Service militaire en France

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Service national
image illustrative de l’article Service militaire en France
Ministère des armées

Création 1798
Pays Drapeau de la France France
Rôle Ensemble des obligations militaires légales imposées aux citoyens pour contribuer à la défense éventuelle de leur pays par les armes
Fait partie de Ministère des armées
Ancienne dénomination Conscription, Service militaire
Commandant François Lecointre, chef d’État-Major des armées

Le service militaire en France, ou service national français, est l'ensemble des responsabilités militaires légales dictées aux citoyens pour participer à la défense éventuelle du pays par les armes. Concrètement, il s'agit de la durée passée « sous les drapeaux », permettant d'assimiler une instruction militaire et, permettant ainsi à la nation d'avoir une force armée garantissant, en temps de paix, les missions de sécurité à la charge de la France. Historiquement, le nom a évolué passant de Conscription, à Service militaire, puis à Service national en 1965[1].

La Loi Jourdan-Delbrel adoptée le institue la « conscription universelle et obligatoire » pour tous les hommes français âgés de 20 à 25 ans, c'est-à-dire le service militaire obligatoire. Cette loi était destinée à faire face à la grande démobilisation consécutive à la Chute de Robespierre en 1794[Lien à corriger]. C'est le texte fondateur du service national en France, qui permettra à Napoléon Bonaparte d'alimenter les armées jusqu'en 1815[2].

Cette conscription est une évolution républicaine de la garde bourgeoise et des milices provinciales instituées par Louvois au XVIIe siècle. En effet, sous la Société d'Ancien Régime, l'armée était composée de professionnels[3]. Le service militaire a connu plusieurs formes depuis la Révolution française. Dans sa dernière forme, il est devenu théoriquement « universel et égalitaire », mais n'était en réalité obligatoire que pour les hommes.

En 1997, le Président de la République française Jacques Chirac, prend la décision de professionnaliser les armées et de suspendre le service national[4].

En 2002 la conscription est arrêtée au profit d'un « parcours citoyen » pour les jeunes hommes et femmes à partir de leur seizième anniversaire. Le service national est remplacé par un Service volontaire pour une durée variant de un à cinq ans.

En 2017, Emmanuel Macron, alors en campagne pour l'élection présidentielle, annonce dans son programme son souhait de rétablir un service national universel, d'une durée d'un mois[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La conscription ou service militaire obligatoire est la réquisition par un État d'une partie de sa population afin de servir ses forces armées. Elle se distingue en cela d'un enrôlement volontaire. Elle trouve son origine dans l'Antiquité, on la retrouve dans de nombreuses cités helléniques qui en faisaient un usage fréquent mais, dépourvue de caractère de masse, était limitée à la classe des citoyens ne formant qu'un dixième de la population[6].

Faisant suite aux armées professionnelles de l'Ancien Régime ou de mercenaires utilisées jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la conscription moderne a été principalement développée et créée par la Révolution française, avec la fameuse levée en masse de l'an II ( au ), organisée ensuite par la loi Jourdan, puis abolie par la Charte constitutionnelle du 4 juin 1814, mais avec une formulation ambiguë (article 12 : « La conscription est abolie. Le mode de recrutement de l'armée de terre et de mer est déterminé par une loi »). Le service militaire est donc réservé à cette période à des volontaires, professionnels.

Néanmoins, à partir de 1688, le roi Louis XIV oblige ses sujets à fournir des milices provinciales pour compléter ses troupes ; les miliciens provinciaux (dont le nom a varié) ont souvent été désignés par tirage au sort.

Le , au Conseil des Cinq-Cents, le député Jean-Baptiste Jourdan fait voter la loi qui rend le service militaire obligatoire.

Loi Jourdan-Delbrel[modifier | modifier le code]

Le , la loi Jourdan-Delbrel (qui porte les noms du général Jourdan et du député Pierre Delbrel), institue la « conscription universelle et obligatoire ». C'est le fondement du service militaire. L'article premier de la loi énonce : « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie ». Tous les hommes français doivent effectuer un service militaire de cinq ans entre 20 et 25 ans.

Article détaillé : Loi Jourdan-Delbrel.

Ier Empire[modifier | modifier le code]

Le , un décret impérial de Napoléon Ier met en place le conseil de révision et le tirage au sort. Ce décret lui permettra ainsi d'avoir la main sur les conscrits, et ainsi d'agrandir ses troupes.

Attestation du sous-préfet de Saint-Malo de la participation d'un habitant au tirage au sort pour la formation de la classe de 1865.

