Mahomet

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Muḥammad en calligraphie arabe.
Inscription en style coufique Muḥammad messager d'Allah gravée sur le fût d'une colonne de la Grande Mosquée de Kairouan.

Mahomet[Note 1] (en arabe محمّد - Muḥammad), Muḥammad ou Mohammed, est un chef religieux, politique et militaire arabe de la tribu de Quraych. Fondateur de l'islam, il en est considéré comme le prophète majeur. Selon la tradition islamique, il serait né à La Mecque vers 570 et mort à Médine en 632.

Les musulmans le considèrent comme le dernier des prophètes du monothéisme, au sens où il termine et scelle le cycle de la révélation monothéique abrahamique. Ses biographies rapportent qu'il récitait à ses premiers compagnons (sahabas) les versets du Coran, qu'il présentait comme la parole même de Dieu (Allah en arabe), transmise à lui par l'archange Gabriel. Le Coran aurait été compilé après la mort de Mahomet, à partir de transcriptions sur des supports divers, par ses disciples. Par ailleurs, ses actions et ses paroles forment la sunna, qui est la seconde source à la base du droit musulman.

La fondation de l'islam, l'importance de la culture islamique transmise par les différentes confessions musulmanes, l'impact de son message et les interprétations auxquelles il a donné lieu ont influencé différentes cultures et civilisations au cours de l'histoire, faisant de Mahomet un personnage historique de premier plan.

Sommaire

Prise de vue

Historiographie

Le Coran n'apporte que peu d'éléments biographiques concernant Mahomet[1]. Les sources premières de la vie de Mahomet résident principalement dans des textes d'hagiographes et d'historiens musulmans de rédaction relativement tardive, aux IXe et Xe siècles. Il s'agit essentiellement d'Ibn Ishâm[2], de Ibn S'ad[3] et de Tabari[4], qui proposent une histoire aspirant à répondre aux questionnements religieux, politiques, juridiques ou sociaux de leur époque, offrant par conséquent une image dogmatique et décalée[5] dont l'historicité est sujette à caution[1], sans toutefois affecter l'importance historique de cette façon de voir des débuts de l'islam[Note 2]. Cette représentation conditionne les élaborations doctrinales qui se développent notamment au sein des madhahib, les écoles juridiques[5].

Biographie

Selon les termes d'Harald Motzki, traduisant la difficulté à atteindre l'historicité du fondateur de l'Islam[6] sous la forme d'une biographie classique, « d'un côté, il n'est pas possible d'écrire une biographie historique du Prophète sans être accusé de faire un usage non critique des sources ; tandis que, d'un autre côté, lorsqu'on fait un usage critique des sources, il est simplement impossible d'écrire une telle biographie[7]. Parmi d'autres biographes, Alfred-Louis de Prémare cite ces propos afin de souligner la difficulté à laquelle sont confrontés les historiens qui tentent d'établir la biographie de Mahomet : il existe à son sujet peu de sources fiables du point de vue de l'historien, ce qui fait, selon lui, que « toute biographie du prophète de l'islam n'a de valeur que celle d'un roman que l'on espère historique[8]. »

Origines

Mahomet nait, suivant la tradition, vers 570[Note 3] à La Mecque, une petite ville de la région du Hedjaz au milieu de la partie occidentale de la Péninsule Arabique, non loin de la mer Rouge. D'une manière générale, l'Arabie traverse à cette époque une période désastreuse et se trouve en grande partie dévastée et ruinée, en proie à une certaine anarchie[Note 4].

Développée autour de ses puits[9] et sous l'impulsion de la puissante tribu de Quraysh qui impose des périodes de trêve et assure la sécurité des marchands[10], La Mecque — ou Makka[Note 5] —, devient une des villes les plus actives de la Péninsule, contrôlant notamment la route commerciale entre le Yémen et le Proche-Orient[9]. Son activité principale s'organise autour du commerce caravanier et des services - finance, entrepôts, bureaux… - nécessaires à son développement[11]. À la veille de l'islam, La Mecque est néanmoins un centre économique modeste au regard des grandes cités caravanières comme Palmyre et Pétra, ses ressources apparaissent limitées et on y souffre régulièrement de la faim[12]. Mais c'est également un important centre sanctuaire et cultuel polythéiste qui abrite la Kaaba et accueille des pèlerinages donnant lieu à de grands rassemblements, notamment au cours des trêves, coïncidant avec la tenue d'importantes foires[13].

Années mecquoises

Mahomet voit le jour au sein du clan Hashîm, une branche au statut élevé de la puissante tribu des Quraysh mais qui a perdu de son influence au sein de la ville dont le commerce caravanier renaissant[10] est dominé par le clan Umayya[14]. Mahomet connaît une enfance pénible marquée par la pauvreté[1]. Son père meurt avant sa naissance et sa mère alors qu'il n'a que six ans. Il est alors recueilli par son grand-père 'Abd al-Muttalib puis, à la mort de ce dernier, par son oncle Abû Tâlib - le père de 'Alî - qui dirige désormais le clan Hashîm[14].

Arrivé à l'âge adulte, dépourvu de fortune, il embrasse la carrière commerciale en accompagnant les caravanes notamment en Syrie où la tradition veut qu'un moine reconnaisse sur lui le signe de la vocation prophétique[14]. Il entre au service d'une riche veuve du nom de Khadîja qui lui confie ses affaires et qui l'épouse bientôt, mettant Mahomet à l’abri des soucis matériels et lui conférant une certaine reconnaissance sociale à La Mecque. De cette union, il a plusieurs enfants dont seules survivent quatre filles, Zeynab, Umm Kulthûm, Fâtima et Ruqayya[14].

Les années suivantes de sa vie sont peu documentées et l'on ignore précisément les influences extérieures qui ont pu s'exercer sur lui durant cette période[1]. C'est quand il a une quarantaine d'années, vers 610, que s’opère le changement déterminant dans son destin : à cette époque, il a pris l'habitude de se retirer dans les grottes des environs de La Mecque, à l'instar de ce que font les hunafâ, des ascètes de tendance monothéiste[14] ; il y vit alors une expérience spirituelle forte[1] qui lui fait entendre une voix, plus tard assimilée à celle de l'ange Gabriel. Celle-ci lui enjoint de « réciter » la parole de Dieu[Note 6] mais Mahomet craint d'avoir perdu la raison et ne s'ouvre de son expérience qu'auprès de son épouse - qui l'engage à accomplir son destin prophétique - puis auprès d'un petit cercle comprenant son cousin 'Alî et son affranchi et fils adoptif Zayd[14].

