Studio Harcourt

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Le studio Harcourt est un studio photographique fondé en 1934 à Paris par la photographe Germaine Hirschfeld (dite Cosette Harcourt), Robert Ricci et les frères Jacques et Jean Lacroix. Il est particulièrement connu pour ses portraits en noir et blanc de stars de cinéma et de personnalités, ainsi que d'anonymes.

Situé au 6 rue de Lota dans le 16e arrondissement de Paris, il est détenteur du label « entreprise du patrimoine vivant » pour son savoir-faire artisanal et industriel d’excellence[1], au même titre que Baccarat, Boucheron, Chanel, Hermès, le Plaza Athénée ou les chantiers navals de Cassis, Marseille et Sanary-sur-Mer.

Historique[modifier | modifier le code]

L'histoire du studio est rythmée par une succession de déménagements. Après avoir été rue Christophe-Colomb, puis avenue d'Iéna, rue de la Paix, rue Royale, rue des Acacias, rue de Lisbonne et rue Jean-Goujon, il est installé depuis juin 2016 dans un hôtel particulier de 1 000 m² près de la porte Dauphine.

La création[modifier | modifier le code]

Le studio de photographie Harcourt est le résultat de l'association de Jacques et Jean Lacroix, hommes de presse, Robert Ricci (fils de la couturière Nina Ricci) et de Germaine Hirschfeld alias Cosette Harcourt (1900-1976)[2], une photographe ayant travaillé dans le studio des frères Manuel. Initialement installé au 11 bis rue Christophe-Colomb dans le 8e, cet « atelier de portraits d’art » réalise des images pour la presse d'où sont issus ses bailleurs de fonds, à une époque où de prestigieux studios de photo comme celui de Reutlinger ferment, faute de clients[3]. Pour prospérer, le studio se spécialise, grâce au carnet d'adresses de Cosette Harcourt, dans la photographie en noir et blanc des personnalités parisiennes et françaises du cinéma et du milieu de la culture[3], réalisant des tirages 24 × 30 cm reconnaissables dans leur style et mise en lumière. Le studio doit alors beaucoup au photographe de cinéma Raymond Voinquel.

Avec la Seconde Guerre mondiale, Cosette Harcourt, qui est d'origine juive, épouse l'un des frères Lacroix[3]. Ensemble, ils créent un magazine, intitulé Vedettes, pour servir de débouché aux photos du studio. Sous l'Occupation, les officiers allemands et des personnalités du régime de Vichy fréquentent les studios, tout comme les Américains à la Libération[3]. Le couple divorce en 1945.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, le studio Harcourt retrouve son activité auprès des vedettes du cinéma et du théâtre. Le siège du 49 avenue d'Iéna, que le studio occupait depuis 1938, est vendu en 1968. Cosette Harcourt meurt en 1976. Le studio s'installe au 8 rue de la Paix en 1980, puis au 10 rue Royale en 1986.

Sous l'impulsion de Jack Lang, le ministère de la Culture achète alors le fonds de photos du studio en 1986, composé de 5 millions de négatifs allant de 1934 à 1991 représentant plus de 500 000 personnes dont 1 500 personnalités[4] ; ce compte est diffusé par la Réunion des musées nationaux[2]. Il est actuellement administré par la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine et conservé au fort de Saint-Cyr (Montigny-le-Bretonneux)[5].

En juin 2010, la direction du studio décide de placer une partie de son fonds (postérieur à 1991) sur Wikimedia Commons sous licence libre[6],[7].

Le studio Harcourt[modifier | modifier le code]

Les photographes[modifier | modifier le code]

Depuis sa création, près de cent cinquante photographes ont réalisé les prises de vue du studio [8], parmi lesquels Raymond Voinquel, Jacques Vauclair, Jean-Daniel Lorieux, Thierry Bouëtetc.

