Moncontour (Côtes-d'Armor)

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Moncontour
Moncontour (Côtes-d'Armor)
L’hôtel de ville de Moncontour.
Blason de Moncontour
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Saint-Brieuc
Intercommunalité Lamballe Terre et Mer
Maire
Mandat
Anne-Gaud Millorit
2020-2026
Code postal 22510
Code commune 22153
Démographie
Gentilé Moncontourais, Moncontouraise
Population
municipale
867 hab. (2017 en diminution de 7,67 % par rapport à 2012)
Densité 2 168 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 21′ 36″ nord, 2° 37′ 55″ ouest
Altitude 150 m
Min. 98 m
Max. 182 m
Superficie 0,4 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Saint-Brieuc
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Plaintel
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Moncontour

Moncontour [mɔ̃kɔ̃tuʁ] est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor en région Bretagne.

Elle fait partie des Petites Cités de Caractère et de l'association Les Plus Beaux Villages de France[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située à 25 km au sud-est de Saint-Brieuc.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Selon la terminologie définie par l'Insee et le zonage publié en 2020, Moncontour est une commune rurale, car elle n'appartient à aucune unité urbaine[Note 1],[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Brieuc, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 51 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[4],[5].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Moncontor en 1092[6], Castrum Moncontorium à la fin du XIe siècle, Moncontorio en 1125 et en 1150[7], Castrum Moncontorium en 1152, Mons Consularis vers 1180, Montem Contoris en 1217[8], Moncontour en 1256, Mont-Comtour en 1368[9], Montcontour et Moncontour au début du XIIIe siècle et à partir du XIVe siècle[10].

Moncontor en 1092 : du mot mont et du vieux français contor, (conte ou son vassal, prévôt)[10].

Montem Contoris en 1217 : de mons (« hauteur ») et conteor (« trésorier d'un seigneur »). Moncontour est une ancienne cité fortifié située sur une éminence[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen-âge[modifier | modifier le code]

Le village fut une place militaire importante au XIIe siècle, à cette époque Montcontour est une ville fortifiée qui permet au seigneurs de contrôler les alentours et d'asseoir leur autorité[12].

La quintaine courue à cheval sur la place du Martray[13], le dimanche de la Pentecôte, se terminait d’une façon singulière : « Audit jour et feste est deub [dû] au seigneur par toutes les filles de joie qui se trouvent en ladite ville de Moncontour, de chacune d’elles, quand elle fait son entrée en ladite ville, soit à la Porte Neuve ou ailleurs, 5 sols, un pot de vin et un chapeau de fleurs »[14].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Montcontour était réputée pour son église, dédiée à saint Mathurin, qui devient l'objet de nombreux pèlerinages à compter du XVIe siècle[15].

L'essor au XVIe siècle des fabricants et marchands de toiles de lin dans la région de Pontivy, Moncontour, Uzel, Quintin permit la construction de nombreuses églises paroissiales dans la région, mais peu sont restées, la plupart ayant été reconstruites au XVIIIe siècle[16].

Aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, une production textile de toiles dites « de Bretagne » se développa dans le quadrilatère Saint-Brieuc - Corlay - Pontivy - Moncontour ; ces toiles étaient exportées en Espagne et dans les colonies espagoles (elles étaient appelées bretanas, quintines ou pondivi) via Cadix principalement, où des marchands français, notamment Malouines (par exemple les familles Magon, de la Haye, Éon) étaient installés[17].

En 1673, selon son procureur fiscal, la châtellenie de Moncontour s'étendait sur 20 paroisses (Moncontour, Hénon, Bréhand, Quessoy, Yffiniac, Pommeret, Trégenestre, Plédran, Plœuc, Gausson, Plouguenast, Langast, Plessala , Saint-Gilles, Saint-Jacut, Trédaniel, Trébry, Pluny et deux autres paroisses) et comprenait en tout 74 seigneuries, dont 35 disposaient des droits de haute, moyenne et basse justice, et 39 de ceux de moyenne et basse justice seulement. Une autre statistique datant de 1766 donne des résultats voisins. Six patibulaires existaient en 1673 dans la châtellenie[18].

À Moncontour en 1773 « le sucre cadavérique suintait à travers les murs »[pas clair] du cimetière, placé en hauteur autour de l'église[19].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le pardon de Saint-Mathurin[modifier | modifier le code]

« Tous les ans, à la Pentecôte, en mémoire de la translation de ses reliques, la fête, commencée la veille par une retraite aux flambeaux et un feu de joie, donne lieu à la vénération de son chef, que l'on fait toucher aux animaux pour les protéger. On passe ensuite aux réjouissances profanes et aux danses sur l'esplanade du château des Granges, situé à proximité de la vieille cité »[20].

Moncontour vers 1900 (lithographie d'Albert Robida)

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1882 1905 Victor Veillet-Dufrêche    
1905 1919 Jean Veillet-Dufrêche    
1919 1941 Dr Olivier Sagory   Docteur
1945 1953 Henri Le Long SFIO  
1953 1989 Gilbert de La Brosse[21]    
mars 1989[22] avril 2014 Jean-Jacques Bizien PS Médecin; Conseiller général (1979-2015)
avril 2014 décembre 2015
(démission)[23]
Didier Coldefy SE Architecte
février 2016 26 mai 2020 André Fourchon   ingénieur BTP
26 mai 2020 En cours Anne-Gaud Millorit[24]   Commerçante
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[26].

