Concile œcuménique

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Un concile œcuménique est une assemblée réunissant tous les évêques et autorités ecclésiastiques du christianisme (oikumènè, « totalité de la terre habitée »). Cependant, au fur et à mesure que les Églises chrétiennes se divisèrent au cours de l'histoire, ce concept prit une signification plus restreinte.

Parfois convoqués au cours des siècles par l'autorité séculière mais aujourd'hui évènements strictement religieux les conciles œcuméniques du deuxième millénaire ne sont considérés comme tels que par l'Église catholique. Du Concile de Jérusalem aux temps apostoliques du premier siècle (dans le livre des Actes, au chapitre 15) à celui de Vatican II au XXe siècle, l'Église catholique reconnait 21 conciles œcuméniques.

Réception des conciles œcuméniques[modifier | modifier le code]

Durant le premier millénaire, sept conciles sont considérés comme œcuméniques parce que tous les évêques y avaient été convoqués, même si peu d'évêques latins ou occidentaux participèrent aux cinq premiers d'entre eux.

Après la scission entre Rome et les patriarcats d'Orient (en 1054), l'Église de Rome (Église catholique) a continué à donner le titre d'œcuménique à certains conciles qui se sont tenus dans sa juridiction tandis que les patriarcats d'Orient (Église orthodoxe), tout en continuant à réunir des assemblées concilaires, n'a plus utilisé ce terme, considérant que l'unité des chrétiens n'étant plus, le terme ne devait plus être utilisé. Aussi l'Église orthodoxe peut-elle être appelée « Église des sept conciles », l'Église catholique reconnaissant quant à elle et jusqu'à présent vingt-et-un conciles.

Au XXe siècle, le pape Paul VI a préconisé de distinguer les conciles proprement œcuméniques, c’est-à-dire communs à une grande partie de la chrétienté, des conciles qui, bien qu'on les ait appelés œcuméniques, ont été en fait des conciles généraux de l'Église catholique. C'est le cas des conciles qui suivirent celui de Nicée II, jusqu'à celui de Vatican II.

Sont recensés successivement :

« Nous recevons volontiers les anciens conciles, comme de Nicée, de Constantinople, le premier d'Ephèse, Chalcédoine, et les semblables qu'on a tenus pour condamner les erreurs et opinions méchantes des hérétiques ; nous leur portons, dis-je, honneur et révérence, en tant qu'il appartient aux articles qui y sont définis[1]. Car ces conciles ne contiennent rien qu'une pure et naturelle interprétation de l'Écriture, que les saints Pères par bonne prudence ont accommodée pour renverser les ennemis de la chrétienté. »

— Institution chrétienne IV. IX. 8

  • les vingt-et-un conciles reconnus comme œcuméniques par l'Église catholique.

Les sept conciles œcuméniques[modifier | modifier le code]

Tous les conciles œcuméniques n'ont pas la même importance doctrinale ; les quatre premiers sont essentiellement centrés sur la doctrine du Christ et sont à l'origine des premières déchirures de l'Église. Si les raisons théologiques ont pesé, on ne peut ignorer le poids du politique : les conciles sont convoqués à l'initiative de l'Empereur et les Églises de la première déchirure ont souvent des dénominations « nationales » (grecque, arménienne, assyrienne, chaldéenne, syrienne...)

Les conciles reconnus comme œcuméniques tant par l'Église catholique que par l'Église orthodoxe, sont au nombre de sept :

