Saint-Véran

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Saint-Véran
Saint-Véran en hiver.
Saint-Véran en hiver.
Blason de Saint-Véran
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Briançon
Canton Guillestre
Intercommunalité Communauté de communes du Guillestrois et du Queyras
Maire
Mandat
Danielle Guignard
2014-2020
Code postal 05350
Code commune 05157
Démographie
Population
municipale
249 hab. (2014)
Densité 5,6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 42′ 03″ nord, 6° 52′ 09″ est
Altitude Min. 1 756 m – Max. 3 175 m
Superficie 44,75 km2
Localisation

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Saint-Véran

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Saint-Véran

Saint-Véran est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue de Saint-Véran
Vue de Saint-Véran depuis la tête de la Cula.

Cette commune des Hautes-Alpes de 290 habitants est entièrement située dans le parc naturel régional du Queyras.

Le centre du village (église) est situé à 2 042 m d'altitude et Saint-Véran est qualifiée comme "la plus haute commune d'Europe"[1].

Saint-Véran est cependant précédé par Juf en Suisse (2 133 m) et Trepalle en Italie (2 069 m), mais ce sont des hameaux dépendant de communes dont le chef-lieu est plus bas dans la vallée. Tignes, commune située en Savoie (France), a son église à 1 790 m, mais la mairie, elle, se trouve à 2 100 m pour une altitude communale moyenne de 2 594 m.

La devise ne porte pas seulement sur l'altitude à proprement parler, mais aussi sur la relation entre l'altitude et la culture du seigle, servant à faire le pain. Dans l'esprit des anciens habitants, Saint-Véran est le plus haut village où se mange le pain fait avec les céréales cultivées dans les champs alentour : « Lou Plus haouto coumunoutas inte se mangeu lou pan de Diou » (« La plus haute commune où l'on mange le pain de Dieu » - inscription sur le cadran solaire sur le mur de l'église). Cependant, depuis les inondations de 1957 qui ont détruit les canalisations amenant l'eau au moulin, ce moulin n'existe plus et la farine n'est donc plus produite à Saint-Véran. La culture du seigle s'est donc aussi arrêtée depuis 1957.

Le territoire de la commune a une altitude qui s'étend de 1 756 à 3 175 m. Les communes de Saint-Gervais-les-Bains et de Chamonix en Haute-Savoie culminent à 4 810 mètres au Mont-Blanc, mais leur centre est nettement plus bas. La station de sports d'hiver de Val Thorens, située à 2 300 mètres sur la commune de Saint-Martin-de-Belleville, est probablement la localité, habitée toute l'année, la plus élevée des Alpes françaises.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des mines de cuivre étaient exploitées dès l’âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.) sur le territoire de la commune[2]. La bornite y était extraite : certaines excavations y sont encore visibles (comme la Tranchée des Anciens)[3], ou des entrées de galeries, beaucoup plus récentes.

La légende de saint Véran de Cavaillon raconte que, l'évêque de Cavaillon, né dans le Gévaudan au VIe siècle, blessa un dragon qui ravageait la région de Cavaillon et le chassa en lui ordonnant d'aller mourir dans les Alpes. Ce Coulobre, saignant lors de sa retraite, a laissé tomber des gouttes de sang ; d'où la présence en France d'autres villages nommés Saint-Vérand, dans le Vaucluse, l'Isère et le Rhône.

Le village alpin reconstitué à Grenoble en 1925, en occasion de l'Exposition internationale de la houille blanche.

Autrefois, le village avait une activité artisanale importante : vannerie, outillage, ébénisterie, charpentes et agricole, élevage (chèvres, vaches). Il avait aussi une activité d'ardoiserie à partir des galeries creusées dans la falaise.

En 1925, le village est choisi pour être reconstitué lors de l'exposition internationale de la houille blanche qui se déroule à Grenoble.

Toponymie[modifier | modifier le code]

On trouve deux évêques qui furent canonisés:

  • Véran de Cavaillon († 589), ou Wrain latinisé en Veranus ou Uranus, évêque de Cavaillon, fêté le 19 octobre
  • Véran de Vence († 449), évêque de Vence, fêté le 11 novembre

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Véran

; Blasonnement : de sinople à l'aigle de sable membrée et lampasée de gueules

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1977 1983 André Lantier    
    Pierre Marou   ébéniste
  2001 Jean-Pierre Weber   hôtelier
mars 2001 août 2006 Jean-Marc Plichon DVD  
août 2006 mars 2008 Jacqueline Turina    
mars 2008 en cours
(au 20 mars 2015)
Danielle Guignard[4] DVD Retraitée de l'enseignement

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Saint-Véran fait partie:

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 249 habitants, en diminution de -7,78 % par rapport à 2009 (Hautes-Alpes : 2,89 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
724 520 562 640 800 831 874 842 839
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
748 751 740 668 641 639 664 633 598
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
579 536 539 451 404 422 412 379 255
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
236 220 232 275 257 267 290 257 249
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006 [8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

L'Hotel Alta Peyra a ouvert ses portes fin 2012 au cœur du village de Saint Véran

Comme de nombreux villages alpins, Saint-Véran s'est peu à peu métamorphosé au cours du XXe siècle grâce au tourisme. C'est ainsi une station de sports d'hiver familiale qui peut accueillir environ 1 800 personnes. En décembre 2012, l'ouverture d'un complexe hôtelier (Hotel Alta Peyra) sur les hauteurs du village a suscité quelque polémique, tant le projet était ambitieux (59 chambres, hôtel 4 étoiles avec spa, prestations très haute gamme). Néanmoins, il a dynamisé l'économie touristique et créé une quarantaine d'emploi. Soucieux de préserver l'authenticité du village, la construction a été faite à base de matériaux nobles et naturels et l'architecture reprenant la silhouette d'un hameau traditionnel de fustes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Porche d'entrée de l'église Saint-Véran.