Le style[modifier | modifier le code]

Le style Harcourt se caractérise par une photo rapprochée du sujet pris sous son meilleur angle, souvent de trois-quart et/ou en contre-plongée, éclairé par une lumière de projecteurs de cinéma généralement latérale ou en halo créant un clair-obscur, sur un fond gris-noir.

Les cabines-studios[modifier | modifier le code]

Ce sont des cabines automatiques de prise du vue délivrant des portraits réalisés en lumière continue signés « H » dans un format carte postale au prix de 10 €[réf. nécessaire].

Une stratégie de partenariat[modifier | modifier le code]

Le studio Harcourt mène depuis longtemps une stratégie de partenariat tous azimuts avec, par exemple :

  • le lancement des cabines-studios siglées H, dont certaines pour animaux domestiques, avec RP Solutions ;
  • un partenariat exclusif avec le traiteur Dalloyau comprenant réceptions au sein de l'hôtel particulier de la rue de Lota[9] et opérations ponctuelles comme la « galette studio Harcourt » pour l'épiphanie 2016.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Studio Harcourt Paris sur le site patrimoine-vivant.com.
  2. a et b Éric Biétry-Rivierre, « Harcourt, soixante-quinze ans de classicisme », Le Figaro, 10 septembre 2009.
  3. a, b, c et d Françoise Denoyelle, op. cit., citée par Claire Guillot dans « Sous le glamour, le côté obscur du studio Harcourt », Le Monde, 8 novembre 2009 (lire en ligne, p. 6).
  4. Selon le site officiel[réf. insuffisante]. La notice de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine indique quant à elle 4 millions de négatifs pour la période 1934-1979.
  5. « Archives photographiques : Présentation » sur le site de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.
  6. « Le studio Harcourt met en ligne ses prestigieux portraits », Le Monde, 25 juin 2010.
  7. Thierry Noisette, « Le studio Harcourt publie des portraits sous licence libre dans Wikipédia », ZDNet.fr, 17 juin 2010.
  8. Entretien personnel avec Francis Dagnan, 12 avril 2016[réf. insuffisante].
  9. Site de Dalloyau.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(Par ordre chronologique.)

  • Claude Khodoss, Hegel : Esthétique (1835), Presses universitaires de France, 1953
  • Roland Barthes, Mythologies (1954-1956), éditions du Seuil, 1957
  • Dominique Baqué, Françoise Denoyelle, Studio Harcourt : Cinquante ans de mythes étoilés, La Manufacture, 1991
  • André Giovanni, Ulysse ou le Bonheur retrouvé, éditions du Rocher, 1993
  • Alain Bergala, Clin d’œil, éditions VM, 1995
  • Pierre Bonhomme, Christophe Berthoud, Françoise Dentelle, Raymond Voinquel : Les Acteurs du rêve, éditons du Patrimoine / Le Seuil, Paris, 1997
  • Dominique Baqué, « De Disdéri à Harcourt, une même mascarade : celle des faux visages dictés par l’idéologie dominante », Visages : Du masque grec à la greffe du visage, Regard, 2007, pp. 49-64
  • Jean-Daniel Lorieux, Confidences d’un voleur d’instants, Michel Lafon, 2008
  • Gilles Vauclair, Studio Vauclair, Filigranes Éditions, 2008
  • Françoise Denoyelle, Studio Harcourt : 1934-2009, éditions Nicolas Chaudun, , 192 p. (ISBN 978-2-35039-081-9)
  • L'Art du portrait selon Harcourt Studio, Paris, Pearson, 2010
  • François Forestier, Stars by Studio Harcourt : Le Cinéma français, éditions Democratic Books, 2011
  • Françoise Denoyelle, Studio Harcourt, Nicolas Chaudin, 2012
  • Pierre-Anthony Allard et Vivianne Perret, Mes années Harcourt, Le Passeur, 2013
  • Dominique Besnehard, Harcourt Paris, le mythe, éditions de la Martinière, 2014

Documentation[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]