Gengis Khan

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Gengis Khan
Portrait de Gengis Khan[note 1].
Portrait de Gengis Khan[note 1].
Titre
Grand Khan de l'Empire Mongol
1206 – août 1227
Successeur Ögödei
Biographie
Titre complet Khan, Grand Khan
Nom posthume: Empereur (chef suprême Fatian Qiyun Shengwu
(法天啟運聖武皇帝)
Nom de naissance Temüdjin
Date de naissance v. 1155/1162
Lieu de naissance Monts Khentii, Mongolie Mongolie
Date de décès août 1227 (~ 65/72 ans)
Lieu de décès Xian de Qingshui, Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Père Yesügei
Mère Hö'elün
Conjoint Börte
Khulan
Yisugen
Yisui
autres
Enfant(s) Djötchi[note 2] (11821227)
Djaghataï (1184-1241)
Khojen Beki
Ögödei (1186—1241)
Alaqai Beki, ° (1187/1190)
Tolui (11901232)
Tümelün, ° (1192)
Altalun, ° (1193)
Checheyigen, ° (1194)

Gengis KhanLoudspeaker.svg écouter (en mongol : « souverain universel »,  »ᠪᠣᠷᠵᠢᠭᠢᠨ ᠲᠡᠮᠦᠵᠢᠨ, Чингис Хаан, /ˈtʃɪŋɡɪs ˈxɑːŋ/), d'abord nommé Temüdjin, né vers 1155/1162[1] dans l'actuelle province de Hentiy (Mongolie), mort en août 1227[2] dans l'actuel Xian de Qingshui (Chine), est le fondateur de l'Empire mongol, le plus vaste empire contigu de tous les temps[3].

Issu d'un chef de clan de la tribu Bordjigin, il utilise son génie politique et militaire pour rassembler plusieurs tribus nomades de l'Asie de l'Est et de l'Asie centrale sous l'identité commune de « mongoles » ; il en devient le khan (dirigeant), puis le Tchingis Khagan (empereur ou chef suprême), avant même de se lancer à la conquête de la Chine. À la fin de son règne, il contrôle une grande partie de l'Asie, avec, outre la Mongolie, la Chine du nord et la Sogdiane.

Après sa mort, l'empire est considérablement agrandi par ses successeurs, qui le dirigent encore pendant plus de 150 ans. Son petit-fils, Kubilaï Khan, est le premier empereur de la dynastie Yuan en Chine.

Pour les Mongols, qui le considèrent comme le père de leur nation, Gengis Khan est une figure légendaire entourée d'un grand respect. Mais, dans nombre de régions d'Asie ravagées par ses guerres ou celles de ses successeurs, il est considéré comme un conquérant impitoyable et sanguinaire[4].

Il a établi des lois en faveur des femmes, pour éviter les conflits entre tribus. Ainsi, l'interdiction de kidnapper des femmes, de les vendre à des époux, et l'interdiction de l'adultère sont les principes de son empire[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et naissance[modifier | modifier le code]

La rivière Onon en automne, une région qui a vu naître et grandir Temüdjin est une région d'Asie centrale couverte de steppes.
« Gengis Khan » écrit en mongol traditionnel

Il y a très peu d'informations vérifiables sur Gengis Khan avant qu'il ne commence ses conquêtes. Les quelques sources sur cette période ne sont pas toujours en accord.

Gengis Khan naît dans une tribu mongole nomade, à proximité du mont Burkhan Khaldun, non loin de l'actuelle capitale de la Mongolie, Oulan-Bator[6]. À ce moment, les quarante clans mongols sont déchirés par des guerres intestines et divisés face à leurs rivaux, Turcs et Tatars.

Il est issu d'une famille noble, étant en effet le fils (aîné) de Yesügei, chef du clan des Qiyat de la tribu Bordjigin[6] (mongol : Боржигин). Yesügei, petit-fils de Khabul Khan, est le vassal de Toghril, chef des Kéraït[6]. La mère de Gengis Khan, Hö'elün, épouse principale de Yesügei, est issue de la tribu Merkit, où elle a été enlevée[6]. Outre Gengis Khan, elle donne naissance à trois fils et une fille.