Cette Conscription est cependant tempérée par l'institution du tirage au sort. N'effectuaient auparavant leur service militaire que 30 à 35 % des conscrits célibataires ou veufs sans enfant, chaque canton ne devant fournir qu'un certain quota d'hommes. Si sur 100 conscrits d'un canton, 35 devaient être appelés, le Conseil de révision se voyait obligé de « monter » jusqu'au numéro 70 voire 80 pour trouver le contingent exigé, compte tenu du nombre des dispensés, soutiens de famille, ajournés ou réformés. Certains Conseils de récupération ne retinrent que 25 % des ajournés et réformés. Par contre, les levées anticipées et l'augmentation des contingents à partir de 1808 suscitèrent beaucoup de mécontentement[3].

Les familles bourgeoises ou nobles (à partir de 1804) pouvaient négocier une somme devant notaire pour payer un remplaçant qui effectuait son service à la place de leur fils : c'est le principe du remplacement militaire[7].

  • Réfractaires

Les réfractaires refusaient de se présenter au tirage au sort. Il s'agissait surtout de paysans qui, en période de paix, préféraient rester aux champs pour nourrir leur famille. Généralement, les gendarmes les retrouvaient ou la justice faisait payer à leur famille une amende dissuasive[8].

  • Réformés

L'exemption, ou réforme, se basait sur des critères physiques. La taille d'abord : il fallait mesurer plus de 1,54 mètre pour être pris. Suivaient les difformités des membres, fréquentes à cette époque, et encore la faiblesse de constitution et les problèmes de vue, les signes de déficience mentale. L'index droit coupé exemptait le conscrit du service car il était inapte au tir, ce qui incitait à des mutilations volontaires. S'ajoutait l'état de la denture qui devait permettre de déchirer les cartouches de papier.

  • Exemptés

La loi Jourdan exemptait les hommes mariés ou veufs avec enfants. Des lois, particulièrement celle de 1872, contribueront à élargir les motifs de dispense aux familles déjà marquées par les prélèvements militaires ainsi qu'à certaines professions notables, particulièrement les enseignants et les ecclésiastiques. Des sursis d'incorporation pouvaient être accordés aux conscrits en raison des travaux saisonniers. Pourtant, tous les conscrits qui avaient tiré un « mauvais numéro » ne partaient pas ; la loi de fructidor an VII (août 1799) leur permit de se faire remplacer, possibilité renouvelable en cas de levées successives.

Article connexe : Guerres napoléoniennes.

En 1813, l'armée napoléonienne est décimée par la retraite de Russie et la conscription touche désormais de jeunes adolescents de moins de vingt ans. On les appelle les Marie-Louise, car le décret est signé par l'impératrice Marie-Louise d'Autriche. Dans les faits, seul un quart des garçons est appelé sous les drapeaux, les autres étant soit exemptés, soit placés dans la réserve, avec la possibilité pour les soldats enrôlés de pouvoir se faire remplacer.

Deuxième République[modifier | modifier le code]

Loi Gouvion-Saint-Cyr[modifier | modifier le code]

  • Le , la loi Gouvion-Saint-Cyr[9] établit le recrutement par engagement et tirage au sort.Le service dure 6 ans. Les appelés tirés au sort ont le droit de se faire remplacer par une personne tierce. Le remplaçant négocie avec l'appelé et sa famille une compensation financière en échange de son engagement.
Article connexe : Loi Gouvion-Saint-Cyr.
  • Le , l'exonération est substituée au remplacement. On ne versera plus une compensation financière à une famille, mais à l'Etat. Ceux qui en ont les moyens peuvent verser une taxe à la Caisse de dotation de l'armée (entre 1800 et 3000 francs selon les années), taxe reversée à des sous-officiers ou des hommes de troupes volontaires ayant déjà une expérience militaire. Conséquences : un vieillissement de l'armée, et un déficit de conscrits. Ce déficit atteint 19 000 hommes en 1859.

Troisième République[modifier | modifier le code]

Le , Léon Gambetta s'exprime en disant « Que pour tout le monde il soit entendu que quand en France un citoyen est né, il est né soldat ». Les fondements du service militaire dit « moderne » vont être posés[10].

Loi Ernest Courtot de Cissey[modifier | modifier le code]

En 1872, sous la présidence d'Adolphe Thiers, la Troisième République pose les premiers fondements du service militaire dit « moderne »[C'est-à-dire ?].

Le , la loi Cissey[11] indique que le service national est obligatoire. La durée est de 5 ans ou de 6 mois à 1 an, toujours selon la méthode du tirage au sort. Cette loi refusera aux militaires (souvent républicains), le droit de vote. L'armée devient ce qu'on appelle « la Grande Muette ».

Loi Charles de Freycinet[modifier | modifier le code]

Le , la loi Freycinet[12], sur le recrutement de l'Armée est promulguée. Dite «loi des curés sac au dos », elle supprime les dispenses de service militaire aux enseignants, aux élèves des grandes écoles et aux séminaristes. Le service militaire passe de 5 à 3 ans, mais le tirage au sort perdure. Elle porte le sobriquet de « loi des curés sac au dos » car désormais tout le clergé doit servir sous les drapeaux (régulier et séculier)[10].

Loi Maurice Berteaux[modifier | modifier le code]

Le , la loi Berteaux[13] (gouvernement de Maurice Rouvier, préparée par le général André, ministre de la Guerre), supprime le tirage au sort, les remplacements, ainsi que les exemptions. Désormais tous les hommes peuvent être appelés pour deux ans, pour un service personnel, égal et obligatoire[2]. Elle rétablit ainsi le principe d'égalité de tous devant le service militaire. Cette loi est la loi fondatrice du service militaire durant le XXe siècle. Ce système de recrutement, donne un maximum d'énergie à l'armée mobilisée. Un changement est accompli par rapport aux armées de métier du siècle précédent. Elle permet ainsi à la France d'affronter les difficultés de la Première Guerre mondiale[1].

Le , un décret relatif au recrutement des indigènes algériens met en place un recrutement par tirage au sort d'un contingent fixé en fonction des besoins. La durée du service actif imposé à chaque appelé est de trois ans. Le libéré doit ensuite une période de sept ans comme réserviste (décret n° 3668 du 3 février 1912 publié au Journal officiel le 7 février 1912).

Le un décret instituant le recrutement des tirailleurs sénégalais, désignés comme « indigènes de race noire du groupe de l'Afrique occidentale française », prévoit qu'ils « peuvent en toutes circonstances être désignés pour continuer leur service en dehors du territoire de la colonie » et précise que pour eux « la durée du service actif est de quatre ans »[14].

Dessin caricatural des soutiens de la loi des 3 ans.

Loi Louis Barthou[modifier | modifier le code]

Le la loi Barthou[15], dite loi des trois ans, allonge le service militaire à 3 ans. Le recensement des appelés s'effectue à 19 ans au lieu de 20 précédemment, abaissant l'âge d'incorporation de 21 à 20 ans. (La classe 1913 est incorporée en 1913 et non 1914).

Du service militaire au service national[modifier | modifier le code]

En 1923, le service militaire est réduit de 3 ans à 18 mois. Les premières préparations militaires voient le jour, dont la préparation militaire supérieure (PMS) destinée à sélectionner des officiers issus du contingent. Le , la loi Paul Painlevé, sous le gouvernement Poincaré IV, réduit la durée du service militaire à un an obligatoire[16]. En 1935 cependant, la durée repassera à deux années.

Le , les militaires récupèrent le droit de vote perdu en 1872[17].

Quatrième République[modifier | modifier le code]

En 1946, le service militaire est rétabli pour une durée d'un an. Cette loi restaure un service militaire universel et égalitaire. Quatre ans plus tard, en 1950, la durée est portée à 18 mois, et maintenu jusqu'à 30 mois durant la guerre d'Algérie.

Cinquième République[modifier | modifier le code]

Evolutions du service national[modifier | modifier le code]

Le , la durée du service est ramenée à 16 mois, par décret. La notion d'objection de conscience est introduite dans une loi[2] et les scientifiques du contingent font leur apparition.

Le , la loi Messmer, du nom du ministre des Armées, indique que le service n'est plus « militaire », mais « national ». Elle prévoit quatre formes de service national : un service militaire, un service de défense, la coopération dans un pays étranger et l'aide technique dans les départements et territoire d'outre-mer[18]. Le statut d'objecteur de conscience est défini comme une variante clairement codifiée du Service national. Les conseils de révision sont remplacés par les centres de sélection et les « trois jours »[19].

En 1970, le service national devient accessible aux femmes sous la forme du volontariat[2], et ouvre la possibilité d'un Service national dans la gendarmerie[18].

Le , la loi Debré ramène la durée du service national à un an. Les sursis sont supprimés, dans une tentative de rétablir une égalité déjà mise en doute. En août de la même année, la codification des différentes préparations militaires, dont la préparation militaire supérieure (PMS), qui permet aux appelés d'accéder au statut d'officier durant leur service national, puis d'officier dans la réserve[20] est mise en place. Les autres préparations militaires permettent de choisir une arme, Terre, Marine ou Air, et d'accéder à des fonctions de sous-officier. En dépit de la sélectivité, de très nombreux appelés suivront ces préparations militaires, (jusqu'à 10 % du contingent)[21], d'autant qu'elle permet de choisir une date d'incorporation.

Le , le décret n°72-806 signe la mise en place effective du Code du service national, qui recense les lois et les réglementations applicables[22].

Le , le service national dans la gendarmerie reçoit sa forme définitive. Les reports initiaux automatiques jusqu'à 22 ans sont créés.

Le , une loi ouvre un service civil au sein de la Police nationale[18].

Le [23], la loi Joxe réduit la durée du service militaire à dix mois, celle du service des objecteurs à vingt mois. Cette loi ouvre aussi la possibilité d’un service de sécurité civile.

Suspension du service[modifier | modifier le code]

Les bouleversements géopolitiques consécutifs à la disparition du bloc de l'est remettent en cause la politique française de défense dès le début des années 1990. Ainsi dans le cadre de la préparation des élections législatives du printemps 1993, le RPR propose en décembre 1992 une liste de réformes pour la législature à venir. Parmi celles-ci, la diminution progressive du format des armées par la réforme du service national. Le même document indique que le pays : « a besoin de se doter d'une véritable armée professionnelle et doit, dès lors, renoncer au principe de la conscription »[24].

Le , le président de la République française Jacques Chirac, annonce « sa décision » de professionnaliser les armées[25]. Il laisse sous-entendre que la seule solution est de supprimer définitivement la conscription obligatoire, et qu'elle devra être remplacée par un volontariat. Il lance toutefois un « grand débat national ». Le Premier ministre Alain Juppé et le ministre de la Défense Charles Millon sont chargés du dossier.

Le , la mission d'information de l'Assemblée nationale rend son rapport d'information, « la France et son service », dit « rapport Séguin ». Ce rapport consacre près de 40 pages (sur 170) à souligner les carences de la démarche du gouvernement, ainsi que l'absence de débat approfondi sur le service national et l'absence de consultation suffisante du Parlement. En outre, il formule « les réserves les plus formelles tant sur la durée que sur les modalités de la période de transition de six années ».

Le « grand débat national » prend fin le 26 mai 1996. Le chef de l'État annonce la teneur de la réforme du service national. Les hommes nés avant 1979 continueront d'effectuer le service selon l'« ancienne formule », dont la « durée sera progressivement réduite ». Ils connaîtront une « disparité de destin et d'obligation », mais « les besoins de la défense nous l'imposent ».

La loi de programmation militaire (n° 96-589) est adoptée, après déclaration d'urgence, le 20 juin, et publiée au Journal officiel le 2 juillet 1996. Elle fixe la durée de la transition entre armée de conscription et professionnelle à six années, ainsi que le budget alloué à cette transition.

Le , un premier projet de loi portant réforme au service national, dans lequel figure le rendez-vous citoyen d'une semaine et la suspension de la conscription, est déposé au Parlement par Charles Millon. La dissolution de l'Assemblée nationale le en suspend l'examen. La nouvelle majorité issue des élections du mois de juin ne reprend pas le texte; elle adopte le 22 septembre suivant en première lecture, après déclaration d'urgence, un nouveau projet de loi portant réforme du service national. Adopté définitivement le 21 octobre, la loi est promulguée le 28 octobre 1996. L’appel sous les drapeaux est suspendu. Des lors, est mis en place le recensement et la Journée d'appel de préparation à la défense (JAPD). Cette journée est étendue aux jeunes femmes et ouvre la possibilité d'effectuer des périodes de volontariat dans divers secteurs de la défense, de la sécurité, de la solidarité, de la coopération et de l’aide humanitaire[18].

La loi crée la préparation militaire d'initiation et de perfectionnement à la défense nationale (PMIP-DN)[26]. La préparation militaire supérieure (PMS) est conservée, en vue de pourvoir en officiers de réserve. Elle est complétée le par une loi relative aux volontariats civils.

Le , le collectif « SansNous » est créé. Fédérant les derniers sursitaires, il se fixe comme objectif d'abréger la fin du service national et d'écarter les poursuites judiciaires qui pourraient être engagés contre les déserteurs ou contre les insoumis. Le 21 juin suivant, en réaction aux actions des derniers sursitaires, le ministre de la Défense Alain Richard annonce devant l'Assemblée nationale que les titulaires de CDI seront désormais exemptés de fait. Le suivant, le ministre de la Défense annonce des mesures de valorisation pour les derniers appelés au service national comme la libération anticipée au bout de huit mois de service pour les appelés trouvant un CDI pendant cette période et une prime de 4 000 F pour ceux qui iront au bout des dix mois. Le , le décret no 2001-550 relatif à la libération anticipée des appelés du service militaire est signé, mettant fin à la conscription avec environ une année d'avance en regard de la période de transition initialement fixée. Les appelés militaires déjà sous les drapeaux sont tous libérés le 30 novembre 2001, chaque contingent effectuant un mois de service en moins que le contingent précédent. Les derniers objecteurs de conscience sont libérés en juillet 2002.

En 2002, la conscription est suspendue. Un « parcours citoyen » est mis en place. Il est constitué d'un recensement, d'une information délivrée par l'Éducation nationale sur le domaine de la Défense et de la Journée défense et citoyenneté. Le service national est remplacé par un service volontaire, ouvert à tous les jeunes Français de 18 à 26 ans, pour une durée variant d'un à cinq années.

Le , le service militaire volontaire (SMV) est créé. Rapidement, le suivant, un premier centre du service militaire volontaire ouvre à Montigny-lès-Metz.

Dispositifs citoyens[modifier | modifier le code]

L'engagement au service de la France est renforcé par des dispositifs civiques mis en place tout au long de la Cinquième République :

Le service national universel[modifier | modifier le code]

En juin 2018, le Premier ministre Édouard Philippe annonce la mise en place d'un service national universel d'une durée d'un mois pour tous les jeunes de 16 ans. Il doit être lancé en 2019[27].

Entrée[modifier | modifier le code]

Les "trois jours" ont permis d'orienter le futur soldat appelé vers une arme et vers une unité militaire, que celui-ci est tenu de rejoindre le jour de son incorporation.

A son arrivée, le nouveau soldat reçoit un uniforme ; en conséquence, il remise ses vêtements civils. Il reçoit une coupe de cheveux standardisée, très courte et impersonnelle. Il passe de nouveau la visite médicale où il subit une série d'examens afin de définir son aptitude à servir l'unité assignée, telle qu'un régiment dans l'Armée de terre[28].

Raison[modifier | modifier le code]

Le service militaire est un acte citoyen[29]. Pour certains, il permettrait d'accéder à une forme de maturité sociale. Les futurs soldats sont sélectionnés par diagnostics physique et mental[30]. La pratique militaire permet de découvrir une forme de hiérarchie sociale, matérialisée par le système des grades, celui des décorations et des dignités[31].

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Fêtes des conscrits[modifier | modifier le code]

Costume de conscrit en Alsace

Dans de nombreuses communes (pour la plupart rurales), les appelés organisaient des manifestations avant leur départ. Après la guerre d'Algérie, le manque d'adhésion de la jeunesse au principe du service militaire avait fait pratiquement disparaitre cette tradition dans la grande majorité des communes. Le Service national suspendu, ces fêtes des conscrit sont encore cependant toujours organisées dans certains villages, soit par des jeunes (rarement), soit (beaucoup plus souvent) par des anciens appelés.

Article connexe : Conscrit.

Expressions relatives au service[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (5 décembre 2017)
  • Faire ses classes : recevoir un enseignement militaire de base. La période des « classes » initiales était selon les époques, comprise entre un et deux mois. La formation initiale pouvait être prolongée de formations complémentaires, en écoles de sous-officier ou d'officiers, ou en formations spécialisées. Les « Classes » se déroulaient selon un régime disciplinaire strict, avec peu de congés (« Permission »). A l'issue de ses classes, l'appelé recevait une affectation dans une unité, qu'il conservait souvent jusqu'à la fin de la durée légale de son service. Cette unité pouvait être soit une unité de combat, soit une unité de soutien, de logistique, de commandement ou spécialisée. Le régime en unité était plus souple et comportait davantage de libertés que durant la période contrainte des classes ;
  • « Le gégène » : le général ;
  • « Le colon » : le colonel ;
  • « Le juteux » : l'adjudant ; sous-officier supérieur avec lequel les contacts sont fréquents ;
  • « L'aspi » : l'aspirant, officier souvent issu du contingent, comme l'appelé lui-même ;
  • « Le margi » : le maréchal des logis (appellation du grade de sergent dans la cavalerie, le matériel, le train, l'artillerie et la gendarmerie) ;
  • Premier cul : soldat de première classe ;
  • Percevoir : se voir remettre une somme (la solde), du matériel militaire (une arme, des éléments d'uniforme) ;
  • La quille : le dernier jour du service obligatoire. Les appelés faisaient souvent une fête en portant une quille de bois autour du cou ou en décorant une quille de manière très personnalisée ;
  • Appelé du contingent : par opposition au soldat de métier ;
  • Coopé : pour « coopérant », appelé effectuant son service en civil, sans formation militaire, sous la forme d'une Coopération du Service national à l'étranger (CSNE), ou CSN
    • auparavant : VSN, pour « Volontaire du Service National » (VSNA : administratif, et VSNE : en entreprise, dans le secteur privé) ;
  • Réformé P4 : réformé pour des motifs psychologiques incompatibles avec le service militaire, qui pouvaient être consécutifs à des techniques de simulation ;
  • Les trois jours : journées d'évaluations effectuées dans un « Centre de Sélection et d'Orientation » (CSO) durant lesquelles des tests psychotechniques et des examens médicaux étaient réalisés. Ces examens déterminaient si l'appelé était apte ou non au service militaire et dans quelle arme ou unité il serait convoqué ;
  • VSL : pour Volontaire Service Long : effectuant un service d'une durée supérieure à la durée légale en vigueur ;
  • VSLOM : pour Volontaire Service Long Outre-Mer ;
  • EOR : pour Élève Officier de Réserve. Sur la base du volontariat, l'EOR, soit issu des cursus de formation de sous-officiers (sous réserve de notes minimales), soit des appelés titulaires de Préparation Militaire Supérieure (PMS) suivait une formation d'officier dans une unité d'instruction spécialement dédiée. Les EOR achevant leur formation avec succès étaient nommés aspirants ;
  • ORSA : Officier de Réserve en Situation d'Activité. Officier issu du contingent, volontaire pour un contrat de quelques années ;
  • EVDA : pour Engagé Volontaire par Devancement d'Appel
  • PESO : pour Peloton des Élèves Sous-Officiers. Ces unités d'instruction spécialisée formaient les sous-officiers issus du contingent. La note obtenue au stage leur permettait de prétendre aux différents grades : caporal, caporal-chef, puis sergent. Les meilleurs élèves pouvaient postuler comme EOR. A l'issue de leur service, ils pouvaient poursuivre comme sous-officiers de réserve ;
  • PEG : pour Peloton des Élèves Gradés. Comme le PESO (ci-dessus), pour les élèves sous-officiers appelés de l'Armée de l'air ;
  • FETTA : pour Formation Élémentaire des Techniques Toutes Armes, correspondant au 1er mois de classe, dans l'Armée de terre ;
  • CIM : pour Centre d'Instruction Militaire, Unité de l'Armée de l'air française dédiée à la formation initiale du contingent (voir, par exemple, Centre d'instruction militaire de la Cité de l'Air ou CIMCA) ;
  • MIMA : pour Manuel d'Instruction Militaire de l'Aviateur, livre unique regroupant les notions et les connaissances de base attendues d'un appelé du contingent de l'Armée de l'air française ;
  • TTA : pour « Traité Toutes Armes », ensemble de manuels divers, traitant les différentes matières militaires ;
    • TTA 150 : manuel des sous-officiers qui se compose de vingt tomes (topographie, armement, transmissions combat, par exemples) ;
  • FAMAS : acronyme désignant le « Fusil d'Assaut de la Manufacture d'Armes de Saint-Étienne » (appelé aussi « Le clairon »). Cette arme était en service lors de la suspension de la conscription, en 2001 ;
  • FSA : appelé communément ainsi pour « Fusil Semi-Automatique », en réalité c'est le MAS 49. Cette arme individuelle a précédée le FAMAS ;
  • Feuille de route : ordre écrit de rejoindre un lieu d'affectation ;
  • FFA : pour Forces Françaises en Allemagne. Unités militaires stationnées en Allemagne, après la seconde guerre mondiale ;
  • « Partir sous les drapeaux » : convocation à rejoindre une unité militaire en tant qu'appelé du contingent, tenu de servir durant la durée légale en vigueur ;
  • Permission : congé. Souvent les appelés désignaient les courtes permissions (quatre jours, maximum) par le nombre d'heures qui leur avait été ainsi octroyés : par exemple : une « 72 » correspondait, à une permission de 72 heures soit trois jours. Les permissions longues étaient rares, durant la période légale de service national ;
  • Détente : congé de plus de quatre jours ;
  • Libération : fin du service militaire, moment de "la quille", cf supra. Il était de coutume pour certains appelés de faire état de leur situation de prochaine libération en criant par provocation le mot Zéro ou (nombre de jours restant) « dans ta gueule ! » à leur interlocuteur. Cette action était aussi connue sous l'appellation de « Péter son chiffre » ; d'où la question en retour : « Tu pètes combien dans le bordel ? »
  • Sursitaire : la convocation sous les drapeaux se faisait en principe la vingtième année de l'appelé. Le sursitaire est un jeune majeur bénéficiant d'un délai maximum de cinq années avant d'accomplir son service. Ce mode servait principalement aux étudiants, leur permettant de fixer eux-mêmes la date précise de convocation sous les drapeaux. Ce droit s'obtenait notamment par l'accomplissement d'un stage de préparation militaire (PMS, PM-Air, PM-Marine, PM-Terre ou PM-Parachutiste, par exemples) ;
  • Bidasse : soldat 2e classe ; situation standard de l'appelé du contingent ;
  • Guerroyer : combattre ; par extension, participer à des manoeuvres, entraînement militaire spécifique visant à former aux conditions du combat ;
  • L'ordinaire : la nourriture prodiguée par "le mess", la cantine militaire ;
  • Le mess : la cantine pour officier et pour le sous-officier à partir du grade d'adjudant, voire parfois sergent ; les mess étaient généralement séparés : mess des officiers, mess des sous-officiers, mess de la troupe ;
  • Carte SMA (SMA pour « Service Militaire Actif ») : servait de pièce d'identification aux appelés, ainsi que de titre de transport SNCF octroyant des voyages gratuits (un par mois) et des réductions pour les autres voyages ;
  • Le trou ou le gnouf", ou le niouf : bâtiment carcéral, prison, interne à un établissement militaire. « Jours de trou » : sanction disciplinaire infligée à l'encontre aussi bien d'un appelé que d'un engagé. Hors cas graves, cette sanction n'est pas décidée par un tribunal militaire mais par l'officier ou le sous-officier qui constate les faits ou à qui ils sont rapportés. Le puni n'y passe que ses nuits en général, la journée il exerce ses activités comme les non punis. Les « Jours de trou » sont aussi des « Pains » : le militaire reçoit « trois pains », par exemple ;
  • « Être scratché » : être en attente de punition. Par métonymie, vient du nom « scratch » donné familièrement à la bande velcro portant le patronyme de l'appelé, sur la tenue de combat (ou treillis). Cette bande nominative était arrachée par le gradé, qui la conservait le temps de rédiger les bulletins de punitions en fin de journée. Ces punitions étaient généralement celles infligées en école, durant les cursus de formation (classes, PEG ou PESO, unité de formation d'EOR) ;
  • Être AD : être à la disposition d'un officier, sous-officier ou un service de la caserne pour des tâches diverses ;
    • Être ADTG vise l'appellation d'un Appelé mis à la Disposition de l'Officier responsable des engins de Tir et de Guidage. A ces fins, l'ADTG a suivi une formation électronique afin de pouvoir réparer le matériel de tir, tel que la télécommande de tir et la réception du missile. En opérations de guerre, si un missile tombe sans effet entre les lignes, il a pour mission d'aller le rechercher et de le rapporter pour le réparer ;
    • Être AD la plage : être oisif. Peuvent suivre des réprimandes, parmi lesquelles « Ce n'est pas la fête du slip ! » ;
  • Les sobriquets des appelés : pendant la période durant laquelle le service était de douze mois, de 1970 à 1992), les nouveaux appelés arrivaient tous les deux mois, les incorporations se faisant seulement les mois pairs. L'appelé qui, par exemple, débutait son service avec le « contingent 08/86 » était donc arrivé et incorporé début août 1986. Les contingents d'août (08) et d'octobre (10) étaient marqués par la forte présence d'étudiants, en raison du découpage de l'année universitaire. La « classe » désignait une génération de jeunes hommes tous âgés de vingt ans ; la « classe 1984 » désigne ainsi les jeunes hommes nés en 1964. Avec les mécanismes de sursis, une même classe pouvait rejoindre des contingents différents, le service national s'effectuant entre l'âge de 18 ans et celui de 23 ans ;
    • Bleu bite (jusqu'à deux mois d'ancienneté) : désigne un appelé en période de formation initiale, de « classes » ;
    • Bleu ou Bittard : appelé possédant deux à quatre mois d'ancienneté ;
    • Pierrot : appelé présent depuis quatre à six mois ;
    • Ancien : appelé avec six à huit mois d'ancienneté ;
    • Quillard : appelé de huit à dix mois de présence. Un « Père cent » désignait plus spécifiquement un « quillard » à qui il restait moins de cent jours de service à effectuer ;
    • Libérable ou abrégé en « Rable » : après dix mois de service, il lui restait moins de soixante jours de service à accomplir, jusqu'au jour de la libération effective ;
    • « ADL » au-dessus de la durée légale. Par exemple, lorsque la durée légale du service était de douze mois, toute période supplémentaire au-delà de l'année civile était "ADL". L'appelé ADL bénéficiait de droits supplémentaires, notamment d'une meilleure solde. Dans certains cas, les grades ADL étaient différents : par exemple, celui de sergent issu du contingent était représenté différemment selon que le titulaire du grade était encore à l'intérieur de la durée légale en vigueur, ou "au-delà" de cette durée, ADL ;
    • « super ADL » au-dessus de deux années de service, pendant la guerre d'Algérie. Après 1962, la durée maximum "ADL" était d'une année, soit deux années de service militaire (douze mois de durée légale et douze mois de volontariat au-delà de cette durée) ;
    • Rabiste : appelé dont la durée de service est prolongée, souvent pour des motifs disciplinaires (excès de sanctions disciplinaires, ou de « trou ») ;
    • Rampouille : appelé qui décide de signer un engagement dans l'armée après son service militaire.

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Voir à la partie Filmographie de l'article suivant :

  • Les dialogues de films :

Dans Le juge Fayard dit le shérif (Yves Boisset, 1977), le personnage de Camus, joué par Jean-Marc Thibault, déclare aux journalistes, à sa sortie de prison : « Les gardiens ont été très corrects. Vous savez,ce n'est pas pire que le service militaire ! ».

Chanson[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Larousse, « Service militaire », sd (consulté le 13 février 2018)
  2. a, b, c et d La Croix, « L'Histoire du service national », (consulté le 13 février 2018)
  3. a et b Le Figaro - Eugénie Bastié, « Petite histoire du service militaire en France », (consulté le 13 février 2018)
  4. Loi no 97-1019 du , publiée au Journal officiel de la République française no 260 du , p. 16251
  5. « Le service national sera t'il obligatoire », sur France Info, (consulté le 13 février 2018)
  6. P. Couissin et J. Léon-Heuzey, Les institutions militaires et navales [des Grecs], Paris, Belles Lettres, 1931.
  7. Bernard Schnapper, Le remplacement militaire en France, Paris, S.V.E.P.E.N., 1968.
  8. Jérôme Croyet, Soldats de Napoléon, l'épopée racontée par ceux qui l'ont faite, Editions Gaussen, 2010
  9. Loi sur le recrutement de l'armée, loi no 3695, Bulletin des lois, 7e série, no 200, p. 121–133.
  10. a et b Ministère des Armées, « Le saviez-vous ? La loi « des curés sac à dos » », (consulté le 14 février 2018)
  11. Loi du 27 juillet 1872 sur le Recrutement de l'armée, promulguée au Journal officiel du 17 août 1872, Bulletin des lois, n° 101, p. 97 disponible sur Gallica.
  12. Loi du 15 juillet 1889 sur le Recrutement de l'Armée, promulguée au Journal officiel du 17 juillet 1889, Bulletin des lois, n° 1263, p. 73 disponible sur Gallica.
  13. Loi du 21 mars 1905 modifiant la loi du 15 juillet 1889 sur le Recrutement de l'Armée publiée au Journal officiel du 23 mars 1905, Bulletin des lois, n° 2616, p. 1265 disponible sur Gallica.
  14. Duval 2005, p. 40.
  15. Loi du 7 août 1913 modifiant les lois des cadres de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie et du génie, en ce qui concerne l'effectif des unités et fixant les conditions du recrutement de l'armée active et la durée du service dans l'armée active et ses réserves, promulguée au Journal officiel du 8 août 1913, Bulletin des lois, n° 110, p. 2077 disponible sur Gallica.
  16. France Auteur du texte, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie nationale, (lire en ligne)
  17. Sénat, « Interdiction d'adhésion à des partis politiques », (consulté le 13 février 2018)
  18. a, b, c et d La documentation française, « Chronologie », (consulté le 14 février 2018)
  19. Ministère de la Défense, Secrétariat Général pour l'Administration, « L'organisation du service militaire, reflet des évolutions de la société française », (consulté le 13 février 2018)
  20. Article R. 133 du Code du service national http://www.easydroit.fr/codes-et-lois/Paragraphe-1er-Preparation-au-service-militaire-du-Code-du-service-national/S72631/
  21. Rapport Sénat Préparations Militaires http://www.senat.fr/rap/l97-004/l97-00416.html
  22. Code du service national sur legifrance.fr
  23. Loi n° 92-9 du 4 janvier 1992 modifiant le code du service national.
  24. « Le RPR propose « vingt réformes pour commencer à changer la France » », Le Monde, 20-21 décembre 1992
  25. « Discours de M. Jacques Chirac, Président de la République, sur la réorganisation et la professionnalisation de l'armée, la modernisation de l'industrie de défense et le projet de suppression du service national », Paris le 23 février 1996.
  26. Stage d’initiation et de perfectionnement à la Défense nationale, defense.gouv.fr/air
  27. « Le service national obligatoire va durer un mois à l'âge de 16 ans », ladepeche.fr, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  28. Pennac 1973, p. 85.
  29. Pennac 1973, p. 9.
  30. Pennac 1973, p. 10.
  31. Pennac 1973, p. 12.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Eugène-Jean Duval, L'Épopée des tirailleurs sénégalais, Paris, L'Harmattan, (ISBN 9782747585934)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Daniel Pennac, Le Service militaire au service de qui ?, Paris, Seuil, , 176 p. 

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]