Venasque

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Venasque
Venasque
Venasque.
Blason de Venasque
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Pernes-les-Fontaines
Intercommunalité Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin
Maire
Mandat
Gaby Bézert
2014-2020
Code postal 84210
Code commune 84143
Démographie
Gentilé Venasquais
Population
municipale
1 058 hab. (2015 en diminution de 8,48 % par rapport à 2010)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 59′ 49″ nord, 5° 08′ 50″ est
Altitude Min. 137 m
Max. 639 m
Superficie 35,01 km2
Localisation

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Liens
Site web venasque.fr

Venasque est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Venasque est l'un des 157 adhérents de l'association Les plus beaux villages de France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le village est à environ 11 km au sud-est de Carpentras par le CD 4, puis le CD 28 et à une trentaine de km d'Avignon.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le village de Venasque est situé sur un éperon rocheux aux flancs abrupts, au débouché des gorges de la Nesque. Le territoire de la commune comprend des terres cultivables vers la plaine de Carpentras, et des zones de garrigue sur les hauteurs des monts du Vaucluse.

La commune occupe donc un emplacement facile à défendre, permettant dans la plaine des cultures irriguées grâce à la Nesque, possédant des zones de garrigue fournissant le bois et permettant l'élevage des moutons. Enfin, c'est le début de la route qui mène à la vallée du Calavon, par Murs et la combe de Vaulongue vers Gordes. Passage défendu par la tour de Pinet qui se voit toujours sur une hauteur. Cette situation favorable a conduit très tôt à une occupation humaine.

Son sol calcaire bien mis en valeur par l'irrigation, a permis la création d'immenses jardins spécialisés dans la production de primeurs expédiés dans la France entière.

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La gare la plus proche est la gare d'Avignon TGV.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].

Climat[modifier | modifier le code]

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[2].

Mois
Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. Année
Températures maximales moyennes (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
Températures minimales moyennes (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Températures moyennes (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34,0 465,4
Source : Données climatologiques de Mazan 2000-2007

Hydrographie et les eaux souterraines[modifier | modifier le code]

Cours d'eau sur la commune ou à son aval[3] :

  • La commune de Venasque est arrosée par la Nesque,
  • ravin du défend,
  • combe de la fontaine du rupt.

L'eau courante fut définitivement installée, dans la commune, entre 1959 et 1965, auparavant il fallait aller à la fontaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Vindasca au IVe siècle, castro Venasca en 982[4], Vennasca en 1044[5].

Il s'agit d'un type toponymique en -asque (autrement -asc, -ache), terminaison que l'on rencontre du sud de la France jusqu'en Italie (-asca) et à laquelle les spécialistes attribuent une origine ligure, sous la forme d'un suffixe -asca[6].

Le premier élément Ven- peut représenter une racine préceltique *vĭn- ou *ven- ayant le sens de « montagne »[6]. Elle se retrouve en Provence dans Venanson (Alpes-Maritimes, Venacione 1067), peut-être Venelles (Bouche-du-Rhône, Venellis 973), en Corse dans Venaco (Ouenikion, IIe siècle) et aussi dans le Piémont, où on note un Venasca ainsi que dans les Pyrénées avec le Port de Venasque et Benasque qui a aussi donné son nom à la vallée de Bénasque. Cependant, comme dans le cas de Venelles, l'anthroponyme gaulois Venna est possible[6].

Une variante dotée d'une dentale *vĭn-t- / *ven-t- se retrouve dans le mont Ventoux et la montagne Sainte-Victoire, qui étaient tous deux des Mons Venturi, ainsi qu'en région provençale dans Venterol (Alpes-de-Haute-Provence), Venterol (Drôme), Vence, Ventabren, Ventavon[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Pierre tombale de Bohetius, évêque de Carpentras.

Dès l'époque paléolithique, puis surtout au Néolithique, on constate une intense fréquentation des grottes de la vallée de la Nesque, comme en attestent :

  • le gisement de plein air néolithique ancien de Céron ;
  • la grotte de Unang, à mi-pente des falaises de la Nesque, dans laquelle un enseignant, Maurice Picard, découvrit en 1947 des vestiges de l'époque néolithique ;
  • la grotte des dents, vestiges de l'âge du bronze.

Venasque faisait partie du territoire des Memini, tribu gauloise dont le chef-lieu était Carpentras (Carpentorate Meminorum). L'archéologie et la toponymie montrent que Vindasca fut l'une des principales places fortes de cette tribu. Le territoire de la tribu des Meminiens s'est conservé dans celui de l'évêché de Carpentras, et celui du Comtat Venaissin.

Au Bas-Empire, le site de la ville actuelle eut ses défenses naturelles améliorées par une muraille barrant l’éperon, renforcées par trois tours semi-circulaires à pédoncule et doublées par un large fossé sec. Pour les fondations de ces remparts, on utilisa des blocs de pierre ouvragés, provenant probablement d'un édifice démoli pour ses pierres.

Le quartier de Notre-Dame-de-Vic (de vicus, bourg — aujourd'hui Notre-Dame-de-Vie) a livré des vestiges gallo-romains et surtout la pierre tombale de Bohetius, évêque de Carpentras (583-604).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'histoire de Venasque suit celle du comtat Venaissin. En 1125 il devient la propriété des comtes de Toulouse. En 1219, au cours de la Croisade des Albigeois, Raymond VII de Toulouse est vaincu par les troupes de la croisade et celles du roi de France et cède le comtat au pape. Le comtat resta aux papes jusqu'au , date à laquelle il fut réuni à la France.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Crucifixion, tableau de l'école d'Avignon, daté de 1498.

