Service militaire en France

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Service national
image illustrative de l’article Service militaire en France
Ministère des armées

Création 1798
Pays Drapeau de la France France
Rôle Ensemble des obligations militaires légales imposées aux citoyens pour contribuer à la défense éventuelle de leur pays par les armes
Fait partie de Ministère des armées
Ancienne dénomination Conscription, Service militaire
Commandant François Lecointre, chef d’État-Major des armées

Le service militaire en France, ou service national français, est l'ensemble des responsabilités militaires légales dictées aux citoyens pour participer à la défense éventuelle du pays par les armes. Concrètement, il s'agit de la durée passée « sous les drapeaux », permettant d'assimiler une instruction militaire et, permettant ainsi à la nation d'avoir une force armée garantissant, en temps de paix, les missions de sécurité à la charge de la France. Historiquement, le nom a évolué passant de Conscription, à Service militaire, puis à Service national en 1965[1].

La Loi Jourdan-Delbrel adoptée le institue la « conscription universelle et obligatoire » pour tous les hommes français âgés de 20 à 25 ans, c'est-à-dire le service militaire obligatoire. Cette loi était destinée à faire face à la grande démobilisation consécutive à la Chute de Robespierre en 1797. C'est le texte fondateur du service national en France, qui permettra à Napoléon Bonaparte d'alimenter les armées jusqu'en 1815[2].

Cette conscription est une évolution républicaine de la garde bourgeoise et des milices provinciales instituées par Louvois au XVIIe siècle. En effet, sous la Société d'Ancien Régime, l'armée était composée de professionnels[3]. Le service militaire a connu plusieurs formes depuis la Révolution française. Dans sa dernière forme, il est devenu théoriquement « universel et égalitaire », mais n'était en réalité obligatoire que pour les hommes.

En 1997, le Président de la République française Jacques Chirac, prend la décision de professionnaliser les armées et de suspendre le service national[4].

En 2002 la conscription est arrêtée au profit d'un « parcours citoyen » pour les jeunes hommes et femmes à partir de leur seizième anniversaire. Le service national est remplacé par un Service volontaire pour une durée variant de un à cinq ans.

En 2017, Emmanuel Macron, alors en campagne pour l'élection présidentielle, annonce dans son programme son souhait de rétablir un service national universel, d'une durée d'un mois[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La conscription ou service militaire obligatoire est la réquisition par un État d'une partie de sa population afin de servir ses forces armées. Elle se distingue en cela d'un enrôlement volontaire. Elle trouve son origine dans l'Antiquité, on la retrouve dans de nombreuses cités helléniques qui en faisaient un usage fréquent mais, dépourvue de caractère de masse, était limitée à la classe des citoyens ne formant qu'un dixième de la population[6].

Faisant suite aux armées professionnelles de l'Ancien Régime ou de mercenaires utilisées jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la conscription moderne a été principalement développée et créée par la Révolution française, avec la fameuse levée en masse de l'an II ( au ), organisée ensuite par la loi Jourdan, puis abolie par la Charte constitutionnelle du 4 juin 1814, mais avec une formulation ambiguë (article 12 : « La conscription est abolie. Le mode de recrutement de l'armée de terre et de mer est déterminé par une loi »). Le service militaire est donc réservé à cette période à des volontaires, professionnels.

Néanmoins, à partir de 1688, le roi Louis XIV oblige ses sujets à fournir des milices provinciales pour compléter ses troupes ; les miliciens provinciaux (dont le nom a varié) ont souvent été désignés par tirage au sort.

Le , au Conseil des Cinq-Cents, le député Jean-Baptiste Jourdan fait voter la loi qui rend le service militaire obligatoire.

Loi Jourdan-Delbrel[modifier | modifier le code]

Le , la loi Jourdan-Delbrel (qui porte les noms du général Jourdan et du député Pierre Delbrel), institue la « conscription universelle et obligatoire ». C'est le fondement du service militaire. L'article premier de la loi énonce : « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie ». Tous les hommes français doivent effectuer un service militaire de cinq ans entre 20 et 25 ans.