Après quelques années d'hésitation, Mahomet entreprend de rendre publiques ses révélations mais, si sa prédication gagne à sa cause quelques adeptes essentiellement issus des clans de statut inférieur sensibles aux réformes prônées, elle lui aliène les familles influentes de l'aristocratie mecquoise et une partie de la population qui voit d'un mauvais œil le monothéisme prêché par Mahomet ainsi que ses attaques contre les divinités traditionnelles[1]. En effet, celles-ci risquent de saper la prospérité économique de la cité, liée aux foires et aux pèlerinages, tandis que le rejet des cultes ancestraux risque de fragiliser le statut social des grandes familles[15]. Certains des nouveaux disciples dépourvus de parentèle capable de les défendre sont alors l'objet de persécutions et sont contraints de s'exiler en Abyssinie vers 615, où les accueille le Négus chrétien. Mahomet est l'objet de vexations mais bénéficie de la protection de son oncle Abû Talîb ; cependant ce dernier meurt en 619 et est remplacé à la tête du clan par un autre de ses oncles, Abû Lahab, qui lui est hostile[15].

Avec la mort de sa première épouse à la même époque, Mahomet a perdu tous ses appuis et est contraint de chercher des soutiens hors d'une ville qui le rejette, non sans avoir converti quelques notables comme Abû Bakr et 'Umar[16]. Mahomet cherche vainement à toucher la population de la ville voisine de Tâ'if, avant de trouver un accord avec la ville plus septentrionale de Yathrib où, en 621, les habitants lui demandent de trancher un conflit entre les deux tribus principales. Le succès de cette médiation gagne à sa cause une partie des habitants de la ville qui reconnaissent son autorité, renoncent aux idoles et lui promettent lors d'une rencontre à Aqaba de l'accueillir et de le protéger[15]. L'année suivante marque la « migration » - hijra ou « hégire » - des partisans mecquois de Mahomet qui, au nombre d'une septantaine, abandonnent alors progressivement La Mecque pour Yathrib. Mahomet et Abû Bakr sont les derniers à partir, le 24 septembre 622, date que retient plus tard 'Umar pour marquer le début du calendrier musulman[15].

Période médinoise

Yathrib est également appelée Madînat al-nabî - la « ville du Prophète » - ou Médine[15]. Là, Mahomet se mue en chef unificateur d'un État théocratique monothéiste qui dépasse les divisions tribales traditionnelles, commençant par former une communauté unique entre les Muhâjirûn - les « Émigrants » mecquois - et les Ansâr - les Auxiliaires [du Prophète] convertis de Médine[1]. Cette communauté supra-tribale réunie sous l'autorité de Mahomet se concrétise à travers un ensemble de documents, connu sous le nom de « Constitution de Médine » par les historiens modernes, qui précise les droits et devoirs des différents groupes médinois, musulmans, juifs et polythéistes. Cette nouvelle communauté de nature religieuse - l’Umma - est ouverte à chacun par la conversion, indépendamment de son origine tribale ou ethnique. L'Umma initiale devait ainsi probablement inclure les trois tribus juives médinoises qui devaient participer à la défense de la ville[17].

Si Mahomet semble avoir voulu gagner la reconnaissance, voire l'adhésion des tribus juives de Yathrib par l'adoption ou l'adaptation de certaines de leurs pratiques - jeûne, prière de midi, institution de l'Achoura, à l'imitation du Yom Kippour,… -, les réticences de ces dernières poussent le prophète à prendre ses distances avec le judaïsme[1]. La rupture se marque, selon la tradition, vers 623, à la suite d'une vision du prophète qui invite les fidèles à ne plus prier vers Jérusalem mais désormais tournés vers La Mecque, marquant l'« arabisation » de l'islam. Le sanctuaire mecquois dont la fondation est attribuée à Ibrahim devient le centre spirituel de la nouvelle religion[17] tandis que le Coran s'affirme comme la seule révélation authentique, le judaïsme et le christianisme n’ayant su conserver l'intégrité des Écritures[18].

Rapidement après son arrivée à Médine, Mahomet se transforme en chef de guerre et, pour subvenir aux besoins de ceux qui l'ont suivi, organise des expéditions contre les caravanes mécquoises, malgré les réticences de ses disciples tant Muhâjirûn qu'Ansâr[18]. Mais le succès de al-Nakhla en 624 dissipe leurs inquiétudes et permet aux musulmans de remporter la même année une bataille à Badr, assurant à Mahomet un prestige croissant qui lui permet de s'allier à des tribus de bédouins et de poursuivre ses raids. Mais les musulmans essuient également un sérieux revers, en 625 à Uhud, aux portes de Médine, où Mahomet est blessé et il s'en faut de peu que les Mecquois, renforcés par des Bédouins, ne s'emparent de Médine l'année suivante. La ville ne doit son salut qu'à un fossé creusé pour défendre une partie non protégée de la cité, ouvrage qui donne son nom à l'épisode[18].

Ceux qui ne s'accordent pas avec les projets de Mahomet se retrouvent écartés et l'opposition interne à Médine, qui inquiète Mahomet, est matée : deux tribus juives sont chassées de la ville en 624 puis 625 et la troisième est décimée en 627[19]. L'opposition des munâfiqun - « hypocrites » -, les convertis qui marquent une certaine distance critique avec Mahomet, est elle aussi momentanément jugulée[18]. Ce dernier peut alors se consacrer à la préparation de son retour à La Mecque.

Dernières années

Diverses expéditions vers le nord permettent aux troupes musulmanes de contrôler les réseaux commerciaux entre le Hijâz et la Syrie au détriment des mécquois et apportent à Mahomet une renommée qui amène plusieurs tribus arabes à le reconnaître comme prophète et comme chef puis à se convertir[18]. En 628, il se rend vers La Mecque à la tête d'une troupe de musulmans pour y accomplir une 'umra - un pèlerinage mineur - auquel s'opposent les habitants ; mais des négociations débouchent sur un accord pour une trêve de dix ans entre les belligérants ainsi que sur l'autorisation pour Mahomet d'accomplir la 'umra l'année suivante[1]. Cette islamisation du rite païen garantit la perpétuation des pèlerinages et leurs retombées économiques à La Mecque, levant les préventions des élites mecquoises des Quraysh, dont plusieurs notables - comme Khâlid ibn al-Walîd ou ‘Amr ibn al-‘As - se rallient à Mahomet[20].

