Seldjoukides

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Dynastie des Seldjoukides
سلجوقيان/Salcūqiyān (fa)

Selçuklular / Selçükîler (tr)
الدولة السلجوقية (ar)

10371194

Drapeau
Drapeau controversé des Seldjoukides, publié dans Türk Tarihi Takvimi (Calendrier de l'Histoire turque) en 1969
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Extension maximale de l'empire des Seldjoukides en 1092 sous Malik Shah Ier

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Nichapur
Ray
Langue Persan, arabe (langue officielle), ouïgour
Histoire et événements
1037 Mise en place du régime par Toghrul-Beg
1194 Remplacement par la Dynastie des Khwârezm-Shahs
Sultan
(1e) 1037-1063 Toghrul-Beg
(De) 1174-1194 Tuğrül III

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Seldjoukides, Seljoukides ou Saljûqides (en persan : سلجوقيان ; en turc : Selçuklu) sont les membres d'une tribu turque qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur les actuels Iran et Irak ainsi que sur l'Asie mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIIe siècle.

Origines[modifier | modifier le code]

Famille issue de la tribu turcique oghouze des Kınık vivant à l'origine au nord de la mer d'Aral, les Seldjoukides, tribus nomades venues d'Asie centrale, régnèrent sur le royaume des Oghouzes (turc Oğuz) à partir de 990. Ils portaient le titre de « Yabgu » et leur territoire s'étendait sur environ un million de kilomètres carrés. Cette famille qui, auparavant, avait possédé le Beylik de la tribu Kınık, fournissait le chef héréditaire de cet État, chef qui portait le titre de « subaşı ». Le subaşı Dukak Bey, tué vers 903, avait été remplacé par Selçuk (Seldjouk) Bey, chef éponyme de la dynastie. Les Seldjoukides se convertirent au sunnisme au Xe siècle, au moment où ils migrèrent vers le sud sous la conduite d'un chef nommé Seldjouk, et devinrent une forte puissance militaire. Ils s'emparèrent tout d'abord du Khorassan, une province de l'est de l'Iran auparavant gouvernée par les Ghaznévides, et poursuivirent leur conquêtes à partir de cette base. En 1038, le petit-fils de Seldjouk, Tuğrul Bey, se proclama sultan de Nichapur, puis s'empara de Bagdad en 1055, libérant le calife abbasside de la pression chiite de la dynastie des Bouyides. Celui-ci confirma son titre de sultan.

Le neveu de Tuğrul Bey, Alp Arslan (1063-1072) lui succéda, fondant et administrant le Grand Empire Seldjoukide à partir de sa capitale, Ray (actuelle Téhéran). C'est sous son règne et celui de son fils Malik Shah Ier(1072-1092) que l'empire des Seldjoukides en Iran atteignit son apogée, grâce en partie à leur ministre persan, Nizam al-Mulk. En 1071, Alp Arslan vainquit l'Empereur Byzantin Romain IV Diogène à la bataille de Manzikert (Malazgirt) au nord de Van. Ce faisant, il donnait naissance à une autre branche de la dynastie : celle des Seldjoukides de Roum, ou d'Anatolie. Cependant, dès la fin du règne de Malik Shah, en Iran, la guerre civile reprit le dessus. Le Khorassan échappa à la tutelle turque à la mort de Mu`izz ad-Dîn Ahmad Sanjar (1118-1157) dans une révolte des Oghouzes, tandis que les Atabeys (gouverneurs locaux) dirigeaient dans les faits l'Iran, l'Irak, la Syrie et la Jezirah, et que plusieurs lignées éphémères se créaient en Syrie et à Kerman. Le dernier sultan Seldjoukide d'Iran, Tuğrul ibn Arslan (1176-1194), mourut dans la guerre qu'il avait imprudemment déclenchée face aux Shahs du Khwarezm.

La lignée des Seldjoukides de Roum, quant à elle, perdura jusqu'en 1307, résistant tant bien que mal aux croisades et aux dissensions internes. Cependant, à partir de 1276 et de l'arrivée de l'Ilkhanide Abaqa, les Seldjoukides perdirent quasiment tout pouvoir, bien que la monnaie ait été frappée en leur nom jusqu'en 1302.

Une branche christianisée des Seldjoukides régna sur le royaume géorgien d'Iméréthie en la personne de David VI Narin né de l'union en 1224 de Muhammad Mughis ad-Dîn prince d'Erzeroum et petit-fils de Kılıç Arslan II avec la reine Rousoudan Ire de Géorgie[1] :

Civilisation[modifier | modifier le code]

Dès le début de leur règne, les Seldjoukides se sont iranisés et ont adopté le persan comme langue officielle de leur empire.

Leur empire put étendre ses routes commerciales jusqu'aux rives de la mer Noire et de la Méditerranée.