Article détaillé : Loi Jourdan-Delbrel.

Ier Empire[modifier | modifier le code]

Le , un décret impérial de Napoléon Ier met en place le conseil de révision et le tirage au sort. Ce décret lui permettra ainsi d'avoir la main sur les conscrits, et ainsi d'agrandir ses troupes.

Attestation du sous-préfet de Saint-Malo de la participation d'un habitant au tirage au sort pour la formation de la classe de 1865.

Cette Conscription est cependant tempérée par l'institution du tirage au sort. N'effectuaient auparavant leur service militaire que 30 à 35 % des conscrits célibataires ou veufs sans enfant, chaque canton ne devant fournir qu'un certain quota d'hommes. Si sur 100 conscrits d'un canton, 35 devaient être appelés, le Conseil de révision se voyait obligé de « monter » jusqu'au numéro 70 voire 80 pour trouver le contingent exigé, compte tenu du nombre des dispensés, soutiens de famille, ajournés ou réformés. Certains Conseils de récupération ne retinrent que 25 % des ajournés et réformés. Par contre, les levées anticipées et l'augmentation des contingents à partir de 1808 suscitèrent beaucoup de mécontentement[3].

Les familles bourgeoises ou nobles (à partir de 1804) pouvaient négocier une somme devant notaire pour payer un remplaçant qui effectuait son service à la place de leur fils : c'est le principe du remplacement militaire[7].

  • Réfractaires

Les réfractaires refusaient de se présenter au tirage au sort. Il s'agissait surtout de paysans qui, en période de paix, préféraient rester aux champs pour nourrir leur famille. Généralement, les gendarmes les retrouvaient ou la justice faisait payer à leur famille une amende dissuasive[8].

  • Réformés

L'exemption, ou réforme, se basait sur des critères physiques. La taille d'abord : il fallait mesurer plus de 1,54 mètre pour être pris. Suivaient les difformités des membres, fréquentes à cette époque, et encore la faiblesse de constitution et les problèmes de vue, les signes de déficience mentale. L'index droit coupé exemptait le conscrit du service car il était inapte au tir, ce qui incitait à des mutilations volontaires. S'ajoutait l'état de la denture qui devait permettre de déchirer les cartouches de papier.

  • Exemptés

La loi Jourdan exemptait les hommes mariés ou veufs avec enfants. Des lois, particulièrement celle de 1872, contribueront à élargir les motifs de dispense aux familles déjà marquées par les prélèvements militaires ainsi qu'à certaines professions notables, particulièrement les enseignants et les ecclésiastiques. Des sursis d'incorporation pouvaient être accordés aux conscrits en raison des travaux saisonniers. Pourtant, tous les conscrits qui avaient tiré un « mauvais numéro » ne partaient pas ; la loi de fructidor an VII (août 1799) leur permit de se faire remplacer, possibilité renouvelable en cas de levées successives.

Article connexe : Guerres napoléoniennes.

En 1813, l'armée napoléonienne est décimée par la retraite de Russie et la conscription touche désormais de jeunes adolescents de moins de vingt ans. On les appelle les Marie-Louise, car le décret est signé par l'impératrice Marie-Louise d'Autriche. Dans les faits, seul un quart des garçons est appelé sous les drapeaux, les autres étant soit exemptés, soit placés dans la réserve, avec la possibilité pour les soldats enrôlés de pouvoir se faire remplacer.

