Bois de Boulogne

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Bois de Boulogne
Image illustrative de l'article Bois de Boulogne
Lac supérieur du bois de Boulogne.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Paris
Quartier 16e arrondissement
Superficie 8,46 km² (846 ha)
Cours d'eau Mare Saint-James
Lac supérieur
Lac inférieur
Histoire
Création 1853-1857
Caractéristiques
Type Jardin à l'anglaise
Gestion
Lien Internet http://www.paris.fr/
Accès et transport
Gare (RER)(C) Avenue Henri Martin,
(RER)(C) Avenue Foch (Porte Dauphine)
Métro (M)(1) Pont de Neuilly
(M)(1) Porte Maillot
(M)(1) Les Sablons
(M)(9) Ranelagh
(M)(2) Porte Dauphine
(M)(10) Boulogne - Jean Jaurès
(M)(10) Porte d'Autueil
Tramway (T)(2) Suresnes-Longchamp
Bus (BUS) RATP 241 244
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 48,5014″ Nord, 2° 15′ 07,9103″ Est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bois de Boulogne

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(Voir situation sur carte : Paris)
Bois de Boulogne

Le bois de Boulogne est une étendue boisée, située dans le 16e arrondissement de Paris.

Couvrant une superficie de 846 hectares[Note 1] dans l'ouest de la ville, le bois de Boulogne peut être considéré comme l'un des « poumons » de la capitale. Deux fois et demi plus grand que Central Park à New York, et 3,3 fois plus grand que Hyde Park à Londres, il est cependant 5,9 fois plus petit que la forêt de Soignes à Bruxelles et occupe seulement la moitié de la surface de la Casa de Campo de Madrid. Le bois de Boulogne occupe une partie du site de l'ancienne forêt de Rouvray.

La partie centrale du bois contient le parc de Bagatelle, ainsi que le Jardin du Pré-Catelan. Sa partie nord est occupée par le Jardin d'acclimatation, un parc d'attractions célèbre pour sa ménagerie. Au sud-est, se trouve le jardin des serres d'Auteuil.

Toponymie et historique[modifier | modifier le code]

La grande cascade vue par le photographe Charles Marville en 1858.
L'accident du 19 janvier 1862 au lac du bois de Boulogne[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Les « bois de Boulogne » sont tout ce qu'il reste de l'ancienne « forêt de Rouvray », voulant dire « lieu planté de chênes rouvres »[2], qui est mentionnée pour la première fois, en 717, dans la charte de Compiègne. Les terres furent offertes par Childéric II au puissant abbé de Saint-Denis, qui fit édifier un grand nombre de monastères. Philippe Auguste achète la plus grande partie de la forêt aux moines de Saint-Denis pour créer une réserve de chasse sur les terres royales. En 1256, Isabelle de France (1225-1270), sœur de Saint-Louis, fonde l'abbaye royale de Longchamp.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le bois de Boulogne tire son nom de l'église « Notre-Dame-de-Boulogne-la-Petite » (aujourd'hui église Notre-Dame-des-Menus de Boulogne-Billancourt) qui fut construite sur ordre de Philippe le Bel à la suite d'un pèlerinage qu'il avait effectué avec sa fille Isabelle de France à Boulogne-sur-Mer en 1308, alors que celle-ci allait épouser Édouard II d'Angleterre.

À son retour, le roi décide d'élever une église semblable à celle qu'il avait vu sur les bords de la Manche et qui abritait alors une statue miraculeuse de la Vierge (l'édifice boulonnais se trouvait à l'emplacement occupé de nos jours par l'actuelle Basilique Notre-Dame de l'Immaculée Conception).

La souhaitant à proximité de Paris afin de susciter un raccourcissement des pèlerinages, le roi dès son retour fait rechercher un terrain proche de la capitale. C'est finalement un petit village de bûcherons, Les Menuls lès Saint Cloud qui est choisi. De 1319 à 1320, on pose la première pierre de l'église que l'on dote d'une statue en argent doré, à l'image de la vierge de Notre-Dame de Boulogne-sur-Mer. L'église est bénie en 1330 par l'évêque de Paris Hugues II Michel de Besançon[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Du XIVe siècle au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Cent Ans, la forêt devient un repaire pour les brigands. En 1358, Bertrand Duguesclin revenant de Bretagne y est détroussé par des Anglais embusqués. En 1416-1417, les troupes du duc de Bourgogne, y tuent un grand nombre de Français, puis en brûlent une partie. Sous Louis XI, l'endroit est reboisé, et on procède à l'ouverture de deux routes.