Il reçoit d'abord le nom de Temüdjin, « le plus fin acier » (du turco-mongol temür, tömör : fer). Selon l'Histoire secrète des Mongols, ce nom de Temüdjin vient d'un chef de clan tatar capturé peu avant par son père. Il peut également suggérer que sa famille ait pu être des descendants d'une famille de forgerons[réf. nécessaire].

Le même ouvrage indique qu'il est né en tenant un caillot de sang dans son poing, ce qui, dans la tradition mongole, indique que l'enfant est destiné à devenir un grand guerrier.

La légende lui attribuera aussi des ancêtres mythiques : Un loup bleu, une biche blanche et une femme fécondée par un rayon de Soleil, nommée « Alan Qo'a »[6].

Enfance[modifier | modifier le code]

À neuf ans, donc entre 1164 et 1171, il est fiancé à Börte « la Céruléenne »[6], du puissant clan des Onggirats et vit désormais dans sa belle famille, selon la coutume, afin de gagner par son travail le prix de sa fiancée. Vers cette époque, il aurait tué un ours à mains nues.

Son père meurt peu après, empoisonné dans la steppe lors d'un festin partagé avec les Tatars[6]. Temüdjin est alors trop jeune pour obtenir la soumission du clan et c'est le clan des Tayitchiout (Taïdjioutes) qui s'empare du pouvoir. Ils excluent la veuve de Yesügei et ses quatre enfants (les trois frères et la sœur de Temüdjin)[6].

Il passe les années suivantes avec sa famille selon le mode de vie des nomades. Capturé un jour par la tribu rivale des Tayitchiouts et par leur chef Targutaï, il réussit à s'échapper peu de temps après avec l'aide d'un de ses ravisseurs. Pendant ces années de misère, se battant pour manger[6], Temüdjin et son frère Qasar tuent leur demi-frère Bekter. Petit à petit, il reconstitue un patrimoine[pas clair].

Genghis Khan et Ong Khan. Illustration provenant d'un manuscrit de Jami al-tawarikh (XVe siècle.

Le fort caractère de Temüdjin lui permet d'avoir des amis, dont Bo'ortchu et Djamuqa, chef des Jadaran, mais lui vaut aussi des ennemis[6].

Mariage et premières affirmations[modifier | modifier le code]

Vers 1181, il épouse Börte, obtenant un statut social grâce à sa belle-famille. Celle-ci est enlevée par des membres de la tribu des Merkit[6]. Temüdjin, avec l'appui de Toghril et de Djamuqa, écrase les Merkit sur les bords de la Buura, et délivre sa famille. Son premier fils Djötchi naît en 1182, quelques mois après la libération de sa femme, ce qui suscite des doutes quant à sa paternité[6]. Plusieurs fils naissent ensuite : Djaghataï en 1184, Ögödeï (1186), Tolui en 1193[7].

Temüdjin, que les historiens dépeignent comme grand, sec et musclé[réf. nécessaire], est un puissant guerrier mais aussi un habile politicien, ce qui va lui servir dans sa tentative d'unification des tribus mongoles. Sa renommée grandit[réf. nécessaire] et de nombreux jeunes gens avides d'aventures le rejoignent. Parmi eux, Qubilai, Djelmé, Djebé la Flèche, Subötai resteront toujours ses quatre chiens féroces.

L'union des tribus[modifier | modifier le code]

Nations d'Eurasie vers 1200.

À cette époque, les peuples nomades d'Asie centrale, divisés, sont facilement manipulés par les peuples sédentaires dirigés par de puissants monarques, tels ceux de la dynastie Jin au nord de la Chine[8].

Se forgeant de solides amitiés parmi les chefs des clans mongols, Temüdjin réussit vers 1195-1197, après une série de guerres et d'alliances mouvantes[réf. nécessaire], à se faire nommer Khan par le qüriltaï (assemblée plénière)[6]. Son élection le brouille avec Djamukh[6].

Il met en place des lois qui deviendront par la suite le Yasaq, un code politique et moral teinté de traditions ancestrales, qui servira de référence à ses successeurs[6].

En 1202, Temüdjin est vainqueur des Tatars avant de dominer la Mongolie orientale puis centrale[7].