Deuxième République[modifier | modifier le code]

Loi Gouvion-Saint-Cyr[modifier | modifier le code]

  • Le , la loi Gouvion-Saint-Cyr[9] établit le recrutement par engagement et tirage au sort.Le service dure 6 ans. Les appelés tirés au sort ont le droit de se faire remplacer par une personne tierce. Le remplaçant négocie avec l'appelé et sa famille une compensation financière en échange de son engagement.
Article connexe : Loi Gouvion-Saint-Cyr.
  • Le , l'exonération est substituée au remplacement. On ne versera plus une compensation financière à une famille, mais à l'Etat. Ceux qui en ont les moyens peuvent verser une taxe à la Caisse de dotation de l'armée (entre 1800 et 3000 francs selon les années), taxe reversée à des sous-officiers ou des hommes de troupes volontaires ayant déjà une expérience militaire. Conséquences : un vieillissement de l'armée, et un déficit de conscrits. Ce déficit atteint 19 000 hommes en 1859.

Troisième République[modifier | modifier le code]

Le , Léon Gambetta s'exprime en disant « Que pour tout le monde il soit entendu que quand en France un citoyen est né, il est né soldat ». Les fondements du service militaire dit « moderne » vont être posés[10].

Loi Ernest Courtot de Cissey[modifier | modifier le code]

En 1872, sous la présidence d'Adolphe Thiers, la Troisième République pose les premiers fondements du service militaire dit « moderne »[C'est-à-dire ?].

Le , la loi Cissey[11] indique que le service national est obligatoire. La durée est de 5 ans ou de 6 mois à 1 an, toujours selon la méthode du tirage au sort. Cette loi refusera aux militaires (souvent républicains), le droit de vote. L'armée devient ce qu'on appelle « la Grande Muette ».

Loi Charles de Freycinet[modifier | modifier le code]

Le , la loi Freycinet[12], sur le recrutement de l'Armée est promulguée. Dite «loi des curés sac au dos », elle supprime les dispenses de service militaire aux enseignants, aux élèves des grandes écoles et aux séminaristes. Le service militaire passe de 5 à 3 ans, mais le tirage au sort perdure. Elle porte le sobriquet de « loi des curés sac au dos » car désormais tout le clergé doit servir sous les drapeaux (régulier et séculier)[10].

Loi Maurice Berteaux[modifier | modifier le code]

Le , la loi Berteaux[13] (gouvernement de Maurice Rouvier, préparée par le général André, ministre de la Guerre), supprime le tirage au sort, les remplacements, ainsi que les exemptions. Désormais tous les hommes peuvent être appelés pour deux ans, pour un service personnel, égal et obligatoire[2]. Elle rétablit ainsi le principe d'égalité de tous devant le service militaire. Cette loi est la loi fondatrice du service militaire durant le XXe siècle. Ce système de recrutement, donne un maximum d'énergie à l'armée mobilisée. Un changement est accompli par rapport aux armées de métier du siècle précédent. Elle permet ainsi à la France d'affronter les difficultés de la Première Guerre mondiale[1].

Le , un décret relatif au recrutement des indigènes algériens met en place un recrutement par tirage au sort d'un contingent fixé en fonction des besoins. La durée du service actif imposé à chaque appelé est de trois ans. Le libéré doit ensuite une période de sept ans comme réserviste (décret n° 3668 du 3 février 1912 publié au Journal officiel le 7 février 1912).

Le un décret instituant le recrutement des tirailleurs sénégalais, désignés comme « indigènes de race noire du groupe de l'Afrique occidentale française », prévoit qu'ils « peuvent en toutes circonstances être désignés pour continuer leur service en dehors du territoire de la colonie » et précise que pour eux « la durée du service actif est de quatre ans »[14].

Dessin caricatural des soutiens de la loi des 3 ans.

Loi Louis Barthou[modifier | modifier le code]

Le la loi Barthou[15], dite loi des trois ans, allonge le service militaire à 3 ans. Le recensement des appelés s'effectue à 19 ans au lieu de 20 précédemment, abaissant l'âge d'incorporation de 21 à 20 ans. (La classe 1913 est incorporée en 1913 et non 1914).

