Pamphylie

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La Pamphylie (occidentale) et la Lycie forment sous Claude une province de l'Empire romain.

La Pamphylie est le nom donné dans l'Antiquité à une région historique du sud de l'Asie Mineure située entre la Lycie au sud, la Cilicie à l'est, la Pisidie au nord et la Phrygie à l'ouest.

Nom[modifier | modifier le code]

Son nom signifie en grec « toutes les tribus », allusion à la diversité des populations anatoliennes qui habitaient cette région.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Grecs fondent des ports sur la côte tels Aspendos ou Pergé, les Phéniciens s'établissent à Sidé. Devenue province de l'empire des Achéménides, la Pamphylie est conquise par Alexandre le Grand en 334 av. J.-C.. À sa mort, elle est intégrée au royaume séleucide, puis en 188 av. J.-C. à celui Pergame, qui la lègue aux Romains en 133 av. J.-C.. Devenue province romaine, la Pamphylie est partiellement offerte par Marc Antoine au roi des Galates (des Celtes établis en Anatolie) : Amyntas. À la mort de celui-ci en 24 av. J.-C., elle devient province romaine et forme, sous Claude, une province impériale avec la Lycie. Enfin sous la réorganisation de Dioclétien, elle est comprise dans le diocèse d'Asie et la préfecture d'Orient avec Aspendos comme capitale. Sous la domination romaine, la Papmhylie achève de s’helléniser et se christianise au IIIe siècle. Elle fournit à la flotte de l'Empire romain d'Orient bois et marins. On y construit un type particulier de navires légers et maniables, les pamphyles, qui servent aussi parfois aux pirates et aux contrebandiers. Au VIIe siècle le pays est intégré au thème des Cibyrrhéotes, formé à partir des marins (et même pirates) caravisiens (Καραβισιάνοι) et des guerriers mardaïtes (Μαρδαἵτες), avant d’être érigé en thème d’Irenople (en grec Ειρηνούϖολις = Irinoupolis).

En 1071, l’Empire byzantin perd l’Anatolie où se forme le Sultanat seldjoukide de Roum (« des Romains » en turc, c'est-à-dire « des Byzantins »). En 1176 la Pamphylie est partagée : l’ouest, avec la Lycie, est conquis par les Seldjoukides, tandis que l’est est rattaché au royaume arménien de Cilicie. En 1375, à l’époque des beylicats, la Pamphylie échoit au sultanat turc des Karamanides, puis, en 1390, à celui des Ottomans. Petit-à-petit, la population pamphylienne, qui était devenue grecque et orthodoxe durant le premier millénaire de notre ère, devient turque et musulmane au fil des conversions (entre autres, pour ne plus payer le haraç : impôt sur les non-musulmans, et pour ne plus subir le devchirmé : enlèvement des garçons pour le corps des janissaires). Seuls quelques villages de pêcheurs de la côte restent grecs jusqu'en 1923, lorsqu'en application du traité de Lausanne leurs habitants sont expulsés vers la Grèce. La Pamphylie fait aujourd'hui partie des provinces turques très touristiques d’Antalya (à l’ouest, et qui comprend aussi la Lycie), et de Mersin (à l’est).

Sources[modifier | modifier le code]

  • (de) Hans-Erich Stier (dir.): « Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte », 1985 (ISBN 3-14-100919-8), p. 5, 9, 11, 15, 16, 22, 26, 27, 34, 44, 50, 64, 66, 70 et 103.
  • Claude Mutafian et Éric Van Lauwe, « Atlas historique de l'Arménie », Autrement, coll. « Atlas / Mémoires », 2005 (ISBN 978-2746701007), p. 55 à 61.