Des négociations secrètes avec les représentants omeyyades et hachémites permettent à Mahomet de s'emparer de la ville sans coup férir en janvier 630. La plupart des habitants se convertissent à l'islam et la Kaaba, débarrassée de ses idoles, conserve sa place éminente dans la culture arabe en voie d'islamisation[20].

La victoire des musulmans contre la confédération tribale des Hawâzin alliés à la ville Ta'if - qui se soumet peu après - assied définitivement la renommée militaire de Mahomet : des émissaires venus de toute la péninsule se pressent pour faire allégeance et se rallier à la puissante organisation de Mahomet, versant leur tribut en gage de soumission à celui qu'ils reconnaissent comme prophète[20]. Ce dernier, établi à Médine, poursuit l'élaboration de son réseau d'influence : plusieurs expéditions assurent la domination au nord de la Péninsule, la diplomatie suffisant souvent à répandre l'islam. Mahomet, qui domine alors une bonne partie de l'Arabie, semble s'engager dans des relations diplomatiques avec les souverains des empires voisins de l'Arabie mais également dans des entreprises à visées expansionnistes, ainsi que paraît en attester une expédition avortée contre la Syrie byzantine[21]. Cependant, la raison de cette expédition était le meurtre d'un émissaire du Prophète par les Ghassanides[22].

En 632, Mahomet accomplit son seul grand pèlerinage à La Mecque dont il détermine les rites qui devront être suivis par tout musulman qui en a les moyens une fois dans sa vie. Ce « Pèlerinage de l'Adieu » (Hadjetou el Wadâ) constitue l'apogée de sa prédication : il tombe malade quelques mois plus tard et meurt emporté par une forte fièvre le 8 juin 632[23], non sans avoir, selon certaines sources, reçu une ultime révélation dix jours plus tôt[21] mais sans laisser aucune instruction concernant sa succession[23]. Il est enterré à Médine dans sa maison-mosquée qui devient un lieu de pèlerinage où sont enterrés ses deux successeurs Abû Bakr et 'Umar[21].

Postérité

Au départ de la péninsule arabique et en moins d'un siècle, l'action politique de Mahomet conjuguée à la mission prophétique dont il s'est senti investi va affecter une grande partie du monde connu, de l'Atlantique aux confins de l'Asie, et modifier durablement les équilibres religieux, culturels et politiques de l'humanité[24].

Tradition et foi musulmanes

Mahomet est considéré par les musulmans comme le dernier des prophètes et des messagers dans le sens où il termine et scelle le cycle de révélation des religions abrahamiques[Note 7]. Il lui revient donc, dans la croyance islamique, de restaurer la loi ainsi que la foi incorruptible du monothéisme d'origine tel qu'il fut apporté par Dieu à Adam, Noé, Abraham, Moïse et Jésus, ainsi que tous les autres prophètes venus avant lui[25].

Les révélations (ou Ayat, lit. « signes de Dieu »), sont progressivement « descendues » sur Mahomet jusqu'à sa mort sous forme de versets qui seront compilés en un seul livre : le Coran, considéré par les musulmans comme la « Parole de Dieu » autour de laquelle la religion est fondée. Outre le Coran, la vie de Mahomet (Sira) et les traditions (Sunna) nourrissent également la foi musulmane. La vie et les actes du prophète ont été commentés et critiqués au cours des siècles aussi bien par ses partisans que par ses opposants[26].

Ses noms

En arabe

Article connexe : Nom arabe.

Le nom arabe : محمّد (Muḥammad), que l'on peut traduire par « digne de louanges[Note 8] », et de façon plus complète Abou l-Qâsim Mohammed ibn `Abd Allâh ibn `Abd al-Mouttalib ibn Hâchim (أبو القاسم محمّد بن عبد الله بن عبد المطلب بن هاشم) soit « père de Qasim, Mohammed, fils de `Abdallah, fils de `Abd al-Mouttalib, fils de Hachim ». Il est le premier à porter ce nom.

De nombreux autres noms lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte deux cent un, dont Al-Mustafâ et Al-Mukhtâr qui signifient « l'élu », Al-Amine qui signifie « le loyal », Ahmad et Mahmoud qui sont dérivés de la même racine que Mohammed.

Lorsque les musulmans pieux prononcent ou écrivent son nom, ils emploient la forme arabe et ajoutent généralement l'eulogie « prière et paix sur lui »[27] qui peuvent se dire de plusieurs façons dont les deux principales sont « ṣalloullāhou `alayhi wa sallam » (صلى الله عليه وسلم) ou bien « `alayhi salātou wa salām » (عليه الصلاة والسلام). Pour chacun des autres prophètes cités dans le Coran ou encore lorsqu'ils parlent des anges, ils prononcent « sur lui la paix », « `alayhi salām » (عليه السلام).

Dans le Coran et les hadiths

Dans sa période mecquoise, le Coran qualifie Mahomet de contribule (ṣâḥibu-kum) des siens, c'est -à-dire appartenant à la même tribu que ses proches[28] . Puis, en période mecquoise tardive et en période médinoise, ainsi que dans les hadiths, de « messager de Dieu » (rasoul) (الرَّسول). Il est également désigné par l'expression (Nabi) (النَّبيّ, an-nabīy, traduit « le Prophète »). Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission apostolique : d'une parte les « messagers de Dieu » ou « envoyés de Dieu » - au nombre de trois cent treize - qui ont reçu la révélation de lois abrogeant les lois des messagers précédents, avec l'ordre de le transmettre aux hommes ; d'autre part les « prophètes » - au nombre de cent vingt-quatre mille - qui ont reçu une révélation par les mêmes voies et l'ordre de transmettre aux hommes un message du messager précédent[29], le premier d'entre eux étant Adam et le dernier, Mahomet, l'un comme l'autre étant considéré comme des prophètes-messagers[30].

Quatre passages coraniques, tous médinois, nomment Mahomet par son nom personnel Muḥammad, qualifié par rasûl, un cinquième sous le nom de même racine Aḥmad[31].

