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Collège de France

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Collège de France
Site Marcelin-Berthelot.
Histoire
Fondation
1530
Statut
Type
Forme juridique
Établissement public national à caractère scientifique culturel et professionnel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom officiel
Collège royal
Fondateur
Directeur
Devise
Docet omnia[1] (Il enseigne tout) - latin
Membre de
Site web
Localisation
Pays
Ville
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Le Collège de France, anciennement nommé Collège royal, est un grand établissement d'enseignement et de recherche français, institué par François Ier en 1530. Il est situé place Marcelin-Berthelot dans le 5e arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin.

Recherche et enseignement sont étroitement liés au Collège de France, qui se donne pour ambition d'enseigner « le savoir en train de se constituer dans tous les domaines des lettres, des sciences ou des arts ». Il dispense des cours de haut niveau qui sont gratuits, non diplômants et ouverts à tous sans condition ni inscription. Cela en fait un lieu à part dans le paysage universitaire français.

Être élu professeur au Collège de France, c'est-à-dire devenir titulaire d'une chaire, est l'une des plus hautes distinctions de l'enseignement supérieur français. Le Collège compte une cinquantaine de chaires, dont l'objet change en fonction des derniers développements de la science (une chaire pouvant, par exemple, être consacrée à la littérature après l'avoir été aux mathématiques), et dont le titulaire est élu par ses pairs en fonction de ses travaux antérieurs et non de ses titres universitaires[3]. Elles confèrent à leur titulaire un rayonnement particulier dans sa discipline, en France et aussi à l'étranger.

Le Collège de France est membre associé de l'université Paris Sciences et Lettres (université PSL)[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

D'abord appelé « Collège royal », l'institution a connu différentes appellations (« Collège impérial »), avant de recevoir son nom actuel en 1870.

Un de ses modèles est le Collegium Trilingue de Louvain, décidé en 1517, inauguré en 1518, et qui vise à répandre la pensée humaniste.

Création des lecteurs royaux puis professeurs royaux[modifier | modifier le code]

Le Collège royal par Claude Chastillon - 1612.
Plan du quartier du collège royal et du collège de Cambrai au XVIIIe siècle.
Entrée principale du Collège de France, au no 11 place Marcelin-Berthelot.

Sa fondation remonte à l’époque de François Ier, lorsqu’en 1530 son « maître de librairie », le grand traducteur d’œuvres antiques Guillaume Budé, lui suggère d’instituer un collège de « lecteurs royaux », en se basant sur ce qui se fait au collège des trois langues de Louvain[5]. Des humanistes payés par le roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l'université de Paris ignore[5].

Deux postes de lecteurs sont initialement créés, un pour le grec et un pour l'hébreu, mais en 1530 on trouve cinq lecteurs rapidement devenus six[6] :

puis ce nombre passe à dix avec :

Dès lors le Collège royal, dont la devise est « Docet omnia » (Il enseigne tout), reste un des lieux d’excellence de la transmission du savoir en France[1]. Les lecteurs royaux bénéficient des privilèges attachés aux conseillers du roi et à ses commensaux, avec droit de committimus. Une chaire de mathématiques est remplie à partir de 1576 en application du testament de Pierre de La Ramée appelée chaire de Ramus (Maurice Bressieu). Il y a dix-sept chaires à la fin du XVIe siècle avec la création de la chaire d'arabe (Arnoult de Lisle), ramenées à quatorze par Henri IV, mais qui spécialise une chaire de médecine en chaire d'anatomie, botanique et pharmacie (Pierre Ponçon). La chaire de droit canon (Hugues Guijon) est créée par Louis XIII ; Louis XIV ajoute la chaire de syriaque (Barthélemy d'Herbelot de Molainville). Une charge d'inspecteur est créée en 1688 en faveur d'un des professeurs pour représenter le collège auprès des différentes autorités publiques.

Les premiers lecteurs royaux ont été nommés par le roi sous l'influence de Guillaume Budé. À la suite de la contestation par Pierre de La Ramée de la compétence de Jacques Charpentier à occuper la chaire de mathématiques, Charles IX a instauré en 1566 la publicité de la vacance des chaires de professeurs. On constate cependant que les chaires ont continué à être acquises par un disciple d'un titulaire par survivance quand il a assuré l'intérim de certains cours. Le Grand aumônier de France, Jacques Amyot, a eu un grand pouvoir sur le collège qui a été conservé par ses successeurs jusqu'en 1671[7].