Du service militaire au service national[modifier | modifier le code]

En 1923, le service militaire est réduit de 3 ans à 18 mois. Les premières préparations militaires voient le jour, dont la préparation militaire supérieure (PMS) destinée à sélectionner des officiers issus du contingent. Le la loi de Paul Painlevé, sous le gouvernement Poincaré IV, réduit la durée du service militaire à un an obligatoire[16]. En 1935 cependant, la durée repassera à deux années.

Le , les militaires récupèrent le droit de vote perdu en 1872[17].

Quatrième République[modifier | modifier le code]

En 1946, le service militaire est rétabli pour une durée d'un an. Cette loi restaure un service militaire universel et égalitaire. Quatre ans plus tard, en 1950, la durée est ramenée à 18 mois, et maintenu jusqu'à 30 mois durant la guerre d'Algérie.

Cinquième République[modifier | modifier le code]

Le , la durée du service est ramenée à 16 mois, par décret. La notion d'objection de conscience est introduite dans une loi[2] et les scientifiques du contingent font leur apparition.

Le , la loi Messmer, du nom du ministre des Armées, indique que le service n'est plus « militaire », mais « national ». Elle prévoit quatre formes de service national : un service militaire, un service de défense, la coopération dans un pays étranger et l'aide technique dans les départements et territoire d'outre-mer[18]. Le statut d'objecteur de conscience est défini comme une variante clairement codifiée du Service national. Les conseils de révision sont remplacés par les centres de sélection et les « trois jours »[19].

En 1970, le service national devient accessible aux femmes sous la forme du volontariat[2], et ouvre la possibilité d'un Service national dans la gendarmerie[18].

Le , la loi Debré ramène la durée du service national à un an. Les sursis sont supprimés, dans une tentative de rétablir une égalité déjà mise en doute. En août de la même année, la codification des différentes préparations militaires, dont la préparation militaire supérieure (PMS), qui permet aux appelés d'accéder au statut d'officier durant leur service national, puis d'officier dans la réserve[20] est mise en place. Les autres préparations militaires permettent de choisir une arme, Terre, Marine ou Air, et d'accéder à des fonctions de sous-officier. En dépit de la sélectivité, de très nombreux appelés suivront ces préparations militaires, (jusqu'à 10 % du contingent)[21], d'autant qu'elle permet de choisir une date d'incorporation.

Le , le décret n°72-806 signe la mise en place effective du Code du service national, qui recense les lois et les réglementations applicables[22].

Le , le service national dans la gendarmerie reçoit sa forme définitive. Les reports initiaux automatiques jusqu'à 22 ans sont créés.

Le , une loi ouvre un service civil au sein de la Police nationale[18].

Le [23], la loi Joxe réduit la durée du service militaire à dix mois, celle du service des objecteurs à vingt mois. Cette loi ouvre aussi la possibilité d’un service de sécurité civile.

Suspension du service[modifier | modifier le code]

Le , le président de la République française Jacques Chirac, annonce « sa décision » de professionnaliser les armées[24]. Il laisse sous-entendre que la seule solution est de supprimer définitivement la conscription obligatoire, et qu'elle devra être remplacée par un volontariat. Il lance toutefois un « grand débat national ». Le Premier ministre Alain Juppé et le ministre de la Défense Charles Millon sont chargés du dossier.

Le , la mission d'information de l'Assemblée nationale rend son rapport d'information, « la France et son service », dit « rapport Séguin ». Ce rapport consacre près de 40 pages (sur 170) à souligner les carences de la démarche du gouvernement, ainsi que l'absence de vrai débat sur le service national, et l'absence de réelle consultation du Parlement. En outre, il formule « les réserves les plus formelles tant sur la durée que sur les modalités de la période de transition de six années ».

Le « grand débat national » prend fin le 26 mai. Le chef de l'État annonce la teneur de la réforme du service national. Les hommes nés avant 1979 continueront d'effectuer un service « ancienne formule », dont la « durée sera progressivement réduite ». Ils sont victimes d'une « disparité de destin et d'obligation », mais « les besoins de la défense nous l'imposent ».

