Chiisme duodécimain

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Un mollah en visite à un imamzadeh. Tabriz, Iran.

Le chiisme duodécimain (arabe : اثنا عشرية, Ithnā'ashariyya) désigne le groupe des chiites qui croient dans l'existence des douze imams.

90 % des chiites sont duodécimains et ils sont majoritaires parmi les écoles de la pensée chiite. Ils sont majoritaires en Azerbaïdjan, à Bahreïn, en Iran, en Irak, et constituent la communauté musulmane majoritaire au Liban.

Le chiisme duodécimain est le madhhab officiel de l'Iran depuis la révolution de 1979.

Les différents noms[modifier | modifier le code]

Les duodécimains sont connus sous d'autres noms, signalant une connotation particulière de la foi.

  • Shī'a (« chiisme ») : le mot "shi'a" est présent dans le Coran, bien que beaucoup de personnes ignorent ce fait... Par exemple il est dans l'aya 15 - verset 15 - de la sourate 28 (et il signifie "partisans", en l'occurrence "partisans" de Moïse dans cette sourate ; en arabe écrit phonétiquement " ...Yaqtatilāni Hādhā Min Shī`atihiWa Hadhā Min `Adūwihi  FāstaghāthahuAl-Ladhī Min Shī`atihi `Alá Al-Ladhī Min `Adūwihi Fawakazahu Mūsá ..." ; ou encore à la sourate 37 (verset 83) (avec pour signification "partisans") en arabe phonétisé écrit : "Wa 'Inna Min Shī`atihi La'ibrāhīma". Il est aussi encore à d'autres passages : partisans de Noé...
  • signifiant partisans de Ali (en arabe Shī'a désigne à l’origine un groupe de partisans). Les Shī'a considèrent Ali ibn Abî Tâlib comme successeur légitime de Mahomet. Les duodécimains sont considérés comme la branche orthodoxe du chiisme.
  • Ja'farī est toujours utilisé pour se référer aux duodécimains. Le terme Ja'farī est utilisé à la fois pour le madhhab et pour le fiqh (« jurisprudence »). Ce terme est attribué à Jaˤfar as-Sādiq, que les chiites considèrent comme leur sixième imam.
  • imâmisme est une référence à la croyance duodécimaine dans des imams saints et infaillibles après Mahomet (Muhammed). Ce concept est retrouvé dans les autres branches du chiisme (ismaéliens notamment).
  • Rawafid est une référence au refus des 3 premiers calif ( Abu Bakr, Omar et Othman) [1]

Théologie[modifier | modifier le code]

Vue des duodécimains[modifier | modifier le code]

D'après les Chiites duodécimains (Ithnā'ashar’īyyah), la liste suivante est la liste des successeurs de Mahomet. Chaque imam est le fils du précédent, excepté Husayn, qui était le frère de Hasan.

