, qui relie Générac à Saint-Gilles (collège).

Les transports départementaux Edgard desservent quant à eux le village par la ligne C34, qui relie Nîmes à Vauvert[9].

Transports aériens[modifier | modifier le code]

L'aéroport de Nîmes-Garons, ouvert au trafic international vers la Belgique, l'Angleterre et le Maroc, se trouve à 10 km de Générac[10].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Générac est l'une des 79 communes membres du SCOT du Sud-Gard[11] et de l'une des 41 communes du pays Garrigues-Costières de Nîmes[12].

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Générac possède un habitat essentiellement groupé, dont le cœur urbain est la place de l'hôtel de ville. À proximité de cette place se trouvent d'ailleurs les zones où le bâti est le plus ancien (circulade du fort[13], quartier du château).

Plusieurs extensions s'articulent autour de ce cœur de ville : les premières ont été aménagées au XIXe siècle, avec l'arrivée du chemin de fer et l'extension du vignoble des Costières, tandis que les plus récentes datent des dernières décennies, avec l'explosion de la demande en habitat individuel. Dès la fin des années 1970, de nombreux lotissements sont ainsi créés. On peut citer le quartier des Molières, à l'est de la commune, le lotissement des Chenevières, au nord, ou encore celui des 7 collines, à l’ouest. Durant les années 1980, la zone d'activités de Générac est également aménagée à l’extérieur de la commune, en direction de Nîmes. Si la création de nouveaux lotissements a perduré à un rythme soutenu jusqu’au début des années 2000 avec, par exemple, l’aménagement de la ZAC du Château et de sa controversée résidence « sénior », la tendance est aujourd’hui à un très net ralentissement.

Le village est entouré de zones naturelles et agricoles peu urbanisées. Seuls quelques mas témoignent d'un habitat plus dispersé.

La commune de Générac est aujourd'hui soumise à un plan local d'urbanisme, administré par le service urbanisme de la municipalité[14].

Logement[modifier | modifier le code]

En 2011, la majorité des habitations de Générac sont des résidences principales, avec 90,8 %. La part de résidences principales au sein de la commune est globalement en augmentation depuis un demi-siècle, en corrélation avec la forte demande en habitat individuel évoquée plus haut. De plus, 86,2 % des logements généracois sont des maisons, contre 13,4 % seulement d'appartements[15].

Projets d'aménagement[modifier | modifier le code]

Peu de projets résidentiels sont depuis 2012, en cours à Générac. La commune se concentre principalement sur la rénovation de son centre-ville et de sa voirie. En 2012, un nouvel espace commercial a ainsi ouvert ses portes, l'espace Soleyrol, situé au croisement de la Grand'Rue et de la rue des Marchands.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'hypothèse la plus probable concernant l'origine du nom Générac prend en considération une possible origine romaine du village. La mention du lieu-dit Generiacum dans un cartulaire de l'abbaye de Psalmodie appuie cette hypothèse[16]. Le suffixe gallo-romain -acum revêtant une dimension locale, Generiacum signifie de fait « le domaine de Generius ». On retrouve cette même origine toponymique pour de nombreuses localités du sud de la France.

Occitan Genera, Geneira, du roman Generac, du bas latin Generacum, Geneiracum, Genairacum, Generiacum[17].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

On sait aujourd'hui avec certitude que le site de Générac était déjà fréquenté durant le Paléolithique supérieur. En témoignent des éclats de pierre taillée (dont un grattoir caréné typique) trouvés aux alentours du puech de Dardaillon[18].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le développement de Générac durant la période antique, par la présence possible d'une villa romaine, n'a à ce jour jamais été démontré par l'archéologie. Seule la toponymie du site laisse donc imaginer ses origines. Mais à cette époque, le plateau des Costières réunit déjà toutes les conditions pour que la vie se développe et que se crée le futur village : présence d'eau par l'écoulement de plusieurs ruisseaux, abondance de bois permettant le chauffage et les constructions, profusion de terres argileuses permettant leur travail et, plus tard, l'essor d'une industrie florissante. La proximité de la colonie de Nemausus (Nîmes), combinée avec la Voie Domitienne, est également susceptible de favoriser des échanges commerciaux.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Façade est du château.

Au fil des siècles, le site connait une très lente urbanisation. Au Ve siècle, Générac n'est probablement qu'un petit hameau. Au milieu du Xe siècle, un cartulaire provenant de Nîmes mentionne déjà l'existence d'une église sous le vocable de Saint-Jean[16].

Au XIe siècle, le vaste comté de Toulouse englobe la ville et les terres de Saint-Gilles. Selon la tradition, le château de Générac est construit à l’époque où Raymond IV de Toulouse, qui porte d’ailleurs le surnom de « Saint-Gilles », domine le Languedoc. Il convient toutefois de signaler que de récentes recherches tendraient à relativiser ce fait, en datant la construction de l'édifice actuel de l'époque de la Renaissance[19]. Toujours est-il que, vers la fin du XIe siècle, le fief de Générac est attribué à l’un des vassaux de Raymond IV. En 1121, Ermessinde, fille de Bernard Aton IV Trencavel, obtient le fief de Générac en dot lors de son mariage avec Rostaing de Posquières (Vauvert). Les terres du village resteront dans le domaine des comtes de Toulouse jusqu’en 1213.

