Imbros

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40° 09′ 39″ N 25° 50′ 40″ E / 40.1608, 25.8444 ()

Position d'Imbros dans la Mer Égée
Imbros vue depuis l'île voisine de Samothrace.

L’île d’Imbros (Gökçeada ou İmroz en turc, Ίμβρος / İmvros en grec) est, avec sa voisine Ténédos, une des rares îles turques de la mer Égée. Son nom en turc signifie Île du ciel bleu. Elle est située non loin de l'entrée du détroit des Dardanelles au nord de Lesbos, à l'est de Lemnos et au sud de Samothrace. Elle a une superficie de 286,84 km2. Localités : Gökçeada (chef-lieu, anciennement Panagia Palomeni), Kaleköy (anciennement Kastro), Dereköy (anciennement Skhinoudi), Tepeköy (anciennement Agridia), Bademli (anciennement Gliki), Zeytinli (anciennement Hagia Théodora), Ugurlu (anciennement Livounia). L'île compte presque 9 000 habitants permanents, mais le triple durant l'été, surtout des Stambouliotes en vacances.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces de fréquentation humaine sur l'île remontent à la Préhistoire. Le site néolithique d'Ugurlu est occupé dès la seconde moitié du 7e millénaire[1]. Plusieurs sites de l'âge du bronze ont été identifiés.

Durant l'Antiquité, les habitants de l'île s'associent à la révolte des cités ioniennes au début du Ve siècle av. J.-C. contre l'empire perse. Lors des guerres médiques Imbros est une escale de la flotte athénienne et fait partie de la Ligue de Délos jusqu'à la paix d'Antalcidas. Elle est conquise par les Romains en 129 av. J.-C.. Dans ses parages, Lucullus détruit une partie de la flotte de Mithridate VI en 73 av. J.-C.

Sous l'empire byzantin, au VIe siècle l'empereur Justinien Ier y rénove ports et fanaux. Les pirates arabes la ravagent en 670, 674 et 678, emmenant toute la population en esclavage. En friche, Imbros devient un refuge pour proscrits, déserteurs et évadés, régulièrement enrôlés de force dans les chiourmes de la marine byzantine. Elle se repeuple progressivement. Conquise par les croisés en 1203, reprise par les byzantins en 1235, occupée par les génois en 1355, prise par les Vénitiens en 1377, Imbros est conquise par Mehmet II en 1462. Au début du XXe siècle, l'île comptait 12 000 habitants, tous grecs. Au dernier recensement, elle comptait 8 875 habitants, presque tous turcs ou déclarés comme tels. En effet, à cause de sa proximité stratégique par rapport au détroit des Dardanelles, Imbros fut maintenue, grâce à la pression de l'Entente, sous la souveraineté de la Turquie, aussi bien en 1913 lorsque la plupart des îles de l'Égée devinrent grecques, qu'en 1923 par le traité de Lausanne, malgré les vœux de sa population alors entièrement hellénophone. Celle-ci a dû massivement s'exiler en Grèce dès 1961 à cause des vexations de l'administration turque et de la colonisation.

La bataille d'Imbros s'est tenue au large de l'île, la 20 janvier 1918, entre des navires de la Royal Navy et des navires allemands sous pavillon ottoman, commandés par le contre-amiral von Rebeur-Paschwitz.

Personnages célèbres[modifier | modifier le code]

Imbros est la patrie d'origine du patriarche de Constantinople Bartholomée Ier.

Mythologie[modifier | modifier le code]

L'Iliade lui accole le qualificatif de "rocheuse" (Il., XXIV, 78). Achille y vendit des fils du roi Priam, après les avoir capturés, de même qu'à Samos et Lemnos (Il., XXIV, 751-753).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Erdogu, B., 2011. A preliminary report from the 2009 and 2010 field seasons at Ugurlu on the island of Gökçeada, Anatolica 37 : 45-65

Voir aussi[modifier | modifier le code]