Aller au contenu

Anatole Litvak

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Anatole Litvak
Description de l'image Litvak, Anatole.jpg.
Nom de naissance Anatole Michael Litvak
Surnom Tola
Naissance
Kiev (Ukraine)
Nationalité Polonaise
Américaine
Décès (à 72 ans)
Neuilly-sur-Seine (France)
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur
Films notables Mayerling
La Fosse aux serpents
Anastasia
Aimez-vous Brahms...
La Nuit des généraux

Anatole Litvak est un réalisateur, producteur et scénariste américain d'origine ukrainienne, né le à Kiev (Ukraine) et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).

Débuts et carrière européenne

[modifier | modifier le code]

Anatole Litvak débute très jeune au cinéma en URSS comme acteur, avant de devenir ensemblier, puis assistant-réalisateur, en 1923[1]. En 1925, il réalise son premier film, Tatiana, puis part en Allemagne où il effectue le montage de La Rue sans joie de Georg Wilhelm Pabst (1925). Il poursuit ensuite comme assistant-réalisateur et réalisateur sur plusieurs productions allemandes[1].

D'origine juive, il quitte l'Allemagne au milieu des années 1930 en raison de la montée du nazisme et s'installe en Angleterre puis en France[2], où il se lie d'amitié avec Joseph Kessel. Il adapte un roman de celui-ci en réalisant L'Équipage (1935) avec Charles Vanel, Annabella et Jean-Pierre Aumont[3]. Il collabore également avec Kessel sur Mayerling (1936), un drame sentimental avec Danielle Darrieux et Charles Boyer qui rencontre un grand succès international et lance la carrière de Darrieux[2].

Carrière américaine

[modifier | modifier le code]

En 1936, Litvak s'installe à Hollywood et prend la nationalité américaine[2]. Il débute aux Warner Brothers avec la comédie Cette nuit est notre nuit, adaptée d'une pièce de Jacques Deval, avec Charles Boyer. Il réalise ensuite la comédie policière Le Mystérieux docteur Clitterhouse, dont John Huston est l'un des scénaristes.

En 1939, il signe Les Aveux d'un espion nazi, un des premiers films ouvertement antihitlériens produits aux États-Unis. Le film, inspiré de faits réels, rencontre l'hostilité de sympathisants nazis, qui incendient même une salle de projection.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Litvak collabore avec Frank Capra sur trois des sept films de la série Pourquoi nous combattons (1942‑1945), destinés aux soldats américains[4],[5]. Son premier épisode, Prelude to War (1942), obtient un Oscar du meilleur film documentaire[6].

Succès d'après-guerre

[modifier | modifier le code]

Après la guerre, Litvak réalise The Long Night, remake de Le Jour se lève, suivi de deux de ses films les plus célèbres : Raccrochez, c'est une erreur et La Fosse aux serpents, tous deux succès au box-office.

Dans les années 1950-1960, il explore la quête identitaire, le nazisme et l'Europe dans plusieurs films : Le Traître (1951), Un acte d'amour avec Kirk Douglas et Dany Robin (1953), Anastasia (1956), Le Voyage (1959) et La Nuit des généraux (1967), ce dernier coécrit avec Joseph Kessel[3].

En France, il réalise Aimez-vous Brahms… (1961), Le Couteau dans la plaie (1962) et La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (1970), ce dernier marquant la fin de sa carrière.

Vie privée

[modifier | modifier le code]

Anatole Litvak épouse d'abord l'actrice américaine Miriam Hopkins en 1937, mariage qui prend fin en 1939. Il se remarie ensuite avec le mannequin français Sophie Steur le  ; elle reste sa compagne jusqu'à son décès en 1974 et meurt peu après lui. Anatole Litvak meurt à Neuilly-sur-Seine le [7]. Incinéré, il est inhumé au columbarium du cimetière du Père-Lachaise (division 87, case n° 15 994), derrière une case anonyme.

Filmographie

[modifier | modifier le code]

Réalisateur

[modifier | modifier le code]

Scénariste

[modifier | modifier le code]
  • 1925 : Samii yuni pioner[8] (Самый юный пионер)

Distinctions

[modifier | modifier le code]

Récompenses

[modifier | modifier le code]

Nominations

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b Véronique Doduik, « Le décor et l'art de l'illusion : « Shéhérazade » d'Alexandre Volkoff, une superproduction du cinéma muet », sur La Cinémathèque française, (consulté le ).
  2. a b et c « Lecture Zen - Anatole Litvak », sur Festival Lumière 2022, (consulté le ).
  3. a et b Macha Séry, « « Hollywood, ville mirage » : Joseph Kessel, homme de cinéma », sur Le Monde, (consulté le ).
  4. Jean-Pierre Jeancolas, « Cinéma politique : Hollywood et le front européen », sur Le Monde diplomatique, (consulté le ).
  5. « Pourquoi nous combattons - 1. Prélude à la guerre », sur Film-documentaire (consulté le ).
  6. « Prélude à la guerre (Frank Capra et Anatole Litvak, 1942) », sur La Cinémathèque française (consulté le ).
  7. Source : son extrait de décès no 741/1974 chez Les Gens du Cinéma.
  8. a b et c (en) James Monaco, The Encyclopedia of Film, Perigee Books, , 596 p. (ISBN 9780399516047, lire en ligne).

Liens externes

[modifier | modifier le code]