Patriarcat œcuménique de Constantinople

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41° 01′ 45″ N 28° 57′ 06″ E / 41.02917, 28.95167

Patriarcat œcuménique de Constantinople
(Oικουμενικό Πατριαρχείο Kωνσταντινουπόλεως)
Image illustrative de l'article Patriarcat œcuménique de Constantinople
Fondateur(s) Saint André
Autocéphalie/Autonomie déclarée 380 et 451
Autocéphalie/Autonomie reconnue Traditionnelle en Orient
Primat actuel Bartholomée Ier
Siège Istanbul, Turquie
Territoire primaire Turquie, Nord et Est de la Grèce, Crète
Extension territoriale Diaspora grecque, pays non traditionnellement orthodoxes
Rite Byzantin
Langue(s) liturgique(s) Koinê
Tradition musicale Byzantine
Calendrier grégorien / julien révisé
Population estimée 3 500 000

Le patriarcat œcuménique de Constantinople (en grec : Oικουμενικό Πατριαρχείο Kωνσταντινουπόλεως, en turc Fener Rum Ortodoks Patrikhanesi, patriarcat des Romains orthodoxes du Phanar) est la première juridiction autocéphale de l'Église orthodoxe. Cette situation est liée au statut de capitale de l'Empire romain d'Orient dont jouissait autrefois Constantinople, l'actuelle Istanbul. Le patriarcat est un titre et une fonction de présidence attachée à un siège épiscopal, l'archevêché orthodoxe de Constantinople. Les orthodoxes considèrent que le patriarche de Constantinople n'a qu'une prééminence honorifique sur les autres Églises autocéphales orthodoxes, comme les papes d'avant le schisme de 1054. Sa titulature complète est « archevêque de Constantinople, nouvelle Rome et patriarche œcuménique », avec résidence au Phanar (en turc : Fener), ancien quartier grec d'Istanbul. Le titulaire actuel est Bartholomée Ier[1] depuis le 2 novembre 1991).

Nom[modifier | modifier le code]

Le patriarcat œcuménique de Constantinople est également connu sous d'autres noms :

  • Église orthodoxe grecque de Constantinople (dénomination surtout usitée par les catholiques) ;
  • Église romaine de Constantinople (dénomination surtout usitée par les autres orthodoxes, en référence à l'Empire romain d'orient dont le nom officiel était Ρωμανία (« Romania »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église de Constantinople.

Au contraire des quatre autres sièges patriarcaux de la Pentarchie (Jérusalem, Rome, Antioche et Alexandrie) le siège de Constantinople n'est pas apostolique, bien que la tradition lui attribue une fondation par André. Cependant, à la suite de la refondation de la ville comme « Nouvelle Rome » par Constantin, le premier concile de Constantinople, en 381, lui reconnaît une « prééminence d'honneur après l'évêque de Rome, car Constantinople est la Nouvelle Rome ».

La Blachernitissa, protectrice de Constantinople, icône réalisée entre le VIIe et le XVIIe siècle.

Cette décision est confirmée dans le canon 28 du concile de Chalcédoine en 451, mais avant même cette époque, les patriarches de Constantinople prirent le tire de « patriarche œcuménique », sans préciser ce que cela recouvre précisément en termes de juridiction. Les papes Léon Ier et Grégoire Ier, revendiquant pour leur siège la juridiction sur l'ensemble des Églises, refusèrent de cautionner cet usage.

Le maintien de la partie orientale de l'Empire romain fait que le patriarche resta sous la tutelle du pouvoir impérial, dans un système de partage des pouvoirs qui a pu varier avec les époques. L'accusation de césaropapisme, souvent formulée par les Occidentaux, est infondée car aucun empereur d'Orient n'a réussi à imposer à l'Église la moindre décision doctrinale, et ce n'est pas faute d'avoir essayé de le faire. Plus encore que le schisme de 1054, c'est la chute de Constantinople, d'abord aux mains des Croisés en 1204, puis des Turcs en 1453, qui affaiblit considérablement l'autorité du patriarche, encore diminuée ensuite par l'érection de Moscou en patriarcat autocéphale en 1589, puis par la multiplication des Églises orthodoxes nationales (autocéphalie) pendant le XIXe siècle.

Cependant, les sultans de l'Empire ottoman lui accordaient encore une certaine autorité sur les chrétiens orthodoxes de l'empire, dans le cadre du système des milliyets. En 1923, avec la République turque, le système des milliyets étant aboli, cette fonction cessa complètement, et les autorités turques mirent en place une Église orthodoxe turque, non canonique.

