Henri de Toulouse-Lautrec

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Henri de
Toulouse-Lautrec
Photolautrec.jpg

En 1894, photo de Paul Sescau.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa
Nationalité
Activité
Formation
Lieu de travail
Mouvement
Influencé par
Œuvres réputées
Toulouse-Lautrec monogram.svg

signature

Henri de Toulouse-Lautrec, né Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa le à Albi et mort le , au château Malromé à Saint-André-du-Bois, est un peintre, dessinateur, lithographe et illustrateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Henri de Toulouse-Lautrec, fils du comte Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa (1838-1913) et d'Adèle Tapié de Celeyran (1841-1930), est né dans l'une des plus vieilles familles nobles de France, descendant en effet en droite ligne des comtes de Toulouse, qui furent jusqu'au XIIIe siècle parmi les plus puissants féodaux du royaume. Cependant, cette branche cadette, malgré son nom illustre, vit comme une famille aisée de la noblesse de province.

Au XIXe siècle, les mariages dans la noblesse se faisaient couramment entre cousins afin d'éviter la division des patrimoines et l'amoindrissement de la fortune. Ce fut le cas des parents d'Henri, Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa et Adèle Tapié de Celeyran, cousins au premier degré. Ils ont eu deux garçons Henri, l'aîné et, quatre ans plus tard, son frère Richard-Constantin, qui meurt un an après. Henri grandit entre Albi, le château du Bosc[1] (demeure de ses grands-parents et aussi de son enfance) et le château de Celeyran.

L'incompatibilité d'humeur entre les deux parents entraîne leur séparation et Henri reste sous la garde de sa mère.

Problèmes de santé et infirmité[modifier | modifier le code]

Photo-montage par Maurice Guibert

Henri de Toulouse-Lautrec a une enfance heureuse jusqu'au moment où se révèle, en 1874, une maladie qui affecte le développement des os, la pycnodysostose, maladie génétique, due à la consanguinité de ses parents. Ses os sont fragiles et, entre mai 1878 et août 1879, il souffre d'une fracture du fémur bilatérale qui aggrave son retard de croissance : il ne dépassera pas la taille de 1,52 m[2]. On essaye de le guérir au moyen de décharges électriques et en lui plaçant à chaque pied une grande quantité de plomb.

Comme toujours dans cette affection, son tronc est de taille normale, mais ses membres sont courts. Il a les lèvres et le nez épais. Il zézaye et en joue, faisant le provocateur dans les salons. Il se fait photographier nu sur la plage de Trouville-sur-Mer, en enfant de chœur barbu, ou avec le boa de Jane Avril (dit « Mélinite »), tout en étant très conscient du malaise que suscite son exhibitionnisme.

Élève au lycée Condorcet, il échoue en 1881 au baccalauréat à Paris, mais il est reçu à Toulouse à la session d'octobre. C'est alors qu'il décide de devenir artiste. Soutenu par son oncle Charles et par René Princeteau, un ami de son père peintre animalier[3], il finit par convaincre sa mère. De retour à Paris, il étudie la peinture auprès de René Princeteau, dans son atelier au 233, de la rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Vie parisienne[modifier | modifier le code]

Toulouse-Lautrec en train de peindre le Moulin rouge, 1890.

Toulouse-Lautrec a vécu pour son art. Peintre du postimpressionnisme, illustrateur de l’Art nouveau et remarquable lithographe, il a croqué le mode de vie de la Bohème parisienne à la fin du XIXe siècle. Au milieu des années 1890, il a contribué par des illustrations à l'hebdomadaire humoristique Le Rire.

Considéré comme « l’âme de Montmartre », le quartier parisien où il habite, ses peintures décrivent la vie au Moulin Rouge et dans d’autres cabarets et théâtres montmartrois ou parisiens. Il peint Aristide Bruant mais aussi dans les maisons closes qu’il fréquente et où, peut-être, il contracte la syphilis. Il a notamment une chambre à demeure à La Fleur blanche. Trois des femmes connues qu’il a représentées sont Jane Avril, la chanteuse Yvette Guilbert et Louise Weber, plus connue comme La Goulue, danseuse excentrique qui a créé le « cancan[4] ».

