Alphonse Allais

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Alphonse Allais
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Alphonse Allais vers 1900-1901.

Alias
Sarcisque Francey[1]
Naissance
Honfleur, Calvados, France
Décès (à 51 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Mouvement « Fumisme », Arts Incohérents

Alphonse Allais est un journaliste, écrivain et humoriste français, né le à Honfleur[2] (Calvados) et mort le à Paris.

Célèbre à la Belle Époque, reconnu pour sa plume acerbe et son humour absurde, il est notamment renommé pour ses calembours et ses vers holorimes. Il est parfois considéré comme l'un des plus grands conteurs de langue française[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa maison natale à Honfleur.

Alphonse Allais est le cadet d'une fratrie de cinq enfants, de Charles Auguste Allais (1825-1895), pharmacien, 6, place de la Grande-Fontaine de Honfleur (aujourd'hui place Hamelin[4]) et d'Alphonsine Vivien (1830-1927[5]).

Jusqu'à l'âge de trois ans, il ne prononce pas un mot, sa famille le croyait muet[6]. À l'école, il semble plutôt se destiner à une carrière scientifique : il passe à seize ans son baccalauréat en sciences. Recalé à cause des oraux d'histoire et de géographie, il est finalement reçu l'année suivante. Il devient alors stagiaire dans la pharmacie de son père qui ambitionne pour lui une succession tranquille, mais qui goûte peu ses expériences et ses faux médicaments et l'envoie étudier à Paris. En fait d'études, Alphonse préfère passer son temps aux terrasses des cafés ou dans le jardin du Luxembourg, et ne se présente pas à l'un des examens de l'école de pharmacie. Son père, s'apercevant que les fréquentations extra-estudiantines de son fils ont pris le pas sur ses études, décide de lui couper les vivres.

Pour subsister, Alphonse Allais s'essaye d'abord à la photographie, sur les traces de son ami Charles Cros, mais ne connaît pas le succès. Il décide alors de s'essayer au métier de journaliste, publiant des chroniques loufoques dans diverses revues parisiennes. Avec ses amis du Quartier latin, il fait aussi partie de plusieurs groupes fantaisistes comme « les Fumistes[7], « les Hydropathes » ou « les Hirsutes[8] ».

En 1881, après avoir terminé sans succès ses études de pharmacie[9], il devient collaborateur du journal Le Chat noir, dans lequel il signe pour la première fois en 1883. C'est grâce à ses écrits humoristiques et à ses nouvelles, écrites au jour le jour, qu'il connaît le succès. Il collabore à l'hebdomadaire Le Chat Noir à partir du numéro 4, daté du 4 février 1882, (Feu de paille). En 1886, il devient rédacteur en chef du Chat noir (n°249,16 octobre 1886). Sa dernière chronique dans ce périodique date du 19 août 1893. Il continue à publier chaque jour des contes et d'autres œuvres courtes dans des journaux tels que le Gil Blas ou, à partir de 1892, Le Journal (La première chronique d'Alphonse Allais, Le Perroquet, parait dès le numéro 2,le 29 septembre 1892. La dernière chronique d'Alphonse Allais, La Faillite des centenaires, est parue  le 20 octobre 1905,numéro 4768).

C'est à cette période qu'il sort ses premiers recueils : À se tordre (1891) et Vive la vie ! (1892). Au cœur de la Belle Époque, il devient célèbre et populaire grâce à son écriture légère et à son humour décalé, ses calembours et ses vers holorimes.

Alphonse Allais vers 1899.

En 1895, il se marie avec une jeune femme de vingt-six ans, Marguerite Marie Gouzée, fille d'un brasseur d'Anvers. En 1899, il devient rédacteur en chef d'un journal humoristique, Le Sourire, créé en août 1899 par Maurice Méry, pour rivaliser avec Le Rire. Il continue aussi à publier des recueils : Ne nous frappons pas sort en 1900 et Le Captain Cap, personnage qui incarne le goût de l'absurde caractéristique d'Alphonse Allais, paraît en 1902. Mais derrière son écriture légère et son style narquois, on sent dans les écrits d'Allais une sorte de déception ; ses critiques des militaires, des politiques et des curés sont toujours empreintes d'un certain pessimisme.