La loi de programmation militaire (n° 96-589) est adoptée, après déclaration d'urgence, le 20 juin, et publiée au Journal officiel le 2 juillet. Elle fixe la durée de la transition entre armée de conscription et professionnelle à 6 ans, ainsi que le budget alloué à cette transition.

Le , un premier projet de loi portant réforme au service national, dans lequel figure le rendez-vous citoyen d'une semaine et la suspension de la conscription, est déposé au Parlement par Charles Millon. La dissolution de l'Assemblée nationale le en suspend l'examen. La nouvelle majorité issue des élections du mois de juin ne reprend pas le texte mais adopte le 22 septembre suivant en première lecture, après déclaration d'urgence, d'un nouveau projet de loi portant réforme du service national. Adopté définitivement le 21 octobre, la loi est promulguée le 28 octobre. L’appel sous les drapeaux est suspendu. Des lors, est mis en place un recensement et une Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD). Cette journée est étendue aux jeunes femmes, et ouvre la possibilité d'effectuer un volontariat dans diverses secteurs de la défense, de la sécurité, de la solidarité, de la coopération et de l’aide humanitaire[18].

D'autre part, cette loi créée la préparation militaire d'initiation et de perfectionnement à la défense nationale (PMIP-DN)[25]. La préparation militaire supérieure est conservée. Elle est complétée le par une loi relative aux volontariats civils.

Le , le collectif « SansNous » est créé. Fédérant les derniers sursitaires, il se fixe comme objectif de faire anticiper la fin du service national et de faire cesser les poursuites judiciaires qui pourraient être engagés contre les déserteurs et insoumis. Le 21 juin suivant, en réaction aux actions des derniers sursitaires, le ministre de la Défense Alain Richard annonce devant l'Assemblée nationale que les titulaires de CDI seront désormais exemptés de fait. Le suivant, le ministre de la Défense annonce des mesures de valorisation pour les derniers appelés au service national comme la libération anticipée au bout de huit mois de service pour les appelés trouvant un CDI pendant cette période et une prime de 4 000 F pour ceux qui iront au bout des dix mois. Enfin le , le décret no 2001-550 relatif à la libération anticipée des appelés du service militaire est signé, mettant fin à la conscription en anticipant la fin de la période de transition de quasiment une année. Les appelés militaires déjà sous les drapeaux sont tous libérés au 30 novembre 2001, chaque contingent effectuant un mois de service en moins que le contingent précédent. Les derniers objecteurs de conscience sont eux libérés en juillet 2002.

En 2002, la conscription est suspendue. Un « parcours citoyen » est mis en place. Il est constitué d'un recensement, d'une information délivrée par l'Éducation nationale sur le domaine de la Défense, et de la Journée défense et citoyenneté. Le service national est remplacé par un service volontaire, ouvert à tous les jeunes Français de 18 à 26 ans, pour une durée variant de 1 à 5 ans.

Le , le service militaire volontaire (SMV) est créé. Dans la foulée le suivant, un premier centre du service militaire volontaire ouvre à Montigny-lès-Metz.

Dispositifs citoyens[modifier | modifier le code]

L'engagement au service de la France est renforcé par des dispositifs civiques mis en place tout au long de la Cinquième République comme le Service civique, le service militaire volontaire en France, le service militaire adapté et l'Établissement pour l'insertion dans l'emploi (EPIDE).

Entrée[modifier | modifier le code]

A son arrivée, le nouveau soldat se défait de ses vêtements civils. Ensuite, il se fait couper les cheveux très court en une coupe impersonnelle. Puis vient la visite médicale où il passe toutes sortes d'examens afin de définir son aptitude à rejoindre le régiment assigné[26].

Raison[modifier | modifier le code]

Le service militaire est un acte citoyen[27]. Pour certain, il permet d'accéder à une nouvelle maturité sociale. Les futurs soldats sont sélectionnés par diagnostics physique et mental[28]. Cette expérience au sein de l'armée permet de découvrir la hiérarchie sociale grâce au système de grades, de décorations et de dignités[29].