En 1206, un nouveau qüriltaï le proclame « Empereur » : il reçoit en effet le titre de Tchingis Khagan (« Souverain océanique », c'est-à-dire « Souverain universel »[6],[note 3]. C'est à partir de cette date que Temüdjin est connu sous la dénomination de « Gengis Khan », qui est en fait un titre (comme Augustus, « Auguste » pour Octavien à Rome à partir de 27 avant J.-C.).

La formation de l'Empire mongol sous le règne de Gengis Khan[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Empire mongol et Conquêtes mongoles.

Le royaume des Xia occidentaux[modifier | modifier le code]

Évolution de l'empire mongol (même après la mort de Gengis Khan)

Entre 1203 et 1209, Gengis Khan lance ses 3 premières campagnes contre la Dynastie des Xia occidentaux, après avoir envoyé son fils Djötchi soumettre une tribu du nord[7]. Ces campagnes aboutissent à un accord de paix par lequel l'empereur vaincu se soumet aux Mongols et promet d'associer ses troupes à celles de Gengis Khan en cas de besoin[6].

Diverses tribus se rallient alors à Gengis Khan : les Qarluq, les Ouïghours dont l'alphabet, encore en usage de nos jours en Mongolie, est intégré[réf. nécessaire], les Khitans du nord (北辽) et les Kara Khitaï[6].

Le royaume des Jin[modifier | modifier le code]

Cependant, la cible principale de Gengis Khan est la dynastie Jin, tant pour des raisons de revanche[réf. nécessaire] que pour s'emparer des richesses de la Chine du nord. La guerre est déclarée en mars 1211[6]. Les Mongols restent bloqués deux années près de la Grande Muraille, mais en profitent pour prendre la Mandchourie[6]. Victorieux en campagne, les Mongols voient leurs assauts repoussés dans la conquête des grandes villes jusqu'au développement d'armes de siège.

Ils avancent ensuite avec trois armées au cœur du territoire chinois, entre la Grande Muraille et le Fleuve jaune. Après avoir dévasté le nord de la Chine et pris de nombreuses villes, il prend Pékin en 1215, mais refuse d'entrer personnellement dans la ville[6].

Le royaume des Kara-Khitans[modifier | modifier le code]

Entre-temps, certains de ses adversaires se réfugient à l'ouest dans le royaume des Kara-Khitans, pourtant allié occidental de Gengis Khan. Celui-ci envoie Djebe, un de ses principaux généraux, à leur poursuite par la conquête du territoire, qui, selon lui, conspirait contre-lui[6]. De population majoritairement musulmane mais sous la coupe des bouddhistes, les Mongols sont accueillis comme des libérateurs[réf. nécessaire][6].

En 1217, Gengis Khan quitte la Chine, laissant un autre de ses généraux, Muqali, avec la charge des régions conquises[7].

Le royaume de Khwarezm[modifier | modifier le code]

Le royaume des Khwârazm-Shahs (11901220)

En 1218, il envahit le royaume de Khwarezm[6] ; dès 1220, le Khwarezm est vaincu, la Sogdiane est occupée, en particulier Boukhara et Samarcande[7].

Un récit plus ou moins fiable affirme que Gengis Khan avait envoyé des émissaires au gouverneur d'une province orientale du Khwarezm, qui les aurait fait exécuter. Gengis aurait pris ce prétexte pour envoyer une force de 100 000 à 200 000 hommes. Des travaux historiques récents mettent en doute la réalité de l'exécution des émissaires de Gengis Khan :

« En effet, la structure de l'empire Khwarezm Chahian était basée sur le commerce. Même, Mohammad Kharazm Chah encourageait vivement le commerce et le troc, et invitait souvent à son palais les grands commerçants aussi bien nationaux qu'étrangers. Deux à trois fois par semaine, il organisait en leur honneur des fêtes royales. Donc, il est improbable qu'un tel acte soit commis. Ce n'est qu'une légende et peu crédible au point de vue historique »

— Hossein Oreizi, L'invasion de l'Iran par Gengis Khan et la conquête de Bagdad : Deux événements inséparables, Ispahan, EFE, 1972, p. 76.

En 1221, il occupe Balkh (Bactres) et arrive jusqu'à l'Indus[7] où, près de quinze siècles auparavant, un autre conquérant, Alexandre le Grand, s'était arrêté en provenance de Grèce. Un de ses petit-fils, Mütügen, meurt à Bâmiyân[7].