Après que François Ier eut fait construire le château de Madrid (commencé en 1528) dans le bois de Boulogne, l'endroit devient un lieu de festivités. Le parc de chasse est entouré d'un mur sous Henri II et Henri III, avec huit portes. Henri IV fait planter 15 000 mûriers, dans l'espoir de lancer une industrie locale de la soie. Sa femme, Marguerite de Valois, une fois répudiée, se retire au château de la Muette, dans le bois.

En novembre 1783, Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes réussissent le premier vol en ballon à air chaud, construit par les frères Montgolfier, depuis le domaine du château de la Muette.

Durant la période révolutionnaire, le bois sert de refuge à des personnes traquées.

En 1814 et 1815, 40 000 Anglais et Russes y campent et ravagent le bois, si bien que sous la Restauration son reboisement et la restauration des routes sont commencés sous la direction du baron d'André, pour se terminer en 1830. Ainsi, un semis de chênes d'Amérique va enjoliver les environs de la mare d'Auteuil[Note 2],[4]. En 1832, une école spéciale pratique de sylviculture et d'arboriculture est créée près de la mare d'Auteuil[5]. C'est alors le « site reculé et sauvage » dont parle Paul de Kock dans son roman La mare d'Auteuil [6]

En 1840, le bois est amputé de sa partie Est pour la construction de l'enceinte de Thiers.

Aménagements sous Napoléon III[modifier | modifier le code]

En 1852, la propriété du bois de Boulogne est cédée par Napoléon III à la ville de Paris, qui est alors chargée d'aménager l'espace vert en quatre ans. Les travaux débutent l'année suivante. Dans un premier temps, c'est l'architecte Jacques Hittorff associé au paysagiste Louis-Sulpice Varé[7], qui se charge des travaux (création de jardins, de voies et de plans d'eau artificiels).

Vue du Pont des Îles en 1867.

L'empereur désire la réalisation d'une rivière à l'instar de la Serpentine de Hyde Park à Londres. Les travaux sont bien entamés quand le baron Haussmann s'aperçoit qu'un défaut de nivellement asséchera la partie haute et inondera la basse. Varé, qui avait oublié le dénivelé de 6 mètres dans son projet de la rivière artificielle, est alors congédié par Haussmann, nommé préfet de la Seine entre-temps et remplacé par l'ingénieur Jean-Charles Alphand (parc Monceau, Montsouris, bois de Vincennes) associé au paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps (aménageur du parc des Buttes-Chaumont). Les sols et reliefs sont remodelés, 200 000 arbres y sont plantés suivant le tracé et les conseils pour les plantations de Barillet-Deschamps. Seules deux allées rectilignes (celles de Longchamp et de la Reine-Marguerite) sont conservées par la nouvelle équipe qui transforme la rivière de Varé en deux lacs, avec une rétention d'eau dans le Lac Supérieur, le trop-plein se déversant dans le Lac Inférieur par la petite cascade. Un pont relie les deux îles.

Une voie de circulation, séparant les lacs et leur servant de digue, est également créée à cette occasion[8]. Jean-Charles Alphand compose un paysage à l'anglaise avec des chemins sinueux, des pièces d'eau, de petites rivières artificielles amenant l'eau et des ensembles de rocailles. Les deux îles sont bâties sur le Lac Inférieur sur lesquelles on installe un authentique chalet suisse (le restaurant Le Chalet des Îles, qui sert de décor à une scène du film Camille Redouble (2012) de Noémie Lvovsky[9]) construit par Seiler aux environs de Berne et le petit « Kiosque de l'Empereur » réalisé par Gabriel Davioud. La mare d'Auteuil est agrandie et aménagée en étang [10].

Entre 1855 et 1858, l'hippodrome de Longchamp est construit sur la plaine du même nom. Dans le même temps, la pointe du bois située au sud de la butte Mortemart, entre la rue des Princes à Boulogne (actuelles rue Denfert-Rochereau et rue des Princes) et l'avenue du Parc des Princes à Auteuil est aménagée par le duc de Morny dans le cadre d'une vaste opération immobilière de luxe supervisée par le baron Haussmann.

Lors du siège de Paris de 1870, le bois est sérieusement endommagé par l'artillerie prussienne car l'artillerie française avait une batterie sur la butte de Mortemart[11]. La forêt de la mare d'Auteuil, qui se trouve au pied des fortifications, est rasé[Note 3].

Édouard Manet : Courses au bois de Boulogne, tableau de 1872.

