Noir et blanc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Noir et Blanc.
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article n’est pas rédigé dans un style encyclopédique (25 septembre 2012).

Vous pouvez améliorer sa rédaction !

Photographie en noir et blanc, datée de décembre 2015, de la cour de la Grande Mosquée de Kairouan.
Maison néerlandaise photographiée à la fin des années 1970 sans couleurs.

L'expression noir et blanc désigne des genres techniques en photographie, au cinéma, à la télévision (en peinture on parle de grisaille). Cela désigne également des types de représentations esthétiques.

L'expression noir et blanc peut signifier :

  • une œuvre comportant outre le noir et le blanc, tous les gris intermédiaires (on dit par exemple une photographie en niveau de gris) ;
  • une œuvre ne comportant que le noir utilisé comme encre sur le papier blanc. Dans ce cas les gris intermédiaires peuvent être simulés à l'aide d'une trame (cas des photographies de journal, par exemple).

Colorimétrie[modifier | modifier le code]

Le noir et le blanc sont considérés ou non comme des « couleurs » selon la discipline qui en parle : imprimerie, photographie, physique, peinture, théorie de la perception.

  • Un blanc, en synthèse additive, est constitué par la réunion dans une proportion particulière de toutes les longueurs d'ondes du visible ; il existe autant de blancs que de températures de ce corps, le blanc « solaire » étant celui à 6 300 K. On nomme par extension blanc tout panachage de longueurs d'onde que l'œil ne peut distinguer d'un vrai blanc d'une température quelconque : l'œil n'est en effet sensible qu'à trois pics de longueur d'onde à partir desquelles il donne à la conscience une information de couleur).
  • On nomme « noir » (également en synthèse additive) l'absence de couleur, soit de tout rayonnement visible reçu par l'œil.
  • On nomme « gris » les « couleurs » jugées comme intermédiaires. Il y a en fait un très grand nombre de gris de même luminosité et de teinte distincte selon la température de couleur considérée pour le blanc de référence.

Représentation[modifier | modifier le code]

On parle généralement de « noir et blanc » pour des reproductions de couleurs qui ne sont pas connectées à un service de colorimétrie (maxilum en latin)[réf. souhaitée].

Symbolique[modifier | modifier le code]

Fresque illusionniste d'Andrea del Sarto au Cloître du Scalzo, Florence.

L'exemple de la conception classique du retable illustre la valeur symbolique du noir et blanc, en tant que renoncement à la couleur. Le retable est normalement fermé ; ses portes sont extérieurement décorées en grisaille. Lorsqu'on l'ouvre, à l'occasion du culte, l'intérieur forme un triptyque peint en couleurs.

Dans le concept et symbole le plus connu du noir et du blanc, le Yin et le Yang sont deux couleurs utilisées ensemble pour symboliser une complétude femme/homme, un absolu, une dualité totale etc[1].

Le symbole est utilisé dans tous les aspects de la vie et de l'univers, principalement, dans la poésie et la littérature, mais surtout dans la fantasy comme principe fatidique et inévitable de l'âme sœur.

Le symbole est aussi représenté dans le tao, les pièces du jeu d'échecs, les pierres du jeu de go etc.[réf. nécessaire]

Peinture[modifier | modifier le code]

En peinture contemporaine, le noir et le blanc permettent de donner l'impression de lumière, de créer les contrastes et peuvent représenter un temps passé, bien que les monochromes l'utilisent.

Pendant la Renaissance les grisailles permettaient d'ébaucher les structures peintes avant leur colorisation (pour le vitrail en dessin préalable ombré, en peinture vénitienne avant l'application des glacis). Certains peintres comme Andrea del Sarto utilisaient des peintures en teintes oscillant entre le blanc et le noir pour simuler la sculpture par le trompe-l'œil.

Photographie[modifier | modifier le code]

Augusto De Luca, Rome 1996.

La photographie noir et blanc a précédé l'apparition des pellicules en couleurs.

Aujourd'hui, le noir et blanc est une technique photographique souvent utilisée pour faire ressortir un fort contraste ce qui peut accentuer certains détails ou certaines parties que le photographe voudrait mettre en valeur.

L'emploi du noir et blanc est courant pour le portrait, le photographe Nadar ayant montré son aptitude à rendre le caractère d'un visage à une époque où la photographie en couleurs n'existait pas encore vraiment.

