Politique en Turquie

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Politique en Turquie
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La Turquie est une république multipartite à régime parlementaire, où le président est chef de l'État et le Premier ministre est chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et le parlement. Le pouvoir judiciaire est indépendant des deux premiers. La constitution actuelle a été adoptée le 7 novembre 1982 après une période militaire.

Pouvoir exécutif[modifier | modifier le code]

Fonction Nom Parti Depuis
Président Abdullah Gül Parti pour la justice et le développement 28 août 2007
Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan Parti pour la justice et le développement 14 mars 2003

Jusqu'en 2007, le président était élu par la Grande assemblée nationale de Turquie à la majorité des deux tiers du nombre de ses membres, pour un mandat de 7 ans non renouvelable. Depuis la réforme d'octobre 2007, il doit être élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans et rééligible une fois (cette disposition ne s'appliquera que pour la prochaine élection, normalement en 2014). Il nomme le Premier ministre parmi les membres du parlement. Les autres ministres doivent être choisis parmi les groupes parlementaires selon l'importance de ceux-ci.

La loi turque prescrit qu'en temps de campagne électorale, des personnalités indépendantes, qui n’appartiennent à aucun parti politique, doivent prendre la tête de certains ministères, dont le ministère de l'Intérieur, de la justice et des transports.

Le Conseil de sécurité nationale (MGK), qui est présidé par le Président de la république et par des généraux, commande les diverses forces armées turques, le chef d'état major, le premier ministre, le ministre de l'intérieur, le ministre des affaires étrangères, le ministre de la justice et des vice-premiers ministres. C'est par cette institution que l'armée turque manifeste ses volontés sur les questions intérieures (sur les Kurdes ou le génocide arménien ou sur la laïcité) ou sur des questions extérieures (Chypre, le Kurdistan irakien, l'embargo sur l'Arménie), etc.

Pouvoir législatif[modifier | modifier le code]

Le pouvoir législatif est exercé par la Grande assemblée nationale de Turquie composée de 550 sièges renouvelés tous les 5 ans.

L'âge requis pour être député est de 25 ans[1], le candidat doit par ailleurs posséder au minimum un niveau d’instruction d’enseignement primaire. À partir de l'année 1995, des amendements constitutionnels abaissent la majorité électorale à 18 ans et le nombre de députés a augmenté, passant à 550. Pour être représenté à la Grande assemblée nationale de Turquie, un parti doit présenter un candidat dans au moins la moitié des provinces de la Turquie et obtenir au moins 10 % des suffrages sur l’ensemble de la Turquie.

Partis politiques et élections[modifier | modifier le code]

Pouvoir judiciaire[modifier | modifier le code]

La constitution garantit l'indépendance de la justice.

La Turquie compte deux ordres juridictionnels, judiciaire et administratif. À la tête de chacun de ces ordres se trouvent respectivement le Conseil d'État et la Haute cour d'appel.

La Cour constitutionnelle (Anayasa Mahkemesi) est chargée de trancher les questions relatives au respect de la constitution.

Rôle de l'armée[modifier | modifier le code]

Depuis la fondation de l'État turc moderne par Mustafa Kemal en 1923, l'armée turque se perçoit comme la gardienne du kémalisme comme idéologie officielle de l'État, bien qu'Atatürk ait manifesté la volonté de séparer l'armée de la politique. Les forces armées turques conservent une grande influence, bien que déclinante, sur la vie politique turque et les décisions concernant la sécurité nationale, via le Conseil de sécurité nationale.

L'armée prend le pouvoir par un coup d'État en 1960, 1971 et 1980. Elle parvint également à évincer du pouvoir le Premier ministre Necmettin Erbakan en 1997 en raison de ses opinions islamistes.

En avril 2007, en prévision de l'élection présidentielle, et en réaction à la politique du Parti de la justice et du développement, majoritaire au parlement, l'armée réaffirme son intention de maintenir intact le principe de laïcité prévalant dans le pays.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Relations avec l'Union européenne[modifier | modifier le code]

La Turquie est actuellement candidate à l'adhésion à l'Union européenne ; les conditions sont en discussion notamment l'occupation d'une partie de l'île de Chypre et l'application des normes pour les minorités dont la plus nombreuse est la minorité kurde. En cas d'adhésion à l'Union européenne, la Turquie, même avec la tendance à la baisse de sa croissance démographique, deviendrait à terme le pays le plus peuplé de l'Union avec plus de 81 millions d'habitants en 2020 et jusqu'à 94 millions en 2050[2].

Relations avec l'Iran[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, l'Iran et la Turquie coopèrent dans de nombreux domaines, tels que la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic afin de promouvoir la stabilité en Irak et en Asie centrale.

Les deux pays sont membres de l'Organisation de coopération économique (ECO). Chaque année, de nombreux touristes iraniens viennent visiter la Turquie, bénéficiant ainsi à l'économie turque[3].

Le commerce bilatéral a fortement augmenté depuis ces dernières années, passant de 1 milliard de dollars USD en 2000 à 4 milliards de dollars en 2005[4]. La Turquie importe notamment du gaz naturel depuis l'Iran (10 milliards de mètres cubes par an, couvrant 30 % de ses besoins).

En 2001, un gazoduc reliant Tabriz (Iran) à Ankara (Turquie) a été ouvert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Vers une victoire du Parti de la justice et du développement de Recep Tayyip Erdogan en Turquie ? », sur robert-schuman.eu (consulté le 15 juin 2011)
  2. Jean-Claude Chasteland, La population du monde: Géants démographiques et défis internationaux, Institut national d'études démographiques (INED), 2002, (ISBN 9782733201497) p. 414-415 [lire en ligne (page consultée le 12 janvier 2010)].
  3. (en) Turkey, Iran ready to bolster tourism, Turkish daily news, 19 juin 2006
  4. (en) Caught in the fray: Turkey enters debate on Iran's nuclear program, The Christian Science Monitor, 2 février 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hamit Bozarslan, Histoire de la Turquie contemporaine.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]