Il meurt frappé d'une embolie pulmonaire, consécutive à une phlébite. Une version des événements précédant immédiatement sa mort[4],[10] affirme que son médecin lui aurait ordonné de rester au lit pendant six mois, qu'Allais aurait négligé cette recommandation, qu’il se serait rendu au café, comme tous les jours et, qu'à un ami qui le raccompagnait à son domicile, où il habitait en l'absence de sa femme, il aurait fait cette dernière plaisanterie : « Demain je serai mort ! Vous trouvez ça drôle, mais moi je ne ris pas. Demain, je serai mort ! ». Cette histoire, racontée par Léon Treich dans L’Esprit français, et selon Anatole Jakovsky répandue par «  un journaliste mal informé devant le micro de Radio Luxembourg », semble cependant fortement contredite par une lettre d’Alphonse Allais à sa mère du 23 octobre 1905, dans laquelle il lui apprend qu’à la suite d’une phlébite il vient effectivement de passer « 40 jours sur le dos, sans même pouvoir travailler », obéissant ainsi scrupuleusement à son médecin Bélin, et qu’il est maintenant en conséquence « mince comme un roseau et frais comme une rose »[11].

Quoi qu’il en soit, il meurt le 28 octobre à 9h15 à l'Hôtel Britannia, 24, rue d'Amsterdam. Il est enterré au cimetière parisien de Saint-Ouen. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1944, une bombe de la Royal Air Force pulvérise sa tombe. Ses cendres « virtuelles » sont transférées à Montmartre en 2005.

Il reste de lui l'image d'un homme à l'humour acide et un spécialiste de la théorie de l'absurde, mais il est aussi l'auteur, moins connu, de travaux scientifiques : recherches sur la photographie couleur, dépôt d'un brevet pour le café lyophilisé, travaux très poussés sur la synthèse du caoutchouc. C'est en effet Alphonse Allais, qui a découvert, dès 1881, le café soluble lyophilisé dont il a déposé le brevet le 7 mars 1881 sous le numéro no 141520[12], bien avant donc que Nestlé, grâce à son chimiste alimentaire Max Morgenthaler (de), le reprenne en 1935 et lance le Nescafé[13].

L'univers d'Alphonse Allais[modifier | modifier le code]

Affiche de la campagne électorale pour l'élection législative du 20 août 1893 d'Albert Caperon, dit « Captain Cap ». Alphonse Allais faisait partie de la liste électorale.

L'écrivain[modifier | modifier le code]

Poète autant qu'humoriste, Alphonse Allais a cultivé entre autres le poème holorime, c'est-à-dire constitué de vers entièrement homophones. Ainsi par exemple

Par les bois du djinn où s'entasse de l'effroi,
Parle et bois du gin, ou cent tasses de lait froid.

ou encore

Alphonse Allais de l'âme erre et se f… à l'eau.
Ah ! l'fond salé de la mer ! Hé ! Ce fou ! Hallo.

Il pratique à l'occasion le double sens :

Ah ! Vois au pont du Loing : de là vogue en mer Dante.
Hâve oiseau pondu loin de la vogue ennuyeuse.

suivi du commentaire de bas de page :

« La rime n'est pas très riche, mais j'aime mieux cela que de sombrer dans la trivialité. »

Alphonse Allais précise par ailleurs, dans un texte qu'il date « Fantasio, 15 août 1906 », qu'il a « l’honneur d’être l’auteur » du vers néo-alexandrin, qui

« se distingue de l’ancien en ce que, au lieu d’être à la fin, la rime se trouve au commencement. (C’est bien son tour). Ce nouveau vers doit se composer d’une moyenne de douze pieds; je dis une moyenne parce qu’il n’est pas nécessaire que chaque vers ait personnellement douze pieds. L’important est qu’à la fin du poème, le lecteur trouve son compte exact de pieds, sans quoi l’auteur s’exposerait à des réclamations, des criailleries parfaitement légitimes, nous en convenons, mais fort pénibles[14]. »

La mystification peut s'étendre à la dimension d'une nouvelle entière, comme l'a montré Umberto Eco dans son étude Lector in fabula, qui analyse la nouvelle d'Allais intitulée Un drame bien parisien.