En 1216, alors que la croisade des Albigeois évolue peu à peu en guerre de conquête, Raymond VI et Raymond VII de Toulouse souhaitent reprendre leur comté aux croisés. Si leur entreprise réussit dans un premier temps, le manque d’organisation des troupes conduit rapidement à de nouvelles défaites et la régente de France, Blanche de Castille, mère du futur roi Louis IX, obtient la victoire finale. Par le traité de Paris, en 1229, Raymond VII se soumet et perd toutes ses possessions. La sénéchaussée de Beaucaire, dont dépend Générac, revient alors définitivement au trône de France[20]. Plus tard, à la veille de son départ en croisade aux côtés de Louis IX, Pons de Montlaur, seigneur de Posquières, fait une donation considérable à la Maison du Temple de Saint-Gilles. Le , il lui donne ses castra de Générac et d'Aigues-Vives, avec leurs tènements et leurs droits seigneuriaux[21].

Au début du XIVe siècle, la seigneurie de Générac passe sous le contrôle de Guillaume de Nogaret, qui y exerce la justice. Juriste et conseiller du roi Philippe IV le Bel, Nogaret est également seigneur de Marsillargues, Calvisson, Vergèze et de la Vaunage. Ces fiefs lui sont octroyés à la suite de l'arrestation et de la mort du pape Boniface VIII, dont le roi ne pouvait supporter l'autorité sur l'église de France. De plus, le roi et son conseiller s’acharnent contre les Templiers dont ils ne peuvent accepter l'influence et le pouvoir. Nogaret les fait accuser de sorcellerie et autres fautes graves. Les chefs des Templiers sont arrêtés en 1307, puis jugés, dépossédés de leurs biens et condamnés. Ainsi, à la mort de Guillaume de Nogaret en 1313, les terres de Générac passent entre les mains des hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[22]. Un temps érigé en commanderie, Générac redevient simple membre du grand prieuré de Saint-Gilles vers la fin du XIVe siècle.

Au XVe siècle, des troubles juridiques apparaissent concernant la seigneurie de Générac, notamment à l'encontre des descendants de Guillaume de Nogaret. En 1508, l'application définitive du concile de Vienne par le parlement de Toulouse permet le rétablissement des droits du grand prieur[19]. Ce dernier aménage largement le château vers 1540.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Tours nord et sud du château.

À partir du milieu du XVIe siècle, de nouveaux évènements liés à l'arrivée de la Réforme protestante se produisent à Générac.

À cette époque, l'actuel département du Gard adhère en masse au discours de Jean Calvin et de l'allemand Martin Luther, dénonçant notamment le système des indulgences. D'Aigues-Mortes aux Cévennes, de nombreuses villes basculent du côté de la « religion prétendue réformée ». Générac devient en majorité calviniste. L’église comme le presbytère sont entièrement démolis. Les réformés gardent le cimetière et en interdisent l’accès aux autres croyants. Sur les ruines de l’église, ils établissent leur temple. Pendant une trentaine d'années (jusqu’en 1596), aucun prêtre n’exercera à Générac[23]. L’édit de Nantes signé par Henri IV en 1598 permet la tolérance de la religion protestante et le retour temporaire de la paix[24].

À la suite de l'assassinat d'Henri IV, les seigneurs protestants armés s’opposent au nouveau roi, Louis XIII et à son ministre Richelieu. Dans plusieurs provinces, dont le Languedoc, le duc de Rohan organise des soulèvements contre les papistes. En 1628, il charge un de ses soldats, le capitaine Huguet, de s’installer à Générac. La troupe occupe le château[19]. C’est de cette époque que date l’aile ouest, probablement construite pour loger les militaires. La paix d’Alais (Alès), signée à Lédignan en 1629, ramène à nouveau le calme. La garnison du capitaine Huguet quitte le village. En 1648, le prieur de Saint-Gilles rend aux généracois l’emplacement de leur ancienne église pour être reconstruite[23].

En 1661, le roi Louis XIV n’acceptant pas qu’il existe deux religions en France s’en prend aux huguenots avec violence. Des interdictions de plus en plus nombreuses leur sont adressées. Celles-ci n'étant pas ou peu respectées, Louis XIV prononce en 1685 la révocation de l’édit de Nantes[25]. Les pasteurs et leurs fidèles sont alors pourchassés ; les troupes du roi épient les rassemblements au « désert » et punissent ceux qu’on y capture. À Générac, des hommes sont envoyés aux galères[19]. Les femmes sont parfois emprisonnées, notamment à Aigues-Mortes dans la tour de Constance. De nombreux protestants fuient à l’étranger, essentiellement en Europe du Nord et en Suisse. En 1677, Générac comptait 300 réformés et 200 catholiques. En 1694 on dénombrait 450 « communiants » dans la paroisse.