Le Collège de France a inspiré, à la fin du siècle des Lumières, les fondateurs du Conservatoire national des arts et métiers.

En 1848, l'éphémère École d'administration est adossée au Collège de France[8].

Le bâtiment du Collège royal[modifier | modifier le code]

C'est sous le règne d'Henri II que le Collège royal occupe son emplacement actuel, d'abord abrité dans les Collèges de Tréguier et de Cambrai. Leur réunion est décidée par Henri IV et le projet d'un édifice unique arrêté pour les remplacer et installer également la Bibliothèque royale. Claude Chastillon doit en dessiner l'aspect. L'assassinat du roi limite l'exécution du projet et seule une partie du collège prévu est réalisée sous la régence de Marie de Médicis (1612)[9].

Collège de France. Salle des collections (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS).

Ce n'est qu'en 1772 que des travaux, menés par l'architecte Jean-François Chalgrin, apportent des agrandissements autour de la cour d'honneur[10]. Les dernières modifications datent du milieu du XIXe siècle. Elles sont dirigées par l'architecte Paul Letarouilly qui donne son aspect actuel au Collège de France[11]. À partir de 1996 sont effectués des travaux dont le but est de créer de nouveaux espaces en sous-sol.

Actions du Collège de France hors ses murs[modifier | modifier le code]

Collège de France. Salle des assemblées (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS).

Dans le cadre de sa politique internationale, le Collège de France installe en 2009 une chaire d'accueil au Collège Belgique, une initiative de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts, de langue et de littérature françaises et de médecine de Belgique[12]. L'année suivante, en 2010, pour la première fois de son histoire, le Collège de France s'associe à d'autres institutions d'enseignement supérieur et de recherche en créant la fondation Paris Sciences et Lettres - Quartier latin[13]. Le succès du projet présenté par Paris Sciences et Lettres aux Initiatives d'excellence (Idex) en 2011 engage le Collège de France dans la constitution d'une université de recherche internationale.

Missions[modifier | modifier le code]

À l'heure actuelle, le Collège est divisé en sept ensembles de disciplines :

Il compte 45 chaires regroupées en cinq départements :

Il possède un groupe de cinq chaires renouvelées annuellement[14], auxquelles il faut adjoindre les nombreuses sommités scientifiques européennes qui sont régulièrement invitées.

Le Collège de France dispense des cours non diplômants de haut niveau dans ces disciplines scientifiques et littéraires. L'enseignement est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans l'enseignement supérieur français[1].

Le Collège de France favorise l'interdisciplinarité comme en témoignent, par exemple, les travaux de la chaire de philosophie de la connaissance, occupée par Jules Vuillemin de 1962 à 1990, et abordant des champs disciplinaires aussi divers que les mathématiques pures, la physique théorique, les sciences de l'ingénieur, la philosophie et les humanités grecques et latines. De même, en 2006, est créée la chaire de psychologie cognitive expérimentale occupée par Stanislas Dehaene qui croise les neurosciences et la psychologie.

Administrateurs[modifier | modifier le code]

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal est réalisé par l'architecte Jean-François Chalgrin en 1780. Il est entouré de bâtiments de laboratoires modernes conçus par Albert Guilbert. Deux autres immeubles sont dévolus au Collège de France à Paris, près du Panthéon et près du ministère de la Recherche.

Antenne du Collège de France[modifier | modifier le code]

Une antenne du Collège de France est située dans l'Europôle méditerranéenne de l'Arbois à Aix-en-Provence, en lien avec l'université d'Aix-Marseille. Cette annexe est consacrée aux risques climatiques et sismo-tectoniques et accueille, entre autres chercheurs Xavier Le Pichon (chaire de géodynamique) et Édouard Bard (chaire d'évolution du climat et de l'océan).

Bibliothèques du Collège[modifier | modifier le code]

La Direction des Bibliothèques, Archives et Collections (DBAC) du Collège de France réunit douze bibliothèques, un service d’archives, un département ressources en ligne, bibliométrie et services à la recherche ainsi qu’un département conservation et régie des œuvres, implantés sur deux sites du 5e arrondissement parisien (11 place Marcelin-Berthelot et 52 rue du Cardinal-Lemoine).