Toulouse-Lautrec a donné des cours de peinture et encouragé les efforts de Suzanne Valadon, un de ses modèles et aussi probablement sa maîtresse.

Mort[modifier | modifier le code]

La tombe de Toulouse-Lautrec à Verdelais

Alcoolique pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte, il a eu l'habitude de mélanger à son absinthe quotidienne du cognac, au mépris des convenances de l'époque. Il a utilisé notamment le subterfuge d'une canne creuse pour cacher une réserve d'alcool[réf. nécessaire]. Il a été admis dans un sanatorium peu avant sa mort à Malromé, la propriété de sa mère, à la suite des complications de son alcoolisme et de sa syphilis.

Mort à près de 37 ans, il a été inhumé dans le cimetière de Verdelais (Gironde) à quelques kilomètres de Malromé.

Ses derniers mots sont pour son père, présent au moment de sa mort, faisant allusion aux goûts de cet aristocrate fantasque et passionné de chasse : « Je savais que vous ne manqueriez pas l'hallali ». On cite aussi sa réaction lapidaire voyant son père, chasseur dans l'âme, tentant de toucher une mouche qui vole sur le lit de mort de son fils avec l'élastique d'une de ses bottines : « Le vieux con ! ».

Au Musée Toulouse-Lautrec d'Albi, il est fait allusion aux dernières paroles de l'artiste adressées à sa mère. Les relations que Lautrec entretenait avec son père ont été sujettes à de nombreuses divagations.

Le peintre n'a pas été un artiste maudit par sa famille, bien au contraire. Son père écrit à Gabrielle de Toulouse-Lautrec, sa mère et donc la grand-mère paternelle du peintre, le soir de la mort de son fils : « Malromé, 9 septembre 1901 : Ah chère Maman, que de tristesses. Dieu n'a pas béni notre union. Que sa volonté soit faite, mais c'est bien dur de voir renverser l'ordre de la nature. J'ai hâte de vous rejoindre après le triste spectacle de l'agonie longue de mon pauvre enfant si inoffensif, n'ayant jamais eu pour son père un mot enfiellé. Plaignez-nous. Alphonse[5]. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Portrait d'Henri de Toulouse-Lautrec par Giovanni Boldini.

Après la mort de Toulouse-Lautrec, Maurice Joyant, son ami intime, son protecteur et marchand de tableaux veut mettre en valeur son œuvre avec l'accord de la comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec. Ils donnent les fonds nécessaires pour qu’un musée soit créé à Albi, ville où naquit l'artiste, et offrent leur superbe collection de tableaux.

On dit[Qui ?] que Toulouse-Lautrec est un artiste génial dont les remarquables capacités d’observation se sont accompagnées d’une sympathie profonde envers l’humanité. Il n’a jamais laissé voir quelque regret que ce fût en raison de sa difformité. Il vécut sa vie pleinement, se fit de nombreux amis et fut toujours accepté malgré sa petite taille[réf. nécessaire].

Son art[modifier | modifier le code]

Malgré une vie courte et marquée par la maladie, l’œuvre du peintre est très vaste : le catalogue raisonné de ses œuvres, publié en 1971, énumère 737 peintures, 275 aquarelles, 369 lithographies (y compris les affiches) et environ 5 000 dessins[6].

Dans sa jeunesse les chevaux constituent pour lui un sujet habituel. Depuis l’enfance, il aime l’équitation et doit y renoncer à cause de sa maladie. Il a continué à faire vivre dans ses œuvres sa passion pour les chevaux.