Lorsque Louis XIV apprend qu’une partie de ses sujets résiste toujours, il va la frapper encore plus durement. Éclate alors une révolte qui va durer deux ans : la guerre des Cévennes. Poussés à bout, les rebelles incendient églises et villages, mettant en échec les troupes royales deux années durant. L’église de Générac est une nouvelle fois incendiée en 1704[26]. À la suite du « brûlement des Cévennes » ordonné par le roi, la guerre prend fin la même année. Malgré ce, des persécutions perdurent durant toute une partie du XVIIIe siècle : ainsi en 1745, une lettre de cachet de Louis XIV envoie en prison Marie Chassefière, de Générac, mère de trois enfants. Elle y restera 23 ans, de 1745 à 1768.

Il faudra attendre la Révolution pour que chaque citoyen français ait la liberté de pensée et de culte[27].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Façade ouest du château.

En 1789, la communauté de Générac rédige son cahier de doléances. Les demandes concernent alors principalement l'accès à la justice, la soumission à l'impôt et le pacage des troupeaux[19]. Jusque là, le château aura appartenu au grand prieuré de Saint-Gilles[28]. À la suite de la Révolution, il est attribué en fermage à un nommé Jacques Archinard. Dès 1791, le bâtiment et ses terres déclarés « biens nationaux » sont partagés en de nombreux lots vendus à des agriculteurs de la commune ou de la région[19].

Notons que si le château perd peu à peu son rôle stratégique, le village du XIXe siècle connaît pour sa part une période de prospérité remarquable. La population s'accroît toujours plus et l'aire urbaine connaît une forte expansion. Plusieurs monuments majeurs du village sont édifiés, dont l'hôtel de ville, l'église actuelle et le temple. À la sortie nord du village, les lavoirs sont aménagés. Les lois scolaires promulguées par Jules Ferry dès 1880 favorisent la construction des écoles communales, près du château. De plus, l'activité économique de la commune devient foisonnante. Le vignoble ne cesse de s'étendre et les fours des tuileries fonctionnent à plein régime. La gare de Générac, construite en 1873 sur une ligne de chemin de fer nouvelle reliant Nîmes au littoral, favorise cet essor. Les agriculteurs peuvent en effet s'approvisionner en engrais et exporter plus aisément leurs productions. La principale tuilerie bénéficie, quant à elle, d'un quai ferroviaire dédié.

Au début du XXe siècle, le chemin de fer permet à l'économie du village de se maintenir pendant un temps. Mais la crise économique et la chute démographique entrainée par la Première Guerre mondiale mettent à mal plusieurs secteurs, dont la viticulture. La cave coopérative de Générac est fondée en 1927, permettant aux viticulteurs de mutualiser leurs moyens et de maîtriser l'ensemble du processus de vinification. La dernière tuilerie s'éteint en 1946[19]. À cette époque, le château est occupé par plusieurs familles puis par leurs descendants. Le 25 mai 1993, il est l'objet d'une inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques[29]. Actuellement, il est propriété de la commune qui a pris en charge sa restauration.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Générac depuis 1944
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1947 Gaston Larguier    
1947 1959 Jean Blanc    
1959 1965 Gabriel Poitevin    
1965 1983 André Christol    
1983 1989 Charles Tronc    
1989 2001 Alain Meiffre Divers droite  
2001 2008 Jean-Claude Demunck Divers droite vice-président de Nîmes Métropole
2008 en cours Frédéric Touzellier Divers vice-président de Nîmes Métropole
Les données manquantes sont à compléter.

Conseil municipal[modifier | modifier le code]

Le Conseil municipal généracois comprend 27 membres, dont le maire, 8 adjoints et 18 conseillers municipaux.

Depuis les dernières élections municipales, sa composition est la suivante[30]:

Composition du conseil municipal
Groupe Président Effectif Statut
« Générac, notre village »
Divers
- 22 majorité
« Générac en action »
Divers
- 5 opposition

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Depuis 2001, Générac fait partie de la communauté d'agglomération Nîmes Métropole, qui regroupe 27 communes pour un total de 240 006 habitants en 2012. C'est, avec Saint-Gilles, la commune la plus au sud de l'agglomération[31].

Depuis 1965, la commune est également membre du SIVOM des Costières de Générac-Beauvoisin.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

La commune de Générac dépend de la communauté d'agglomération Nîmes Métropole en ce qui concerne la gestion de l'eau potable[32] ainsi que la collecte des ordures ménagères. La déchetterie de rattachement, gérée par la communauté de communes de Petite Camargue, est située à Beauvoisin[33].

Le SIVOM des Costières de Générac-Beauvoisin assure quant à lui la compétence transfert et traitement des eaux usées, sur le territoire de ces deux communes[34].

