Çatal Höyük

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Çatal Höyük
Statue de la « Dame aux fauves » de Çatal Höyük, (Turquie), c. 6000-5500.
Statue de la « Dame aux fauves » de Çatal Höyük, (Turquie), c. 6000-5500.
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Province Konya
Coordonnées 37° 40′ 00″ N 32° 49′ 40″ E / 37.666777, 32.82781437° 40′ 00″ Nord 32° 49′ 40″ Est / 37.666777, 32.827814  

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Çatal Höyük
Çatal Höyük

Çatal Höyük est une ville datant du Néolithique et est donc l'une des plus anciennes agglomérations au monde. Située dans l'actuelle Turquie, en Anatolie centrale, dans la plaine de Konya, sur les bords de la rivière Çarşamba, c'est l'un des plus grands sites du Néolithique du Proche-Orient. Fondé vers 7000 avant J.-C., Çatal Höyük devient un centre important seulement entre -6500 et -5700. La ville est dotée d'une organisation et d'une culture élaborées. À son apogée, l'agglomération couvre au moins 13 hectares. Prospère, elle compte un millier de familles, soit une population d'à peu près 5 000 personnes - ce qui est considérable à l'époque -, entretenant un commerce de longues distances et un artisanat de qualité. Elle recèle des sanctuaires avec des peintures murales, des figurines et des sépultures, témoignant d'une vie religieuse complexe.

Description générale[modifier | modifier le code]

Le toponyme Çatal Höyük (prononcer Tcha-tal Hoeu-yuk) signifie « la colline de la fourche(tte) » en turc. La ville est localisée sur une colline partagée en deux par le bras d'une rivière. Seul le tertre oriental (13 ha) a fait l'objet de fouilles poussées. La superficie totale pourrait doubler si les hypothèses selon lesquelles des couches néolithiques gisent sous le tertre occidental étaient vérifiées.

Topographie d'une cité-État[modifier | modifier le code]

À l'extérieur, la ville présente un mur sans ouverture, protecteur contre les inondations et les ennemis potentiels. Contrairement à ce qui est observé sur le site de Jéricho, entouré d'une enceinte haute de 4 m, les murs des maisons situées en bordure de la ville sont aveugles et tiennent lieu de rempart.

À l'intérieur, des groupes de maisons rectangulaires sont disposés selon un plan en forme de nid d'abeille, chaque bloc d'habitation étant séparé des autres par des cours aux formes irrégulières.

En l'absence de textes spécifiques, on ne peut que constater l'existence de traits caractéristiques principaux :

  • société inégalitaire avec des sépultures riches et pauvres ;
  • économie fondée essentiellement sur l'agriculture et l'élevage ;
  • pratique d'un commerce à longue distance ;
  • présence d'armes, d'enceintes et de systèmes défensifs.

Les habitations d'une ville sans rue[modifier | modifier le code]

Une habitation typique restaurée

Les maisons sont réalisées en briques crues, recouvertes d'une épaisse couche de plâtre. Elles sont adossées les unes aux autres, couvertes de toits en terrasse et communiquent entre elles par des cours intérieures.

Du fait de l'absence de rue, les habitations sont seulement accessibles par une ouverture pratiquée dans le toit et des échelles de bois aboutissant au « coin cuisine ». Elles comprennent généralement une pièce commune de 20 à 25 m2 et des pièces annexes. La pièce principale dispose de bancs et de plates-formes pour s'asseoir et dormir, d'un foyer rectangulaire surélevé et d'un four à pain voûté.

Sanctuaires et rites funéraires[modifier | modifier le code]

Les nombreux sanctuaires différent des maisons par leur décoration de peintures murales, de reliefs modelés, de crânes d'animaux et de figurines. Les corps des morts sont déposés sous les plates-formes de repos dans les sanctuaires et dans les maisons, et s'entassent au cours des ans et des générations, ce qui laisse supposer un culte des ancêtres très élaboré. Avant d'être ensevelis, accompagnés d'objets précieux, les corps des morts sont confiés aux vautours et aux insectes nécrophages.

Les peintures murales suggèrent un culte de la fertilité, avec les déesses souvent enceintes ou parturientes (femme accouchant), accompagnées de léopards et de taureaux symbolisant les dieux. Les reliefs peuvent aussi représenter des seins de femmes. Les murs de certaines maisons sont recouverts de peinture avec des scènes de chasse, des taureaux, des cerfs, des béliers, des vautours et des hommes sans tête, parfois des motifs géométriques ; sur les parois sont modelés en relief des personnages féminins ou des animaux et sur les murets délimitant les banquettes, des bucranes en argile pourvus de vraies cornes.

Ressources et activités de base[modifier | modifier le code]

Dans la campagne environnante, on cultive le blé, l'orge, les petits pois, les pois chiches, les lentilles, les vesces ; on y cueille les pommes, les pistaches, les baies, les amandes et les glands. La pêche et la chasse (cerf, sanglier, onagre) sont également pratiquées. Alors que la région permet une agriculture sèche, on constate une manipulation d’eau sans doute nécessaire à la culture du lin ou à l’obtention d’un meilleur rendement pour les céréales.

Les artisans maîtrisent la fonte du cuivre (plus ancienne attestation de la métallurgie au Proche-Orient) et sont spécialisés dans de nombreuses productions : pointes de flèche, fers de lance, poignards d'obsidienne et de silex, masses d'armes en pierre, figurines de pierre et d'argile cuite, textiles, vaisselle de bois et de céramique, bijoux (perles et pendentifs de cuivre).

Approvisionnement et commerce[modifier | modifier le code]

Par sa situation au centre d'une plaine alluviale, grenier de l'Anatolie, la cité dispose naturellement de peu de ressources propres : produits alimentaires, roseaux, argile, eau. Le reste doit être amené de l'extérieur. Loin d'être isolée et de vivre en autarcie, la cité est en relation avec d'autres villes mises au jour en Turquie, Syrie, Iraq et Iran. Elle est un centre d'échanges de nombreuses marchandises locales ou exotiques : produits alimentaires, peaux, étoffes, vases en pierre, bois de charpente, obsidienne du volcan Hasan Dağ, silex, cuivre, coquillages des rives de la Méditerranée, voire les produits issus d'une métallurgie primitive (perles et épingles de plomb et de cuivre).

Situation sanitaire et espérance de vie[modifier | modifier le code]

Les maladies les plus courantes dont souffrait la population sont l'anémie, l'arthrite et la malaria endémique liée aux marais proches. L'âge moyen est de 34 ans pour les hommes et de 29 ans pour les femmes, mais certains individus atteignent la soixantaine.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article James Mellaart, « Ḉatal Höyük, une ville à l'âge de la Pierre polie », Sélection du Reader's Digest, Paris, 1980