Énergie en Turquie

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Énergie en Turquie
Barrage de Karakaya
Barrage de Karakaya
Bilan énergétique (2009)
Offre d'énergie primaire (TPES) 97,7 M tep
(4 088,9 PJ)
par agent énergétique charbon : 30,5 %
pétrole : 29,8 %
gaz naturel : 29,6 %
électricité : 5,3 %
autres renouvelables : 4,8 %
Énergies renouvelables 10,2 %
Consommation totale (TFC) 66,3 M tep
(2 776,2 PJ)
par habitant 0,9 tep/hab.
(38,1 GJ/hab.)
par secteur ménages : 32,3 %
industrie : 28,1 %
transports : 22,5 %
services : 9,8 %
agriculture : 7,1 %
pêche : 0 %
Électricité (2009)
Production 194,81 TWh
par filière thermique : 80,4 %
hydro : 18,5 %
éoliennes : 0,8 %
autres : 0,2 %
biomasse/déchets : 0,2 %
Combustibles (2009)
Production pétrole : 2373 ktep
gaz naturel : 564 ktep
charbon : 17403 ktep
Commerce extérieur (2009)
Importations électricité : 812 GWh
pétrole : 14118 ktep
gaz naturel : 29515 ktep
charbon : 13336 ktep
Exportations électricité : 1546 GWh
gaz naturel : 583 ktep
Sources
Agence internationale de l'énergie[1]

L'énergie en Turquie était principalement fournie en 2009 par les sources d'énergie fossiles : le charbon : 30,5 %, le gaz naturel : 29,6 %, le pétrole : 16,8 % et les produits pétroliers : 13 %, soit au total 89,9 % de ressources fossiles, importées à 80 %[1].

L'électricité est issue pour l'essentiel de la production thermique, surtout au gaz : 49,3 % en 2009 et au charbon : 28,6 % ; les centrales hydroélectriques produisent 18,5 % et les éoliennes 0,8 %[2].

La Turquie étant néanmoins en forte croissance (environ 5,5 % pour 2008[3]), ses besoins énergétiques augmentent grandement. Pour répondre à cette forte demande, Ankara a lancé deux grands projets : d'une part, le Projet d'Anatolie du Sud-Est inclut la construction de 19 centrales hydroélectriques ; d'autre part, le TAEK (Institut turc à l'énergie atomique) a lancé en 2007 un Programme national de développement de la technologie nucléaire, qui couvre la période 2007-2012 [4]. Ankara prévoit ainsi de faire passer la part de l'énergie nucléaire dans la production nationale d'électricité à un minimum de 8 % en 2020 et de 20 % en 2030[5].

Augmentation de la consommation énergétique[modifier | modifier le code]

La Turquie arrive deuxième après la Chine en ce qui concerne l'augmentation de la consommation de gaz naturel et d'électricité [5]. Sa consommation d'électricité augmente de 8 % par an[5]; en comparaison, la consommation électrique de l'Europe n'augmente que de 1 % par an[5].

Selon des rapports du Ministère de l'Énergie, Ankara devrait investir 70 milliards de dollars dans la production énergétique et les réseaux de distribution, d'ici à 2020, pour pouvoir répondre à cette demande en expansion[5]. Le Ministère de l'Energie estime que les importations nettes énergétiques vont être d'environ 46 ou 47 milliards de dollars en 2008[5].

Répartition de la production énergétique[modifier | modifier le code]

Actuellement, la Turquie produit la moitié de son électricité avec des centrale thermique au gaz[5]. Un autre quart est produit à partir de centrales à charbon, tandis que les centrales hydroélectriques produisent la majorité du quart restant[5]. Bien qu'en augmentation, la part des énergies renouvelables reste négligeable[5]. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan veut répartir de manière équilibrée la production électrique entre cinq ressources principales: le gaz naturel, le charbon, l'eau, les énergies renouvelables et le nucléaire [5].

Projet d'Anatolie du Sud-est[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Projet d'Anatolie du Sud-est.
Carte des barrages du Projet d'Anatolie du Sud-est

Pour répondre à ces besoins croissants, Ankara a d'une part lancé en vaste programme de construction de 19 centrales hydroélectriques, dénommé projet d'Anatolie du Sud-est (GAP). En 2000, le GAP fournissait 19 % des besoins énergétiques turcs ; et près de 13 % en 1999[6].

Le tableau ci-dessous présente la part du projet d'Anatolie du Sud-est (GAP) dans la production hydroélectrique de la Turquie ainsi que dans la production d'énergie électrique globale.