Un autre photographe, Simon Marsden, est spécialisé dans les photos de lieux « hantés », il a donc adopté la photographie en noir et blanc pour rendre ses photos plus « surnaturelles ».

Le noir et blanc en argentique[modifier | modifier le code]

Le noir et blanc en numérique[modifier | modifier le code]

Les appareils photo numériques permettent souvent de prendre des photos en noir et blanc.

Ce mode donne parfois de meilleurs résultats qu'une photo couleur transformée en post-traitement sur ordinateur, car le processeur d'image optimise alors les caractéristiques de la prise de vue (meilleur rendu des bords de silhouette en particulier).

Cinéma[modifier | modifier le code]

De l’invention du cinéma aux années 1950, les films étaient tournés principalement en noir et blanc, bien que les pellicules couleur soient apparues au début des années 1930. Le changement d’un mode à l’autre s’est opéré progressivement pour des raisons esthétiques et économiques (les coûts baissant). Les films en noir et blanc tournés actuellement, très minoritaires, sont le fruit d’une approche esthétique et graphique.

Bien que la colorisation cinématographique ait été mise au point au début du XXe siècle et que des essais de bichromie aient été effectués vers 1916, il faut attendre 1928 pour que l'entreprise américaine Technicolor mette au point la première pellicule permettant de restituer toutes les couleurs[2]. . Le premier film tourné avec ce nouveau procédé trichromique est Le Viking de Roy William Neill. Alors que les grands studios restent méfiants quant aux nouvelles technologies (l'apparition, la même année, du cinéma parlant suscite de leur part aussi peu d’engouement), Walt Disney signe avec Technicolor un contrat d'exclusivité de cinq ans et sort en 1932 le premier film d'animation en couleurs, Des arbres et des fleurs, dans la série des Silly Symphonies. Devant l'immense succès, ses concurrents font pression Technicolor pour ramener l'exclusivité à un an et se lancent à leur tour dans la production de films en couleurs, même si le procédé - encore onéreux - est réservé à des productions de prestige. En 1939, Le Magicien d’Oz utilise le passage du noir et blanc (teinté en sépia) au Technicolor pour marquer de la réalité au rêve.

Alors que la tendance s'inverse, certains cinéastes ont volontairement choisi le noir et blanc de façon ponctuelle, comme Alfred Hitchcock pour Psychose (1960). Il pensait en effet que la couleur aurait un rendu trop « gore » en raison des éclaboussures de sang dans la célèbre scène de la douche[3],[4], de plus le studio ne lui avait alloué qu’un budget modeste, sans vedette (à part Janet Leigh qui disparaît très tôt dans l'histoire) et une équipe technique restreinte. Enfin, le noir et blanc correspondait à l’atmosphère mystérieuse et effrayante qu’il cherchait à créer dans le film ; la musique du film est décrite en ces termes par son compositeur, Bernard Herrmann : « une musique en noir et blanc pour accompagner un film en noir et blanc racontant une histoire noire et blanche »[5].

En France où la couleur s'est imposée plus tardivement, La Belle Américaine (1961) de Robert Dhéry est en noir et blanc mais comporte une fin en couleur, le budget ayant finit par le permettre[réf. nécessaire]. Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) de Jean Girault est en couleurs mais débute par une introduction en noir et blanc, pour réaliser des économies[réf. nécessaire].

If.... (1968), film britannique de Lindsay Anderson, utilise l'alternance de la couleur et du noir et blanc pour illustrer la différence entre le réel et l'imaginaire.

Le film de David Lynch, Elephant Man (1980), a été tourné en noir et blanc afin d'accentuer l'aspect dramatique du sujet tout en créant une atmosphère rappelant les films fantastiques de la Hammer.

Woody Allen a tourné plusieurs de ses films en noir et blanc dont Manhattan (1979), Broadway Danny Rose (1984), Celebrity (film, 1998) (1998) et Ombres et Brouillard(1991).

François Truffaut a tourné son dernier film, Vivement dimanche ! (1983), en noir et blanc en hommage au film noir (alors que certains de ses films précédents lavaient été pour des contraintes budgétaires). Parmi les autres réalisateurs français ayant volontairement choisi le noir et blanc, on peut citer Leos Carax (Boy Meets Girl), Luc Besson (Le Dernier Combat, Angel-A)...

En 1992, le noir et blanc accentue le côté (faux) documentaire de C'est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde.