Au début de sa carrière, il peint quelques nus masculins comme exercices, mais ses meilleurs nus représentent des femmes. En général, il préfère partir d’ébauches, mais beaucoup de ses nus doivent avoir été faits d’après nature. D’habitude ses modèles ne sont pas de belles jeunes filles, mais des femmes qui commencent à vieillir. Pour peindre ce genre de tableaux il s’inspirait d’Edgar Degas.

Il ne cessait de dessiner : quelques dessins sont des œuvres en eux-mêmes, mais beaucoup sont des ébauches pour des peintures ou des lithographies. Quelquefois ses dessins ressemblaient à des caricatures qui, en quelques traits, rendaient un geste ou une expression ; pour les réaliser il employait divers moyens (crayon, encre, pastel et fusain).

Bien que ne pratiquant pas lui même la photographie, il compte parmi ses amis et compagnons d'amusement le photographe professionnel Paul Sescau et les photographes amateurs Maurice Guibert et François Gauzi. Il se fait photographier régulièrement par eux et aime se déguiser. Il s'est servi de photos de ses modèles ou de personnages comme base de certaines œuvres. La spontanéité et le sens du mouvement de ses compositions viennent souvent de l'instantané photographique[7].

Il crée 31 affiches et 325 lithographies, inventant une technique de spray originale, consistant à gratter une brosse à dents chargée d'encre ou de peinture avec un couteau[8]. En tant qu'illustrateur Toulouse-Lautrec a réalisé des affiches devenues célèbres et, partie moins connue de son œuvre, il a également illustré une quarantaine de chansons, des succès principalement interprétés dans les trois grands cabarets parisiens de l'époque : Le Moulin Rouge, Le Mirliton d'Aristide Bruant.

N’ayant pas besoin d’exécuter des œuvres de commande, Lautrec choisit des sujets qu'il connait bien ou des visages qui l’intéressaient et, comme il fréquentait des gens de toute sorte, ses tableaux couvrent une vaste gamme de classes sociales : nobles et artistes, écrivains et sportifs, médecins, infirmières et figures pittoresques de Montmartre. Beaucoup de ses tableaux (tel le Salon de la rue des Moulins) montrent des prostituées parce qu’il les considérait comme des modèles idéaux pour la spontanéité avec laquelle elles savaient se mouvoir, qu’elles fussent nues ou à moitié habillées. Il peignait leur vie avec curiosité, mais sans moralisme ni sentimentalisme et, surtout, sans chercher à leur attribuer le moindre caractère fascinant. Allant au bordel aussi bien par plaisir que par nécessité (en raison de son handicap, il y trouve une vraie affection, si bien qu'il se démarque en donnant à voir des images sans jugement moralisateur et sans voyeurisme[9]. Véritable mascotte des prostituées, ces dernières lui ont donné le surnom de « cafetière » en raison de son priapisme ou de la proportion d'un de ses organes sexuels[10].

Son ami Henri Rachou (1856-1944) a réalisé son portrait, en 1883[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

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Affiches[modifier | modifier le code]

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Chansons[modifier | modifier le code]

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Photos[modifier | modifier le code]

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Conservation[modifier | modifier le code]

Ces dames au réfectoire, Musée des beaux-arts de Budapest.

Marché de l'art[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 2005, la vente de ses peintures a produit pas moins de 14,5 millions de dollars américains.

  • L'Abandon (les deux amies), vendu le 4 février 2009 chez Christie's, Londres pour 6,2 M. de £.

Hommages[modifier | modifier le code]

Dans Les Aristochats, un chaton est baptisé « Toulouse » en son honneur.

Son rôle est joué par Régis Royer dans Lautrec (1998), film français réalisé par Roger Planchon et nommé trois fois en 1999 aux César.

Il est aussi interprété par John Leguizamo dans le film australien Moulin Rouge! (2001), de Baz Luhrmann, et par José Ferrer dans Moulin rouge (1952) de John Huston.