Fin du royaume tangoute ; rébellion des Xia[modifier | modifier le code]

L'Empire de Gengis Khan.

Alors que Gengis Khan est en Iran, les Xia Occidentaux et les Jin s'allient contre les Mongols.

Avec le temps, Gengis prend l'avenir avec plus de considération et s'assure une sélection de successeurs parmi ses descendants. Il choisit son troisième fils Ögödei comme héritier et établit une méthode de sélection de ses sous-chefs spécifiant qu'ils doivent provenir de sa descendance directe[réf. nécessaire].

Dans le même temps, il étudie les rapports de ses espions sur les Xia et les Jin[réf. nécessaire] et prépare une force de 180 000 hommes pour sa nouvelle campagne.

En 1226, il attaque les Tangoutes sous le prétexte qu'ils hébergent des ennemis des Mongols. En février, il s'empare des villes de Heishui (黑水城), Ganzhou(甘洲) et Suzhou (肃州) ; durant l'automne, il prend Xiliangfu (西凉府).

Un général xia attaque alors les Mongols dans une bataille près de la montagne Helanshan(賀蘭山) mais son armée est vaincue. En novembre, Gengis Khan mène le siège contre la ville tangoute de Lingzhou (靈州) puis traverse le Fleuve Jaune et anéantit le reste de l'armée tangoute. Un alignement de cinq étoiles est observé le soir de cette bataille[réf. nécessaire].

En 1227, il attaque la capitale tangoute et s'empare de Lintiaofu (临洮府) en février. En mars, il prend les préfectures de Tiaozhou (洮州), Hezhou (河州), puis la préfecture de Xiningzhou (西宁州) en avril, la préfecture de Deshun (德顺). À Deshun, le général xia Ma Jianlong (马肩龙) résiste aux Mongols pendant plusieurs jours et mène personnellement les attaques pour les maintenir en dehors de la ville. Ma Jianlong meurt peu après sous les assauts des archers mongols. Après avoir conquis Deshun, Gengis Khan se dirige vers la montagne Liupanshan (六盘山) pour passer l'été. Sur la montagne, il décrète que les Mongols ne doivent plus tuer aveuglément, conformément à la parole qu'il avait eue un an auparavant, lors de l'alignement des cinq étoiles[réf. nécessaire]. Il ne reste plus que la capitale Zhongxingfu (中興府),encerclée par l'armée mongole. Après six mois de siège, le dernier empereur de xia capitule, il est tué, ainsi que toute sa famille.

Mort et sépulture[modifier | modifier le code]

Monument commémoratif de Gengis Khan à Hohhot
Article détaillé : Tombe de Gengis Khan.

Gengis meurt des suites d'une chute à cheval lors d'une partie de chasse[6](d'après l'histoire secrète. Il aurait eu le temps d'exposer à son plus jeune fils, Tolui, les plans utilisés plus tard pour achever la destruction de l'empire des Jin.

Son corps est ramené en Mongolie. Sur le chemin du retour, son escorte tue tout témoin du cortège afin que le lieu de sa dernière demeure reste secret. Ce lieu n'ayant pas été découvert, le mausolée de Gengis Khan n'est en fait qu'un cénotaphe.

Le nouvel empereur xia se rend aux Mongols. Les Tangoutes capitulent probablement le [6], après 190 ans d'existence. L'empereur tangoute et la famille royale sont exécutés.

Famille[modifier | modifier le code]

Extension maximale de l'Empire Mongol.

Frères et sœur[modifier | modifier le code]

Temudjin avait trois frères et une sœur :

  • Qasar (frère)
  • Qachi'un (frère)
  • Temüge (frère)
  • Temülun (sœur)

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Avec son épouse Borte, fille de Dei Seichen, Onggirat, et de Tchotan ; épousée en 1180 ; morte après 1206/1207, il eut quatre fils et cinq filles:

  • Djötchi (11821227) (paternité douteuse)
  • Djaghataï (1184 —1241)
  • Khojen Beki, née en 1185 ; fiancée en 1202 à Tusakha, fils de Senggum, fils d'Ong Khan, chef Kerait ; mariée avant 1206 avec Botu, fils de Nekün, Ikire
  • Ögödei (1186—1241)
  • Alaqai Beki, née vers 1187/1190, mariée
    • 1° en 1207 avec Alaqush Digit Quri, chef des Ongüt, mort en 1211 ;
    • 2° en 1211 avec Jingue, neveu de Alaqush Digit Quri, mort en 1221 ;
    • 3° avec Boyaohe, fils d'Alaqush Digit Quri
  • Tolui (11901232)
  • Témulün, née en 1192 ; mariée avant 1206 avec Chigu, fils d'Anchen, fils de Dei Sechen, chef des Onggirat
  • Altalun, (1193-après 1227) ; mariée
    • 1° avant 1206 avec Olar, chef Olqunu'ut ;
    • 2° avec Taichu, fils d'Olar, chef des Olqunu'ut ;
    • 3° après 1227 (fiancée 1209) Barshuq Art Tegin, chef des Uighurs
  • Checheyigen, née en 1194 ; mariée en 1207 avec Törölchi, fils de Quduka beki, chef des Oirat

Succession[modifier | modifier le code]

Ögödei, le troisième fils de Gengis, sera celui qui le remplacera en tant que « Grand Khan ».

« Nos descendants se vêtiront d'habits dorés, mangeront des mets gras et sucrés, monteront d'excellents coursiers, presseront dans leurs bras les plus belles femmes et oublieront qu'ils nous le doivent. »

— Gengis Khan, d'après l'historien persan Rachid al-Din[9].

Le Khagan successeur ne pouvait avoir de réelle légitimité que s'il était du même sang que Gengis Khan, limitant donc les successeurs potentiels à la seule famille du dernier Khagan. Tolui assura la régence de la mort de Gengis en 1227 à la nomination d'Ögödei en 1229 après une autre assemblée plénière[10].

Les quatre fils de Gengis Khan avaient participé aux campagnes de leur père et occupèrent donc des rôles de première importance dans l'empire. Si Ögödei devint Khagan, ses trois frères devinrent Khan de différents Khanats

À partir de 1260, l'Empire Mongol se divisait en quatre ulus (pays, région) :


Étude sur les descendants[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Descendance de Gengis Khan.
Pièce mongole « Grands Khans », frappée à Balk en Afghanistan, vers 1221.
Statue de Gengis Khan devant son mausolée.

Tatiana Zerjal et d'autres chercheurs déclarent en 2003[11],[12] avoir identifié une lignée de chromosome Y sur environ 8 % des hommes d'une grande partie de l'Asie (soit environ 0,5 % du total mondial des hommes). L'étude démontre que la forme des variations génétiques trouve son origine il y a 1 000 ans en Mongolie. Une expansion aussi rapide n'a pas pu se faire par simple dérive génétique mais par sélection naturelle. Les auteurs supposent que cette lignée est portée par des descendants de Gengis Khan et qu'elle s'est répandue par sélection sociale.

En plus des Khanats et d'autres descendants, la mère de l'empereur moghol Bâbur était une descendante de Gengis Khan. Tamerlan, chef militaire du XIVe siècle, prétendit aussi descendre de Gengis Khan.

Croyance religieuse[modifier | modifier le code]

Les traditions animistes des Mongols étaient assez profondes. La relative absence de pratiques religieuses ne masquait pas leur attachement à Tengri, le dieu du Ciel[13]. Certains auteurs rapportent que Gengis Khan était un strict monothéiste faisant preuve d'une grande tolérance vis-à-vis des autres croyances[14].

Postérité[modifier | modifier le code]

Influence sur l'histoire militaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée mongole.
Reconstitution historique d'un mouvement militaire mongol.

Gengis Khan récupère et met en exergue les atouts des Mongols, ce sera la base des conquêtes mongoles. Mais Gengis Khan participe en de nombreux points au développement des stratégies et des tactiques de combat.

L'armée repose sur un système décimal sans doute d'origine achéménide, le « tümen », les armées étant divisées en groupes de 10, 100, 1 000 et 10 000 hommes. Les liens étroits des clans mongols sont adaptés aux unités de combat, mettant l'accent sur le collectif avec les recrues au centre et les vétérans sur les ailes[15].