Les premières mentions du nom Muhammad

À ce jour, les plus anciennes données matérielles qui mentionnent le prophète remontent à une cinquantaine d'années après la mort de ce dernier [32] :

  • En l'an 66 de l'hégire (685) sur une drachme arabo-sassanide.
  • En l'an 71 de l'hégire (691) sur une pierre tombale égyptienne.
  • En l'an 72 de l'hégire (692) avec l’inscription du Dôme du Rocher de Jérusalem.
  • Découverte récente de graffitis islamiques gravés sur les pierres dont quatre nomment le prophète Mahomet. Le plus ancien datant de l'an 73 de l'hégire selon Frédéric Imbert[33]. Ce noyau de textes est associé à des représentations gravées grandeur nature d’hommes aux bras levés priant dans la position dite de l’orant[33].

Le nom propre « Mahomet » dans la langue française

Mahomet est le nom propre français qui désigne habituellement le fondateur de l'islam. Il est aussi utilisé pour désigner certains personnages historiques de l'Islam comme les anciens califes, mais jamais pour les personnes ordinaires ou contemporaines[Note 9]. Cette forme courante, qui est l'aboutissement d'une longue tradition écrite et orale, est assez éloignée de la prononciation originale arabe (محمد, mʊˈħæmmæd cliquer ici) mais il existe désormais une forme alternative qui est une romanisation plus récente de la forme arabe, qui, suivant la translittération scientifique plus moderne, s'orthographie en français Mohammed[Note 10]. On rencontre également souvent la forme Muhammad, la plus courante en anglais contemporain (cf. infra).

Si on trouve la forme brève Mahum dans la Chanson de Roland, dès le XIe siècle, le nom du prophète de l'islam est connu depuis le VIIIe siècle dans le monde romanophone, au fil des contacts générés par l'expansion musulmane[34]. Toutefois dans les chansons de geste qui popularisent son nom sous diverses formes (par exemple Mahon ou Mahom[35]) à la suite de la prise de Jérusalem par les Turcs Seldjoukides (1078) et la prédication des croisades en Occident, Mahomet est assimilé à une divinité faisant partie d'un panthéon idolâtre des Sarrasins, en compagnie de Tervagant, Apollin, Jupiter, Noiron, Cahu et d'autres[35]. Cette présentation adressée à un public laïque relève à l'époque soit de l'ignorance, soit d'une volonté de présenter l'adversaire sous un jour ridicule[35].

Le nom français « Mahomet » serait, selon l'historienne Jaqueline Chabbi, la traduction de la forme latine « Mahometus »[36] que l'on retrouve déjà au XIIIe siècle dans un ouvrage en latin de Raymond Lulle[37] dont la première version - aujourd'hui perdue - était rédigée en arabe[38]. Un peu plus d'un siècle auparavant, c'est la forme « Machumet » [39],[40] qui apparait dans la traduction du Coran faite en latin à la demande de l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1142[Note 11]. Ce dernier, contempteur des ennemis du christianisme[Note 12], présente Mahomet comme une créature satanique à mi-chemin entre Arius et l'Antéchrist[41] mais fait montre de respect envers les musulmans[Note 13]. Cette traduction latine servira pendant des siècles de matrice à toutes les autres en langue européenne[42]. Elle est publiée en 1543 puis 1550 à Bâle par le philologue protestant Theodor Bibliander[43], constituant le premier volume de son fameux « Machumetis Saracenorum principis, ejusque successorum vitae et doctrina, ipseque Alcoran »[Note 14], ouvrage à connotation polémique[Note 15] qui rencontre un grand succès[Note 16] et sert à la première version française considérablement révisée par André Du Ryer, publiée en 1647[44] sous le titre L'Alcoran de Mahomet[Note 17].

Le linguiste Michel Masson[Note 18] émet l'hypothèse, à l'aide de sources linguistiques et historiques prises dans des contextes et des époques variées, que « Mahomet » serait la transcription volontairement fautive de « Muhammad » et que cette déformation dénoterait un rejet du prophète de l'islam en Occident[34]. Il mentionne dans une note l'existence antérieure d'une forme grecque, « Maometos »[45].

Mahomet est la forme française la plus communément attestée dans les encyclopédies et dictionnaires du XVIIe siècle jusqu'à nos jours[46], tandis que la forme arabe est en général orthographiée Mohammed. Les nouvelles transcriptions contemporaines du nom, Mohamed ou Mohammed ou Muhammad, ont parfois conduit à proposer l'adoption d'un nouveau terme en français. Cette question n'a toutefois pas été évoquée à l'Académie française. Cependant, l'Encyclopædia Universalis fait usage de la graphie Muhammad dans son article consacré au prophète de l'islam[47], sous la signature de l'historien Maxime Rodinson[Note 19] et le dictionnaire Larousse titre son article Mahomet ou Muhammad[48]. Parmi les chercheurs et à titre d'exemples, Abdurrahmân Badawî, traducteur d'Ibn Ishaq, écrit Muhammad, Hermann Zotenberg, traducteur de Tabarî, utilise Mohammed[49], Vincent Monteil, traducteur d'Ibn Khaldoun, utilise Muhammad[50]. À l'instar de ces derniers, nombre de spécialistes de l'Islam, n'utilisent plus la forme « Mahomet » dans leurs travaux en français[Note 20] quand d'autres restent attachés à cette forme savante[36],[51],[52].

Certains auteurs préfèrent par ailleurs user d'autres formes vernaculaires : Mohamed, Mouhammad ou encore Mamadou[46].

Variantes du nom « Mahomet » dans d'autres langues

Il existe différentes variantes et usages du nom et de ses dérivés. Mohamed est une forme rencontrée dans le Maghreb[53]. Elle est traditionnellement utilisée en français pour le prénom des personnes vivantes, la forme Mahomet étant réservée aux personnages historiques[Note 21].

Mouhammed est une version arabe qui s'écrit avec les quatre consonnes mîm, hâ', mîm et dâl. En turc, on trouve Muhammet ou Mehmet, Mohand en langue berbère ou encore Mamadou dans certains pays d'Afrique noire, par déformation de la forme déclinée au nominatif : Mouhammadou.