Numéro Nom Kunya
(titre)
Nasab
(patronyme)
Laqab
(épithète)
connu par les chiites pour Dates de vie
1 Ali
(علي)
Abū al-Ḥassan
(أبو الحسن)
Ibn Abī Ṭālib
(إبن أبي طالب)
Amīr al-Mu'minīn
(أمیر المؤمنین) - Commandeur des croyants
Le premier Imam est la personne la plus significative après Mahomet pour les chiites. 600 – 661
2 Hasan
(ألحسن)
Abū Muḥammad
(أبو محمد)
Ibn cAlī ibn Abī Ṭālib
(إبن علي إبن أبي طالب)
Al-Mujtabā
(ألمجتبی) - le choisi
Signe un traité de paix pour un Islam meilleur, très aimé par Mahomet, est avec son frère un des maîtres des jeunes du paradis. 625 – 669
3 Husayn
(ألحسین)
Abū cAbdillāh
(أبو عبداللھ)
Ibn cAlī ibn Abī Ṭālib
(إبن علي إبن أبي طالب)
Sayyid ash-Shuhadā'
(سید الشھداء) - Seigneur des martyrs
Bataille de Kerbala. 626 – 680
4 `Alî
(علي)
Abū Muḥammad
(أبو محمد)
Ibn al-Ḥussayn
(إبن الحسین)
Zayn al-cĀbidīn
(زین العابدین) - Joyau des croyants
A pleuré pendant 20 ans à cause de la bataille de Kerbala. 658 – 713
5 Muhammad
(محمد)
Abū Jacfar
(أبو جعفر)
Ibn cAlī
(إبن علي)
Al-Bāqir
(ألباقر) - Pourfendeur de la Science
A été le moins oppressé des douze imams par le calife de son temps. Muhammad n'est pas reconnu par les Zaydi (qui prennent comme imam Zayd ben`Alî). 676 – 743
6 Ja'far
(جعفر)
Abū cAbdillāh
(أبو عبداللھ)
Ibn Muḥammad
(إبن محمد)
Aṣ-Ṣādiq
(ألصادق) - Le véridique
Un penseur respecté à la fois par les Chiites et les Sunnites. 703 – 765
7 Mûsâ
(موسی)
Abū Ibrāhīm
(أبو إبراھیم)
Ibn Jacfar
(إبن جعفر)
Al-Kāẓim
(ألکاظم) - Le triste
A grandi en prison pour le rendre plus faible. Il n'est pas reconnu par les ismaéliens. 745 – 799
8 `Alî
(علي)
Abū al-Ḥassan
(أبو الحسن)
Ibn Mūsā
(إبن موسی)
Ar-Riḍā
(ألرضا) (prononcé « Reza » par les locuteurs de persan et d'ourdou)
Le seul Imam à être enterré en Iran, à Mashhad. 765 – 818
9 Muhammad
(محمد)
Abū Jacfar
(أبو جعفر)
Ibn cAlī
(إبن علي)
At-Taqī
(ألتقي)
Battait des gens lors de débats à l'âge de 8 ans. 810 – 835
10 `Alî
(علي)
Abū al-Ḥassan
(أبو الحسن)
Ibn Muḥammad
(إبن محمد)
Al-Hādī (ألھادي),
an-Naqī (ألنقي)
827 – 868
11 Hasan (ألحسن) Abū Muḥammad
(أبو محمد)
Ibn cAlī
(إبن علي)
Al-cAskarī
(ألعسکري)
L'avant dernier imam, qui a vécu presque toute sa vie assigné à domicile et qui prêchait tout de même. Il est mort empoisonné. 846 – 874
12 Muhammad
(محمد)
Abū Qāsim
(أبو قاسم)
Ibn al-Ḥassan
(إبن الحسن)
Al-Mahdī
(ألمھدي)
Imam actuel, connu pour être le sauveur, dont les duodécimains croient qu'il est en occultation. 868 – Présent

Loi religieuse : la Charia[modifier | modifier le code]

Les duodécimains dérivent leur Charia, ou loi religieuse, du Coran et de la Sunnah. La différence entre la Charia sunnite et chiite réside dans la croyance chiite que Mahomet a assigné à Ali la tâche de mener les croyants après sa mort (le califat). De plus, d'après les chiites, Dieu aurait dicté cette désignation. De par cette différence, les chiites:

  • suivent les hadith de Mahomet et des 12 Imams.
  • n'acceptent les exemples, verdicts et hādīths de n'importe quel narrateur, qu'après vérifications.
  • attribuent le concept de masūm (« infaillibilité ») aux douze Imams ou aux quatorze infaillibles (qui incluent Mahomet et sa fille Fatima Zahra). Ils suivent les exemples et les verdicts de ce groupe.

Le concept d'Imam et de Mahdi[modifier | modifier le code]

Les Imams chiites, dont le premier est ˤAlī ibn Abī Tālib, sont considérés comme infaillibles. Ceci est un aspect important de la théologie chiite. Ils ne sont pas considérés comme prophètes (nabī), ni messagers (rasūl), mais relaient le message de Mahomet. Les Musulmans chiites considèrent que tous les groupes ou religions qui acceptent des prophètes ou des messagers après Mahomet sont païens ou hérétiques. Ils croient que le dernier imam (qui est aussi le douzième et actuel imam), le Mahdî est en occultation sur ordre de Dieu et réapparaitra à son ordre.

Le martyre d'Hussayn[modifier | modifier le code]

Le martyre d'Hussayn ibn ˤAlī ayant eu lieu le 10e jour du mois de Muharram - connu sous le nom de Achoura - joue un rôle significatif dans la théologie duodécimaine. Ce jour est commémoré annuellement dans la tristesse et la peine. Certains participent à un rituel qui consiste à taper sur sa poitrine, qui est pour eux une forme d'expression de l'abandon qui vient de l'inaptitude pratique d'avoir aidé Hussayn et sa troupe de 72 compagnons. Se frapper le corps avec des couteaux ou d'autres objets tranchants jusqu'au sang est très peu courant. Bien que certains dirigeants chiites (comme l'ayatollah Khomeini) aient interdit ce rituel, certains croyants pratiquent toujours cette coutume ancienne. Dans la plupart des pays ayant des populations chiites significatives, on peut observer de grandes foules qui font des processions pour célébrer le martyre d'Hussayn.