En 2017, la commune comptait 867 habitants[Note 3], en diminution de 7,67 % par rapport à 2012 (Côtes-d'Armor : +0,55 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 0861 7201 6881 5511 6701 7041 6781 6691 601
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4381 4321 3871 3281 2971 3781 3591 3081 290
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2451 3001 2389509299029069081 022
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 2331 1871 1491 014901865918940865
2017 - - - - - - - -
867--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune compte neuf monuments historiques :

  • L'église Saint-Mathurin, classée en 1889[29].
  • L'ancien hôtel de Kerjégu[30]
  • L'ancien hôtel Veillet-Dufrêche, L'hôtel a été édifié à la demande de Jean-Baptiste Veillet-Dufrêche qui dirigeait un important comptoir de ventes de toiles[31].
  • L'ancien presbytère[32] 3
  • Un ensemble de deux maisons situées rue du Docteur-Sagory. La plus petite date du XVIIe siècle et la plus grande, située à l'angle, remonte sans doute au XVIe siècle[33].
  • L'hôtel de Clézieux[34].
  • Une maison à fronton du XVIIIe siècle située rue du Temple[35].
  • La tour Mognet et les restes de remparts du XVe siècle[36].
  • Porte du Faubourg Saint-Jean, ou poterne Saint-Jean, ayant appartenu aux fortifications de la ville au XIVe siècle[37].

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Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
de gueules, au lion d'argent, armé lampassé et couronné d'or, au chef d'hermines[38].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une commune rurale est une commune n'appartenant pas à une unité urbaine. Les autres communes sont dites urbaines.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

Notes
Références
  1. Fiche de Moncontour sur le site des plus beaux villages de France. Consulté le 29 novembre 2010
  2. « Base des unités urbaines 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  3. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc, Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur https://www.insee.fr/, (consulté le 8 novembre 2020)
  6. Dans le cartulaire de Redon.
  7. Dans plusieurs chartes de Saint-Melaine.
  8. Dans un acte de Pierre de Dreux.
  9. Actes du procès de canonisation de Charles de Blois.
  10. a et b infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Moncontour »
  11. Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Paris, Editions Jean-paul Gisserot, coll. « Universels Gisserot » (no 22), , Universels Gisserot, p. (ISBN 978-2-87747-482-5, OCLC 2877474828, lire en ligne), p. 85
  12. Stéphane Bern - Le village préféré des français, La France et ses villages, page 94, (ISBN 978-2-226-25929-5).
  13. Le terme de Martray vient du latin « martyretum », qui désignait à l’origine le « champ des martyrs ». C’est un lieu historique d’une localité, où étaient appliquées les décisions de justice.
  14. Archives des Côtes-du-Nord; d’après « Les fêtes religieuses en Bretagne. Coutumes, légendes et superstitions », paru en 1902.
  15. Stéphane Bern - Le village préféré des français, La France et ses villages, page 96, (ISBN 978-2-226-25929-5).
  16. André Mussat, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Editions Ouest-France, , 380 p. (ISBN 978-2-7373-1932-7, OCLC 34611255)
  17. Jean Martin, La manufacture des toiles Bretagne du XVIIe siècle au XIXe siècle, in "Du lin à la toile. La proto-industrie textile en Bretagne", Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-0560-5).
  18. Jean Gallet, "Seigneurs et paysans bretons du Moyen-Âge à la Révolution", éditions Ouest-France Université, 1992, (ISBN 2-7373-1023-7)
  19. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, (ISBN 978-2-918135-37-1)
  20. Bernard Frélaut, "Il y a un siècle... La Bretagne", éditions Ouest-France, 1999, (ISBN 2-7373-2532-3)
  21. « Moncontour. Décès du maire honoraire Gilbert Guillet de la Brosse »
  22. « La médaille du mérite pour Jean-Jacques Bizien »
  23. Élie Julien, « Moncontour. Didier Coldefy, maire : « On m’a demandé de démissionner » », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  24. « Municipales à Moncontour. Anne-Gaud et son équipe sont en place », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  25. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  26. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  28. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  29. « Eglise Saint-Mathurin », notice no PA00089334, base Mérimée, ministère français de la Culture
  30. « Ancien hôtel de Kerjégu », notice no PA00089336, base Mérimée, ministère français de la Culture
  31. « Ancien hôtel Veillet-Dufrêche », notice no PA00089337, base Mérimée, ministère français de la Culture
  32. « Presbytère », notice no PA00089341, base Mérimée, ministère français de la Culture
  33. « Maisons », notice no PA00089338, base Mérimée, ministère français de la Culture
  34. « Hôtel de Clézieux », notice no PA00089335, base Mérimée, ministère français de la Culture
  35. « Maison à fronton », notice no PA00089339, base Mérimée, ministère français de la Culture
  36. « Tour Mognet », notice no PA00089342, base Mérimée, ministère français de la Culture
  37. « Porte du Faubourg Saint-Jean, ou Poterne Saint-Jean », notice no PA00089340, base Mérimée, ministère français de la Culture
  38. « OLDJP - la banque du blason 2 »