Son art de « tirer à la ligne » était proverbial. Il est vrai qu'il faisait même cela avec esprit : « … On étouffe ici ! Permettez que j’ouvre une parenthèse. »

Quelques personnages reviennent de façon récurrente dans le monde d'Alphonse Allais. Le Captain Cap, de son vrai nom Albert Caperon, est un personnage qui a son franc-parler et affirme : « La bureaucratie, c'est comme les microbes : on ne parlemente pas avec les microbes. On les tue ! » Son apparition est prétexte à fournir des recettes de cocktails.

Francisque Sarcey, critique théâtral du journal le Temps et personnification du « gros bon sens » bourgeois, est souvent cité dans les contextes les plus loufoques. La « victime » ne s'en formalisait pas, et se réjouissait même d'être imitée — Allais signait volontiers de son nom, ou de celui de « Sarcisque Francey » — par un écrivain aussi spirituel. Un autre auteur lui ayant emprunté le procédé, Allais tint à mettre les choses au point : « Deux personnes seulement à Paris ont le droit de signer Francisque Sarcey : moi-même d'abord, et Francisque Sarcey ensuite. »

Dans plusieurs nouvelles, Alphonse Allais ridiculise, sous couvert de les louer, les thèses de l'économiste Paul Leroy-Beaulieu, adepte du protectionnisme[15].

Il ne se prive pas de mettre en scène François Coppée, Paul Déroulède et d'autres gloires de la Belle Époque.

Un maître de la science-fiction pour rire[modifier | modifier le code]

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La Belle Époque est aussi celle de Jules Verne, des avancées scientifiques, du progrès technique, et de son exploitation économique par un capitalisme encore incertain.

Alphonse Allais, que le démon de l'invention habite, tout comme son ami Charles Cros, a, dans nombre de ses nouvelles, créé des inventions absurdes, délirantes, avec un imperturbable sérieux et un ton enthousiaste qui parodie le journalisme scientifique et technique des dernières années du XIXe siècle. En voici un petit échantillon :