La commune de Générac contribue également à la préservation de la nappe de la Vistrenque. En 2004, une station collective de remplissage des pulvérisateurs agricoles a été installée sur la commune. En 2009, la municipalité a également décidé d'utiliser exclusivement l'eau du canal du Bas-Rhône Languedoc pour l'arrosage public. À court terme, la commune vise enfin l'abandon de l'utilisation de produits chimiques sur la voirie et les espaces verts communaux[35].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Au 1er janvier 2015, Générac n'est jumelée avec aucune commune française ou étrangère.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 4 012 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 100 1 183 1 416 1 740 1 883 1 904 1 988 1 930 1 940
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 084 2 159 2 287 2 260 2 207 1 814 1 848 1 983 1 945
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 080 2 112 2 034 1 886 1 785 2 030 1 855 1 630 1 667
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 650 1 682 1 764 2 113 2 925 3 223 3 565 3 629 3 982
2012 - - - - - - - -
4 012 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[36] puis Insee à partir de 2004[37].)
Histogramme de l'évolution démographique


Depuis 1793, l'évolution démographique du village est grandement influencée par le contexte politique et socio-économique.

De la Révolution jusqu’à 1866, la population augmente car le vignoble qui se développe réclame une main d’œuvre toujours plus abondante. De 1881 à 1906, soutenue par la reconstitution du vignoble, la croissance continue. De 1906 à 1926, la crise viticole entraîne une nouvelle chute accentuée par la Première Guerre mondiale. De 1926 à 1931, la croissance reprend, en particulier grâce à la demande de main-d’œuvre de la tuilerie. De 1931 à 1946, la fermeture de la tuilerie, puis le départ de certains villageois vers la ville et la guerre, entraînent un dépeuplement marqué. De 1946 à 1968, la population se stabilise avec la mécanisation de l’agriculture qui diminue le besoin de main d’œuvre. Par la suite, la forte demande d’habitat individuel incite les propriétaires à vendre leurs terrains pour construire des maisons dont les habitants travaillent généralement en dehors du village. Ainsi, à partir de 1980, la population explose et passe des 1 700 aux 3 900 habitants d’aujourd’hui.

Pyramide des âges de la commune de Générac en 2011 en poucentage[15]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,5 
5,3 
75 à 89 ans
7,4 
14,4 
60 à 74 ans
12,9 
19,7 
45 à 59 ans
19,4 
22,0 
30 à 44 ans
22,3 
17,2 
15 à 29 an s
17,9 
21,2 
0 à 14 ans
19,6 

En 2011, la pyramide des âges de Générac montre une population relativement jeune. En effet, la part des plus de 60 ans représente 20,4 % tandis que celle des moins de 30 ans atteint 38 %. La tranche d'âge 30-60 ans demeure la plus importante, avec 41,7 % de la population totale. Notons que la répartition des sexes frôle la parité, avec 51 % de femmes et 49 % d'hommes.

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune de Générac dépend de l'académie de Montpellier. Elle dispose aujourd'hui de 2 groupes scolaires : l'un public, composé de l'école primaire Li flou d'armas (en occitan : la fleur des champs) et de l'école maternelle Les aristoloches et l'autre privé, composé de l'école Saint-Louis.

Les établissements d'enseignement secondaire les plus proches sont le collège Jean-Vilar à Saint-Gilles et le lycée Geneviève Anthonioz-de Gaulle à Milhaud. Les établissements d'enseignement supérieur sont notamment situés à Nîmes et Montpellier.

Santé[modifier | modifier le code]

Une pharmacie est présente à Générac. Une délégation de la Croix-Rouge française ainsi qu'une association des donneurs de sang sont à la disposition des habitants. Les services d'urgences les plus proches se trouvent à Nîmes (polyclinique Grand-Sud, hôpital Carremeau).

La commune dispose d'une crèche.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

À l'instar de nombreuses communes de la région, Générac organise chaque année sa fête votive, qui se tient généralement autour du 15 juillet. À cette occasion, le village accueille de nombreuses manifestations liées à la tauromachie camarguaise, appelée localement bouvine. Les arènes de Générac sont ainsi le théâtre de courses camarguaises tandis que les rues du centre-ville reçoivent des abrivados et des bandidos, courses taurines impliquant le plus souvent des manades locales telle la manade Cuillé[38].

La fête votive est un vrai moyen d'expression pour la jeunesse généracoise, notamment grâce aux aubades. Largement répandue dans les communes de la région, cette tradition puise ses origines au début du XXe siècle, lorsque la communauté fêtait le départ pour le service national des jeunes gens âgés de 18 ans. On réalisait alors l'empègue, dessin au pochoir appliqué sur les portails des maisons, dont le motif représentait un élément emblématique de la bouvine ou même parfois un événement de l'année en cours. Notons que la tradition de l'empègue se poursuit aujourd'hui encore[39].