  1. 325, Nicée I, convoqué par Constantin Ier. Les évêques ont reconnu que « Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ qui est fils de Dieu ». Ce concile condamne la doctrine d'Arius, l'arianisme, qui considère Jésus-Christ comme une créature de rang intermédiaire entre Dieu et l'homme. Le concile formule la divinité de Jésus-Christ et rédige un premier Credo. Selon la tradition, Nicolas de Myre et Spyridon de Trimythonte y jouent un rôle prépondérant.
  2. 381, Constantinople I, convoqué par Théodose Ier. Les évêques adoptent le dogme de la Trinité. Ce concile condamne la doctrine de Macédonius et des pneumatomaques qui nie la divinité du Saint-Esprit. Il réaffirme la divinité du Christ, affirme celle du Saint-Esprit et achève la rédaction du Credo dit de Nicée-Constantinople. Ce concile accorde aux évêques de Rome et de Constantinople une prééminence par rapport aux autres évêques. Toutes les Églises chrétiennes reconnaissent les deux premiers conciles œcuméniques.
  3. 431, Éphèse, convoqué par Théodose II. Le concile affirme l'unité du Christ dès sa conception et appelle sa mère « Mère de Dieu » (Mère de Celui qui est Dieu par nature). Il condamne Nestorius, patriarche de Constantinople, qui, redoutant une confusion possible entre l'homme Jésus et le Logos divin, enseignait que la Vierge Marie n'a donné naissance qu'à un humain qui est indissolublement lié au Logos divin. Cette position, durcie par la controverse, a amené Nestorius à parler de deux « personnes » et de deux natures différentes, humaine et divine, sans union entre elles, qui « constituent » le Christ, niant ainsi l'existence simultanée de deux natures dans le Christ. Cyrille d'Alexandrie y joue un rôle prépondérant. Les Églises dites « nestoriennes » ont rejeté ce concile et se séparent de l'Église impériale.
    • Concile hors liste : 449, Éphèse II, convoqué par Théodose II. Ce concile dit « le brigandage d'Éphèse » n'est reconnu ni par les Églises orthodoxes, ni par l'Église catholique. Ses conclusions ont été infirmées par le concile de Chalcédoine.
  4. 451, Chalcédoine, convoqué par Marcien. Le concile affirme que Jésus-Christ est à la fois Dieu et homme, les deux natures humaine et divine en la personne de Jésus-Christ sont consacrées (voir le Symbole de Chalcédoine). Il parvient ainsi à un point d'équilibre dans l'expression de la christologie, affirmant (à la suite de Nicée I et Constantinople I) la divinité du Christ, mais en maintenant son humanité (contre ceux qui la supposaient « absorbée » par la divinité), et l'unité de sa personne (à la suite d'Éphèse). Il est cependant rejeté par ceux qui pensèrent que cette dualité fortement affirmée était une remise en cause de l'unité proclamée par saint Cyrille et par le concile d'Éphèse. Flavien de Constantinople et Léon Ier de Rome y ont joué un rôle prépondérant. Les Églises dites « monophysites », qui admettent « une seule nature » du Christ et nient la nature humaine, ont rejeté ce concile.
  5. 553, Constantinople II, convoqué par Justinien. Ce concile réaffirme la condamnation du nestorianisme.
  6. 680-681, Constantinople III, convoqué par Constantin IV. Ce concile condamne les monothélistes qui affirment que le Christ a une seule énergie, une seule volonté divine, malgré ses deux natures.
    • Concile hors liste : 691-692, concile Quinisexte ou « Penthecte », concile in Trullo, convoqué par Justinien II. Ce concile, considéré comme la prolongation et l'achèvement du précédent, ne fait pas nombre avec lui pour cette raison. Il fixa des règles de discipline : âge requis pour pouvoir être ordonné prêtre, ou diacre. Il édicta la première règle d'un concile à propos des icônes (canon 82).
  7. 787, Nicée II, convoqué par Irène l'Athénienne. Le concile affirme que l'honneur rendu aux images s'adresse non à l'image elle-même mais à la personne qui y est représentée. Il établit une distinction entre l'adoration qui ne doit s'adresser qu'à Dieu et la vénération que l'on porte à des images, à des reliques ou à des saints pour rendre grâce à Dieu. Il condamne les iconoclastes comme des négateurs de l'incarnation de Dieu.

Les vingt et un conciles œcuméniques reconnus par l'Église catholique[modifier | modifier le code]

Les conciles œcuméniques du Ier millénaire (la liste reprend les sept conciles évoqués dans la section précédente) :

Les conciles œcuméniques convoqués par le pape durant le Moyen Âge :

Les conciles œcuméniques convoqués par le pape durant la Renaissance pour traiter la crise conciliaire :

Les conciles œcuméniques convoqués par le pape durant les Temps modernes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette déclaration est passée dans la « Confession de foi de la Rochelle », article 5

Bibliographie[modifier | modifier le code]