En 2010, dans Le vernis craque, téléfilm en deux parties, on peut voir Henri de Toulouse-Lautrec interprété par le comédien Laurent Lévy.

En 2011, il apparait dans le film de Woody Allen, Minuit à Paris, interprété par Vincent Menjou-Cortès.

En 2012, les dernières années de sa vie sont mises en scène par Maurice Lamy dans le spectacle Toulouse Lautrec au théâtre Darius Milhaud à Paris (jusqu'au 30 juin).

Depuis 2004, Gradimir Smudja a réalisé une série de bandes dessinées, Le Cabaret des muses, avec Toulouse-Lautrec comme personnage principal (éditions Delcourt).

Dans le manga Claymore, la région centrale du monde est appelée Toulouse alors que la région occidentale est appelée Lautrec, en hommage à celui-ci[réf. nécessaire].

Il est le personnage principal de la bande dessinée Toulouse-Lautrec, publiée aux édition Glénat (collection « Les Grands peintres »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « CHATEAU DU BOSC (site officiel) - L'histoire », sur chateaudubosc.com
  2. GEO, no 157 mars 1992 p. 46
  3. La propriété de Malromé se trouve à seulement 2 kilomètres de Pontus, la propriété de Princeteau.
  4. Enfant de Clichy dans les Hauts-de-Seine, où elle travailla comme blanchisseuse avec sa mère.
  5. Archives des Tapié de Celeyran.
  6. M. G. Dortu, Toulouse-Lautrec et son œuvre, New-York, Collectors Editions, (ISBN 9780876810453).
  7. Sous la direction de Rudolf Koella, Toulouse-Lautrec et la photographie, éditions Hirmer, 2015, catalogue de l'exposition du musée des Beaux-Arts de Berne (ISBN 9783777424682).
  8. « Toulouse Lautrec Affichiste ».
  9. Olivier Bleys, Yomgui Dumont, Toulouse-Lautrec, Glénat, , p. 54
  10. Thadée Natanson, Un Henri de Toulouse-Lautrec, P. Cailler, , p. 72.
  11. Musée des Augustins de Toulouse, don Georges Séré de Rivière, 1930

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Fermigier, Toulouse-Lautrec, Paris, F. Hazan, , 256 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 21 cm (notice BnF no FRBNF35320693)
  • Selim Abdul Hak, « Les Drames des peintures démantelées. Un tableau de Toulouse-Lautrec goulument désossé. », Le Courrier de l'Unesco,‎ , p. 26-27 (lire en ligne)
  • Henri Perruchot, La Vie de Toulouse-Lautrec, Verviers, Marabout, coll. « Marabout université » (no 365), , 356 p., couv. ill. en coul. ; 18 cm (ISSN 0464-929X, notice BnF no FRBNF34663067)
  • Michel Souvais, Moi, La Goulue de Toulouse-Lautrec : Les mémoires de mon aïeule, Paris, Publibook, , 202 p., couv. ill. ; 23 cm (ISBN 978-2-7483-4256-7, notice BnF no FRBNF41319468)
  • Philippe Huisman et Madeleine Grillaert Dortu, Lautrec par Lautrec, Lausanne, Edita, , 276 p., ill. en noir et en coul., cart. ill. ; In-4° (notice BnF no FRBNF33046529)
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays : Nouv. éd. refondue sous la dir. de Jacques Busse, Paris, Gründ, , 14 vol. : ill. ; 25 cm (notice BnF no FRBNF36976295), p. 749-752, tome 13
  • Wolfgang Wittrock (trad. Jérôme Coignard), Toulouse-Lautrec : catalogue complet des estampes, Paris, A.C.R. éd., coll. « La Vie et l'œuvre » (no 6, I-II), , 831 p., 2 vol. ; ill. en noir et en coul. ; 34 cm (ISBN 2-86770-014-0, ISSN 0763-1367, notice BnF no FRBNF34911679)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]