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Fêtes des conscrits[modifier | modifier le code]

Costume de conscrit en Alsace

Dans de nombreuses communes (pour la plupart rurales), les appelés organisaient des manifestations avant leur départ. Après la guerre d'Algérie, le manque d'adhésion de la jeunesse au principe du service militaire avait fait pratiquement disparaitre cette tradition dans la grande majorité des communes. Le Service national suspendu, ces fêtes des conscrit sont encore cependant toujours organisées dans certains villages, soit par des jeunes (rarement), soit (beaucoup plus souvent) par des anciens appelés.

Article connexe : Conscrit.

Expressions relatives au service[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (5 décembre 2017)
  • Faire ses classes : recevoir un enseignement militaire de base. La période des « classes » n'excédait pas généralement plus de deux mois, à l'issue desquels l'appelé incorporé recevait une affectation définitive qu'il conservait généralement jusqu'à la fin de son service : soit dans une unité de combat, soit dans une unité de commandement et de logistique.
  • « Le gégène » : le général
  • « Le colon » : le colonel
  • « Le juteux » : l'adjudant
  • « L'aspi » : l'aspirant
  • « Le margi » : le maréchal des logis (appellation du grade de sergent dans la cavalerie, le matériel, le train, l'artillerie et la gendarmerie)
  • Premier cul : soldat de première classe
  • Percevoir : toucher son matériel
  • La quille : le dernier jour du service obligatoire. Les appelés faisaient souvent une fête en portant une quille de bois autour du cou.
  • Appelé du contingent.
  • Coopé : pour « coopérant », appelé effectuant son service sous la forme d'une Coopération du Service national à l'étranger (CSNE), ou CSN
    • auparavant : VSN, pour « Volontaire du Service National » (VSNA : administratif, et VSNE : en entreprise, dans le secteur privé)
  • Réformé P4 : réformé pour motifs psychologiques incompatibles avec le service militaire
  • Les trois jours : journées d'évaluations effectuées dans un « Centre de Sélection et d'Orientation » (CSO) durant lesquelles des tests psychotechniques et des examens médicaux étaient réalisés et déterminaient si l'appelé était apte ou non au service militaire.
  • VSL : pour Volontaire Service Long
  • VSLOM : pour Volontaire Service Long Outre-Mer.
  • EOR : pour École des Officiers de Réserve
  • ORSA : Officier de Réserve en Situation d'Activité
  • EVDA : pour Engagé Volontaire par Devancement d'Appel
  • PESO : pour Peloton des Élèves Sous-Officiers
  • PEG : pour Peloton des Élèves Gradés
  • FETTA : pour Formation Élémentaire des Techniques Toutes Armes, correspondant au 1er mois de classes.
  • CIM : pour Centre d'Instruction Militaire, Unité de l'Armée de l'air française dédiée à la formation initiale du contingent (voir, par exemple, Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air ou CIMCA).
  • MIMA : pour Manuel d'Instruction Militaire de l'Aviateur, livre unique regroupant les notions et connaissances de base attendues d'un appelé du contingent de l'Armée de l'air française.
  • TTA : pour « Traité Toutes Armes », ensemble de manuels diverses
    • TTA 150 : manuel des sous-officiers qui se compose de 20 tomes (topographie, armement, transmissions combat, etc.)
  • FAMAS : acronyme désignant le « Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne » (appelé aussi « Le clairon »)
  • FSA : appelé communément ainsi pour « Fusil Semi-Automatique » en réalité c'est le MAS 49, il a précédé le FAMAS
  • Feuille de route : ordre écrit de rejoindre un lieu d'affectation
  • FFA : pour Forces Françaises en Allemagne
  • « Partir sous les drapeaux » : devenir militaire
  • Permission : congé de quatre jours maximum. Souvent les appelés les désignaient par le nombre d'heures qui leur avait été ainsi octroyés (par exemple : une « 72 » correspondait, à une permission de 72 heures soit trois jours).