Le mausolée de Gengis Khan situé dans la région de l'Ordos

Dès 1217, Gengis s'intéresse au problème des attaques de places fortifiées. Aidés par des artilleurs chinois qu'il forme en corps d'armée, ils bâtissent progressivement les techniques qui feront d'eux de redoutables meneurs de sièges, en particulier grâce à l'utilisation de poudre à canon[15].

L'arc réflexe (très ressemblant à un arc recourbé), précis et maniable, est réputé être l'arc le plus efficace[15].

Les chevaux originaires des steppes sont endurants. Ils peuvent parcourir jusqu'à 100 kilomètres par jour en conditions optimales. Ils se nourrissent facilement avec ce qu'ils trouvent. Les campagnes d'hiver sont préférées, les chevaux étant reposés et rassasiés[15].

Les soldats disposent de plusieurs chevaux, généralement au moins trois, afin d'avoir une monture fraîche toujours disponible[15].

La tactique, loin des clichés de hordes barbares, est très travaillée. Évitant les grands affrontements, ils préfèrent le harcèlement pour démoraliser. Ainsi, une technique appliquée est la charge directe avec un repli avant le contact simulant une fuite, les ennemis se lancent de manière désordonnée à la poursuite des fuyards en rompant la formation. Une fois arrivés sur un terrain favorable, les cavaliers mongols décochent des flèches par-dessus leur épaule, décimant les adversaires. Cette technique de tir sera appelée « flèche de Scythe ou du Parthe »[15].

Perception actuelle de Gengis Khan[modifier | modifier le code]

La porte du mausolée de Gengis Khan

Perception négative de Gengis Khan[modifier | modifier le code]

En Irak et en Iran, il est vu comme un seigneur de guerre sanguinaire et génocidaire qui causa d'immenses destructions[16]. Un descendant de Gengis, Hulagu Khan, détruira une grande partie du nord de l'Iran. Il est l'un des conquérants les plus haïs des Iraniens, avec Alexandre le Grand et Tamerlan[17],[18].

Il en est de même en Afghanistan, au Pakistan ainsi que dans d'autres pays non turcs à majorité musulmane, bien que dans certains pays il faille nuancer le tableau. On raconte que l'ethnie des Hazaras d'Afghanistan descend d'une grande garnison mongole qui stationnait autrefois sur leur terre d'origine. Les sacs de Bagdad et de Samarcande causèrent des massacres et le sud du Khuzestan fut complètement détruit. En Russie, Ukraine, Pologne et Hongrie, Gengis Khan, ses descendants et les Mongols et/ou Tatars sont généralement décrits comme de grands destructeurs.

Aujourd'hui, Gengis, ses descendants, ses généraux et les Mongols en général restent connus pour leurs forces militaires féroces, leur endurance, leur cruauté et leurs conquêtes destructives dans les livres d'histoire du monde entier.

Perception positive de Gengis Khan[modifier | modifier le code]

Genghis Khan représenté sur le revers d'une pièce de monnaie kazakhe de 100 Tenge.

La perception négative de Gengis Khan est donc très courante, beaucoup d'historiens citant souvent la cruauté de son règne et la destruction provoquée par les troupes mongoles, mais certains mettent l'accent sur les aspects positifs des conquêtes de Gengis Khan. Il est parfois crédité d'avoir mis la route de la soie sous un système politique cohérent. Ce système aurait ainsi théoriquement accru la communication et le commerce entre le monde occidental, le Moyen-Orient et l'Asie en étendant les horizons de chacun. Plus récemment, des historiens remarquent que Gengis Khan a instauré certains niveaux de méritocratie, et qu'il semblait assez tolérant envers les religions. Aujourd'hui, en Turquie, on voit en Gengis Khan un grand chef militaire et beaucoup de garçons sont nommés en son honneur.

Gengis Khan comme symbole de la Mongolie[modifier | modifier le code]

Gengis Khan a longtemps été énormément respecté par son peuple pour ses victoires militaires et son association avec la culture et les systèmes politique et militaire mongols. Durant la République populaire mongole, il deviendra un symbole encombrant. Gengis Khan et les Mongols étaient des sujets sévèrement réprimés par un gouvernement qui craignait probablement un regain de ferveur nationaliste. Par exemple, en 1962 la construction d'un monument sur son lieu de naissance et une conférence en son honneur mena à des critiques de la part de l'URSS et au licenciement de Tömör-Ochir, un secrétaire du Comité central du Parti révolutionnaire du peuple mongol.