Production d'énergie électrique en Turquie
Année Turquie Production
hydroélectrique
du GAP
(GWh)
Part du GAP
Production
thermique

(GWh)
Production
hydroélectrique

(GWh)
Production
éolienne

(GWh)
Total
(GWh)
Part du GAP
dans la
production
hydroélectrique

(%)
Part du GAP
dans la
production
totale

(%)
1995 52 548 31 973 16 114 84 521 50 19
2000 94 041 30 881 12 100 124 922 39 10
2005 121 900 39 600 60 18 700 161 500 47 11
2006 131 400 44 200 130 21 400 175 200 48 12
sources : www.gap.gov.tr et hors-série Atlaséco du Nouvel Observateur - janvier 2006

Programme nucléaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Programme nucléaire de la Turquie.

D'autre part, le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan a donné son feu vert à la construction de trois centrales nucléaires, pour une capacité cumulée de 5 000 mégawatts[7]. La mise en service est prévue pour 2012. Lancé en mars 2008, l'appel d'offre prenait fin le 24 septembre 2008, et seule la compagnie russe Atomstroyexport a présenté une offre[8]. La centrale comptera 4 réacteurs d'une puissance totale de 4,8 GW, coûtera 20 milliards de dollars, et sera construite à Mersin Akkuyu, sur les bords de la Méditerranée, par Rosatom, qui compte lancer le chantier à la mi-2015 pour une mise en service en 2019.

L'appel d'offres pour la 2e centrale nucléaire turque, sur le site de Sinop, sur les bords de la Mer Noire, aurait été remporté début avril 2013 par Areva et Mitsubishi, selon des sources japonaises ; la centrale, dont la construction devrait commencer en 2017 pour une entrée en service du premier réacteur en 2023, comptera 4 réacteurs, d'une puissance totale de 4,5 GW, coûtera 22 milliards de dollars (17 milliards d'euros), et sera exploitée par le français GDF Suez[9]. Le gouvernement turc a confirmé le 02/05/2013 l'attribution du contrat au consortium franco-japonais ; la centrale de Sinop disposera de 4 réacteurs Atmea de 1 100 MW chacun[10].

Oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan[modifier | modifier le code]

Tracé de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan

Enfin, l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui part de l'Azerbaïdjan pour atteindre le port méditerranéen de Ceyhan, en Turquie, a été inauguré en 2005.

Gazoducs[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Nabucco (gazoduc) et South Stream.

Le projet de gazoduc Nabucco doit relier l'Iran à l'Europe centrale en traversant la Turquie. Il est actuellement en cours de construction par le Hongrois MOL, le Turc Botas, le Bulgare Bulgargas, le Roumain Transgaz et l'Autrichien OMV, entreprise chef de file.

Un autre projet de gazoduc, le Blue Stream, doit alimenter la Turquie et l'Europe à partir de la Russie.

Impact environnemental[modifier | modifier le code]

Les émissions de CO2 liées à l'énergie en Turquie sont passées de 126,9 Mt CO2 en 1990 à 265,9 Mt CO2 en 2010, en progression de 109,5 % sur 20 ans, alors que celles de l'Union européenne baissaient de 9,6 %. Elles ont à peine marqué le pas en 2009 du fait de la crise : -2,7 % puis ont regagné 3,7 % en 2010[11].

Par habitant, la Turquie émettait 3,65 tonnes de CO2 en 2010 (émissions de CO2 liées à l'énergie), soit exactement la moitié de la moyenne de l'Union européenne (7,29 t/hab) ; l'Allemagne émettait 9,135 tonnes/hab, la France 5,518 t/hab, les États-Unis 17,3 t/hab et la Chine 5,39 t/hab[12].

L'Agence internationale de l’énergie fournit la répartition de l'ensemble des émissions par secteur de consommation (après ré-allocation des émissions de la production d'électricité et de chaleur aux secteurs de consommation)[12] : pour la Turquie, en 2010 :

  • industrie et construction : 1,375 t CO2/hab (38 % des émissions totales) ; en France : 1,16 t/hab, et en Allemagne : 2,99 t/hab ;
  • transport : 0,61 t/hab (17 %), dont transport routier : 0,536 t/hab (15 %) ; en France : 1,93 t/hab, et en Allemagne : 1,88 t/hab ;
  • résidentiel (ménages) : 0,868 t/hab (24 %) ; en France : 1,15 t/hab, et en Allemagne : 2,384 t/hab ;
  • autres (services, agriculture) : 0,632 t/hab (17 %) ; en France : 0,986 t/hab, et en Allemagne : 1,65 t/hab.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]