La fête de la souche et du terroir est quant à elle une manifestation propre au village de Générac. C'est l'illustration par excellence de l'attachement du village à la viticulture et au terroir des Costières. Cette manifestation se déroule chaque année depuis 1990, lors du dernier week-end du mois d'avril. Bien que la viticulture en soit la thématique centrale, la municipalité souhaite également mettre en avant toute activité exprimant le terroir et la culture locale[40]. Ainsi, généracois comme visiteurs de passage peuvent rencontrer de nombreux producteurs de vin, mais aussi des manadiers et des artistes locaux. Un défilé traditionnel se tient généralement le dimanche, avant que la « cérémonie de la souche » ne vienne clôturer les festivités. Il est à noter que la fête de la souche attire entre 5 000 et 10 000 visiteurs chaque année, selon les conditions climatiques.

La commune de Générac s'associe enfin à plusieurs évènements culturels organisés chaque année par la communauté d'agglomération Nîmes Métropole, dont les spectacles vivants Scènes d'agglo et Les Vendredis de l'agglo ou encore le festival de musique L'agglo au rythme du jazz[41].

Influences culturelles[modifier | modifier le code]

De par sa situation, Générac est fortement influencée par les traditions camarguaises et notamment par la bouvine. La commune est également très empreinte de la culture occitane. L'occitan provençal est souvent couramment parlé par les plus anciens et des cours sont même dispensés dans le village par l'Institut d'études occitanes[42].

Depuis 2009, les trois entrées principales de la commune signalent son nom traduit en occitan, Geneirac, conjointement à l'appellation française Officielle. La croix occitane, symbole de cette culture, est quant à elle évoquée au cœur du logo du village.

Vie associative[modifier | modifier le code]

Le milieu associatif occupe une place prépondérante à Générac, dans des domaines tout à fait divers.

Ainsi, la tradition taurine est défendue par deux clubs, Lou meloun et Lou Racanel. Le club Générac Traditions a également pour credo la défense de la culture et des traditions généracoises. Un atelier musical, deux chorales et plusieurs clubs de danse connaissent chacun une belle fréquentation. Le troisième âge peut aussi se retrouver par le biais du club de l'âge d'or. De nombreux clubs sportifs évoluent à Générac et permettent notamment la pratique du football, du volley-ball, du badminton, du tennis de table, du tennis, du handball, du basket-ball, de la gymnastique, du judo…

Au total, près de quarante associations interviennent sur la commune, dont quinze dans le domaine sportif, quinze autres dans les domaine de la culture et des traditions et neuf dans le domaine social[43].

Sports[modifier | modifier le code]

Stade et gymnase.

En termes d'infrastructures sportives, la commune dispose d'une halle de sports, d'un gymnase, de deux stades de football, de deux terrains de tennis et d'un boulodrome. De plus, les collines boisées des Costières regorgent de sentiers permettant promenades et randonnées. Un parcours de 14 km, signalé par un schéma local de randonnée (balises jaunes), couvre les zones naturelles de la commune depuis 2004[44]. En 2005, un parcours de santé d'une longueur de 1,3 km a été réalisé autour du puech Roussin.

Il est à noter qu'en période de vacances scolaires, la municipalité met à disposition des enfants du village le service Sport pour tous.

Médias[modifier | modifier le code]

La municipalité publie un bulletin d'information trimestriel ainsi qu'un programme mensuel[45].

Générac fait partie du territoire couvert par le quotidien Midi libre, par la télévision locale TV SUD Camargue Cévennes et par les programmes de France 3 Languedoc-Roussillon.

Cultes[modifier | modifier le code]

La paroisse catholique de Générac fait partie d'un ensemble paroissial regroupant Saint-Gilles, Générac et Beauvoisin. Ce dernier dépend du doyenné Plaine et Camargue et du diocèse de Nîmes[46].

La paroisse de l'église protestante unie regroupe quant à elle les temples de Générac, Aubord et Beauvoisin. Cet ensemble fait partie du consistoire Vaunage-Vistrenque et de la région Cévennes-Languedoc-Roussilon[47].

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

Répartition de la population par type d'activité, en 2006.

Selon l'Insee, le taux de chômage de la commune atteignait 12,2 % en 2006 et 11,8% en 2011. Le chômage touche alors essentiellement les 15-24 ans, avec un taux avoisinant les 25 %.

La même année, la catégorie socio-professionnelle dominante est celle des ouvriers, avec 31,3 %, suivis des employés avec 24,8 %, et des professions intermédiaires avec 18,8 %. La part des artisans, commerçants et chefs d'entreprise atteint les 12,8 %. Le village ne compte que 7,4 % de cadres et 4,9 % d'agriculteurs.