La Crucifixion, tableau de l'école d'Avignon, daté de 1498, orne l'église paroissiale Notre-Dame.

Le village eut à souffrir des guerres de religion, et fut assiégé en 1562 puis en 1564 par les troupes protestantes de François de Beaumont, baron des Adrets. Venasque ne fut jamais conquise : lors de ces deux sièges, des traîtres, achetés par les réformés, furent découverts. Certains furent pendus à Avignon, un autre roué en place publique à Carpentras.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Venasque a été chef-lieu de canton durant la Révolution (du au 8 Pluviôse an IX ()).

Après la réunion à la France, Venasque subit aussi les effets de la Terreur : en 1793, dix-huit habitants, dont le premier maire J.-J. Cortasse et son prédécesseur le dernier consul J.-A. Morel, furent guillotinés à Orange[pourquoi ?].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

L'histoire de Venasque est depuis lors l'histoire de France. La population de la commune diminua : il y avait 1723 habitants en 1723, et seulement 371 en 1946. De plus, les habitants du village, dont beaucoup étaient exploitants agricoles, eurent tendance à descendre s'installer dans la plaine, près de leurs terres. Il y eut de plus en plus de maisons vides qui tombaient en ruine. Le mouvement s'inversa dans les années 1960, de nouveaux venus de France ou d'Europe vinrent s'installer et remirent en état ces maisons, soit pour y vivre en permanence : les « étrangers d'ici », ou seulement une partie de l'année : les « étrangers d'ailleurs ».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1790   J.-J. Cortasse    
1969 1975 Julien Ruel   Agriculteur
1975 1981 Rémi Rapetti   Commerçant
1981 en cours
(au 30 avril 2014)
Gaby Bezert UMP - Les Républicains Agriculteur, puis retraité

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[9].

En 2015, la commune comptait 1 058 habitants[Note 1], en diminution de 8,48 % par rapport à 2010 (Vaucluse : +2,66 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1941 1171 0501 0931 0541 057983942984
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9501 007938885830735680700646
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
595545524442422420410371407
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
5065195266567859661 1311 1721 058
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • Écoles maternelle et primaire[12].
  • Collège à Pernes-les-Fontaines et Mazan.
  • Lycées à Carpentras.

Santé[modifier | modifier le code]

Professionnels et établissements de santé[13] :

  • Médecins, dentistes, kinésithérapeutes à Malemort-du-Comtat et Saint-Didier,
  • Ostéopathes à Venasque,
  • Centre hospitalier à Avignon[14].

Cultes[modifier | modifier le code]

Culte catholique église Notre-Dame, paroisse de Saint Didier, Diocèse d'Avignon[15].

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Cerisiers près de Venasque, le mont Ventoux en fond.

Les Venasquais se sont spécialisés dans la cerise (label Cerise de Venasque) et le raisin de table (muscat de Venasque, AOC muscat du Ventoux). De nos jours, la commune est essentiellement vigneronne et produit du raisin de table et un peu de vin AOC Ventoux. Les fourrés de yeuses et les chênaies sont producteurs de truffes.

Tourisme[modifier | modifier le code]

La plaine du comtat bénéficie de l'attrait touristique qu'engendre l'histoire de ses villages, le Mont Ventoux qui la domine au sud de son relief particulier, la richesse de ses sols et le résultat de son agriculture (œnotourisme en plein développement) et bien sûr son ensoleillement.

L'Institut Notre-Dame de Vie attire régulièrement de nombreux fidèles (et curieux) sur la commune.

L'on peut aussi ajouter comme attrait la proximité des gorges de la Nesque ou de la vallée du Luberon.

Petite hôtellerie, chambres d'hôtes, locations vacances, etc.

L'église de Venasque.
Baptistère de Venasque.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux :

Patrimoine civil :

  • Enceinte romaine[20] et remparts.
  • Bories et murs en pierres sèches : 240 bories sur la commune.
  • Mur de la peste.
  • Les tours sarrasines ou tours historiques protégeant le village.
  • La tour de Pinet.
  • Venasque possède sur le territoire de la commune plusieurs dizaines de bories abritant des cuves vinaires rupestres. Elles ont été découvertes et étudiées au cours des années 1990 par Michel Bouvier.
  • La fontaine[21].
Article détaillé : Cuve vinaire rupestre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Venasque

Les armes peuvent se blasonner ainsi[22] :

De geules à la croix vidée, cléchée et pommetée d'or[23]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  2. La climatologie du Vaucluse
  3. L'eau dans la commune
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France - Volume 1 - Page 63 Liren en ligne
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 704a
  6. a b et c ibidem
  7. Ibid. p. 704ab
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  12. Établissements d'enseignements
  13. Professionnels et établissements de santé
  14. Centre hospitalier de Montfavet
  15. Église Notre-Dame
  16. « Eglise et le bâtiment (couloir voûté en plein cintre) qui la relie au baptistère », notice no PA00082205, base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. Église Notre Dame
  18. Notice no PM84000643, base Palissy, ministère français de la Culture tableau : la Crucifixion
  19. « Baptistère (actuellement église funéraire épiscopale de forme quadrilobée, appelée à tort) », notice no PA00082204, base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Enceinte romaine », notice no PA00082206, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. La fontaine
  22. Ventoux - Comtat Venaissin (Sud) : Venasque, Vexillologie Provençale, sur le site personnel de Dominique Cureau
  23. Malte-Brun, in la France illustrée, tome V, 1884