  • Détente : congé de plus de quatre jours
  • Libération : fin du service militaire. Les appelés bénéficiaires faisaient état de leur situation en criant par provocation le mot Zéro ou (nombre de jours restant) « dans ta gueule ! » à leur interlocuteur. Cette action était aussi connue sous l'appellation de « Péter son chiffre ».
  • Sursitaire : jeune majeur bénéficiant d'un délai de quatre ou cinq ans avant d'accomplir son service. Servait principalement aux étudiants.
  • Bidasse : soldat 2e classe
  • Guerroyer : combattre
  • L'ordinaire : la cantine
  • Le mess : la cantine pour officier et généralement sous-officier à partir du grade d'adjudant, voire parfois sergent.
  • Carte SMA (SMA pour « Service Militaire Actif ») servait de pièce d'identification aux appelés, ainsi que de titre de transport SNCF octroyant des voyages gratuits (un par mois) et des réductions.
  • Le trou ou le niouf : prison interne à un établissement militaire. « Jours de trou » : sanction disciplinaire infligée à l'encontre aussi bien d'un appelé que d'un engagé. Sauf cas grave, cette sanction n'est pas décidée par un tribunal militaire mais par l'officier ou le sous-officier qui constate les faits ou à qui ils sont rapportés. Le puni n'y passe que ses nuits en général, la journée il fait ses activités comme les non punis.
  • « Être scratché » : être en attente de punition. Vient du « scratch » que faisait la bande velcro patronymique portée par l'appelé lorsqu'elle était arrachée par le gradé. Celui-ci la conservait pour rédiger ses bulletins de punition dans la soirée.
  • Être AD : être à la disposition d'un officier, sous-officier ou un service de la caserne pour des tâches diverses.
    • Être ADTG est l'appellation officielle d'un Appelé mis à la Disposition de l'Officier responsable des engins de Tir et de Guidage, l'ADTG a suivi une formation électronique afin de pouvoir réparer le matériel de tir, càd la Télécommande de tir et la Réception du missile ; en cas de conflit, si un missile tombe entre les lignes des belligérants, il est entraîné pour aller le rechercher et le rapporter juste à l'arrière de la ligne de combat pour le réparer ; il est armé d'un PM (Pistolet Mitrailleur) mais le reste de son équipement est classique.
    • Être AD la plage : être oisif. Peuvent suivre des réprimandes, parmi lesquelles « Ce n'est pas la fête du slip ! ».
  • Les sobriquets des appelés (pendant la période durant laquelle le service était de douze mois, de 1970 à 1992), les nouveaux appelés arrivaient tous les deux mois (mois pairs), ainsi celui qui, par exemple, était de la « classe 10/86 » était donc arrivé en octobre 1986 :
    • Bleu bite (de 0 à 2 mois d'ancienneté) : période des « classes »
    • Bleu ou Bittard (de 2 à 4 mois)
    • Pierrot (de 4 à 6 mois)
    • Ancien (de 6 à 8 mois)
    • Quillard (de 8 à 10 mois) - Un « Père cent » était plus spécifiquement un « quillard » à qui il restait moins de 100 jours de service à effectuer.
    • Libérable ou « Rable » (de 10 à 12 mois)
    • « ADL » au-dessus de la durée légale de 18 mois
    • « super ADL » au-dessus de 24 mois de service (pendant la guerre d'Algérie)
    • Rabiste : appelé dont la durée de service est prolongée, souvent pour des motifs disciplinaires (excès de « trou »).
    • Rampouille : appelé qui décide de signer un engagement dans l'armée après son service militaire.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Voir à la partie Filmographie de l'article suivant :

  • Les dialogues de films :

Dans Le juge Fayard dit le shérif (Yves Boisset, 1977), le personnage de Camus, joué par Jean-Marc Thibault, déclare aux journalistes, à sa sortie de prison : « Les gardiens ont été très corrects. Vous savez,ce n'est pas pire que le service militaire ! ».