Ces bibliothèques, archives et départements mettent à disposition des lecteurs inscrits un ensemble de ressources documentaires imprimées ou en ligne de haut niveau ainsi qu’une palette de services qui sont détaillés.

Les collections des bibliothèques et archives sont signalées en ligne sur différents portails nationaux, une partie des fonds anciens est numérisée, et huit des douze bibliothèques sont labellisées Collections d’excellence par le réseau CollEx- Persée[16], réseau national de coopération entre bibliothèques dont l’objectif est de valoriser les documents utiles à la recherche scientifique et de favoriser leur accès à la communauté des chercheurs.

Les bibliothèques du Collège de France participent à des programmes de recherche, tissent des partenariats variés et sont membres de nombreux réseaux nationaux et internationaux, comme l’Association européenne des bibliothécaires sinologues (EASL)[17], le Réseau Ethnologie[18], ou DocAsie[19]. Elles sont également membres associés du département « Ressources et savoirs » de l’université Paris Sciences et Lettres (PSL)[20].

La bibliothèque patrimoniale propose un large éventail de revues en libre accès, des ressources en ligne et près de 80 000 documents. Ses collections rassemblent les ouvrages écrits par les professeurs anciens et actuels, les publications qui leur sont consacrées et des bibliographies conseillées pour leurs cours. La bibliothèque conserve et enrichit aussi un fonds ancien, consultable sur rendez-vous.

Le service des Archives propose aux chercheurs français et étrangers, internes et externes au Collège de France, la consultation des archives administratives, historiques et scientifiques collectées au sein de l’institution au fil des siècles ou reçues en don. Les inventaires détaillés des fonds traités et les fonds ou documents numérisés sont disponibles sur Salamandre[21] (bibliothèque patrimoniale numérique). Ils sont également consultables sur France Archives[22] et sur Calames[23].

La bibliothèque Claude Lévi-Strauss a été créée en 1960 en même temps que le laboratoire d’anthropologie sociale. Conçue dès l’origine pour être un instrument au service de la recherche, notamment en ethnologie et anthropologie sociale, elle comporte trois sections : les Human relations area files (HRAF)[24], la section des ouvrages et périodiques[25] et celle des archives des ethnologues[26]. L’organisation de la bibliothèque reflète la complémentarité des ressources documentaires et archivistiques, les différentes sections formant un ensemble cohérent : des notes de terrain aux ouvrages et articles publiés, c’est toute la production de certains chercheurs qui est ainsi mise à la disposition des utilisateurs[27].

La bibliothèque du Proche-Orient ancien regroupe, depuis le 1er janvier 2020, les fonds documentaires d’assyriologie et ouest-sémitiques. Le fonds d’assyriologie, issu de la bibliothèque d’assyriologie créée en 1936 par Charles Fossey, rassemble une collection spécialisée dans l’histoire du Proche-Orient ancien et en particulier dans la documentation cunéiforme, sumérienne et assyro-babylonienne. Il possède aussi un large ensemble de documents concernant l’Anatolie et les études hittites, hourrites et élamites. L'archéologie du Proche-Orient y tient également une place importante. Sont intégrés dans les collections le don des bibliothèques reçues de spécialistes du domaine, comme François Thureau-Dangin et Paul Garelli. Le fonds d’études ouest-sémitiques est constitué d’une collection spécialisée en linguistique chamito-sémitique, épigraphie ouest et sud sémitiques, l’histoire et l’archéologie du Proche-Orient, de l’Afrique du Nord et de l’Éthiopie. Une partie importante du fonds concerne l’étude de l’Ancien testament et des manuscrits de Qumrân. Sont intégrés dans ses collections les ouvrages légués par André Dupont-Sommer, Jean Starcky, Marcel Cohen, Maxime Rodinson et André Caquot. Ce fonds est issu de la bibliothèque d’études sémitiques créée en 1930 et rattachée en 1973 au Collège de France. La bibliothèque a reçu en 2020 le label CollEx- collections d’excellence.