  • La tour Eiffel et l'eau ferrugineuse. Jugée hideuse par nombre d'écrivains et d'intellectuels, des pétitions circulent pour exiger sa démolition : Alphonse Allais, par la voix du Captain Cap (son vieux complice Albert Caperon) propose de la revêtir de céramique étanche, puis de la retourner pointe en bas, tel un immense gobelet. Une fois remplie d'eau de pluie, le fer de la structure se dissoudra peu à peu, ce qui permettra de fortifier la population de Paris avec de l'eau ferrugineuse[16].
  • Le lien fixe sur la Manche. Les projets de franchissement du pas de Calais foisonnent dans les journaux, on discute des mérites respectifs du pont ou du tunnel (qu'on a même commencé à creuser vers 1875). Des sociétés, plus ou moins sérieuses ont tenté de lever des capitaux en bourse. Allais (à qui rien de ce qui était anglo-américain — et surtout pas les cocktails — n'était étranger) propose de réaliser un pont flottant sur des pontons réalisés en vieilles boîtes de sardines, car les restes d'huile adhérant aux boîtes permettront de garantir la sécurité de l'ouvrage en aplanissant les pires tempêtes par la technique du filage de l'huile, bien connue des marins.
  • La société d'exploitation du Meat-Land. Allais imagine la découverte d'une vallée perdue au cœur du Canada, où un accident géologique combiné à des incendies de forêt a créé une mine de viande d'antilopes, de cerfs, de lapins, etc., cuits à l'étouffée, parfumés par du thym et des herbes aromatiques qui poussaient là et protégés par leur propre graisse qui a figé en surface, comme dans un gigantesque pot de rillettes. Parodiant la littérature financière de l'époque, il propose l'exploitation de cette carrière de viande en conserve naturelle via une société par actions[17] .
  • La belle-mère explosible[18]. À cette époque belliqueuse où le service des poudres recherche sans relâche des explosifs de plus en plus performants comme la mélinite (avec des drames comme celui de l'explosion du cuirassé Liberté à Toulon), Alphonse Allais publie une lettre de confession émanant soi-disant d'un célèbre chimiste, membre de l'Académie des sciences (on peut penser à Marcellin Berthelot) affligé d'une belle-mère insupportable par ailleurs adepte des vêtements d'été en coton blanc et des siestes au soleil. Il subtilise ses vêtements à l'occasion d'une lessive et leur fait subir l'opération chimique qui transforme le paisible coton en terrible fulmicoton. Il ne lui reste plus qu'à se munir d'une forte loupe et à concentrer, tel Archimède au siège de Syracuse, les rayons du soleil sur sa détestée belle-mère qui se prélasse au soleil, et à déclencher le feu d'artifice mortel qui lui apportera le bonheur conjugal[19].
  • Une invention patriotique, le fusil à aiguille. Alors que la revanche de la guerre de 1870 est dans toutes les têtes et que Paul Déroulède (une des têtes de Turc favorites d'Alphonse Allais) exhorte à garder les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges, Allais (ou plutôt son double, le lieutenant de chasseurs Alpins Élie Coïdal) propose sa modeste contribution au futur effort de guerre : un fusil qui tire une aiguille au lieu d'une balle. Le chas de l'aiguille est au milieu et un fil de soie et d'acier se déroule derrière : le tireur peut ainsi transpercer une escouade entière de Prussiens (bien connus pour marcher en ligne dans un ordre impeccable). Une fois transpercé le dernier Prussien, l'aiguille se met en travers, ce qui permet au brave soldat français de remorquer la troupe entière, dûment empaquetée et ficelée, vers un camp de prisonniers, sans trop se compliquer la vie[20].

Les inventions guerrières d'Allais — il y en a d'autres et des plus loufoques encore — sont en général commentées et approuvées (ou pas) par le général Poiloüe de Sainte Bellone, fine allusion d'Alphonse Allais au véritable Léon de Poilloüe de Saint Mars, historique inventeur de la cuisine roulante et autre tête de Turc récurrente d'Alphonse Allais.

Autres formes d'art[modifier | modifier le code]

Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige (1883).
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Image illustrative de l'article Alphonse Allais
Marche funèbre composée pour les funérailles d'un grand homme sourd.
Une page de composition vierge, parce que « les grandes douleurs sont muettes ».
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  • Alphonse Allais est l'auteur de certaines des premières peintures monochromes : inspiré par le tableau entièrement noir de son ami Paul Bilhaud, intitulé Combat de nègres dans un tunnel, présenté en 1882 au salon des Arts incohérents (qu'il reproduira avec un titre légèrement différent), il présente aux éditions suivantes de ce Salon ses monochromes, dont par exemple Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge (1884), ou encore Première communion de jeunes filles chlorotiques par temps de neige (1883), qui précèdent d'une génération le Carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malevitch.
  • Il est aussi, bien avant John Cage ou Erwin Schulhoff, mais sans jamais se prendre au sérieux, l'auteur de la première composition musicale minimaliste : sa Marche funèbre composée pour les funérailles d'un grand homme sourd, est une page de composition vierge, parce que « les grandes douleurs sont muettes ».