Chanson[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Larousse, « Service militaire », sd (consulté le 13 février 2018)
  2. a, b, c et d La Croix, « L'Histoire du service national », (consulté le 13 février 2018)
  3. a et b Le Figaro - Eugénie Bastié, « Petite histoire du service militaire en France », (consulté le 13 février 2018)
  4. Loi no 97-1019 du , publiée au Journal officiel de la République française no 260 du , p. 16251
  5. « Le service national sera t'il obligatoire », sur France Info, (consulté le 13 février 2018)
  6. P. Couissin et J. Léon-Heuzey, Les institutions militaires et navales [des Grecs], Paris, Belles Lettres, 1931.
  7. Bernard Schnapper, Le remplacement militaire en France, Paris, S.V.E.P.E.N., 1968.
  8. Jérôme Croyet, Soldats de Napoléon, l'épopée racontée par ceux qui l'ont faite, Editions Gaussen, 2010
  9. Loi sur le recrutement de l'armée, loi no 3695, Bulletin des lois, 7e série, no 200, p. 121–133.
  10. a et b Ministère des Armées, « Le saviez-vous ? La loi « des curés sac à dos » », (consulté le 14 février 2018)
  11. Loi du 27 juillet 1872 sur le Recrutement de l'armée, promulguée au Journal officiel du 17 août 1872, Bulletin des lois, n° 101, p. 97 disponible sur Gallica.
  12. Loi du 15 juillet 1889 sur le Recrutement de l'Armée, promulguée au Journal officiel du 17 juillet 1889, Bulletin des lois, n° 1263, p. 73 disponible sur Gallica.
  13. Loi du 21 mars 1905 modifiant la loi du 15 juillet 1889 sur le Recrutement de l'Armée publiée au Journal officiel du 23 mars 1905, Bulletin des lois, n° 2616, p. 1265 disponible sur Gallica.
  14. Duval 2005, p. 40.
  15. Loi du 7 août 1913 modifiant les lois des cadres de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie, en ce qui concerne l'effectif des unités et fixant les conditions du recrutement de l'armée active et la durée du service dans l'armée active et ses réserves, promulguée au Journal officiel du 8 août 1913, Bulletin des lois, n° 110, p. 2077 disponible sur Gallica.
  16. France Auteur du texte, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie nationale, (lire en ligne)
  17. Sénat, « Interdiction d'adhésion à des partis politiques », (consulté le 13 février 2018)
  18. a, b, c et d La documentation française, « Chronologie », (consulté le 14 février 2018)
  19. Ministère de la Défense, Secrétariat Général pour l'Administration, « L'organisation du service militaire, reflet des évolutions de la société française », (consulté le 13 février 2018)
  20. Article R. 133 du Code du service national http://www.easydroit.fr/codes-et-lois/Paragraphe-1er-Preparation-au-service-militaire-du-Code-du-service-national/S72631/
  21. Rapport Sénat Préparations Militaires http://www.senat.fr/rap/l97-004/l97-00416.html
  22. Code du service national sur legifrance.fr
  23. Loi n° 92-9 du 4 janvier 1992 modifiant le code du service national.
  24. « Discours de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la réorganisation et la professionnalisation de l'armée, la modernisation de l'industrie de défense et le projet de suppression du service national », Paris le 23 février 1996.
  25. PMIP-DN dans l'Armée de l'Air http://air-touteunearmee.fr/organisation/ecoles/21/les-pmip-dn.html
  26. Pennac 1973, p. 85.
  27. Pennac 1973, p. 9.
  28. Pennac 1973, p. 10.
  29. Pennac 1973, p. 12.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Eugène-Jean Duval, L'Épopée des tirailleurs sénégalais, Paris, L'Harmattan, (ISBN 9782747585934)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Daniel Pennac, Le Service militaire au service de qui ?, Paris, Seuil, , 176 p. 

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]