Imbros

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Imbros
Gökçeada (tr)
Imbros vue depuis l'île de Samothrace.
Imbros vue depuis l'île de Samothrace.
Géographie
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Localisation Mer Égée
Coordonnées 40° 09′ 39″ N 25° 50′ 40″ E / 40.1608, 25.844440° 09′ 39″ N 25° 50′ 40″ E / 40.1608, 25.8444  
Superficie 286,84 km2
Point culminant 673 m
Administration
Région Marmara
Provinces Çanakkale
District District de Gökçeada
Démographie
Population 8 210 hab. (2011)
Densité 28,62 hab./km2
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Imbros
Imbros
Île de Turquie
Position d'Imbros dans la Mer Égée


L’île d’Imbros (Gökçeada ou İmroz en turc, Ίμβρος / İmvros en grec) est une île Turque située au nord de la mer Égée. Son nom en turc signifie Île du ciel bleu.

Nom[modifier | modifier le code]

L'ile se nomme officiellement Gökçeada depuis le 29 juillet 1970. Elle était auparavant connue en turc sous le nom de İmroz et en grec Ίμβρος (Imvros ou Imbros). L'île est sous souveraineté turque depuis le traité de Lausanne en 1923[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Elle se situe à l'entrée du golfe de Saros, non loin du détroit des Dardanelles au nord de Lesbos, à l'est de Lemnos et au sud de Samothrace. Elle a une superficie de 286,84 km2. L'île compte presque 9 000 habitants permanents, mais le triple durant l'été, surtout des Stambouliotes en vacances. Elle comprend les localités suivantes : Gökçeada (chef-lieu, anciennement Panagia Palomeni), Kaleköy (anciennement Kastro), Dereköy (anciennement Skhinoudi), Tepeköy (anciennement Agridia), Bademli (anciennement Gliki), Zeytinli (anciennement Hagia Théodora), Ugurlu (anciennement Livounia).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces de fréquentation humaine sur l'île remontent à la Préhistoire. Le site néolithique d'Ugurlu est occupé dès la seconde moitié du 7e millénaire[2]. Plusieurs sites de l'âge du bronze ont été identifiés.

Durant l'Antiquité, les habitants de l'île s'associent à la révolte des cités ioniennes au début du Ve siècle av. J.-C. contre l'empire perse. Lors des guerres médiques Imbros est une escale de la flotte athénienne et fait partie de la Ligue de Délos jusqu'à la paix d'Antalcidas. Elle est conquise par les Romains en 129 av. J.-C.. Dans ses parages, Lucullus détruit une partie de la flotte de Mithridate VI en 73 av. J.-C.

Sous l'empire byzantin, au VIe siècle l'empereur Justinien Ier y rénove ports et fanaux. Les pirates arabes la ravagent en 670, 674 et 678, emmenant toute la population en esclavage. En friche, Imbros devient un refuge pour proscrits, déserteurs et évadés, régulièrement enrôlés de force dans les chiourmes de la marine byzantine. Elle se repeuple progressivement. Conquise par les croisés en 1203, reprise par les byzantins en 1235, occupée par les génois en 1355, prise par les Vénitiens en 1377, Imbros est conquise par Mehmet II en 1462. Au début du XXe siècle, l'île comptait 12 000 habitants, tous grecs. Au dernier recensement, elle comptait 8 875 habitants, presque tous turcs ou déclarés comme tels. En effet, à cause de sa proximité stratégique par rapport au détroit des Dardanelles, Imbros fut maintenue, grâce à la pression de l'Entente, sous la souveraineté de la Turquie, aussi bien en 1913 lorsque la plupart des îles de l'Égée devinrent grecques, qu'en 1923 par le traité de Lausanne, malgré les vœux de sa population alors entièrement hellénophone. Celle-ci a dû massivement s'exiler en Grèce dès 1961 à cause des vexations de l'administration turque et de la colonisation.

La bataille d'Imbros s'est tenue au large de l'île, le 20 janvier 1918, entre des navires de la Royal Navy et des navires allemands sous pavillon ottoman, commandés par le contre-amiral von Rebeur-Paschwitz.

XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

L'ile comptait une majorité de de Grecs au début du XXe siècle. L'île ne compte plus aujourd'hui qu'une faible population vieillissante d'origine grecque (environ 250 habitants). En effet, si le traité de Lausanne garantissait la sécurité de la population grecque, en pratique aucune mesure ne fut prise pour protéger cette population hellénophone et les implantations de populations turques furent encouragées par le gouvernement.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Imbros est la patrie d'origine du patriarche de Constantinople Bartholomée Ier.

Mythologie[modifier | modifier le code]

L'Iliade lui accole le qualificatif de rocheuse (Il., XXIV, 78). Achille y vendit des fils du roi Priam, après les avoir capturés, de même qu'à Samos et Lemnos (Il., XXIV, 751-753).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Turquie Bozcaada, une retraite égéenne, Maud Vidal-Naquet, Le Figaro, 15 mars 2012.
  2. Erdogu, B., 2011. A preliminary report from the 2009 and 2010 field seasons at Ugurlu on the island of Gökçeada, Anatolica 37 : 45-65

Voir aussi[modifier | modifier le code]