Jeu des petits chevaux

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Jeu des petits chevaux
jeu de société
Description de cette image, également commentée ci-après
une fabrication artisanale
Ce jeu appartient au domaine public
Date de 1re édition 1936
Durée annoncée

env. 30 min.

De
habileté
physique

 Non
 réflexion
décision

 Oui
générateur
de hasard

 Oui
info. compl.
et parfaite

 Oui

Le jeu des petits chevaux consiste à déplacer plusieurs pions (chevaux) par joueur, et à les emmener sur la partie réservée à leur couleur. Le premier qui arrive sur la dernière case, triangulaire, a gagné.

Règle du jeu[modifier | modifier le code]

Deux à quatre joueurs disposent chacun d'un ou plusieurs pions-chevaux, et jouent en lançant un dé à tour de rôle. Un joueur doit d'abord réaliser un 6 avec le dé pour pouvoir sortir un cheval de son écurie. Il doit ensuite lui faire parcourir toutes les cases situées à la périphérie du plateau, en le faisant avancer d'un nombre de cases égal au résultat du dé. Les pions sont avancés dans le sens des aiguilles d'une montre[1].

Il existe différents cas particuliers. Ainsi, lorsqu'un cheval arrive sur une case occupée par un concurrent, il le renvoie dans son écurie (le départ)[2]. Par contre, si le joueur arrive sur une case occupée par un autre cheval de sa couleur, il arrête son pion juste derrière. Enfin, un 6 obtenu sur le dé permet de rejouer.

Après que son pion ait fait le tour du plateau, le joueur doit faire le chiffre exact sur le dé de sorte à ce qu'il s'arrête devant son escalier. Par exemple, si le pion-cheval est situé à trois cases du bas de l'escalier, le joueur doit obtenir un 3 sur son dé pour emmener son pion en bas de l'escalier. Si le chiffre est trop grand, il avance son pion jusqu’à la case du bas de l'escalier, puis le recule du nombre de cases correspondant à la différence entre le chiffre à faire et le chiffre fait ; en reprenant l'exemple : si le joueur obtient 4 avec le dé, il avancera le pion de trois cases, puis le reculera d'une case.

Une fois que le pion d'un joueur se trouve dans la case située devant l'escalier de sa couleur, il doit remonter marche par marche jusqu'au centre du jeu. Pour cela, le joueur doit obtenir à chaque fois le chiffre exact inscrit dans la case, et un 6 pour arriver à la coupe.

La victoire est remportée par le premier joueur qui arrive à amener, selon les variantes[2],[3], un ou plusieurs de ses pions-chevaux à la coupe.

Chaque joueur est libre de faire sortir le nombre de chevaux qu'il désire, mais il ne peut déplacer qu'un seul cheval par tour.

Historique[modifier | modifier le code]

Plusieurs jeux se ressemblent beaucoup : le Pachisi (indien), le Parcheesi (version sous marque du Pachisi), le patolli (méso-américain), le Ludo et le jeu des petits chevaux. Tous ont un tablier en forme de croix.

Le yunnori coréen, d'origine chinoise, nommé « siwei xi » (四维戏, sì wéi xì) sous la dynastie Han (-206220), a des règles similaires ; les pions sont également appelés chevaux, mais la forme du tablier est différente.

La filiation entre ces différents jeux est attestée par de nombreux historiens. Le Pachisi indien aurait été introduit aux États-Unis au milieu du XIXe siècle devenant le Parcheesi. Le Ludo est apparu en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle. Il est inspiré du Pachisi, du Parcheesi ou des deux.

Le jeu des petits chevaux, probablement apparu autour de 1936 en France, est une variante de ces jeux pratiqués aux États-Unis et en Europe autour des années 1900. Il se différencie par l'utilisation de pions-chevaux et par une règle originale d'arrivée des pions. Il n'existe pas de refuge comme chez ses prédécesseurs.

Voir ci-dessous, un extrait de la publication Les jeux de pions à la Belle Époque dans Board Games Studies no 7 (Michel Boutin, 2005) :

« À la Belle Époque, les Français jouaient, probablement sans le savoir à un jeu britannique (Ludo), à une variante française issue du Ludo (Jeu de l'Eden), à une variante allemande également issue du Ludo, T'en fais pas, qui est la version française d'un jeu très populaire en Allemagne : Mensch ärgere dich nicht, ainsi qu'à une édition singulière et simplifiée du Parcheesi américain (appelé "Parcheesi, ou Jeu de l'Eden" par Watilliaux).

En dehors du Ludo (peu pratiqué en France), le Parcheesi (version française éditée par Watilliaux) et le Jeu de l'Eden n'ont pas survécu à la disparition de leurs éditeurs bien qu'une nouvelle variante du Ludo soit commercialisée dans les années 1930 sous le nom de La course aux couleurs.

Cependant, tous les enfants connaissent un jeu voisin, Les petits chevaux, dont la principale caractéristique est la numérotation des cases des quatre rangées qui conduisent les pions vers le centre. L'utilisation de ces cases numérotées conduit à des règles différentes selon les éditeurs et les époques.

En tout cas, les jeux de ce type sont apparus dans les catalogues des Grands Magasins et dans ceux de Manufrance à la fin des années 1930, aux côtés de La course aux couleurs, sous différentes appellations : "Petits chevaux", "Dadas", "Jeu des trotteurs", etc.

Le passage de pions neutres aux pions-chevaux pourrait dater des années 1910 puisque dans un ouvrage, édité en 1996 par le musée du jouet de Malines (Belgique), on peut voir une illustration d'un jeu (Horse gama) où le tablier est un Ludo mais les pions sont des chevaux. »

Ce jeu est mentionné le dans une demande adressée par le marquis de Puybaudet au ministre de l'Intérieur pour l'ouverture du casino d'Alvignac « où l'on pourra jouer aux petits chevaux, à l'écarté ou au Baccara »[4].

tablier.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://brainking.com/fr/GameRules?tp=78
  2. a et b « Règle petits chevaux - Règles jeu des petits chevaux », sur Regles de jeux / Toutes vos règles de jeux de société et de cartes : Monopoly, Trivial Pursuit, Uno, 1000 Bornes, (consulté le 1er septembre 2020).
  3. « Petits Chevaux : Règle du Jeu », sur Règle du jeu (consulté le 7 septembre 2020)
  4. Gilles Fau, « Faites vos jeux !... Les jeux sont faits !... », Bulletin de l'Association RACINES, no 1,‎ , p. 23-31