La bibliothèque d'égyptologie possède un fonds spécialisé sur l’Égypte et la Nubie égyptienne de l’époque prédynastique à la période romaine, composé de près de 50 000 ouvrages, tirés à part et cartes anciennes consacrés à l’art et l’histoire, aux sources archéologiques, ainsi qu’à la philologie, la linguistique, l’épigraphie et la paléographie hiéroglyphiques, hiératiques, démotiques et coptes. Une partie du fonds est également consacrée à la représentation de l’Égypte pharaonique depuis la fin du paganisme jusqu’à aujourd’hui, ainsi qu’aux recherches historiographiques sur l’égyptologie, les voyageurs ou le développement de la photographie au Proche-Orient. Au sein de ces collections, près de 18 000 documents proviennent du don reçu en 2008 de l’intégralité de la bibliothèque du professeur Jean Leclant. La bibliothèque conserve en outre de nombreux fonds d’archives scientifiques[28] d’anciens professeurs titulaires de la chaire et d'égyptologues français et étrangers, incluant des archives manuscrites, des tirages photographiques, des calques ou des estampages. La bibliothèque a reçu en 2019 le label CollEx- collections d’excellence.

La bibliothèque d'études chinoises traite des périodes pré-impériale et impériale (jusqu’à la République). Elle a été créée en 1927 dans le cadre de l’Institut des hautes études chinoises (IHEC) fondé en 1920 et s’est rapidement développée grâce à un financement du ministère des Affaires étrangères et avec les conseils de savants tels que Marcel Granet, Paul Pelliot, ou encore Henri Maspero. Elle s’est augmentée dans les années 1950 de la riche bibliothèque du Centre d’études sinologiques de l’université de Paris à Pékin. Elle a également reçu des legs substantiels de Louis Hambis et d’autres professeurs. La bibliothèque de l’IHEC fait partie des bibliothèques du Collège de France depuis 1972 et recense environ 150 000 volumes, incluant des ouvrages rares (shanben 善本), ainsi que l’une des plus grandes collections européennes de monographies locales (difangzhi 地方志) mais également un riche fonds de collectanea (congshu 叢書). Elle propose aussi un fonds de 1600 titres de périodiques, dont 400 abonnements en cours et donne accès à une offre de documentation en ligne spécialisée, comme la base de données Scripta sinica. La bibliothèque possède également une riche collection d’ouvrages anciens et rares, dont une partie est numérisée et accessible en ligne sur Salamandre[29]. Partenaire de la bibliothèque centrale de Taiwan, comme des projets de recherche COREL[30] et CHI-KNOW-PO[31], la bibliothèque d’études chinoises a reçu en mai 2021 le label CollEx- collections d’excellence.

La bibliothèque d'études coréennes propose environ 35 000 ouvrages et revues, majoritairement en coréen, mais aussi en anglais, en français et en chinois. Ses collections sont consacrées à la littérature, l’histoire, la religion, la philosophie, le droit et, pour une moindre part, aux sciences sociales et aux beaux-arts de la Corée jusqu’en 1953 et à ce jour la moitié d’entre elles sont signalées dans le catalogue Sudoc. Une partie de ses fonds anciens est numérisée et accessible en ligne sur Salamandre[32]. Un partenariat avec la Korea Foundation[33] permet à la bibliothèque d’accueillir chaque année un ou une stagiaire pour dix mois dans le cadre du Korea Foundation Global Challengers Library Internship Program.

La bibliothèque d'études indiennes et centrasiatiques est fondée en 1927 à l’initiative d’Émile Senart, Alfred Foucher et Sylvain Lévi et abrite un fonds de plus de 70 000 volumes d’ouvrages imprimés dont 600 titres de revues (40 en cours d'abonnement) et une sélection de dictionnaires, bases de données et ressources en ligne concernant le monde indien (Asie centrale indianisée, Afghanistan, Pakistan, Inde, Népal, Sri Lanka) : textes sanskrits, langues indo-aryennes et de la frontière indo-iranienne, textes tamouls, philologie, linguistique, histoire politique et religieuse de l’Inde classique, etc. S’y ajoutent une centaine de manuscrits, une cinquantaine d’œuvres d'art[34], des fonds d'archives scientifiques (Sylvain Lévi, Louis Renou, Pierre Reichert, Gérard Fussman, Madeleine Biardeau, Christian Bouyer), une cartothèque d’environ 2 700 cartes (dont une couverture presque complète de la péninsule indienne au 1 : 50 000 et au 1 : 250 000) et une photothèque qui compte plus de 40 000 clichés. L’intégralité de la collection d’œuvres d’art ainsi qu’une partie de la photothèque, des archives audiovisuelles et des manuscrits de la collection Sylvain Lévi sont consultables sur Salamandre[35]. La bibliothèque a reçu en 2022 le label CollEx- collections d’excellence.