En 1873, l'hippodrome d'Auteuil est inauguré.

Annexion par Paris au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Entre 1900 et 1936, le Bois est accessible par un tramway, appelé chemin de fer du bois de Boulogne.

Le chalet du château de Madrid au bois de Boulogne, vers 1900 (Abel Truchet, musée Carnavalet).

Bien que propriété de la ville de Paris, le bois de Boulogne reste administrativement rattaché aux communes de Boulogne-Billancourt et Neuilly-sur-Seine jusque dans les années 1920. Il est officiellement annexé par la ville de Paris par le décret du pour la partie boulonnaise[12] et par le décret du pour la partie neuilléenne[13]. Il est rattaché au 16e arrondissement. Il est la propriété de la Mairie de Paris, qui en assure l'entretien, la propreté, les plantations d'arbres et décide des concessions (hippodromes avec France Galop, Roland Garros et la FFT, le Racing Club de France, le Tir aux Pigeons, des restaurants et bâtiments.).

Réseau hydraulique[modifier | modifier le code]

Kiosque de l'empereur sur l'île du lac Inférieur.

Le bois possède un bon nombre de lacs qui sont tous artificiels et alimentés par les eaux de la Seine : le lac Supérieur, le lac Inférieur, le lac du cercle du bois de Boulogne (ou pour le patinage), le lac du jardin d'acclimatation, la mare d'Armenonville, la mare Saint-James, l'étang de Longchamp, l'étang de l'Abbaye, l'étang de Suresnes, l'étang des tribunes, l'étang de Boulogne et la Grande Cascade.

Le bois est parcouru par le ruisseau de Longchamp, le ruisseau des Sablons et le ruisseau d'Armenonville.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Le Bois de Boulogne est lieu de détente et de plaisir aussi bien pour l'élite que pour le menu peuple de Paris. Plusieurs romanciers et poètes français du XIXe siècle ont laissé des textes sur la promenade au bois de Boulogne[14].

Le bois de Boulogne est aussi l'un des lieux de la prostitution parisienne (hétérosexuelle, homosexuelle et transgenre)[15].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Derex, Histoire du bois de Boulogne. Le bois du roi et la promenade mondaine de Paris, Paris, L'Harmattan, 1997, 236 p. , ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La superficie du bois de Boulogne est de 8,459 km2.
  2. La mare d'Auteuil est la plus ancienne mare du bois; il se trouvait à l'emplacement actuelle des « pelouses d'Auteuil », réaménagées en 2013 (http://www.evous.fr/Inauguration-des-pelouses-d-Auteuil-Un-nouvel-espace-vert-pour-les-parisiens,1120890.html).
  3. En décembre 1870, Sully Prud'homme publie dans la Revue des deux Mondes son poème La mare d'Auteuil comme un « adieu pour les bois » (à lire sur wikisource)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Monde illustré, 1er février 1862.
  2. Trésor de la langue française informatisé, « rouvre » ; voir aussi la page d'homonymie : Rouvray
  3. Histoire de la Paroisse Notre-Dame de Boulogne-Billancourt
  4. M. Tessier et M. Bosc, Annales de l'agriculture française 1819, p. 56 [lire en ligne]
  5. Journal de la Société nationale d'horticulture de France, Tome XXII, mai 1838, p. 278 [lire en ligne]
  6. Paul de Kock, La mare d'Auteuil (1853) 10 vol, [lire en ligne]
  7. Conservatoire des jardins et paysages
  8. Mémoires du baron Haussmann, volume III, p. 122 et suivantes et p. 184, Victor-Havard éditeur, Paris, 1893.
  9. « Le Chalet des Îles - CAMILLE REDOUBLE », sur www.parisfaitsoncinema.com (consulté le 21 avril 2016)
  10. Henri Corbel, Petite histoire du Bois de Boulogne, Albin Michel, 1931, p. 124
  11. Ermete Pierotti, Dictionnaire historique des environs de Paris.
  12. Journal officiel de la République française, 5 avril 1925, p. 3447 [lire en ligne]
  13. Journal officiel de la République française, 19 avril 1929, p. 4566 [lire en ligne]
  14. Noëlle Benhamou La promenade au Bois dans le roman du 19e siècle (colloque), Centre Zola, ITEM-CNRS, 2007 [lire en ligne].
  15. Priscille Muller-Lafitte, Les nouvelles formes de prostitution, in hebdomadaire protestant Réforme, no 3131, 9 juin 2005, [lire en ligne].