En 2011, la part des actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi et travaillant au sein de la commune atteint 24,2 %. 65,6 % travaillent dans une autre commune gardoise et 10,3 dans un autre département français[15]. Notons que plusieurs métiers pratiqués au début du siècle dernier ont disparu du paysage généracois. Ces professions étaient, pour la plupart, liées à l'activité essentiellement agricole de la commune : meunier, bourrelier-sellier, maréchal-ferrant, tonnelier

Entreprises de l'agglomération[modifier | modifier le code]

Créée au cours des années 1980 sur un espace de 21 hectares au nord du village, la zone d'activités (ou zone artisanale) de Générac accueille aujourd'hui 12 entreprises et emploie près de 150 personnes[48]. Les entreprises implantées incluent des secteurs tels le transport routier de marchandises ou encore la vente de machines agricoles. Notons que de nouvelles entreprises de services tendent à s'y installer, depuis la récente viabilisation de la partie sud de la zone.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Viticulture[modifier | modifier le code]

Vignes sur le plateau des Costières.

Depuis des siècles, l'économie locale est en grande partie liée aux activités viticole et vinicole. Le terroir caillouteux des Costières associé à un bon ensoleillement a favorisé très tôt ce type de culture. Si la viticulture des Costières a connu un réel âge d'or entre la deuxième moitié du XIXe siècle et les années 1950 environ, il s'agit aujourd'hui d'un secteur en crise. En 2010, on comptait à Générac 43 exploitations agricoles ayant des vignes pour une superficie totale 596 hectares (759 hectares en 2000)[49].

Actuellement, le principal cépage utilisé à Générac est la syrah.

Arboriculture fruitière[modifier | modifier le code]

La seconde moitié du XXe siècle voit le paysage des Costières se restructurer peu à peu. Dès les années 1980, la forte crise que connaît la viticulture incite de nombreux domaines à se reconvertir dans l'arboriculture, d'autant que la construction du canal BRL améliore grandement l'irrigation des sols. D'immenses vergers sont ainsi plantés : le pêcher et l'abricotier sont les principales espèces choisies. Au printemps, ces plantations offrent un paysage étonnant, très densément fleuri. En 2010, on comptait 22 exploitations agricoles ayant des vergers pour une superficie totale de 362 hectares[49].

Durant la période estivale, le secteur représente une source d'emplois saisonniers relativement conséquente. À titre d'exemple, à Générac, le Domaine des Coteaux de la famille Bonnet emploie 500 à 600 personnes en juillet et en août et un peu moins de 350 personnes en juin et en septembre. Le verger, dispersé sur plusieurs communes (Nîmes, Saint-Gilles, Générac, Aubord, Beauvoisin) fait 280 hectares et produit 7 000 tonnes de fruits par an[50].

L'arboriculture fruitière est particulièrement soumise aux aléas. Ceux-ci peuvent être d'ordre climatique (gelées tardives, orages de grêle…) ou sanitaire (champignons, insectes…). Chaque année, les arboriculteurs doivent également composer avec les fluctuations de la demande, elle-même influencée par le climat.

Artisanat et industrie[modifier | modifier le code]

Vinification[modifier | modifier le code]

La cave coopérative.

À la fin du XIXe siècle, la commune de Générac compte plusieurs négociants en vin[19]. Leur tâche est de commercialiser le vin lorsque le viticulteur ne produit pas suffisamment pour cela. Parfois, le négociant produit lui-même le vin lorsque le viticulteur n'en a pas les moyens. Les négociants rentrent le vin en foudres (énormes tonneaux d’une capacité de 5 à 30 m3) puis le vendent directement aux consommateurs : des particuliers, des cafés, des débits de vin. Notons également le rôle du courtier, qui est de se rendre chez le viticulteur pour goûter son vin et en ramener un échantillon au négociant, qui se charge de faire une offre.

Au début du XXe siècle, la vente du vin se développe grâce aux expéditions ferroviaires. S’il existe encore des « barricailleurs » qui expédient le vin par fûts, des commissionnaires commencent peu à peu à acheter le vin pour le compte de marchands extérieurs, en l'expédiant par demi-muids (220 à 600l). À partir de 1920 se développe la vente en gros. On commence alors à se servir de citernes pour aller chercher le vin à la propriété et même pour livrer certains clients.

En 1927, 56 viticulteurs généracois décident la création d’une cave coopérative[51]. Ils se regroupent pour acheter des machines en commun et produire ensemble leur vin ; ils veulent ainsi améliorer la qualité du produit et le vendre plus facilement. La cave coopérative de Générac est rapidement reconnue pour l'importante capacité de ses cuves. Celle-ci a évolué au fil des décennies :

Année Capacité des cuves en hl Production en hl
1928 7 000 7 000
1936 27 340
1944 31 000
1949 39 170
1950 53 000
1951 71 030
1956 72 000
1962 126 000
1966 185 600
1968 110 000
1974 165 000
1980 210 000
1986 142 000
1991 235 000 75 000
2006 240 000 62 000

En observant ces chiffres, il est à constater une croissance importante jusqu’en 1980, suivie d’une chute spectaculaire jusqu’en 1989. Par les accords de Dublin, les pays membres de la Communauté économique européenne veulent stopper la surproduction de vin de consommation courante, en faisant distiller une partie du produit. Les producteurs du Languedoc-Roussillon ont opté pour un arrachage massif de la vigne, plutôt que de faire distiller le vin excédentaire. À Générac, des producteurs se sont convertis à la polyculture et ont entrepris de replanter leurs vignes avec des cépages améliorateurs[52].