La bibliothèques d'études japonaises est un fonds de 46 000 volumes sur l’histoire, les religions et la littérature japonaises des périodes allant de l’Antiquité à la fin d’Edo (1867). La bibliothèque possède une centaine de livres anciens japonais (wakosho) et conserve un fonds de plus de mille Ofuda légués par la famille du professeur Bernard Frank[36]. Elle est également dépositaire de la collection Kreitman[37]. Ces collections patrimoniales sont numérisées et accessibles en ligne sur Salamandre[38]. Enfin, la bibliothèque offre l’accès à des ressources en ligne comme la base de données JapanKnowledge, qui permet de consulter des dictionnaires (historiques, de langues, Who’s who, etc.), des encyclopédies, des collections d’œuvres classiques (Toyo bunko), et la liste des ventes de livres japonais anciens (Kôbunsô Taika Koshomoku, unique en France). La bibliothèque a reçu en 2022 le label CollEx- collections d’excellence.

La bibliothèque d’études tibétaines conserve plus de 10 000 ouvrages et revues, parmi lesquelles des collections rares et précieuses, en tibétain et dans d’autres langues, représentatives de nombreux aspects de la culture et de l’histoire tibétaines, de la monarchie à l’époque moderne, et relevant aussi bien de la tradition bouddhique que de celle du Bön. Sont consultables également une sélection de textes du Buddhist Digital Resource Center (BDRC)[39]. La collection du journal Tibet Mirror[40] (1925-1963) ainsi que certains des manuscrits et xylographies qu’elle possède sont en ligne sur Salamandre[41].

La bibliothèque byzantine est constituée, d’une part, de la Bibliothèque byzantine (fonds Thomas Whittemore[42]) et, d’autre part, de la Réserve byzantine (fonds documentaire constitué par l’équipe de chercheurs du Centre d’histoire et de civilisation de Byzance[43]). Sa collection, s’élevant à près de 50 000 ouvrages et périodiques du XVe au XXIe siècle, en fait l’une des deux ou trois plus importantes bibliothèques au monde spécialisées dans le domaine des études byzantines. Fondée à Paris en 1929, conjointement par l’érudit américain Thomas Whittemore et l’Institut byzantin de Boston (Massachusetts), la Bibliothèque byzantine est plus particulièrement spécialisée dans les domaines de l’archéologie et l’art paléochrétiens et byzantins, l’histoire et la littérature byzantines, l’histoire de l’Église orthodoxe, la liturgie, l’art et l’histoire des pays de rayonnement de la civilisation byzantine (pays slaves, Géorgie, Arménie, Proche-Orient ... ), ainsi que sur l’art et la littérature coptes. La bibliothèque est également dépositaire d’une partie des archives de Thomas Whittemore[44] (correspondance, dossiers divers, photos), ainsi que de quelques objets d’art[45] (tissus coptes, icônes, croix) acquis par ce dernier. La Réserve byzantine partage le même espace et est constituée de documents rassemblés par le centre d’études byzantines (anciennement institut d’études byzantines), né de la chaire du professeur Gilbert Dagron[46]. La bibliothèque a reçu en 2021 le label CollEx- collections d’excellence.

La bibliothèque d'études ottomanes propose plus de 20 000 ouvrages, une quarantaine de revues ainsi que des bases de données et encyclopédies en ligne. Elle est riche de nombreux documents sur l’organisation administrative de l’Empire ottoman, sa diplomatie, son histoire militaire, sa vie économique et sociale, mais aussi son architecture. On y trouve également des textes traitant de la vie religieuse et mystique, des confréries et des fondations pieuses ainsi que de la littérature islamique (fonds Louis Massignon, régulièrement enrichi). Enfin, on peut y consulter des registres et correspondances de l’État ottoman, des cartes et des relations de voyages. Parmi les revues auxquelles la bibliothèque est abonnée figurent Turkish Historical Review, Turcica, Belleten, Archivum ottomanicum ou Muqarnas. La bibliothèque a reçu en 2022 le label CollEx- collections d’excellence.

Chaires et titulaires actuels[modifier | modifier le code]

Pour les chaires et titulaires de toutes époques, voir cet autre article :

Le Collège de France, côté place Marcelin-Berthelot.
Le Collège de France vu depuis la rue Saint-Jacques.
Cour intérieure du Collège de France donnant sur la rue Saint-Jacques.