Steven Spielberg a déclaré qu’il était impossible de montrer l’horreur de l’Holocauste en couleur, car tout ce qu’il en avait vu, au travers des documents d’archive, était toujours en noir et blanc : voilà pourquoi il a choisi de tourner La Liste de Schindler (1993) en noir et blanc.

Tim Burton a opté pour le noir et blanc pour réaliser Ed Wood (1994), biopic d'un réalisateur de séries Z (la plupart en noir et blanc).

Sin City (2005) est en noir et blanc pour des raisons esthétiques et artistiques et parce que le film rend hommage aux bandes dessinées en noir et blanc dont il est tiré. Quelques touches de couleur sont toutefois présentes, comme le rouge (le symbole du sang, de l’amour, de la passion et de l’érotisme), le vert (symbole du hasard et de la liberté), et le jaune (représentant la trahison, la richesse et la haine).

The Artist (2011), film français muet et en noir et blanc, a obtenu plus de 100 récompenses, remportant notamment trois Golden Globes, sept BAFTAs, six César, un Goya et cinq Oscars.

En 2013, Alexander Payne choisit le noir et blanc comme vecteur de son film Nebraska. Ce choix purement esthétique est justifié par le producteur Albert Berger qui le qualifie d'« emblématique »[6]. Il existe du reste une version en couleur, exigée par le distributeur Paramount Vantage pour des sorties postérieures, au sujet de laquelle le cinéaste a émis le souhait qu'elle ne soit « jamais vue par personne »[7].

A contrario, Henri Verneuil s'est félicité de la post-colorisation de plusieurs de ses films, expliquant qu'il les aurait tournés alors en couleurs s'il avait disposé du budget et des moyens techniques[réf. nécessaire].

Télévision[modifier | modifier le code]

Comme pour la photographie et pour les mêmes raisons (technique et maîtrise de rendus) le noir et blanc en télévision précéda, du début des années 1950 au milieu des années 1960, la technologie couleur. On considérait alors comme un défaut l’incapacité du médium à diffuser la couleur. La technologie électronique ne permettait en effet pas alors la transmission d’un signal aussi chargé d’informations. Le kinéscope était le seul moyen de retenir le signal à sa sortie des caméras et de la console de mixage, signal envoyé directement à l’émetteur.

Le magnétoscope fait son apparition dans le dernier tiers du noir et blanc. Peu de documents nous sont parvenus de cette époque et les cinégrammes et bandes magnétoscopiques larges qui restent se détériorent aussi vite que les polymères de leur support. C’est un des défis de la numérisation pour la plupart des administrateurs de fonds d’archives qui tentent de sauver ces témoins de cette période.

On a continué à utiliser par la suite le noir et blanc en vidéographie, en vidéo d’auteur ou d’amateur notamment et comme effet télévisuel, au même titre que des effets de filtres colorisés, ainsi que de saturation et de désaturation qui assurent la transition progressive du noir et blanc à la couleur.

Vision en noir et blanc[modifier | modifier le code]

Deux femmes, une habillée en noir, l'autre en blanc, au temple du clan Chen à Canton.

Les personnes atteintes d'achromatopsie n'ont aucune vision des couleurs. Leur vision provient essentiellement des bâtonnets, alors que les cônes ne fonctionnent pas. Leur vision est donc en nuances de gris. Les photographies en noir et blanc ou le cinéma en noir et blanc donnent une bonne approximation de leur vision.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Bachelier, « Le noir et blanc en numérique. Méthodes et outils de pros », dans : Réponses Photo , n° 291, juin 2016, pp. 22-38.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Ohsawa, Le cancer et la philosophie d'Extrême-Orient, éd. Vrin, Paris, 1991, p. 182 (ISBN 9782711642717)
  2. Un film en couleurs fut toutefois réalisé dès 1913 à l'occasion du mariage de Victoria-Louise de Prusse, fille de l'empereur Guillaume II.
  3. (en) Psycho Voted Best Movie Death - CBS News, 20 mai 2004.
  4. (en) Getting Hitched: Alfred Hitchcock films released on digital video disks - USA Today, juillet 2001.
  5. Dominique Auzel, Alfred Hitchcock, éditions Milan, Toulouse, 1997, p. 47.
  6. (en) Jaci Webb, « Nebraska filming attracts local actors, gawkers », Billings Gazette, nov. 2012.
  7. (en) Maane Khatchatourian, « Alexander Payne Hopes No One Ever Sees Nebraska in Color », sur Variety,‎ nov. 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :