Théâtre du Rond-Point

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Théâtre du Rond-Point
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Surnom Le Rond-Point
Type Théâtre
Lieu Paris VIIIe, Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 52′ 04″ nord, 2° 18′ 40″ est
Architecte Gabriel Davioud
Inauguration 1860
Nb. de salles 3
Anciens noms Rotonde du Panorama National
Palais de Glace
Théâtre du Rond-Point des Champs-Elysées
Tutelle Mairie de Paris et Ministère de la Culture (France)
Direction Jean-Michel Ribes
Site web www.theatredurondpoint.fr
logo de Théâtre du Rond-Point
Logo de Théâtre du Rond-Point.
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Théâtre du Rond-Point
Géolocalisation sur la carte : 8e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 8e arrondissement de Paris)
Théâtre du Rond-Point

Le théâtre du Rond-Point est un théâtre parisien, situé dans le 8e arrondissement, 2bis avenue Franklin-D.-Roosevelt, à proximité des Champs-Élysées.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1838, l'architecte Jacques Hittorff est chargé par Louis-Philippe de réaliser une rotonde dans le grand carré des Jeux des Champs-Élysées. Inaugurée en 1839, elle est intégrée aux bâtiments de l'Exposition universelle de 1855 puis détruite l'année suivante. Une nouvelle rotonde, nommée Panorama National, est alors construite en 1860 par l'architecte Gabriel Davioud à l'angle de l'« avenue d'Antin » (actuelle avenue Franklin-D.-Roosevelt) et des Champs-Élysées. Connu également sous le nom de Panorama des Champs-Élysées, il est destiné à exposer des peintures à 360° qui figurent le plus souvent des batailles historiques, mais également des destinations lointaines telles que les pyramides. Dans cette attraction qui fleurit partout en Europe au XIXe siècle, on vient admirer au centre de toiles peintes de 14 m de hauteur et de 120 m de circonférence les grandes batailles de l'Empire (panoramas de Sébastopol et de Solférino)[1]. Le peintre Jean-Charles Langlois (1789-1870) conserve la direction artistique de l'établissement, inauguré le [2].

En décembre 1893, l'intérêt pour les panoramas passant de mode, le site devient une patinoire dénommée le Palais de Glace. Cette patinoire couverte est l'une des attractions les plus en vogue du Paris de la Belle Époque, et demeure en activité jusqu'à la fin des années 1970. Une petite usine frigorifique était aménagée en sous-sol pour produire la glace, à raison de 2 tonnes par heure, ainsi que l'électricité pour l'éclairage[3].

En 1981, la compagnie de Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault doit quitter l'ancienne gare d'Orsay où doit être créé un musée et transporte la structure mobile et démontable qui avait été conçue au théâtre d'Orsay pour la remonter dans la nouvelle enceinte[4]. La rotonde, domaine municipal, est vidée et réaménagée par les architectes Biro et Fernier. Le Conseil général de Paris alloue à la troupe de théâtre un bail de vingt ans. Le théâtre ouvre ses portes en avec un spectacle de Jean-Louis Barrault, L'Amour de l'amour, d'après des textes d'Apulée, La Fontaine et Molière.

De 1981 à 1991, jusqu'au départ du couple Renaud-Barrault, le théâtre du Rond-Point présente des œuvres contemporaines (Marguerite Duras, Nathalie Sarraute, Samuel Beckett, Yukio Mishima) ainsi que des spectacles traditionnels venus d'Extrême-Orient (Ramayana de Thaïlande, opéra javanais, musiques et danses tibétaines).

En 1991, le ministère de la Culture confie le Rond-Point à une association présidée par Robert Abirached et nomme Chérif Khaznadar à la direction du théâtre le . Des travaux de rénovation et d'aménagement sont confiés à l'architecte Jean-Michel Wilmotte : aménagement d'un vaste hall d'entrée, d'une salle d'exposition, du restaurant, création d'une librairie. Le Rond-Point/théâtre Renaud-Barrault héberge alors l'Académie expérimentale des théâtres, dirigée par Michelle Kokosowski et accueille une partie de la programmation de la Maison des cultures du monde et du Festival d'Automne de Paris.

En 1995, Marcel Maréchal prend la direction du Rond-Point. La grande salle est entièrement remodelée et redécorée. Elle prend le nom de salle Renaud-Barrault et compte 760 places. La petite salle devient salle Jean Vauthier, la salle d'exposition galerie Audiberti. La première saison s'ouvre avec la Trilogie de Paul Claudel : L'Otage, Le Pain dur, Le Père humilié et se poursuit avec Quoat-Quoat de Jacques Audiberti. De 1996 à 1997, sept spectacles sont présentés, parmi lesquels En attendant Godot de Samuel Beckett et la création de Les Enfants du paradis de Jacques Prévert. En 1998, Rêver peut-être de Jean-Claude Grumberg dans une mise en scène de Jean-Michel Ribes.

En 2000-2001, la direction provisoire du théâtre est confiée à Philippe Buquet.

Entrée du théâtre.

En 2001, la direction du théâtre est confiée à Jean-Michel Ribes — auteur dramatique, metteur en scène et cinéaste — qui en fait un haut lieu de la création contemporaine en s'engageant à ne produire et diffuser que des auteurs vivants. Le théâtre est renommé le Rond-Point tout court, jugé plus efficace. Une troisième salle est créée et Gérard Garouste peint le nouveau logo : « […] un auteur, un homme qui marche, avec une plume en forme de nuage qui fait qu'il rêve. Mais on voit dépasser son sexe pour montrer qu'il y a une vitalité...[1] » (Jean-Michel Ribes). Depuis 2004, Stéphane Trapier collabore avec le théâtre du Rond-Point dont il réalise toutes les affiches[5].

De 35 à 40 spectacles par an sont programmés, « pas ce que les gens aiment, mais ce qu'ils ne savent pas encore qu'ils aiment. […] C'est toujours une rampe de lancement, un théâtre d'aéroport : on s'asseoit et on décolle vers des destinations inconnues » (Ribes)[1].

Scandale[modifier | modifier le code]

En , la présentation de la pièce Golgota picnic de Rodrigo Garcia suscite les protestations de militants catholiques traditionalistes qui manifestent devant le théâtre.

Mécanisme des subventions[modifier | modifier le code]

Le théâtre du Rond-Point est un théâtre subventionné à parité par l'État à travers le ministère de la Culture et la mairie de Paris. En 2014, il bénéficie de subventions de près de 4 millions d'euros, dont une subvention d'exploitation de 1 960 000 euros HT de la part de la mairie de Paris. Pointé du doigt par des élus de droite pour ce montant élevé de subventions, Jean-Michel Ribes rappelle que le budget annuel de la SARL est néanmoins constitué de recettes propres pour 64 % (dont 48 % de billetterie et apports artistiques)[6]. Le restaurant du théâtre est fermé en 2016 après sa mise en faillite[7] mais a depuis réouvert, entièrement redécoré par le scénographe Patrick Dutertre[8].

Transports[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro : Franklin D. Roosevelt (lignes 1 et 9) et Champs-Élysées - Clemenceau (lignes 1 et 13).

Vents contraires[modifier | modifier le code]

En , Jean-Michel Ribes et Jean-Daniel Magnin lancent Ventscontraires.net, le premier média en ligne européen porté par un lieu culturel. L'idée de départ était de créer une 4e salle virtuelle où pourraient intervenir des artistes qu'on ne peut pas voir sur les scènes du Rond-Point (écrivains, dessinateurs, vidéastes…), dans l'esprit de subversion joyeuse qui anime ce théâtre. En cinq ans, la revue collaborative du théâtre du Rond-Point a réuni 400 chroniqueurs de France et d’ailleurs, ainsi que de nombreux artistes et personnalités programmés au Rond-Point qui y ont rapidement trouvé leur place. Depuis , la revue a renforcé son travail éditorial en ouvrant chaque mois un dossier thématique qui pose une question de société à laquelle répondent les contributeurs de la revue et des spécialistes, philosophes, historiens, économistes, essayistes invités par la rédaction.

Chroniqueurs[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive


Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Sylvain Merle, « Le Rond-Point, quel panorama! », Le Parisien, 23 août 2021.
  2. Rolan Pozzo Di Borgo, Les Champs-Élysées : trois siècles d'histoire, Éd. de La Martinière, , p. 354
  3. Denis Cosnard, « Le Rond-Point des Champs-Elysées et sa fabrique de glace », lafabriquedeparis.blogspot.fr, 1er février 2013.
  4. Jean Louis Barrault à propos du théâtre du Rond-Point sur www.fresques.ina.fr (consulté le 2 décembre 2018)
  5. Sandrine Blanchard, « L’affiche de Patrick Timsit refusée par JCDecaux », Le Monde, 15 janvier 2015.
  6. Jean-Michel Ribes, « Ma réponse aux accusations de Nathalie Kosciusko-Morizet », huffingtonpost.fr, 12 mars 2014.
  7. « Paris : le théâtre du Rond-Point privé de restaurant », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », vendredi 9 septembre 2016, page 36.
  8. « Restaurant du Théâtre du Rond-Point », sur France Bleu (consulté le )