Les chaires du collège de France ne sont pas immuables et présentent une grande diversité dans leur dénomination. Depuis sa création sous François Ier, elles peuvent évoluer en fonction des acquis de la science et de la recherche, ce qui donne à cette institution unique une remarquable souplesse. Cette évolution apparaît lors du départ du titulaire (décès, retraite). Elle est très ouverte, car les sciences peuvent succéder aux lettres et les lettres aux mathématiques. L'assemblée des professeurs décide de ces évolutions et attribue une chaire à un savant, non exclusivement sur ses titres universitaires, mais d'abord sur la renommée et l'importance de ses travaux. La première femme qui y a enseigné a été la physiologiste et future psychologue Józefa Joteyko (en 1916)[47]. La première femme professeur titulaire d'une chaire au Collège de France a été Jacqueline de Romilly, élue en 1973. En 2005, les professeurs titulaires au Collège de France comptaient 6 % de femmes et 94 % d'hommes, les maîtres de conférences titulaires étant en revanche à 55 % des femmes pour 45 % d'hommes[48].

Chaires permanentes[modifier | modifier le code]

Mathématiques et sciences informatiques[modifier | modifier le code]

Physique et chimie[modifier | modifier le code]

Vestibule du Collège de France (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS).

Sciences du vivant[modifier | modifier le code]

Sciences humaines[modifier | modifier le code]

Histoire et littérature[modifier | modifier le code]

Chaires annuelles et internationales[modifier | modifier le code]

Chaires annuelles[modifier | modifier le code]


Chaires internationales[modifier | modifier le code]

Anciennes chaires et titulaires[modifier | modifier le code]

Liste d'anciens professeurs au Collège de France[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative devant l'ancien laboratoire de Claude Bernard donnant sur la place Marcelin-Berthelot et la rue des Écoles.
Jean-François Champollion par Frédéric-Auguste Bartholdi, Collège de France.

Les listes des anciens titulaires sont données selon les spécialités des chaires[50],[51] :

Chaque enseignant est coopté par l'ensemble de ses pairs. Les chaires couvrent des champs variés et ont parfois une définition plus thématique que disciplinaire. Les professeurs assurent souvent une partie de leurs conférences en France ou à l'étranger. Beaucoup des cours et conférences du Collège de France sont diffusés sur son site web et disponibles en audio ou en vidéo. Certaines sont cependant diffusées sur France Culture[52].

Anciens titulaires de chaires permanentes, par discipline[53][modifier | modifier le code]

Philosophie de la connaissance[modifier | modifier le code]

Épistémologie comparative[modifier | modifier le code]

Gilles Gaston Granger.

Histoire naturelle[modifier | modifier le code]

En 1837, cette chaire est scindée en deux : une chaire d'histoire naturelle des corps inorganiques, tenue par Élie de Beaumont jusqu'en 1874, et une chaire d'histoire naturelle des corps organiques.

Histoire naturelle des corps organiques[modifier | modifier le code]

Embryologie comparative[modifier | modifier le code]

Droit

Anatomie[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Médecine[modifier | modifier le code]

Chaire créée en 1769.

Économie[modifier | modifier le code]

Anciennes chaires annuelles[modifier | modifier le code]

Chaire européenne et internationale[modifier | modifier le code]

Chaire créée en 1989[54] :

  • Harald Weinrich : Mémoire linguistique de l'Europe (1989-1990) ;
  • Wolf Lepenies : Les intellectuels et la politique de l'esprit dans l'histoire européenne (1991-1992) ;
  • Bronisław Geremek : Histoire sociale : exclusions et solidarités (1992-1993) ;
  • Umberto Eco : La quête d'une langue parfaite dans l'histoire de la culture européenne (1992-1993) ;
  • Orest Allen Ranum : La France des années 1650 ; histoire et historiographie (1994-1995) ;
  • Harris Memel-Fotê : L'esclavage lignager africain et l'anthropologie des Droits de l'Homme (1995-1996) ;
  • Igor Mel'čuk : Linguistique « Sens-Texte » (1996-1997) ;
  • Brian Stock : La Connaissance de soi et la littérature autobiographique au Moyen Âge (1997-1998) ;
  • Thomas W. Gaehtgens : Image des collections en Europe au XVIIIe siècle (1998-1999) ;
  • James Watson Cronin : Développement de la physique des particules et des grandes expériences (1999-2000) ;
  • Michael Edwards : Sur un vers d'Hamlet (2000-2001) ;
  • Claudio Magris : Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne (2001-2002) ;
  • Paul Farmer : La violence structurelle et la matérialité du social (2001-2002) ;
  • Jayant Vishnu Narlikar : Faits et spéculations en Cosmologie (2003-2004) ;
  • Maurice Bloch : L'anthropologie cognitive à l'épreuve du terrain (2004-2005) ;
  • Thomas Pavel : Comment écouter la littérature (2004-2005) ;
  • Manfred Kropp : Le Coran comme document linguistique et historique : sources et méthodes pour son étude (2007-2008).

Chaire internationale - Développement durable, environnement, énergie et société[modifier | modifier le code]

Chaire créée en 2008[55]

  • Nicholas Stern : Gérer les changements climatiques, promouvoir la croissance, le développement et l'équité (2009-2010)
  • Anny Cazenave : Étude de la terre et de l'environnement depuis l'espace (2012-2013)

Chaire internationale - Savoirs contre pauvreté - AFD[modifier | modifier le code]

Chaire annuelle créée en 2008 avec le soutien de l'Agence française de développement (AFD)[55]

  • Esther Duflo : Expérience, Science et Lutte contre la Pauvreté (2008-2009)
  • Peter Piot : L'épidémie du Sida et la mondialisation des risques (2009-2010)
  • Ismaïl Serageldin : La faim et la sécurité alimentaire dans le monde (2010-2011)

Chaire internationale de création artistique[modifier | modifier le code]

Chaire annuelle créée en 2004 :

Chaire internationale d'innovation technologique - Liliane-Bettencourt[modifier | modifier le code]

Chaire internationale d'informatique et sciences numériques[modifier | modifier le code]

Chaire créée en 2009[55],[56] :

  • Gérard Berry - Penser, modéliser et maîtriser le calcul informatique (2009-2010) ;
  • Martin Abadi - La sécurité informatique (2010-2011) ;
  • Serge Abiteboul - Sciences des données : de la Logique du premier ordre à la Toile (2011-2012) ;
  • Bernard Chazelle (2012-2013) ;
  • Nicholas Ayache - Des images médicales au patient numérique (2013-2014) ;
  • Marie-Paule Cani - Façonner l'imaginaire : de la création numérique 3D aux mondes virtuels animés (2014-2015) ;
  • Yann LeCun - L'apprentissage profond : une révolution en intelligence artificielle (2015 - 2016) ;
  • Jean-Daniel Boissonnat - Géométrie algorithmique : des données géométriques à la géométrie des données (2016-2017) ;
  • Claire Mathieu - Algorithmes (2017-2018).
  • Rachid Guerraoui - L'algorithmique répartie : à la recherche de l'universalité perdue (2018-2019)
  • Walter Fontana - Le vivant et l'ordinateur : le défi d'une science de l'organisation (2019-2020)
  • Frédéric Magniez - Algorithmes quantiques (2020-2021)
  • Wendy Mackay - Interagir avec l'ordinateur (2021-2022)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Un nouveau public au Collège de France par Pierre Corvol dans La Lettre du Collège de France, no 29, p. 3-4 du 29 juillet 2010.
  2. Bernadette Arnaud, « Thomas Römer, nouvel administrateur du Collège de France », Sciences et Avenir, 6 septembre 2019.
  3. Wolf Feuerhahn (dir.), La politique des chaires au Collège de France, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Docet omnia », (ISBN 978-2-251-90669-0, lire en ligne)
  4. Décret no 2019-1130 du 5 novembre 2019 portant création de l'Université Paris sciences et lettres et approbation de ses statuts
  5. a et b « Le Collège de France. Quelques données sur son histoire et son caractère propre », L’annuaire du Collège de France. Cours et travaux, Collège de France,‎ , p. 5-21 (ISSN 0069-5580, lire en ligne, consulté le ).
  6. Voir Abel Lefranc, p. 381 (lire en ligne)
  7. Marie-Madeleine Compère, « Collège royal », dans Bibliothèque de l'Histoire de l'Éducation, 2002, Volume 10, no 3, p. 407-413 (lire en ligne)
  8. Jean Pommier, L’École d'administration et le Collège de France en 1848, (SUDOC 103903380, lire en ligne).
  9. Alexandre Gady, « Du Collège Royal au Collège de France », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris : les palais de la science, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 1999 (ISBN 2-913246-03-6), p. 79-88, spécialement p. 79.
  10. Alexandre Gady, « Du Collège Royal… », spécialement p. 80.
  11. Alexandre Gady, « Du Collège Royal… », spécialement p. 84-85.
  12. Actualité du 21 janvier 2010 sur le site de l'Académie royale de Belgique.
