Mamelouk

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite du système mamelouk. Pour l'État mamelouk d'Égypte, voir Sultanat Mamelouk du Caire.
« Mamelouk égyptien en habit ordinaire. »
(1778)

Les mamelouks (arabe : مملوك (singulier) mamlūk, مماليك (pluriel) mamālīk, possédé) sont les membres d'une milice formée d'esclaves, affranchis et recevant une solde à l'issue de leur formation, au service de différents souverains musulmans, qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises.


Origines[modifier | modifier le code]

Les premiers mamelouks forment, au IXe siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d'abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance du Turkestan actuel, du Caucase (Circassiens, Géorgiens, etc.), d'Europe orientale (Slaves orientaux) ou de Russie méridionale (plaines du Kipchak). Au départ, la position n'est pas héréditaire. Certains mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyoubide.

Le système mamelouk[modifier | modifier le code]

Cavalier Mamelouk (dessin de Carle Vernet en 1810).

Le système mamelouk, en réservant les plus hautes fonctions à des hommes nés esclaves, est hautement original pour une classe dirigeante. Propre à l’Islam, ce système perdure du IXe au XIXe siècle.

Les Mamelouks sont recrutés parmi des enfants capturés dans des pays non musulmans[1], ce qui permet par exemple de contourner les règles interdisant aux musulmans de se faire la guerre entre eux[réf. nécessaire]. Ces enfants sont sélectionnés sur des critères de capacité, d’absence de liens, et de résistance. Élevé loin de son pays d’origine, le futur Mamelouk reçoit une éducation religieuse[Laquelle ?] et militaire (furûsiyya notamment). Arrivé à l'âge adulte, le sultanat ou l'émir (chef militaire) l'affranchit et lui fournit un équipement et une solde. Il conserve toute sa vie l'esprit de corps ou asabiyya[2] qui caractérise les Mamelouks. Chaque Mamelouk, en effet, est lié à sa maison, c'est-à-dire à son chef et aux Mamelouks qui ont été formés en même temps que lui.

Régimes particuliers[modifier | modifier le code]

Mamelouks d'Égypte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sultanat Mamelouk du Caire.
Mausolée des Mamelouks au Caire

En Égypte, ils sont issus de la garde servile du sultan ayyoubide qu'ils renversent en 1250 à l'occasion de la septième croisade. L'histoire de cette dynastie non héréditaire se divise en deux lignées, les Bahrites (1250-1382) et les Burjites (1382-1517).

Les 49 sultans de la dynastie mamelouke règnent sur l'État islamique le plus puissant de son époque qui s'étend sur l'Égypte, la Syrie et la péninsule Arabique de 1250 jusqu’à la prise du pouvoir par les Ottomans sous le règne du sultan Sélim Ier en 1517.

Après la conquête ottomane, les mamelouks conservent un rôle important dans la province, jusqu'au massacre de leurs chefs par Méhémet Ali en 1811.

En France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mamelouks de la Garde impériale.
Dans Dos de Mayo, Francisco Goya représente un révolté madrilène s'apprêtant à tuer un mamelouk en le jetant à bas de son cheval.

Pendant la campagne d'Égypte menée par Napoléon, une partie des mamelouks se rallie à lui et le suit en France. Ils forment un escadron de la Garde impériale, qui est par la suite rattaché au régiment des chasseurs à cheval, et servent notamment en Belgique. Ils chargent les chevaliers-gardes russes à la bataille d'Austerlitz et capturent de nombreux prisonniers parmi lesquels se trouve le prince Repnine.

Présents parmi les troupes d'occupation françaises à Madrid au moment de la révolte du 2 mai 1808 au cours de laquelle ils combattent les Madrilènes révoltés, ils sont une cause supplémentaire de la haine des Espagnols contre Napoléon, ceux-ci refusant d'être occupés par des combattants musulmans. Après la chute du Premier Empire, ils sont dispersés. Les derniers d'entre eux sont assassinés à Marseille pendant la Terreur blanche. Pendant le Second Empire, on donne le nom de « mamelouks » aux bonapartistes autoritaires.

Autres entités au sein de l'empire ottoman[modifier | modifier le code]

Les Mamelouks de Bagdad proclament leur indépendance au XVIIIe siècle, et la conservent jusqu'en 1830.

Dans les Régences de Tunis, la Alger, et celle de Tripoli, au XVIIIe et au XIXe siècle, les mamelouks, qu'ils soient issus de la piraterie en Méditerranée ou des régions caucasiennes, forment un corps militaire fermé autour du souverain. Que ce soit le Bey de Tunis, le Dey d'Alger ou le Pacha de Tripoli, ils ont souvent recours à leurs services car les mamelouks sont jugés plus aptes et surtout plus surs que les populations autochtones. Ils accaparent la haute administration, l'armée et le gouvernement local.

En Inde[modifier | modifier le code]

En 1206, Qutb ud-Dîn Aibak, le commandant des forces mameloukes en Inde s'autoproclame sultan de Delhi. La dynastie des esclaves demeurera jusqu'en 1290.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Clot, L'Égypte des Mamelouks : L'empire des esclaves 1250-1517, Perrin,‎ 1999, 480 p. (ISBN 978-2-262-03045-2).
  2. Asabiyya en arabe : ʿaṣabīya, عصبيّة « esprit de clan/corps ; patriotisme »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les écrits de l'historien Ibn Khaldoun (Tunis, 1332 - Le Caire, 1406). Dans son Histoire Universelle (Mukkadima), le Kitab al-Hibar est un exposé sur le système mamelouk.
  • David Ayalon, Le phénomène mamelouk dans l'Orient islamique, PUF,‎ 1996, 176 p. (ISBN 9782130478065)
  • André Clot, L'Égypte des Mamelouks 1250-1517. L'empire des esclaves, Perrin,‎ 2009, 474 p. (ISBN 9782262030452)
  • M'hamed Oualdi, Esclaves et Maîtres. Les mamelouks des beys de Tunis du XVIIIe siècle aux années 1880, Publications de la Sorbonne, coll. « Bibliothèque historique des pays d'Islam »,‎ 2011, 506 p. (ISBN 978-2-859-44668-0)
  • Julien Loiseau, Les Mamelouks XIIIe-XVIe siècle : Une expérience du pouvoir dans l'islam médiéval, Éditions du Seuil,‎ 4 septembre 2014, 434 p. (ISBN 978-2-02-087112-9)