Pomaks

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Les Pomaks ou Pomaques sont des Bulgares[1],[2],[3],[4],[5], pour partie pauliciens dans le passé[6],[7], islamisés durant l'empire ottoman; ils habitent aujourd'hui en Bulgarie, en Grèce et en Turquie.

En Bulgarie[modifier | modifier le code]

La question de la « bulgarité » des Pomaques hante depuis longtemps les débats touchant à l'identité nationale, tant des Bulgares eux-mêmes que des Turcs de Bulgarie : pour certains Bulgares, les Pomaques ne sont pas des Bulgares, car ceux-ci ne peuvent être que chrétiens ; pour d'autres, les Pomaques sont bien des Bulgares, forcés de renier leur foi et « hérités des crimes commis par l'Empire ottoman contre le peuple bulgare ».

Dans les années 1970 et 1980, le régime communiste de Todor Jivkov a voulu effacer l'identité des Turcs de Bulgarie en les proclamant « Pomaques » et en les forçant à reprendre des prénoms et des patronymes « typiquement bulgares » ou à quitter le pays pour aller s'installer en Turquie.

Aujourd'hui, il existe un mouvement religieux chrétien-ultra-orthodoxe et nationaliste qui tente de reconvertir les Pomaques.

En Grèce[modifier | modifier le code]

Les Pomaques de Grèce sont musulmans, sunnites ou chiites (« bektaši »). Depuis le Traité de Lausanne (1923), l'État grec propose un enseignement primaire bilingue turc-grec à la minorité musulmane, suivi donc par les Pomaques, les Turcs et les Roms musulmans de Thrace. Parallèlement, les élèves suivent un enseignement religieux à la mosquée, en turc et en arabe. Aujourd'hui, la situation est diverse sur le plan linguistique : une partie des Pomaques transmettent encore leur langue maternelle slave pomaque, qui est presque identique aux dialectes bulgares du Sud-Ouest, et maîtrise aussi le turc et le grec, alors qu'une grande partie transmet le turc comme langue première et apprend le grec comme langue seconde.

En Turquie[modifier | modifier le code]

Les Pomaques de Turquie habitent principalement en Thrace orientale, et aussi en Anatolie dans les villes de Canakkale, Bursa, Balikesir, Samsun.

Villages pomaques et frontière sensible[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la fin des années 1990, les départements frontaliers de Grèce, dont le Nome d'Évros dans lequel vivent traditionnellement les Pomaques de Grèce, étaient sous surveillance militaire, en totalité ou en partie, en raison du « Rideau de fer » (la Grèce était dans l'OTAN, la Bulgarie dans le Pacte de Varsovie). Ce régime appelé en grec epitirumeni zoni « zone surveillée » suspendait en fait le droit commun des citoyens et de l'administration civile dans toute une série de domaines (résidence, citoyenneté, déplacement, possession de biens immobiliers, etc.). Du côté bulgare, sous la dictature communiste, c'est dans tout le pays que le droit commun des citoyens était restreint, mais la zone frontalière avec la Grèce et la Turquie, où vivent les Pomaques de Bulgarie, était particulièrement surveillée, les musulmans étant en outre suspects de sympathie envers la Turquie, « état impérialiste » lui aussi membre de l'OTAN.

Autres musulmans des Balkans[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs pays des Balkans, il reste des groupes ethniques musulmans slavophones auxquels diverses dénominations sont accolées : Torbèches en Macédoine, Goranes au Kosovo, Bosniaques en Bosnie-Herzégovine et dans les pays voisins. Beaucoup ont émigré en Turquie à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Balkans, Minorities and States in Conflict (1993), Minority Rights Publication, by Hugh Poulton, p. 111.
  2. Richard V. Weekes, Muslim peoples: a world ethnographic survey, Volume 1; 1984; p.612
  3. Raju G. C. Thomas; Yugoslavia unraveled: sovereignty, self-determination, intervention; 2003, p.105
  4. R. J. Crampton, Bulgaria, 2007, p.8
  5. Janusz Bugajski, Ethnic politics in Eastern Europe: a guide to nationality policies, organizations, and parties; 1995, p.237
  6. Edwin Pears. Turkey and its People. New York, George H. Doran Comp., 1912, p. 151 - 152
  7. Selian, Edouard (2009). The Pomaks: an Islamized People of Europe.

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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