Petchénègues

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Petchénègues
Peçenek (tr)

VIIIe siècle1122

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Extension du territoire petchénègue (pecheneg khanates) vers l'an 1000

Informations générales
Statut Khanat
Religion Paganisme[1]
Histoire et événements
VIIIe siècle Apparition dans l'empire khazar
Xe siècle Installation au nord de la mer Caspienne
XIe siècle Vaincus par les Russes, ils refluent au sud du Danube
29 avril 1091 Bataille de la colline de Lebounion
1122 Défaite contre Jean II Comnène et dispersion dans les Balkans

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les Petchénègues (Peçenekler en turc, Besenyők en hongrois, Pecenegi en roumain, Печенеги en russe) sont un peuple nomade d'origine turque qui apparaissent à la frontière sud-est de l'empire khazar au VIIIe siècle. Ils s'installent au Xe siècle au nord de la mer Caspienne. Selon la légende, ils constituent la tribu Peçenek des Oghouzes, issue de Dağ Han ("prince montagne").

Histoire[modifier | modifier le code]

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Migrations vers l'Ouest[modifier | modifier le code]

Nomadisant tout d'abord dans le nord-ouest du Kazakhstan moderne, à l'est de la Volga, ils forment peu à peu une part de plus en plus importante de l'armée de Khazars. Au début du IXe siècle, ils sont utilisés par ceux-ci pour réprimer des révoltes dans l'état khazar. Finalement en 889, ils franchissent la Volga et s'installent entre le Dniepr et le Don ; puis en 895, ils franchissent le Dniepr et prennent possession du royaume magyar de l'Etelköz. Une partie importante des tribus Magyars s'en vont (sept tribus, à côté de trois tribus khazars) et s'installent en Pannonie où ils fondent le futur royaume de Hongrie.

À partir de 915, ils arrivent sur les rives septentrionales de la mer Noire puis au sud des grandes plaines ukrainiennes. Le prince de Kiev, Igor, tente en 945 de les détourner vers l'empire byzantin mais son fils Sviatoslav est tué en 972 en luttant contre eux ; le crâne de Sviatoslav sera transformée en coupe à boire par leur chef Kurya.

Vers la fin du Xe siècle, certains groupes se convertissent à l'islam. D'autres, au contact de la principauté de Kiev, embrassent le christianisme sous la direction du chef Metigai[2]. En 1008, l’évêque missionnaire allemand Bruno de Querfurt prend personnellement la tête d’une mission d’évangélisation des Petchénègues, dans les territoires compris entre la Volga et l’Oural.

Déclin et disparition[modifier | modifier le code]

Entre 1036 et 1053, vaincus et harcelés par les Russes, ils franchissent le Danube et progressent à l'intérieur de l'empire. C'est ainsi qu'en 1086 ils s'emparent de la Thrace et battent les troupes byzantines à Silistra en 1090.

À l'automne de la même année les Petchénègues mettent le siège devant Constantinople et tentent une alliance avec les Seldjoukides. Cette alliance eût été mortelle pour l'Empire si seulement Alexis Ier Comnène n'avait réagi en s'alliant aux Coumans. Ceux-ci écrasent les Petchénègues le 29 avril 1091 à la bataille de la colline de Lebounion. L'empereur Alexis Comnène recruta dans l'armée les Petchénègues vaincus (ou une partie), et les installa dans la région de Moglena (Macédoine grecque) dans un tagma[3]. Ayant reconstitué leurs forces et se montrant toujours menaçants, ils seront définitivement battus en 1122 par Jean II Comnène et se dispersèrent dans les Balkans, surtout dans l'actuelle Transylvanie où ils fusionnèrent avec les Valaques et les habitants du royaume de Hongrie.

Les écrivains byzantins et certains historiens plus modernes les désignaient sous le nom de Patzinaces. Les chroniqueurs occidentaux des XIe et XIIe siècles les désignaient parfois sous le nom de Pincenaires (Pincenarii).

Les Petchénègues de Hongrie[modifier | modifier le code]

Leur présence en Hongrie est attestée dès le Xe siècle. Des groupes de Petchénègues avaient en effet rejoints les Magyars en Transylvanie et dans la Grande plaine hongroise sous le règne de Géza. Selon la Gesta Hungarorum, ce dernier, qui favorisa la conversion de son peuple au christianisme, fera enterrer vivant leur chef Thonuzoba qui refusait de se convertir.

Aux XIe et XIIe siècles, des Petchénègues, païens ou musulmans, étaient recrutés par le royaume de Hongrie pour la surveillance des frontières et la fourniture d'archers montés. Après la bataille de Beroia (1122), d'autres groupes furent accueillis par le roi Étienne II[4]. En 1203, le roi Émeric octroie une charte aux Petchénègues affectés à la défense des frontières septentrionales du royaume, dans la région dite « terra Bissenorum » ("terre des Petchénègues" en latin). Quelques années plus tard, le roi André II envoya au secours du tsar bulgare Boril, en guerre contre les Coumans, une armée dans laquelle des Petchénègues sont mentionnés[5]. En 1260, lors de la bataille de Kressenbrunn, les Petchénègues sont encore mentionnés parmi les troupes du roi Béla IV, alors en guerre contre le roi Ottokar II de Bohême[6].

Les Petchénègues de Hongrie, progressivement christianisés et magyarisés, seront totalement assimilés vers la fin XVe siècle.

Les Petchénègues sont à l'origine de la présence en Hongrie du patronyme Besenyő qui signifie tout simplement « Petchénègue ». Plusieurs villages hongrois tirent également leurs noms de ce peuple turc : Besenyszög, Besnyő, Besenyőtelek, Ládbesenyő, Szirmabesenyő.

Autre[modifier | modifier le code]

Une mitrailleuse russe porte leur nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://blacksea.ehw.gr/forms/fLemmaBodyExtended.aspx?lemmaID=11647
  2. Victor Spinei, The Great Migrations in the East and South East of Europe from the Ninth to the Thirteenth Century, Romanian Cultural Inst., Center for Transylvanian Studies, 2003, p. 108.
  3. John Haldon, Warfare, State and Society in the Byzantine World 560-1204, Routledge (2002), p. 117.
  4. Sir Hamilton Alexander Rosskeen Gibb, The Encyclopaedia of Islam, Brill Archive, (1954), pp. 1012-1021.
  5. La Transylvanie, Universitatea din Cluj. Institutul de istorie națională, Constantin Daicoviciu. Académie roumaine, 1938.
  6. Archivum Europae centro-orientalis, Volumes 1 à 2 (1935), p. 337.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Le Calloc'h, Des Asiatiques en Hongrie: Khazars, Kabars et Alains ("Les Petchénègues ont-ils précédé les Jász ?"), L'Harmattan, 2013.