Publications[modifier | modifier le code]

Oeuvres anthumes

  • La Nuit blanche d’un hussard rouge,.Monologue dit par Coquelin-Cadet de la Comédie française.Paris, Paul Ollendorff , 1887. In-16, 35 p., fig., pl., couv. ill.Quatorze dessins de Caran d'Ache.Paru dans Le Chat Noir, numéro 261,daté du 8 janvier 1887. Une première version de ce texte a été publiée dans La Cravache (1879-1880) de Montpellier, sous le titre : Un cuirassier qui découche.
  • Une idée lumineuse.Monologue comique dit par Coquelin Cadet, de la Comédie française.Paris.Paul Ollendorff, 1888, 16p. Couverture en couleurs illustrée par Georges Auriol.Paru dans le Chat noir, Numéro 306, 19 novembre 1887,sous le titre "Un inventeur."
  • À se tordre, histoires chatnoiresques, oeuvres anthumes,Paris, Paul Ollendorff, 1891, 303p.Choix de 45 chroniques inédites parues de 1885 à janvier 1891.Nombreuses rééditions.
  • Vive la vie !, Paris, Librairie Marpon et Flammarion, 1892, 290p.Collection Les Auteurs Gais. Choix de 29 chroniques inédites parus dans Le Chat Noir. Réédition Le Chat Rouge, 2014,210p.
  • Pas de bile !, Paris, Flammarion, 1893
  • Le Parapluie de l'escouade, Paris, Ollendorff, 1893,210p.
  • Rose et Vert Pomme, Paris, Ollendorff, 1894
  • Deux et deux font cinq, Paris, Ollendorff, 1895
  • On n'est pas des bœufs, Paris, Ollendorff, 1896
  • Le Bec en l'air, Paris, Ollendorff, 1897
  • Amours, délices et orgues, Paris, Ollendorff, 1898
  • Pour cause de fin de bail, Paris, éd. de la Revue blanche, 1899
  • L'Affaire Blaireau, 1899
  • Ne nous frappons pas, Paris, éd. de la Revue blanche, 1900
  • Le Captain Cap, Paris, Juven, 1902

Oeuvres posthumes

  • À l'œil (œuvre posthume), 1921
  • La Vie drôle, Paris, éd. Fournier, 1946 (Bois originaux par Charles-Jean Hallo, 37 chroniques choisies et préfacées par Sacha Guitry).
  • Les Templiers, Aux Quatre Vents, 1947. 45 contes choisis et présentés par André Frédérique. Collection Les Maîtres de l'humour ; 1.
  • Cinquante Cinq Contes d’Alphonse Allais, Club des libraires de France, 1954, ("rassemblés et précédés d’une préface bio-bibliographique par Anatole Jakovsky suivis de 7 lettres inédites et de poèmes illustrés à l’aide de 57 gravures extraites d’un traité de science amusante et d’une affiche électorale du Captain Cap").
  • François Caradec a publié, de 1964 à 1970, les Œuvres Complètes d'Alphonse Allais, en 11 volumes, à La Table Ronde : Œuvres Anthumes pour les trois premiers tomes, Œuvres Posthumes pour les huit autres. Les Œuvres Anthumes comprennent donc (l'expression est d'Allais lui-même) les recueils publiés du vivant de l'auteur, d'À se trordre au Captain Cap. Pour les Œuvres Posthumes, Caradec a procédé chronologiquement et revue (ou journal) par revue.
  • Le Livre de Poche a publié trois anthologies illustrées par Siné, Allais…grement (1965, 82 contes et poèmes, présentation et choix de Claude Sohalat.), À la une !, (1966, 43 contes, présentation et choix de Claude Sohalat.), Plaisir d'humour (1966 40 contes, présentation et choix de André Frédérique).
  • François Caradec a réédité l'ensemble des Œuvres Anthumes en un volume, paru en 1989, dans la collection Bouquins, de Robert Laffont. Il a récidivé en 1996, même éditeur même collection, pour les Œuvres Posthumes, en un volume, non plus pour une intégrale, mais pour une anthologie, présentée par ordre chronologique.

