Bülent Ecevit

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Bülent Ecevit
Bülent Ecevit, en 2000.
Bülent Ecevit, en 2000.
Fonctions
18e Premier ministre turc
11 janvier 199919 novembre 2002
(3 ans, 10 mois et 8 jours)
Président Süleyman Demirel
Ahmet Necdet Sezer
Gouvernement Ecevit IV et V
Législature 19e et 20e
Coalition DSP (1999)
DSP-MHP-ANAP (1999-2002)
Prédécesseur Mesut Yılmaz
Successeur Abdullah Gül
Vice-Premier ministre
30 juin 199711 janvier 1999
Premier ministre Mesut Yılmaz
Gouvernement Yılmaz III
Premier ministre
5 janvier 197812 novembre 1979
(1 an, 10 mois et 7 jours)
Président Fahri Sabit Korutürk
Gouvernement Ecevit III
Législature 15e
Coalition CHP-CGP-DP
Prédécesseur Süleyman Demirel
Successeur Süleyman Demirel
21 juin21 juillet 1977
(1 mois et 0 jour)
Président Fahri Sabit Korutürk
Gouvernement Ecevit II
Législature 15e
Coalition CHP
Prédécesseur Süleyman Demirel
Successeur Süleyman Demirel
25 janvier17 novembre 1974
(9 mois et 23 jours)
Président Fahri Sabit Korutürk
Gouvernement Ecevit I
Législature 14e
Coalition CHP-MSP
Prédécesseur Naim Talu
Successeur Sadi Irmak
Président général du Parti républicain du peuple
14 mai 197230 octobre 1980
Prédécesseur İsmet İnönü
Successeur Deniz Baykal
Ministre du Travail et de la Sécurité sociale
20 novembre 196120 février 1965
Premier ministre İsmet İnönü
Gouvernement İnönü VIII, IX et X
Prédécesseur Cahit Talas
Successeur İhsan Sabri Çağlayangil
Biographie
Nom de naissance Mustafa Bülent Ecevit
Date de naissance 28 mai 1925
Lieu de naissance Istanbul (Turquie)
Date de décès 5 novembre 2006 (à 81 ans)
Lieu de décès Ankara (Turquie)
Parti politique CHP (1957-1981)
DSP (1985-2004)
Diplômé de Université d'Ankara

Signature

Bülent Ecevit
Premiers ministres de Turquie

Mustafa Bülent Ecevit (né le 28 mai 1925 à Istanbul, mort le 5 novembre 2006 à Ankara) était un journaliste, poète et homme politique turc. Il a occupé la fonction de premier ministre à quatre reprises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Né le 28 mai 1925 dans une famille bourgeoise d'Istanbul, il passe son baccalauréat en 1944 dans un lycée américain, le Robert College d'Istanbul.

Après avoir suivi à Ankara des études de littérature anglaise, il entre à la School of Oriental and African Studies de Londres où il étudie l'histoire de l'art, le sanskrit et le bengalî.

Débuts en politique : le CHP[modifier | modifier le code]

Il entame sa carrière politique en 1957, lorsqu'il adhère au Parti républicain du peuple (CHP), parti social-démocrate et kémaliste. Aux élections législatives du 27 octobre suivant, il est élu député de la province d'Ankara à la Grande Assemblée nationale.

Désigné, en 1959, président du CHP dans la province minière de Zonguldak, il est nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale le 20 novembre 1961, dans le huitième gouvernement d'İsmet İnönü. Il exerce cette responsabilité jusqu'au 20 février 1965.

Lors des élections législatives qui se tiennent le 10 octobre qui suit, il devient représentant de Zonguldak à ce qui était alors la chambre basse du Parlement turc.

Secrétaire général du CHP[modifier | modifier le code]

Ambitieux, Ecevit gravit très rapidement les échelons du parti dont il est élu secrétaire général en 1966. Il accentue l'orientation à gauche du parti, persuadé que le socialisme démocratique est le meilleur moyen de se défendre face au communisme.

Ecevit démissionne de son poste en mars 1971, en raison du soutien accordé par son parti au gouvernement de Nihat Erim, à la suite du coup d'État militaire dirigé contre Süleyman Demirel. Ecevit rejette l'implication des militaires dans les affaires de l'État.

Premier ministre une première fois[modifier | modifier le code]

Le 14 mai 1972, âgé de 46 ans, Bülent Ecevit est élu président général (Genel Başkanı) du Parti républicain du peuple, fonction où il remplace İsmet İnönü, démissionnaire six jours plus tôt.

Il lui revient alors de conduire le parti lors des élections législatives du 14 octobre 1973. Avec 33,3 % des voix et 185 députés sur les 450 de la Grande Assemblée nationale, le CHP réalise sa meilleure performance depuis 1961. Il redevient la première force politique du pays, devant le Parti de la justice (AP) de Süleyman Demirel.

Afin de s'assurer une majorité stable, Ecevit constitue une coalition gouvernementale avec le Parti du salut national (MSP), formation islamisme de Necmettin Erbakan. L'exécutif, dans lequel Erbakan est Vice-Premier ministre, prend ses fonctions le 25 janvier 1974, plus de trois mois après l'élection.

Sous ce premier mandat, l'interdiction de la production d'opium est levée, tandis que Chypre est envahie par les forces armées turques, pour protéger la minorité turque après le coup d'État des colonels en Grèce. Cette dernière décision fait de Bülent Ecevit un héros national.