Mahound est une manière péjorative dont Mahomet a été désigné en anglo-normand pendant le Moyen Âge, par exemple dans la chanson de Roland[54],[55], au point de devenir un nom commun[56]. Ce nom a été utilisé à une époque où Mahomet a pu être décrit comme une déité que les musulmans auraient adorée ou encore comme un démon ou un cardinal romain qui avait inspiré une fausse religion aux musulmans. Mahound en est alors venu à simplement désigner le diable dans l'Occident chrétien[57],[58]. Plus récemment, Salman Rushdie dans les Versets sataniques utilise ce terme pour désigner Mahomet. En Andalousie orientale, dans la comédie baroque, le personnage d'un bouffon nommé el Mahoma, très libre dans la construction de son jeu de scène, représente avec humour « une altérité négative »[59].

Contexte de l'Arabie à l'avènement de Mahomet

Contexte historique et politique

Au Sud de l'Arabie

Principales tribus avec leur localisation en Arabie à l'époque de Mahomet

La langue du Sud est différente de celle du Nord de la péninsule d'Arabie. Le Sud était en plein déclin, après la chute du royaume de Saba, qui avait duré des millénaires. Les Himyarites sont les derniers souverains de cette région. Dhu Nuwas fut le dernier roi de la dynastie à la fin du Ve siècle, il se convertit au judaïsme et punit les chrétiens à cause de la persécution des Byzantins. Les Éthiopiens, majoritairement chrétiens, prennent la région. Vers 575, les Perses font une incursion. La domination des deux est éphémère.

Les habitants étaient sédentaires et habiles dans la construction de digues ; ils étaient bons agriculteurs. Ils produisaient et exportaient les épices, la myrrhe, l'encens, les aromates, etc., à une partie du monde. Les routes étaient prospères en temps de paix (voir l'accord signé entre les Arabes et les Romains à l'époque de l'empereur Philippe l'Arabe, à la fois arabe et romain).

Le Yémen était une société monarchique et ses habitants étaient polythéistes. La découverte de plusieurs inscriptions laisse penser qu'une partie de la population savait écrire[60].

Article détaillé : Histoire de l'Arabie préislamique.

Au centre et au Nord de l'Arabie

Les régions plus au nord étaient influencées par la culture araméenne hellénisée. Les voies commerciales étaient établies. Les Nabatéens fondent leur royaume dont la ville de Pétra fut la capitale. Trajan concrétise une province romaine au nord de la Nabatène. De 244 à 249, Philippe l'Arabe dirigeait toute la province. Au sud la Syrie était connue sous le nom de Palmyre, Odénat (Udhayna) était le premier souverain puis sa femme Zénobie (Zayneb) le remplaça. Aurélien prend la région puisque presque la totalité de la population était semi-nomade ou nomade. L’histoire demeure obscure au sujet des autres dynasties Lihyan et Thamud. Des inscriptions relèvent l'existence des deux pays. Le peuple de Thamud est cité de nombreuses fois dans le Coran, comme un peuple rebelle n’ayant pas voulu écouter son prophète Sâlih[Note 22], etc. En 384, le traité de paix entre les Sassanides et les Romains fait arrêter les guerres dans la région. Cette paix durera jusqu'en 502. Les Byzantins et les Perses pratiquaient les routes de la région qui étaient sûres[60].

Entre les IVe et VIe siècles, la région se dégrade par la suite. Les Byzantins et les Sassanides se sont désintéressés de cette région. La société arabe demeure tribale. L'élevage était important pour la survie, parfois les Bédouins attaquent les caravanes des arabes qui habitent les contrées sédentaires. Les tribus arabes avaient un chef élu et avaient un conseil formé de membre de la même famille (Ahl al-Bayt) (les gens de la maison). La religion des tribus était polythéiste[60].

La Mecque réunissait les grands marchands dont ceux de la tribu des Quraychites. Ces derniers concluaient des traités avec les Byzantins, les Éthiopiens, les Sassanides, etc. Les notables de la ville dirigeaient tout par l'intermédiaire d'un conseil (madjles)[60].

Contexte religieux

Statues païennes de la déesse al-Uzza dans le temple Manatu de Pétra (Jordanie).

Le polythéisme arabe existait depuis longtemps. Il y avait plusieurs religions préislamiques chez les Arabes[61]. Les spécialistes soulignent trois groupes importants dans l'Arabie méridionale, centrale et septentrionale. Le Coran révèle plusieurs divinités de cette époque (Allat, Houbal, Manat, Nasr, Uzza, Wadd, Yaghoûth, Ya`ouq, etc.[61]). Le culte des morts existait chez les Arabes, mais il est mal connu. Le culte des anciens était assez répandu, davantage chez les Arabes sédentaires que les nomades. Les Arabes faisaient des visites aux tombeaux et faisaient des rites[61].

La Ka'ba faisait l'objet de visites et de rites sacrés chez les Arabes avant Mahomet[61]. Certains chercheurs parlent d'animisme arabe[62]. Il existait des communautés d'Arabes chrétiens. Les Arabes judaïsés étaient éparpillés dans la région, principalement dans les villes de Yathrib (Médine) et de Khaybar. La tradition les décrit comme étant des agriculteurs et des artisans[60].

Quelques décennies avant la naissance de Mahomet, le mouvement hanifisme naît en Arabie d'une frustration vis-à-vis des religions existantes et aspire à la restauration de la religion d'Ibrahim (Abraham). Les adeptes de ce mouvement s'écartent de ce qu'ils considèrent comme des turpitudes (beuveries et luxure) dont les Arabes seraient devenus coutumiers au fil des siècles et du culte des divinités. La venue annoncée de l'ultime prophète occupe les cercles religieux et fait l'objet de surenchères entre les différentes communautés religieuses qui espèrent le soutien victorieux de « l’envoyé du ciel »[Note 23].

Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme messager venant pour toute l'humanité est annoncée dans la Tawrat (la Torah) et dans l'Injil (l'Évangile) sous le nom de Ahmed : « Et quand Jésus fils de Marie dit : ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Torah, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera Ahmad. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : C’est là une magie manifeste[63]. »

Le terme 'ahmadu' utilisé dans le Coran peut aussi se traduire simplement par « très loué » ou « dont le nom sera très loué[64]. »

Les hommes de la tribu de Mahomet, les Quraychites avaient la réputation d'enterrer leurs filles vivantes avant l'apparition de l'islam[65]. Cette tribu fut la plus hostile à la nouvelle religion.