Il nomme un de ses ouvrages Le Parapluie de l'escouade pour deux raisons : « 1° Il n'[y] est sujet de parapluie d'aucune espèce ; 2° La question si importante de l'escouade, considérée comme unité de combat, n'y est même pas effleurée. » Boris Vian retiendra l'idée pour son titre L'Automne à Pékin. Quelques lecteurs grincheux ayant protesté, Allais intitula son volume Pour cause de fin de bail en justifiant l'opportunité du titre par le fait que « son bailleur lui signifiait son congé à la fin du mois ».

Postérité[modifier | modifier le code]

Académie Alphonse Allais, Association des Amis d’Alphonse Allais, Institut Alphonse Allais[modifier | modifier le code]

L'académie est née en 1934, à l'initiative de Jehan Soudan de Pierrefitte[21], ami d'Alphonse Allais[22]. Vingt ans plus tard, à l'occasion du centenaire de la naissance d’Alphonse Allais en 1954[23], Henri Jeanson en reprendra le flambeau. Elle compte 75 personnalités du monde de l'art et de la culture[24]. Elle est présidée par une Grande Chancellerie composée de trois membres : le Grand Chancelier, le Camerlingue et le Garde du Sceau, détenteur de la Comète de Allais[25]. L'Académie Alphonse Allais décerne et remet le prix Alphonse-Allais.

Le siège social de l'Association des Amis d’Alphonse Allais (AAAA) est sis au cabaret La Crémaillère 1900, 15, place du Tertre, à Montmartre. Ses membres se sont réunis chaque premier dimanche du mois, en 2010 et 2011, au théâtre du Petit Hébertot à Paris où ils tinrent en public leurs séances dites « du dictionnaire ». Ce Dictionnaire ouvert jusqu'à 22 heures a été publié en novembre 2011 aux éditions Le Cherche midi, et réédité en 2013 dans la collection « Points » des Éditions du Seuil. L'association publie une "lettre confidentielle", L'Allaisienne[26] (Numéro 1, mars 2005-Numéro 40, mai 2017).

L'Institut Alphonse Allais, association loi de 1901, créée en 2015, a pour but de « promouvoir la mémoire, l’esprit et l’œuvre d’Alphonse Allais, de concevoir et d’organiser des manifestations publiques ou privées pour développer l’humour hérité du maître »[27].

Références à Allais[modifier | modifier le code]

Musée Alphonse-Allais à Honfleur[modifier | modifier le code]