Quelques exemples de jurisprudence jafari[modifier | modifier le code]

Cette liste n'est pas exhaustive ni représentative des différences existant entre chiites et sunnites.

La profession de foi[modifier | modifier le code]

Les chiites et les sunnites croient que toute personne qui déclare en public « Il n'y a d'autre dieu que Dieu et Muħammad est son messager » doit être considérée comme musulmane. Les chiites ajoutent à cette profession de foi « et Ali est le servant de Dieu et l'héritier du messager (walī) de Dieu ».

L'acceptation du verdict d'un érudit[modifier | modifier le code]

L'école jafarie accepte et encourage le concept de taqlid (arabe : تقليد) ou « imitation ». Ce qui signifie que les musulmans non-éduqués devraient choisir un penseur dont la vertu et le savoir sont reconnus et suivre (« imiter ») ses préceptes et recommandations dans leur vie de tous les jours. Ce dirigeant religieux peut être reconnu comme une « source d'imitation » (marja-e taqlid ou un « imité » (arabe : مقلَد, muqallad). C'est une personne qui a passé des années à étudier le Coran, la sunnah et les paroles des Imams afin de bien connaître les sources de connaissance. Cependant, ses verdicts ne doivent pas être pris comme seule source d'information religieuse et il peut toujours être corrigé par d'autres imités ou d'autres sources d'imitation. Ce procédé peut prendre des années ou des décennies; car, dans le taqlid, les verdicts sont basés sur les dernières recherches et sont donnés en fonction de la situation contemporaine de quelqu'un. Les Sunnites ne pratiquent pas le taqlid de la même façon, et ils n'ont pas une vue claire concernant ce concept.

La prière[modifier | modifier le code]

Il existe des différences mineures sur la façon dont est effectuée la prière chez les sunnites et chez les chiites. Pendant le rituel de purification effectué en préparation de la prière (qui consiste à se laver le visage, les mains, les pieds, etc. et à réciter quelques prières), les chiites considèrent que se rincer les pieds avec les mains mouillées est nécessaire et suffisant (comme il est sujet de l'aya des ablutions (wudu') au Coran). Au contraire, les sunnites considèrent que le lavage complet des pieds est nécessaire. De plus, les chiites ne se lavent pas l'intérieur des oreilles avec le doigt pendant les ablutions.

Concernant la prière proprement dite, les jafaris pensent qu'il faut se prosterner sur la terre (y compris les végétaux non comestibles et le bois, ..). Par conséquent, de nombreux chiites utilisent une petite tablette de terre (prise de la terre de Karbala) pendant leurs prières quotidiennes, qui est destiné à recevoir leur front quand ils se penchent.

Du point de vue jafari, les mains doivent être laissées pendantes sur le côté au cours de la position debout de la prière. Au contraire, les sunnites estiment que les mains doivent être croisées (sauf pour la majorité des malékites). Les Duodécimains, comme les sunnites, considèrent que les cinq prières journalières sont obligatoires. Cependant, les chiites trouvent acceptable de prier la deuxième et la troisième prière ou la quatrième et la cinquième ensemble quand ils le veulent. Les autres écoles sunnites ne l'autorisent que lorsque le croyant est en voyage ou contraint.

Fêtes et autres spécificités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Puisse Allah rendre sourdes ses oreilles comme il a aveuglé ses yeux, si il n'a pas entendu Abi Ja'afar dire qu'untel nous a appelé par un nom. Il a dit: « Et quel est ce nom ? Il a dit: « Il nous appelle Rafida ». Alors Abou Ja'afar mit la main sur sa poitrine et dit trois fois: «Je suis... du Rafidi et il est de moi.»Al-Barqi, Al-MaHaasin, vol. Al-Barqi, Al-MaHaasin, vol. 1, ch. 1, ch. 24, pg. 24, pg. 157, hadith n ° 91 157, hadeeth # 91 /Al-Majlisi, BiHaar Al-Anwar, vol. A l-Majlisi, BiHaar Al-Anwaar, vol. 65, ch. 65, ch. 17, pg. 17, pg. 97, hadith n ° 2 97, hadeeth # 2