Sources

Sur la première partie de sa vie

Jusqu'à l'âge de 40 ans, on ne sait pas grand-chose de sa vie. Elle est reconstituée d'après la tradition orale, mise par écrit 140 ans après sa mort, grâce aux témoignages indirects de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. « C'est dire combien l'imagination a pu travailler pendant ce laps de temps », explique l'historien Maxime Rodinson[66] ».

Cependant, selon les sources écrites disponibles, des biographies de Mahomet ont été déjà écrites par les enfants de compagnons de Mahomet. La première biographie écrite sur Mahomet est celle d'Urwah ibn al-Zubayr (en) (mort en 713) petit-fils d'Abu Bakr, fils d'Asmaa bint Abu Bakr et de Zubayr ibn al-Awwam, deux compagnons de Mahomet. Il rédigea cette biographie se basant sur les témoignages de plusieurs autres compagnons de Mahomet. Son ouvrage, dont nous ne disposons plus, a inspiré les biographes tels que Tabari, Al-Waqidi et Ibn Ishaq[67]. De même, le fils du troisième calife, Abân ibn `Othmân (mort en 724) compte parmi les premiers auteurs de sira chez qui puiseront les biographes ultérieurs. Citons également le manuscrit qui décrit les batailles de Mahomet qui se trouve à Heidelberg en Allemagne, écrit par Wahb ibn Munabbih (en) (mort en 728) fils d'un autre compagnon de Mahomet nommé Munabbih ibn Kamil (en), comme autre source primitive en la matière. Il existait encore les biographies selon Churahbîl ibn Sa`d (mort en 741), Âsim ibn Umar ibn Qatida (mort en 738) et Abdallah ibn abi Bakr ibn Hazm (mort en 753) disparus, mais qui ont tous servi de sources écrites aux biographies rédigées après 758 et dont nous disposons encore[67].

Selon ces biographies, Mahomet est d'abord berger puis caravanier avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve à la tête d'un commerce caravanier. Au moment de leur mariage la tradition rapporte qu'il avait 25 ans et elle 40 ans (ou 28 selon ibn Habîb et al-Balâdhurî)[68]. Ils eurent deux fils (ou trois, selon les sources) qui mourront en bas âge : Al-Qâsim et `Abdullah (parfois appelé Al-Tayyib — Le bon — ou At-Tâhir — Le pur —), ainsi que quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Oumm Koulthoum et Fatima, la future épouse d'Ali, un des fils d'Abu Talib.

D'après le Coran, Mahomet ne savait ni lire, ni écrire. Il y est ainsi qualifié d'« ummî », c'est-à-dire d'illettré[Note 24]. Néanmoins, pour certains, la qualité d'ummî n'exclut pas la maîtrise rudimentaire de la lecture et de l'écriture[69]. Dans une autre acception, le terme ummî peut aussi vouloir dire qu'il appartenait à un peuple ne sachant ni lire ni écrire ou encore un peuple sans Écritures (saintes). Enfin, selon l'historien Mohamed Talbi, le Prophète maîtrisait parfaitement la lecture et l'écriture et était d'une grande culture[70].

Les hadiths

Articles détaillés : Sunna, Hadith et Grands Recueils de Hadith.

Pour le reste de sa vie, on dispose de quelques sources écrites. Des enseignements de Mahomet, ainsi que certains de ses faits et gestes, ses attitudes lors de telle ou telle bataille, furent mis par écrit très tôt. Voici une liste d'ouvrages rédigés déjà du vivant de Mahomet ou par ses compagnons : Abu Bakr, premier calife, aurait compilé 500 hadiths qu’il aurait détruits par crainte d’insérer des fautes[71]. Amr bin Hazm, gouverneur du Yémen du temps de Mahomet, a compilé tout un opuscule qui nous est parvenu intégralement[Note 25]. Jabir ibn Abdullah al-Ansari a rédigé plusieurs ouvrages[72]. Samurah bin Jundab composa également un grand volume de hadiths[73]. Sa'd ibn Ubadah (en) rédigea également un important ouvrage de hadiths que sa descendance conserva[Note 26]. Abdullah ibn Abbas, fils de l’oncle de Mahomet, a laissé de nombreux livres de hadiths à sa mort. Abu Huraira rédigea la Sahifah as-Sahihah avec son disciple Hammam ibn Munabbih (en). Il avait mis par écrit de nombreux rouleaux remplissant un grand coffre en bois qu'il consultait fréquemment[Note 27]. Salmân al-Fârisî (Salman le Perse, mort en 644/32H) a rédigé des hadiths qu'il communiqua à Abu Darda[74]. Abu Ayyub al-Ansari (en) rédigea un manuscrit contenant 122 hadiths qu'il transmit à ses enfants[75].

Les ouvrages qui regroupent la quasi-totalité des hadiths certifiés sont le Sahih al-Bukhari de Mouhammad al-Bukhârî (810-870) et le Sahih Muslim de Muslim ibn al-Hajjaj (821-875).

Sira

Frontispice d'une vie de Mahomet publiée en anglais au XVIIIe siècle.
Article détaillé : Sira.

Selon les chroniqueurs musulmans de la Sira comme Ibn Ishaq, Tabari, Ibn Kathir, Ibn Hicham, etc., Mahomet nait à la Mecque, alors importante ville, au carrefour de plusieurs routes caravanières. Avant sa mission prophétique, Mahomet est un marchand. Après le début de sa mission prophétique, il est perçu comme une menace pour les intérêts économiques des tribus arabes chargées de l'administration de la ville, craignant que le discours du monothéisme ne fasse fuir les caravaniers aux diverses croyances, dont certains faisaient le déplacement à la Mecque en pèlerinage. Mahomet est contraint de fuir la Mecque à la mort de son oncle, marquant l'Hégire, l'an un de l'ère musulmane. Il se rend à Yathrib, qui sera connue plus tard sous le nom de Madinat el Nabi, ou ville du prophète, qui deviendra par la suite simplement Médine. Là, il continue sa mission et devient un chef politique et militaire. Il mène sa première bataille à Badr, où il attaque les caravanes mecquoises chargées des avoirs pillés dans les maisons de tous ceux ayant suivi Mahomet à Médine. C'est à l'issue de cette bataille que l’islam sera fondé politiquement. De bataille en traité, et devant le nombre important de convertis, La Mecque dépose finalement les armes devant les troupes de Mahomet. Mahomet rentre triomphant à la Mecque. Il devient alors homme d’État pour unifier l’Arabie sous une seule idéologie, religieuse : l’Arabie, avec une langue unique, une culture unique, des valeurs uniques, pouvait ainsi trouver son unité.