Sa coalition se disloquant, il cède le pouvoir à l'indépendant Sadi Irmak au bout de dix mois à peine, puis devient le chef de l'opposition en mars 1975, avec le retour de Demirel à la direction du gouvernement.

Seconde fois Premier ministre[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives du 5 juin 1977, le CHP remporte plus de 41 % des voix et 213 des 450 députés de la Grande Assemblée nationale. En sa qualité de chef du parti vainqueur, Ecevit est invité par le président Fahri Sabit Korutürk à former, le 21 juin, le quarantième gouvernement de la République turque.

Il constitue une équipe de membres uniquement CHP, mais perd le vote de confiance devant les députés. Il cède alors les fonctions de Premier ministre à son prédécesseur Süleyman Demirel.

Troisième mandat de chef du gouvernement[modifier | modifier le code]

En janvier 1978, il forme un nouveau gouvernement avec deux micro-partis.

Il promet alors de mettre un terme à la crise économique et à la montée de la violence politique. Son mandat ayant été marqué par un accroissement du terrorisme kurde et par une détérioration de l'économie, son action est considérée comme un échec. Contraint de démissionner, il se retire en novembre 1979, remplacé de nouveau par Süleyman Demirel, à qui il avait lui-même succédé.

Scission du CHP : la fondation du DSP[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État militaire du 12 septembre 1980, le CHP est interdit et Bülent Ecevit est privé d'activité politique. Cela ne l'empêche pas de participer à la fondation, en novembre 1985, du Parti démocratique de la gauche (DSP), une formation social-démocrate, kémaliste et étatiste dont son épouse Rahşan prend la présidence.

Porté lui-même à la direction du parti une fois son interdiction levée, le 13 septembre 1987, il subit les contraintes de la nouvelle loi électorale qui impose un seuil de représentativité de 10 % en ne remportant que 8,5 % des suffrages. Il abandonne ses fonctions de président du DSP le 7 mars 1988, mais les retrouve le 15 janvier 1989.

Lors des élections législatives du 20 octobre 1991, sa formation franchit le seuil électoral et remporte 7 sièges, dont un pour lui-même qui fait ainsi son retour dans l'arène parlementaire après onze années d'absence.

La montée du DSP[modifier | modifier le code]

Quatre ans après, à l'occasion des élections législatives anticipées du 24 décembre 1995, après avoir représenté la province de Zonguldak depuis trente ans, il se fait élire député dans la province d'Istanbul. Lors de ce scrutin, le DSP devient une véritable force parlementaire avec 76 représentants sur 550 et un score de 14,6 % des voix.

À la tête du parti, il participe à la coalition gouvernementale formée avec le Parti de la mère patrie (ANAP), parti politique de centre droit. De juin 1997 à janvier 1999 il occupe le poste de Vice-Premier ministre. L'arrestation du leader kurde Abdullah Öcalan le rend très populaire, au point que le DSP devient le premier parti politique du pays.

Dernier mandat à la tête du gouvernement turc[modifier | modifier le code]

Le 11 janvier 1999, le président Süleyman Demirel le nomme Premier ministre, pour la quatrième et dernière fois de sa vie, avec pour fonction de diriger le pays jusqu'aux élections législatives anticipées du 18 avril suivant. Bien que le DSP ne soit que la quatrième force parlementaire avec seulement 76 députés, il obtient le soutien sans participation des trois plus grands partis du pays.

Lors du scrutin anticipé, le parti d'Ecevit réalise un score de 22,2 %, le meilleur depuis sa fondation, devenant la première force politique turque avec 136 députés sur 550. Cherchant à s'assurer un gouvernement majoritaire après l'instabilité de la précédente législature, il s'associe avec le Parti d'action nationaliste (MHP), formation nationaliste d'extrême droite, et l'ANAP. Le cinquante-septième gouvernement de la République, formé le 28 mai, dispose ainsi d'une forte majorité absolue de 351 sièges.

Son mandat est marqué par des scandales politique, par le tremblement de terre d'août 1999 qui a fait 20 000 morts et qui a fait éclater au grand jour la corruption qui gangrène la Turquie, et par la grande crise économique de l'année 2000 et 2001, qui a mené l'économie turque à la quasi banqueroute. Il abandonne le projet de construction d'une centrale nucléaire à Akkuyu en 2000.

Contestation interne et échec électoral[modifier | modifier le code]

Bülent Ecevit, très malade par son âge, continue de s'accrocher au pouvoir. Le 4 mai 2002, il est hospitalisé et se trouve empêché d'exercer ses fonctions au sein du gouvernement pendant près de deux mois. Le 25 juin 2002, des députés du DSP demande à Ecevit de démissionner et le Premier ministre convoque des élections anticipées qui ont eu lieu le 3 novembre 2002. Son parti, le DSP, s'effondre, obtenant à peine 1,22 % des voix lors des élections du 3 novembre 2002, au profit de l'AKP de Recep Tayyip Erdoğan.

Retrait de la politique et décès[modifier | modifier le code]

En 2004, Bülent Ecevit se retire de la vie publique et publie des ouvrages de poésie, de politique ainsi que des traductions. Il traduit notamment des auteurs tels que Thomas Stearns Eliot et Rabîndranâth Tagore. Il meurt le 5 novembre 2006 dans un hôpital militaire d'Ankara où il était hospitalisé depuis le mois de mai, à la suite d'une hémorragie cérébrale survenue lors des funérailles d'un juge assassiné par un attentat.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]