Ils produisent depuis 1986 un vin d’appellation d’origine contrôlée (en 2006, 30 000 hl d'AOC « Costières de Nîmes » sur une production de 62 000 hl).

Industrie agroalimentaire[modifier | modifier le code]

Un atelier de l'épicier de luxe Hédiard est présent à Générac. Il produit essentiellement des confitures, des fruits confits et des pâtes de fruits[53].

Activités de service[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Générac.
  • Le château : Sa construction débuta probablement au XIe siècle. Il appartint aux comtes de Toulouse jusqu’en 1212. En 1248 il passe aux mains des Templiers, comme celui de Beauvoisin. À la mort de Guillaume de Nogaret en 1313, le château et ses terres revinrent au grand prieuré de Saint-Gilles qui y fit d'importants travaux au XVIe siècle. À l’heure actuelle, le château est en rénovation et la commune en est propriétaire. L’on peut y découvrir un escalier à vis et une façade ajoutée à la Renaissance. Il abrite le musée de la tonnellerie depuis 1995[54].
  • L'hôtel de ville : Son beffroi n'est pas sans rappeler la base d'un clocher roman provençal, la flèche en moins. L'édifice date de 1847.
  • Les anciennes écoles communales. Utilisées en tant que telles pendant plus d'un siècle, de 1881 à 1992, elles abritent aujourd'hui le centre de loisirs du village.
  • La circulade du Fort. Il s'agit là d'une particularité urbanistique qui concerne une partie seulement du centre-ville - accessible par la rue du Fort - et non l'ensemble du vieux village, qui à ce titre n'est pas une circulade. Ce quartier adjacent à la place du village fut très certainement construit à l'époque médiévale. À l'image d'autres bourgades circulaires languedociennes, les habitations qui le constituent sont clairement disposées de façon rayonnante autour d'une petite place centrale. La circulade du Fort devait ainsi constituer le cœur du Générac médiéval[13].
  • La cave coopérative. Construite en 1927 par l'architecte gardois Henri Floutier, la cave coopérative des Costières de Générac a été tout au long du XXe siècle un lieu central pour l'économie du village, de par l'importante capacité de ses cuves[51].
  • Les arènes. Elles furent construites en 1969 afin d'accueillir les manifestations liées à la bouvine, dont la course camarguaise.
  • La gare. Elle fut construite en 1873, sur une ligne qui connut par la suite un important trafic. Si aujourd'hui la gare a perdu sa vocation marchande, des trains de marchandises empruntent toujours la ligne pour transporter le sel extrait des Salins du Midi d'Aigues-Mortes. Il n’y a plus de chef de gare depuis 1981, néanmoins le TER s’arrête toujours pour conduire les voyageurs vers Nîmes ou le Grau-du-Roi.
  • Les lavoirs, dont les premières traces datent de 1255. On parle alors de « fontaine aux Allemands ». Le premier aménagement a été réalisé en 1810. Les lavoirs furent fermés au cours des années 1980 pour des raisons d’hygiène et de sécurité. Situés à proximité de l'ancien site de l'usine de pompage des eaux, ces importants bassins bordés de platanes ont été récemment réhabilités[55].
  • La ferme du Puech-Roussin. Depuis 2004, les propriétaires de cette ferme biologique et pédagogique proposent aux visiteurs la découverte de leur exploitation agricole. La découverte in-situ et la vente directe sont grandement privilégiées par les exploitants.
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Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église. Vers l’an 1000, des moines de l’abbaye de Saint-Gilles érigent un petit prieuré, sous le vocable de Saint-Jean. Elle fut détruite à deux reprises lors de la Réforme puis reconstruite en 1860 dans un style éclectique, sur des plans d'Henri Révoil[23].
  • Le temple. D'architecture originale et particulièrement travaillée au niveau de sa façade, il fut bâti à partir de 1863 et consacré en 1872[56]. Il abrite aujourd'hui l’église protestante unie de Générac.
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Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

  • centre de loisirs.
  • médiathèque.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Au nord, Nîmes et la plaine du Vistre.

Un vaste panorama peut être aperçu du sommet des puechs généracois, sur les plaines environnantes et au-delà.

Au nord, en direction de l'agglomération nîmoise, se développe la plaine du Vistre où se côtoient vergers et cultures maraîchères. Au loin se dessinent les montagnes des Cévennes. Vers le sud, le plateau caillouteux des Costières est depuis longtemps propice à la viticulture ; de là, le paysage embrasse les étangs de Camargue gardoise et la plaine camarguaise. Par beau temps, la mer Méditerranée peut également être aperçue. À l'ouest, les Costières s'étendent jusqu'aux communes de Beauvoisin et Vauvert. Le pic Saint-Loup se dessine à l'horizon. À l'est, le mont Ventoux est tout aussi aisément repérable. En revanche, en direction de la vallée du Rhône, les plus hauts sommets des Alpes ne peuvent être aperçus que par un temps parfaitement clair.