  13. Cinq grandes écoles parisiennes créent une fondation, Le Monde, 16 avril 2010.
  14. Enseignements du Collège de France.
  15. Annuaire du Collège de France.
  16. Collexpersee.eu
  17. EASL
  18. Archivesethnologues.fr
  19. DocAsie
  20. Ressources et savoirs
  21. Salamandre
  22. France Archives
  23. Calames
  24. Human relations area files
  25. Biblas.college-de-france.fr
  26. archivesethnologues.fr
  27. Bibliothèque Claude Lévi-Strauss
  28. Salamandre.college-de-france.fr
  29. Salamandre
  30. COREL
  31. CHI-KNOW-PO
  32. Salamandre
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  34. archibibscdf
  35. Salamandre
  36. Bernard Frank
  37. college-de-france.fr
  38. Salamandre
  39. BDRC
  40. Tibet Mirror
  41. Salamandre
  42. fonds Thomas Whittemore
  43. College-de-france.fr
  44. Archives de Thomas Whittemore
  45. Salamandre
  46. Gilbert Dagron
  47. « Mme le docteur Joteyko, de Bruxelles, a été chargée de faire une série de conférences sur la Fatigue ; celles-ci ont été inaugurées le 24 janvier. C'est la première femme qui a l'honneur d'enseigner au collège de France. », Revue scientifique 54/1916, p. 92.
  48. [PDF] Statistiques du bureau des ressources humaines du Collège de France.
  49. Joan Tilouine, « L’homme qui voulait moderniser l’histoire ancienne de l’Afrique », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  50. Toby A. Appel (1987), The Cuvier-Geoffrey Debate: French Biology in the Decades before Darwin, Oxford University Press, collection Monographs on the History and Philosophy of Biology : 241. (ISBN 0-19-504138-0).
  51. Pour une description synthétique de l'ensemble des professeurs et des érudites qui ont enseigné au Collège de France depuis sa création jusqu'à la veille de la révolution industrielle (1800), voir David de la Croix, 2021, Scholars and Literati at the Royal College in Paris (1530-1800), Repertorium Eruditorum Totius Eurpae, 1: 19-24.
  52. Page consacrée au partenariat avec France Culture.
  53. [PDF] Liste des chaires depuis 1800.
  54. Chaire européenne et internationale.
  55. a b et c Chaires annuelles sur le site du Collège de France.
  56. « Chaire Informatique et sciences numériques », sur college-de-france.fr (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Du Val, Le Collège royal de France, ov Institvtion, establissement et catalogue dés lecteurs et professeurs ordinaires du roy, fondez à Paris par le grand roy François I père des lettres et autres roys ses successeurs jusques à Louys XIV, chez Mace Bovillette, Paris, 1644 (lire en ligne)
  • Claude-Pierre Goujet :
    • Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France, tome 1, chez Auguste-Martin Lottin, Paris, 1758 (lire en ligne)
    • Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France, tome 2, chez Auguste-Martin Lottin, Paris, 1758 (lire en ligne)
    • Mémoire historique et littéraire sur le Collège royal de France, tome 3, chez Auguste-Martin Lottin, Paris, 1758 (lire en ligne)
  • Christophe Charle, Eva Telkes, Les professeurs du Collège de France, Collection « Histoire biographique de l'enseignement », INRP, 1988.
  • Antoine Compagnon, Pierre Corvol et John Scheid, Le Collège de France. Cinq siècles de libre recherche, Gallimard, 2015.
  • Wolf Feuerhahn (dir.), La politique des chaires au Collège de France, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Docet omnia », (ISBN 978-2-251-90669-0, lire en ligne)
  • Marc Fumaroli (dir.), Les origines du Collège de France (1500-1650), Paris, Klincksieck, (ISBN 2-252-03217-0)
  • Jean-Claude Pecker, L'astronomie au Collège de France (XVIe siècle-XIXe siècle), dans La Lettre du Collège de France, juin 2008, no 23, p. 50-56 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]