Naissance et enfance

Tombe d'Amina bint Wahb, mère de Mahomet.

Mahomet est né à fin du VIe siècle, la tradition retient la date de 570[Note 28], à La Mecque, cité caravanière vivant du commerce de marchandises transitant de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en traversant le désert de la péninsule Arabique. Il serait né précisément un lundi soir, le 12 du mois de Rabî`a al Awal[Note 29], troisième mois lunaire du calendrier arabe[76].

Il est issu du mariage de `Abdullâh ibn `Abd al-Muttalib et d'Amina bint Wahb. `Abdullah était le fils d'`Abd Al-Muttalib, lui-même fils de Hâchim, prince des Quraychites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba. La tribu de Quraych (ou Koreish) est une ancienne tribu arabe et descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Amina était la fille de Whab ibn `Abd Al-Manaf, chef du clan médinois des Banu Zuhrah. La famille de Mahomet est hachémite par référence à son arrière-grand-père Hâchim ibn `Abd Manaf. Les Quraychites se réclament de la descendance d'Ismaël, fils d'Abraham, et ont la garde de la Ka'ba, sanctuaire qu'auraient reconstruit Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.

La mort de son père `Abdullâh survient avant la naissance de Mahomet à Yathrib (qui prendra plus tard le nom de Médine), en tombant gravement malade, alors qu'il revenait du Cham et voulait rendre visite à ses parents avant de retourner à La Mecque. D'après l'historien médiéval Tabari, c'est le grand-père de Mahomet, `Abd Al-Muttalib, qui lui donna ce nom qui était totalement inconnu à l'époque, après que la mère du Prophète lui a raconté un songe[77]. Amina accoucha à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib, du clan des Banû Hâchim et frère d'Abullah. Son accoucheuse fut Ach-Chifâ', la mère de `Abd Ar-Rahmân ibn `Awf[78].

L'année de naissance de Mahomet est appelée traditionnellement « l'année de l’éléphant », en référence aux évènements qui s'y seraient déroulés[76]. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, aurait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Ka'ba). Le Coran rapporte ce récit (Coran 105:1-5), et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins oculaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate. Plusieurs textes éthiopiens mentionnent l'apparition de ces mystérieux oiseaux[réf. nécessaire]. D'après Ikrima ibn abî Jahl, un des compagnons de Mahomet, les oiseaux avaient la tête comme celles des oiseaux voraces, et personne n'aurait plus jamais observé d'oiseaux de cette espèce dans la région, ni avant ni après l'évènement. Toujours d'après le récit d'Ikrima, les chroniqueurs rapportent que ces oiseaux n'auraient occasionné aux soldats que des blessures superficielles mais auraient été achevés par la vérole[79].

Se trouvant dans une situation précaire, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, servante d'Abu Lahab, un autre de ses oncles, puis à Halimah bint Abi Dhuayb (en) as-Sa`diyyah[Note 30] (de la tribu des Sa`dites, Banû Sa`d), et dont le mari était Harith, fils d'Abd al-`Ouzza, fils de Rifa. Tous deux faisaient partie du clan des Banu Sa`d[80] et étaient pauvre[81]. À cette époque, la coutume des familles nobles de Quraych voulait que les enfants soient élevés à la campagne[81]. Celle-ci emporte le nourrisson dans le désert où son mari vit avec la tribu des Sa`dites à l'écart du reste de la population. La vie dans le désert, au milieu des Bédouins réputés pour la pureté de leur langue, était censée prodiguer aux enfants santé et force d'expression.

La tradition islamique raconte qu'alors que Mahomet et l'un de ses frères de lait avaient la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîma et son mari Abû Kabchah (surnom donné à son mari) furent alertés par leur fils de lait[Note 31] qu'il aurait vue deux hommes vêtus de blanc coucher Mahomet sur le sol et lui ouvrir la poitrine[Note 32]. Accourant sur les lieux, Halîma et son mari trouvèrent Mahomet debout mais tout pâle. Il leur aurait donné la même version que celle du fils de lait. Les deux hommes vêtus de blanc auraient été deux anges, envoyés pour purifier le cœur de l'enfant, destiné à être prophète de l'islam, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules[Note 33].

Craignant pour la santé de l'enfant, Halîma se serait empressée de rendre l'enfant à sa mère Amina mais celle-ci meurt trois ans plus tard[82]. Mahomet n'a alors que six ans. Son grand-père paternel `Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, `Abd al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, de prendre soin de Mahomet. Il l'élève comme ses propres enfants[83].

Jeunesse

Article détaillé : Enfance de Mahomet.

Alors que Mahomet a douze ans, Abu Talib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie. Son neveu insiste pour l'accompagner.

À La Mecque, d'après les deux biographies (Sîra Ibn Hichâm et Sîra Ibn Kathir), Mahomet se serait distingué des gens de son âge. Une tradition, avec ses exagérations selon l'historien Maxime Rodinson, « en fait dès cette époque un modèle de perfection physique, intellectuelle et morale »[84] : il aurait été fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses. Il aurait évité avec un soin extrême tout ce qui peut faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice.

Vers 590, les Quraychites ayant déclaré la guerre (connue sous le nom d'al-Fijâr[Note 34]l'impie) aux Tribus de Kénan et de Hawazan[85], ils marchèrent contre elles commandés par Abu Talib. Mahomet, âgé de vingt ans (ou de quatorze ans[86]) se serait distingué par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées[87].

Quelque temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles[87]. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire doit être démoli et reconstruit par les Quraychites. Quand il s'agit d'y reloger la Pierre noire, une météorite qui serait vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. Selon cette tradition, cela aurait été Mahomet. Pour ménager les susceptibilités, il aurait enlevé sa cape et y aurait placé la pierre noire, qu'il aurait fait élever ensuite par deux Arabes de chaque tribu et la prenant alors, il l'aurait placée lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de La Mecque, enchantés de la noblesse de cette action, pour démêler l'orgueil qui en avait été le motif[88].