Des visites gratuites du Petit Musée d'Alphonse (laboratoire des potards Allais) ont lieu au 2e étage de la pharmacie du Passocéan de Honfleur, lieu de naissance d'Alphonse Allais. C'est le plus petit musée du monde, dont le conservateur-guide officiel-homme d'entretien (CGHE) est Jean-Yves Loriot[30].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir Francisque Sarcey.
  2. Alphonse Allais et Erik Satie sont nés à quelques mètres de distance, dans la même rue d'Honfleur. Ils se sont rencontrés au cabaret parisien Le Chat noir, à Montmartre. Alphonse Allais avait surnommé le musicien « Ésotérik » Satie.
  3. François Caradec, « Avant-propos », in Alphonse Allais, Œuvres anthumes, Robert Laffont, « Bouquins », p. 10
  4. a et b Universalis.fr.
  5. Anatole Jakovsky, Alphonse Allais. « Le tueur à gags », Les Quatre Jeudis, , p. 9.
  6. Alphonse Allais, Œuvres complètes. Œuvres anthumes, édition de François Caradec et Pascal Pia, La Table ronde, 1981, p. XVI.
  7. Émile Goudeau », pour désigner ces manifestations de l'esprit « fin de siècle », invente le terme « fumisme » : « Fumisme : le rire jaune du Chat noir ».
  8. Anatole Jakovsky, Alphonse Allais: "le tueur à gags", Les Quatre Jeudis, , p. 52-56.
  9. La Gazette, bulletin de la Société d'histoire de la pharmacie, année 1913, vol. 1, no 6, p. 100 : « Allais ne fut jamais reçu pharmacien ».
  10. Tout sur tout. Le dictionnaire de l'insolite et du sourire, éditions France Loisirs, 1986, 191 p.
  11. Cinquante Cinq Contes d’Alphonse Allais, p. 26-28.
  12. Dominique Bougerie, Honfleur et les Honfleurais. Cinq siècles d'histoires, Éd. Marie, 2002, p. 138.
  13. Allais inventeur sur Le Parti du Sourire.
  14. Cinquante Cinq Contes d’Alphonse Allais, « Prosodie nouveau jeu », p. 281.
  15. Alphonse Allais, D'Alphonse à Allais. Ses facéties et mystifications, Place des éditeurs, « Paul Leroy-Beaulieu », (ISBN 9782258113978).
  16. « Utilisation de la tour Eiffel pour 1900 », sur Short Édition, (consulté le 13 mai 2016).
  17. « Le Captain Cap/II/3 - Wikisource », sur fr.wikisource.org (consulté le 13 mai 2016).
  18. Le Journal, 17 décembre 1899.
  19. « sciencia liberatrix ou la belle-mère explosible », sur wikisource.
  20. « révolution dans la mousqueterie française », sur wikisource.
  21. http://www.remydegourmont.org/rg/necrologies/pierrefitte.htm
  22. Ouest-France, 29.03.2013 Claude Lelouch invité chez Alphonse Allais.
  23. Henri Bonnemain À propos du centenaire d'Alphonse Allais, Revue d'histoire de la pharmacie, 1955, vol. 43, no 144, sur le site Persee.fr.
  24. https://actu.fr/loisirs-culture/honfleur-intronisations-a-lacademie-alphonse-allais_2115290.html
  25. http://www.boiteallais.fr/wp-content/uploads/2014/03/ALLAISIENNE-N%C2%B031.pdf
  26. L'Allaisienne, la lettre confidentielle de l'Association des amis d'Alphonse Allais et de l'Académie Alphonse Allais.
  27. http://www.net1901.org/association/INSTITUT-ALPHONSE-ALLAIS,1437178.html
  28. « Patriotisme économique (lettre à Paul Déroulède) », Deux et deux font cinq, in Œuvres anthumes, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1989, p. 521.
  29. « La Marée à Paris », in Œuvres posthumes, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1990, p. 883.
  30. Le laboratoire Alphonse Allais, office de tourisme de Honfleur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • D'Alphonse à Allais, Ses facéties et mystifications, anthologie tricotée et présentée par Jean-Pierre Delaune, Bibliomnibus, 2014.
  • François Caradec, Alphonse Allais, Belfond Paris, 1997.
  • Jean-Pierre Delaune, On ne badine pas avec l'humour d'Allais, préface de Roselyne Bachelot-Narquin, Omnibus, 2016.
  • Claude Gagnière, Pour tout l'or des mots, Robert Laffont (ISBN 2-221-08255-9).
  • Benoît Noël, « Alphonse Allais et l’absinthe à cinq galons », dans Le Pays d’Auge, no 6, novembre-décembre 2004.
  • Jeanne Leroy-Allais, Alphonse Allais, souvenirs d'enfance et de jeunesse, Ernest Flammarion, 1913.
  • Jean-Yves Loriot, Le Génie du pote Allais, Montreuil-l'Argillé, Éditions Pierann, 2002. Illustrations de Piboi (les principales inventions insolites d'Alphonse Allais).
  • Piboi, (Pierre Boiteau) Allais mystères et boules de gomme, Honfleur, Imprimerie Marie, 2005, 288p. (aCCFr), (textes d'Alphonse Allais commentés et illustrés par Piboi, avec une préface de l'artiste Eva Aeppli).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Textes en ligne[modifier | modifier le code]