Sultans seldjoukides[modifier | modifier le code]

Ordre de succession :

  • Normal : Seldjoukides de Roum.
  • Gras : Grands Seldjoukides.
  • Italique : Seldjoukides du Kerman.
  • Italique Gras : Seldjoukides de Syrie.
└─┬Duqâq
  └─┬Seldjouk
    ├──Arslân-Isra`il  
    ├─┬Arslân-Mikha'îl
    │ ├1Tuğrul Bey  (Grands Seldjoukides)
    │ └─┬Çağri Bey
    │   ├1Qârâ-Arslân Qâwurd        (Seldjoukides du Kerman)
    │   │ ├2Kerman Shah
    │   │ │ └7Arslân Shah Ier
    │   │ │   └8Muhammad Ier
    │   │ │     └9Tuğrul Shah
    │   │ │       ├10Bahrâm Shah
    │   │ │       │  └12Muhammad II
    │   │ │       ├11Arslân Shah II
    │   │ │       └13Turan Shah II    (-1183)
    │   │ ├3Husayn
    │   │ ├4Sultan Shah
    │   │ └5Turan Shah Ier
    │   │   └6Iran Shah
    │   └2Alp-Arslân  (Grands Seldjoukides)
    │     ├3Malik Shah Ier 
    │     │ ├4Mahmud Ier
    │     │ ├5Berk-Yaruq
    │     │ │ └6Malik Shah II
    │     │ ├7Muhammad Ier Tapar 
    │     │ │ ├8Mahmud II   (Grands Seldjoukides en Irak)
    │     │ │ │ ├9Dawud
    │     │ │ │ ├12Malik Shah III
    │     │ │ │ └13Muhammad II
    │     │ │ ├10Tuğrul II 
    │     │ │ │  └15Mu`izz ad-Dîn Arslân II 
    │     │ │ │     └16Tuğrul III   (-1194)
    │     │ │ ├11Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd
    │     │ │ └14Ghiyath ad-Din Suleyman Shah
    │     │ └──Mu`izz ad-Dîn Ahmad Sanjar (Au Khorasan et en Transoxiane) (-1157)
    │     └1Tutuş   (Seldjoukides de Syrie)
    │       ├2Ridwan   (À Alep)
    │       │ ├3Alp-Arslân
    │       │ └4Sultan Shah  (-1117)
    │       └──Duqâq     (À Damas)        (-1104)
    └─┬Arslân-Mûsâ
      └─┬Qutulmuch
        └1┬Süleyman Shah   (Seldjoukides de Rum)
          └2┬Kılıç-Arslân Ier
            ├3┬Malik Shah Ier
            │ └5┬`Izz ad-Dîn Kılıç-Arslân II
            │   ├6┬Kay Khusraw Ier.
            │   │ ├9─Kay Kâwus Ier
            │   │ └10┬Kay Qubadh Ier
            │   │    └11┬Kay Khusraw II
            │   │       ├12┬`Izz ad-Dîn Kay Kâwus II
            │   │       │  ├16─Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd II
            │   │       │  └─┬Faramarz
            │   │       │    └17┬Kay Qubadh III
            │   │       │       └18─Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd III   (-1307)
            │   │       ├13┬Rukn ad-Dîn Kılıç-Arslân IV
            │   │       │  └15─Kay Khusraw III
            |   |       |      19-Kiliç Arslan V|Kiliç Arslan V (-1310)
            │   │       └14─Ghiyath ad-Dîn Kay Qubadh II
            │   └7┬Rukn ad-Dîn Süleyman II Chah
            │     └8─`Izz ad-Dîn Kılıç-Arslân III
            └4─Rukn ad-Dîn Mas`ûd Ier

Première branche : Les Grands Seldjoukides (1038-1118)[modifier | modifier le code]

Au Khorasan et en Transoxiane (1118-1157)[modifier | modifier le code]

En Irak (1118-1194)[modifier | modifier le code]

Deuxième branche : Les Seldjoukides du Kerman (1041-1187)[modifier | modifier le code]

Le Kerman est une province du sud de la Perse.

Troisième branche : Les Seldjoukides de Syrie (1078-1117)[modifier | modifier le code]

À Damas[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des émirs de Damas.

À Alep[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des émirs d'Alep.

Quatrième branche : Les Seldjoukides de Rum ou d'Anatolie (1074-1307)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Sultanat de Roum et Guerres turco-byzantines.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

 Les Clés du Moyen-Orient : L’Iran au Moyen Âge : le règne des Grands Seldjoukides (c/1045-1194)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C.E. Bosworth, Les dynasties musulmanes, trad. Y. Thoraval, Actes Sud, coll. Sinbad, 1996
  • Fazli Konuş, "Selçuklular Bibliyografyası", Konya 2006, (ISBN 978-975-8867-88-2)
  • Dominique Farale, Les turcs face à l'occident : Des origines aux Seldjoukides, Economica, 2008 (ISBN 978-2-7178-5595-1)
  • Giovanni Curatola, L’Art seldjoukide et ottoman, Arles, France, Actes Sud, coll. « Albums »,‎ 2010, 288 p. (ISBN 978-2-7427-9279-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]