Organisation[modifier | modifier le code]

Sur le territoire turc, seule l'Église orthodoxe turque, non canonique, est reconnue par les autorités en dehors de l'archevêché de Constantinople lui-même et de ses quatre métropoles de Dercon (à Büyükdere), de Chalcédoine (à Kadiköy), des îles des Princes (îles Kızıl en mer de Marmara) et des îles d'Imbros et Ténédos (Gökceada et Bozcaada en mer Égée), qui ne représentent pas plus de 9 000 fidèles. En Grèce en revanche, le patriarcat de Constantinople conserve son autorité sur les territoires ottomans jusqu'en 1913 (nord du pays, îles de l'Égée et Crète) ou italiens jusqu'en 1946 (Dodécanèse). Cela représente des dizaines de milliers de paroisses et 3,1 millions de fidèles : c'est sa principale source de revenus.

Structure territoriale[modifier | modifier le code]

Les juridictions ecclésiastiques du patriarcat de Constantinople en Turquie et en Grèce.

En Turquie[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ces juridictions de Turquie groupe moins de 9 000 fidèles.

En Grèce[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ces juridictions de Grèce groupe environ 3,1 millions de fidèles.

En Amérique[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ces juridictions d'outre-Atlantique groupe environ 350 000 fidèles.

En Europe occidentale[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ces juridictions d'Europe hors Grèce groupe environ 120 000 fidèles.

En Asie[modifier | modifier le code]

En Océanie[modifier | modifier le code]

L'ensemble de ces juridictions d'Asie et d'Océanie groupe environ 50 000 fidèles.

Relations avec les autres Églises[modifier | modifier le code]

Relations avec les autres Églises orthodoxes[modifier | modifier le code]

Le patriarche de Constantinople exerce une primauté d'honneur (« premier parmi ses égaux ») parmi les chefs des Églises orthodoxes. Il est en quelque sorte le garant des valeurs de l'orthodoxie.

Relations avec l'Église catholique romaine[modifier | modifier le code]

Le contentieux millénaire datant du schisme de 1054, principale source du mishellénisme occidental, a fait l'objet, au XVe siècle et dans les années 1960 et 1970, de plusieurs tentatives d'apaisement dont les étapes essentielles sont :

Relations avec d'autres Églises[modifier | modifier le code]

Relations avec la Turquie[modifier | modifier le code]

La Turquie en tant qu'État ne reconnaît pas le caractère œcuménique du patriarcat. Elle rejette également le terme de Constantinople pour celui d'Istanbul. En 1922, le gouvernement turc a soutenu la création d'un patriarcat turc orthodoxe comme moyen de pression pour obtenir la démission d'un patriarche œcuménique jugé trop pro-héllenique, mais cette nouvelle institution n'a pas séduit les fidèles et ne compte plus de membres aujourd'hui, à part la famille élargie de son fondateur, soit une quarantaine de personnes. Les autorités turques tolèrent donc le patriarcat œcuménique en tant qu'évêché des orthodoxes d'Istanbul, Büyükdere, Kadiköy, Kızıladalar, Gökceada et Bozcaada, mais limitent sa capacité d'initiative et d'action, en imposant au patriarche des gardes du corps turcs qui ne le lâchent pas d'une semelle, et en empêchant le renouvellement des cadres, leur recrutement étant ouvert uniquement aux citoyens turcs nés en Turquie, alors que le séminaire de Halki (Heybeli) dans les Îles des Princes a été fermé sine die sans explication. L'amélioration du sort de l'Église orthodoxe de Constantinople est un des enjeux de l'adhésion éventuelle de la Turquie à l'Union européenne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Patriarch Bartholomew of Constantinople », sur Orthodox Research Institute (consulté le 11 août 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Samim Akgönül, Le Patriarcat grec orthodoxe : de l'isolement à l'internationalisation de 1923 à nos jours, Institut français d'études anatoliennes / Maisonneuve & Larose, Paris, 2004 (ISBN 2706818077).
  • (en) Bestami Sadi Bilgic, « The Greek Orthodox Patriarchate and the Turkish-Greek Relations, 1923-1940 », Turkish Week,‎ 15 juin 2005 (lire en ligne).
  • Alban Doudelet, Les Orthodoxes grecs, Brepols (col. Fils d'Abraham), Turnhout, 1996 (ISBN 2503504671).
  • Lina Murr Nehmé, 1453 : Mohamet II impose le schisme orthodoxe, François-Xavier de Guibert, Paris, 2003 (ISBN 2868398162).
  • (en) Harry J. Psomiades, « The Ecumenical Patriarchate Under the Turkish Republic : The First Ten Years », Balkan Studies 2,‎ 1961, p. 47-70 (lire en ligne).
  • Jean-Pierre Valognes, Vie et mort des Chrétiens d'Orient, Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2213030642).

Liens externes[modifier | modifier le code]