La nature à la fois rocailleuse et sablonneuse du sous-sol des Costières a favorisé la présence d'une végétation basse, méditerranéenne, de type garrigue. De nombreuses essences caractéristiques de ce milieu recouvrent les collines généracoises : pin parasol, chêne vert, chêne kermès, amandier, genêt, genévrier cade, ciste, thym[57]... Cette végétation sèche et soumise aux vents connait un fort risque d'incendie en période estivale. À titre d'exemple récent, plus de 85 hectares de garrigue généracoise ont été la proie des flammes dans la nuit du 22 au 23 août 2009.

D'un point de vue faunistique, le territoire de Générac est fréquenté depuis plusieurs années par l'outarde canepetière[58]. Cet oiseau migrateur rare et protégé a choisi de s'implanter en plusieurs endroits du sud-Gard, essentiellement en zone agricole ou de prés salés. L'hivernage de l'espèce se déroule la plupart du temps sur des parcelles de plaine peu dérangées. On estime la population locale de mâles chanteurs à environ 500 individus pour le seul département du Gard. Afin de protéger l'avifaune des Costières, une partie de ce territoire bénéficie depuis 2006 d'une mesure de classement en zone de protection spéciale, intégrée au réseau Natura 2000[59]. Au même titre, une partie du territoire communal généracois est l'objet d'une ZNIEFF, dont le périmètre est situé à l'est du village[58]. Une deuxième ZNIEFF, située au sud de la première, protège par ailleurs les puechs Lachet et de Dardaillon[60].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Eugène Germer-Durand, Ministère de l'instruction publique (Éditeur scientifique) et Comité des travaux historiques et scientifiques (dir.), Dictionnaire topographique du département du Gard : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Paris, Impr. impériale,‎ , in-4, XXXVI-298 p. (notice BnF no FRBNF30500934), p. 99Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Étienne Goiffon, Dictionnaire topographique, statistique et historique du diocèse de Nîmes, Grimaud, Gervais-Bedot, Catelan,‎ , 422 p. (lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Krzysztof Pawlowski, Circulades languedociennes de l’an mille - Naissance de l’urbanisme européen, Presses du Languedoc,‎ , 220 p. (ISBN 2859980954)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Bernardy, Les sobriquets collectifs : Gard et pays de langue d'oc, Ateliers Henri Peladan,‎ , 275 p.
  2. « Les nappes de la Vistrenque et des Costières », sur Vistrenque.fr (consulté le 6 avril 2015)
  3. « Géologie et hydrogéologie de la plaine de la Vistrenque et du plateau des Costières », sur Vistrenque.fr (consulté le 6 avril 2015)
  4. Carte topographique de randonnée IGN n°2943 O - St-Gilles/Vauvert
  5. « Les unités de paysages de la Costière », sur Atlas.dreal-languedoc-roussillon.fr (consulté le 6 avril 2015)
  6. « Suivi de l'épisode pluvio-orageux des 6 et 8 septembre 2005 », sur Forums.infoclimat.fr (consulté le 6 avril 2015)
  7. « Climatologie mensuelle à Nîmes », sur Infoclimat.fr (consulté le 6 avril 2015)
  8. « Réseau de transports en commun péri-urbain de Nîmes Métropole », sur Tangobus.fr (consulté le 6 avril 2015)
  9. « Réseau de transports en commun départemental Edgard », sur edgard-transport.fr (consulté le 6 avril 2015)
  10. « Infos vols », sur Aeroport-nimes.fr
  11. « S.CO.T. Sud-Gard », sur scot-sud-gard.fr (consulté le 6 avril 2015)
  12. « Pays du département du Gard », sur gard.gouv.fr (consulté le 6 avril 2015)
  13. a et b Krzysztof Pawlowski, Circulades languedociennes de l’an mille - Naissance de l’urbanisme européen, Presses du Languedoc,‎ , 220 p. (ISBN 2859980954), p. 200
  14. « L'urbanisme », sur Generac.fr (consulté le 6 avril 2015)
  15. a, b et c « Insee - commune de Générac (30128) », sur Insee.fr (consulté le 6 avril 2015)
  16. a et b Eugène Germer-Durand, Ministère de l'instruction publique (Éditeur scientifique) et Comité des travaux historiques et scientifiques (dir.), Dictionnaire topographique du département du Gard : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Paris, Impr. impériale,‎ , in-4, XXXVI-298 p. (notice BnF no FRBNF30500934), p. 99
  17. (oc+fr) Frédéric Mistral et Jules Ronjat, Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal-français, Raphèle-lès-Arles, M. Petit,‎ , 2 vol. ; 25 cm (ISBN 84-499-0563-X, notice BnF no FRBNF37258238), p. 45, t. 2
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  21. « Les templiers d'Aigues-Vives », sur Templiers.net (consulté le 6 avril 2015)
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