Quand la démocratie est instaurée en Mongolie après la révolution démocratique du début des années 1990, le souvenir de Gengis Khan et l'identité nationale mongole virent un renouveau ; Gengis Khan lui-même deviendra la figure centrale de cette identité. Il n'est pas rare d'entendre les Mongols appeler la Mongolie « la Mongolie de Gengis Khan », eux-mêmes « les enfants de Gengis Khan » et Gengis Khan « le père des Mongols », surtout les plus jeunes.

Beaucoup de choses sont nommées en son honneur : produits, rues, immeubles, parcs… On peut voir son portrait sur des bouteilles de boisson alcoolisée ainsi que sur les billets de 500, 1 000, 5 000 et 10 000 tögrög. Le principal aéroport du pays, près de la capitale, Oulan-Bator, fut rebaptisé « aéroport international Chinggis Khaan », de grandes statues le représentant ont été érigées devant le parlement[19] et près d'Oulan-Bator.

Il y a un débat continuel sur la surutilisation de son image et la crainte de la voir banalisée. La Mongolie le voit comme une figure centrale de la fondation de la nation mongole et comme le socle de l'idée de la Mongolie comme pays.

Aujourd'hui, Gengis Khan est largement reconnu comme l'un des leaders mongols les plus grands, les plus légendaires et les plus aimés. On le croit responsable de l'émergence des Mongols en tant qu'identité ethnique et politique, ainsi qu'à l'origine de l'écriture mongole et de la yassa, premier code juridique mongol.

Il y a une incompréhension sur la perception de sa brutalité, les Mongols croyant souvent que les documents historiques, écrits pour la plupart par des non-Mongols, sont injustement trop sévères envers Gengis Khan, exagérant sa barbarie et ses massacres et minimisant son rôle positif. Il renforça beaucoup de traditions mongoles et offrit la stabilité et l'unité aux Mongols à une époque très incertaine dû à des facteurs internes et externes.

En Chine[modifier | modifier le code]

Monument à Hulunbuir

La République populaire de Chine considère Gengis Khan comme un héros national chinois. Pour justifier ce point de vue, on affirme le plus souvent qu'il y a plus de Mongols habitant la Chine que partout ailleurs, y compris en Mongolie. On affirme aussi que son petit-fils, Kubilai Khan, fonda la dynastie Yuan qui réunifia et régna sur la Chine durant 89 ans, de 1279 à 1368. En tout cas, les Mongols ont laissé des traces importantes et durables, quoique discutables, sur les structures sociales et politiques chinoises[20].

Au Japon[modifier | modifier le code]

Au Japon, une légende populaire à l'époque Edo (1603-1867) voulait que Gengis Khan soit en fait Minamoto no Yoshitsune (1159-1189), qui aurait réussi à s'enfuir lors de la bataille de Koromogawa et à traverser la mer du Japon[21]. Cette histoire est notamment évoquée dans le manga Oh-roh de Kentarō Miura et Buronson.

Notoriété selon diverses publications[modifier | modifier le code]

L'influence de Gengis Khan est estimée dans plusieurs publications :

  • Il est classé no 29 dans « Classement des 100 plus influentes personnalités de l'Histoire » ("100, a ranking of the most influential persons in history"), compilée par Michael H. Hart en 1992 ;
  • Il est élu « Homme du millénaire » par le journal The Washington Post le 31 décembre 1995 ;
  • Il est élu l'une des « 10 plus grandes légendes culturelles du millénaire » en 1998 par G. Ab Arwel et cinq juges (D. Owain, G. Parry, C. Campbell, S. Evans et B. Parry).
  • Il est aussi l'un des « 50 leaders politiques les plus importants » selon le magazine National Geographic.

Représentations de Gengis Khan[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Il est le héros d'une série de cinq albums de bande dessinée, Le Khan, de Simon Rocca et André Houot, aux éditions Soleil Productions.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Le Loup bleu (Le Roman de Gengis-Khan), roman de Inoue Yasushi, 1960.
  • L'épopée de Gengis Khan, série de romans de Conn Iggulden, 2008-2010.