L'église paroissiale Saint-Véran[9], classée monument historique, est située dans le centre du village ; à l'extérieur, on retrouve des lions sculptés dont l'un tenant entre ses pattes un enfant. À l’intérieur de l'édifice, différentes statues en bois sculptées par les habitants du village représentent certains saints ; une crèche en bois datant des années 1950 a été réalisée par les habitants du village, chaque famille ayant réalisé une pièce. L'église est entourée du cimetière dans lequel reposent les Saint-Vérannais de confession catholique. Les habitants de confession protestante reposent quant à eux dans un cimetière situé dans le hameau du Raux.

On trouve dans le village une vingtaine de cadrans solaires muraux qui datent de la Renaissance. Un cadran solaire réalisé par le peintre Zarbula, en 1840, sur une maison du quartier des Forannes[10] a été inscrit en 1996 sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques.

Un observatoire astronomique a été créé en 1974 et est, depuis 1990, mis à disposition des astronomes amateurs.

Temple de Saint-Véran.

Le village possède une église réformée[11] (temple protestant). L'ancien temple avait été détruit à la suite de l'édit de Fontainebleau, en 1685. Le temple actuel a été construit en 1804. Le clocher date de 1843.

La municipalité, avec l'aide des habitants du village et la fondation du patrimoine, a entrepris depuis maintenant plus de deux ans la rénovation des chapelles du village dont la superbe chapelle de Clausis située dans le fond de la vallée de la Blanche. Les chapelles sont ouvertes une fois par semaine au public durant la période estivale.

À La Chalp, on peut voir l'église paroissiale Sainte-Agathe[12]. Elle a été reconstruite vers 1845 à la suite d'une inondation.

Musée « Le Soum ».

À visiter également, un musée de la vie paysanne du XIXe au XXe siècle, dans une vieille fuste, le musée « Le Soum »[13]. La maison a été construite en 1641. Elle a été achetée en 1993 par des personnes nées à Saint-Véran collectionneurs d'objets de la vie quotidienne et du travail de la terre dans les montagnes du Queyras. Elle permet de voir l'organisation d'une maison-ferme où vivaient hommes et bêtes en autarcie pendant les longs mois d'hiver.

Les maisons traditionnelles saint-vérannaises ont un plan particulier adapté à la vie montagnarde. Le rez-de-chaussée est construit en murs de pierre de 50 à 70 cm d'épaisseur. La partie supérieure appelée « fuste » est faite en troncs d'arbres empilés croisés aux angles et toit de bardeaux en mélèze. Le bâtiment est relié à un plus petit en pierres couvert de lauzes appelé « caset ». Hommes et bêtes accédaient au rez-de-chaussée par une porte à double-battants. On trouve à cet étage :

  • la fougagno, ou cuisine ;
  • la carotto, ou cave ;
  • le peil, pièce voûtée placée contre le mur de la fougagno où est placé l'âtre ;
  • l'étable ou l'écurie, qui est une pièce commune aux hommes et aux bêtes. La table, les chaises et le lit clos étaient placés près de la fenêtre et les hommes profitaient de la chaleur animale. Les bêtes se trouvaient au fond de la pièce.
Croix de mission.

Saint-Véran possédait six croix de mission[14]. Une croix était dressée à chaque passage d'un missionnaire venant apporter la bonne parole aux paroissiens. Chacune des croix portait les symboles de la Passion du Christ.

Saint-Véran dans les Beaux-arts[modifier | modifier le code]

Le peintre français Charles-Henri Contencin (1898-1955) a réalisé un tableau nommé St Véran[15].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Page 505, chapitre Hautes Alpes, France, Collection Guide vert, éditeur Le Michelin, 2009
  2. Claude Gouron (photographe), Hélène Vésian (auteur), Serre-Ponçon : voyage photographique au confluent de l’Ubaye et de la Durance, Le Pontet : Éditions Barthélemy et Hangar, 2004. ISBN 2-87923-165-5, p. 41
  3. [PDF]David Bourgarit, Pierre Rostan, Laurent Carozza, Benoît Mille et Gilberto Artioli, « Vingt ans de recherches à Saint-Véran, Hautes Alpes: état des connaissances de l’activité de production de cuivre à l’âge du Bronze ancien », Trabajos de Prehistoria, no 2,‎ , p. 269-285 (ISSN 0082-5638, lire en ligne)
  4. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes,‎ (consulté le 20 mars 2015).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. « Inventaire général : Église Paroissiale Saint-Véran », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. « Maison, sise aux Forannes », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Inventaire général : temple évangélique », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Inventaire général : Église paroissiale Sainte-Agathe », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Inventaire général : Ferme », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Inventaire général : Croix Monumentale dite Croix de la Passion », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. gazette-drouot.com, « Ventes aux enchères Charles-Henri CONTENCIN (1898-1955) », sur catalogue.gazette-drouot.com (consulté le 6 mars 2017)