Musique[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Portrait sur la pente d'une colline près d'Oulan Bator, 2006.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Genghis Khan » (voir la liste des auteurs)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il n'existe aucune représentation de Gengis Khan de son vivant mais il inspira beaucoup d'artistes fascinés par son épopée.
  2. Paternité douteuse
  3. De tchingis , « océan » (cf. mongol tengis, turc deniz : mer, océan) et Khagan = « Souverain », en mongol moderne : Ĉingis Xaan)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Rashid al-Din prétend que Gengis Khan a vécu jusqu'à l'âge de 72 ans, ce qui place la date de sa naissance en 1155. Le Yuanshi (元史, l'Histoire de la dynastie Yuan), donne l'année 1162. Selon Paul Ratchnevsky, placer sa date de naissance en 1155 ferait que Gengis Khan fut père à presque 30 ans et qu'il prit la tête de l'expédition contre les Tangoutes à l'âge avancé de 72 ans.
  2. Paul Ratchnevsky, Genghis Khan: His Life and Legacy, Blackwell,‎ 1991 (ISBN 0-631-16785-4), p. 142 :

    « It is possible, however, to say with certainty that Genghis Khan died in August 1227; only in specifying the actual day of his death do our sources disagree. »

  3. Sans la notion de contiguïté, l'Empire britannique est estimé à 36,6 millions de km2 en 1922 sous George V et l'Empire mongol à 33,2 millions de km2 en 1268 sous Kubilai Khan. L'Union des républiques socialistes soviétiques et son bloc à son extension maximale dépassent en superficie l'Empire mongol mais n'ont jamais été totalement unifiés sous le même chef. D'après (en) To Rule the Earth…, Bruce R. Gordon (2005).
  4. (en) The barbarian stereotype.
  5. Gengis Khan, un féministe au Moyen Âge !, Le Point, 15 août 2013
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y et z Chapitre 1 : « Gengis Khan » dans Gengis Khan et l'Empire mongol de Jean-Paul Roux, Découvertes Gallimard, 2002.
  7. a, b, c, d, e, f et g « Repères chronologiques » dans Gengis Khan et l'Empire mongol de Jean-Paul Roux, Découvertes Gallimard, 2002.
  8. Voir page 1 in Singing the village: Music, Memory and Ritual Among the Sibe of Xinjiang, Rachel Harris, Oxford University Press, 2004
  9. Chapitre 4 : « Les quatre empires et la décadence » dans Gengis Khan et l'Empire mongol de Jean-Paul Roux, Découvertes Gallimard, 2002.
  10. Chapitre 2 : « Les successeurs » dans Gengis Khan et l'Empire mongol de Jean-Paul Roux, Découvertes Gallimard, 2002.
  11. (en) Tatiana Zerjal et al. ; The Genetic Legacy of the Mongols ; The American Society of Human Genetics ; 17 janvier 2003.
  12. Article « Les conquêtes génétiques de Genghis Khan ».
  13. voir page 7 in Genghis Khan: Conqueror of the World, Leo de Hartog, Tauris Parke Paperbacks, 2004
  14. Voir page 245 in Comparative Criticism: A Yearbook (volume 3), E. S. Shaffer, Cambridge University Press, 1982
  15. a, b, c, d, e et f Chapitre 3 : « Comment se fonde l'Empire, comment dure l'Empire » dans Gengis Khan et l'Empire mongol de Jean-Paul Roux, Découvertes Gallimard, 2002.
  16. (en) Ahmad Kamron Jabbari ; "The Legacy of Genghis Khan" at Los Angeles County Museum of Art--again ; Payvand.com ; 14 juin 2003
  17. (en) Azar Mahloujian ; Phoenix From the Ashes: A Tale of the Book in Iran ; Iran Chamber Society
  18. (en) Civilizations: How we see others, how others see us ; Proceedings of the International Symposium, UNESCO ; 13 et 14 décembre 2001
  19. (en) Once shunned, Genghis Khan conquers Mongolia again ; FOX news ; 10 juillet 2006
  20. (en) China Claims Genghis Khan as One of Its Own
  21. (en) Minoru Harada, « The Legend of Yoshitsune », ASIOS
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Khagan de l'Empire mongol
1206 - †1227
Ögödei