Naissance d'une religion

Premiers pas de l'islam

Article détaillé : Islam.
Mahomet recevant le Coran de Gabriel. Tiré du Jami' al-Tawarikh (Histoire du Monde) de Rashid al-Din, Tabriz, Perse, 1307.

Mahomet effectue de nombreuses retraites spirituelles. La tradition musulmane affirme que c'est en 610 que, pour la première fois, l'archange Gabriel (Jibril) lui serait apparu dans la grotte de Hira où il avait coutume de se recueillir et lui aurait transmis, selon les croyances musulmanes, la révélation, la parole de Dieu. Mahomet, qui a alors 40 ans, commence à transmettre des versets qu'il déclare être révélés par Allah et dictés en arabe par Gabriel, cette dictée aurait duré vingt-trois ans. Les révélations se seraient accomplies ponctuellement ou régulièrement selon les péripéties de sa vie et de la communauté musulmane. Selon le dogme musulman, c'est là l'origine du Coran, que Mahomet aurait pris soin d'enseigner oralement dès le début.

La tradition rapporte que, effrayé par la première visite de Gabriel, Mahomet se serait réfugié auprès de son épouse et lui aurait raconté cette vision. Khadija aurait recouvert d'un drap Mahomet, à sa demande (d'où l'intitulé de la sourate : Al-Muzzammil, « l'enveloppé ») et se serait enquise d'avertir son cousin, Waraqa ibn Nawfal, qui était un chrétien nestorien et à qui elle aurait annoncé la nature prophétique de son époux. Plus tard, Khadija serait retournée voir son cousin, en compagnie de Mahomet. Waraqa lui aurait affirmé qu'il était bien un prophète de Dieu et que l'apparition de la grotte de Hira aurait été l'archange Gabriel.

La caverne de Hira, l'endroit où Mahomet aurait reçu le premier verset du Coran

Il aurait annoncé à Mahomet des difficultés dans l'accomplissement de sa mission, notamment un bannissement de sa tribu. D'emblée, Khadija aurait cru en son époux et lui aurait apporté un soutien inconditionnel ; elle est, de ce fait, considérée par les musulmans comme la première croyante. Mahomet aurait fait part secrètement de son message à ses proches, et avec eux il fonde, une sorte de « secte »[89], un groupe de croyants qui se feront appeler plus tard les musulmans : nommés ainsi en référence à Abraham (muslim, celui qui se donne, qui se soumet volontairement à Allah). Puis, la prédication devient publique et s'étend à l'ensemble de la population mecquoise.

La tradition place Mahomet au centre d'un noyau de fidèles. Selon l'historien médiéval Tabari, Khadija, aurait été la première à se convertir à l'islam et Waraqa serait donc la deuxième. Il aurait été le premier homme à suivre Mahomet parce qu'il savait que certains Juifs et certains judéo-chrétiens attendaient la naissance d'un prophète et de deux Messies[90],[91]. Après sa femme Khadija et Waraqa, les premiers convertis à l'islam seraient par ordre chronologique : Abou-Bakr; puis Zayd ibn Harithah (esclave de Khadija et donné à Mahomet pour l'affranchir et même le considérer comme son fils) Bilal ibn Rabah (esclave de Omayyah Ibn Khalaf. Ce dernier l'a torturé parce qu'il s'est converti à l'islam. Il a donc été acheté par le plus riche des compagnons de Mahomet Abou Bakr pour être affranchi). Par la suite, plusieurs se convertiront à l'islam[92]. Au départ, les compagnons de Mahomet auraient été au nombre de trente-sept qui gardaient secret leur confession[93]. Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales[94], en trois ans, il réussit à s'entourer d'une petite cinquantaine de disciples. Ils sont une centaine au bout de cinq ans.

En 619 traditionnellement, Mahomet, jusque là protégé par son oncle Abû Ṭâlib, est exclu du clan par le nouveau chef, son oncle Abû Lahab. Après une «protection temporaire», il aurait été exclu définitivement en 622, ce qui donna l'hégire.

L'hégire

Article détaillé : Hégire.
Carte des différents trajets de migration musulmans au début de l'hégire.

La croissance du groupe inquiète les Mecquois et les persécutions contre Mahomet[95] et les siens se font de plus en plus vives après la mort de Khadija et d'Abû Tâlib. Une première vague d'immigration emmène une partie des musulmans en Éthiopie où ils vivent quelque temps sous la protection du négus ou roi d'Éthiopie. Mahomet profite de la saison du pèlerinage qui voyait affluer vers La Mecque les Arabes de toutes les régions de la péninsule d'Arabie pour prêcher le message de l'islam. Il conclut un pacte avec un groupe de Médinois qui acceptent son message. L'année suivante, la communauté musulmane médinoise est plus nombreuse. 70 hommes se rendent en pèlerinage à La Mecque pour prêter allégeance à Mahomet et lui proposer leur protection s'il s'installait à Médine[96]. L'ordre est donné aux musulmans mecquois d'émigrer (hégire) à Yathrib (future Médine) en 622[97], an 0 du calendrier musulman.

Selon la tradition, Mahomet aurait été le dernier à partir, en compagnie de son fidèle ami et futur calife Abou Bakr. Ali, quant à lui, reste sur place avec pour mission de restituer les dépôts, dont Mahomet avait la garde, à leurs propriétaires.

Chef de guerre et fondateur politique de l'oumma

Article détaillé : Batailles de Mahomet.

Mahomet réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent (voir l'article Tribus musulmanes et juives de Yathrib). Un pacte-constitution dit aussi charte de Médine, en fait huit documents rédigés à des dates différentes, régit les relations entre les différentes communautés religieuses qui habitent la ville, garantissant notamment à tous les citoyens la liberté de conscience. Néanmoins, ce nouvel ordre est venu contrarier les intérêts des notables de la ville, dont Abdullah ibn Oubayy ibn Salul et ceux des tribus juives de Médine.

Quelques juifs, par conviction, reconnaissant en Mahomet le prophète tant attendu à l'instar du rabbin `Abdullah ibn Salam, ou par opportunisme, embrassent l'islam[98],[99]. Mais les Juifs de Médine ne se convertissent pas pour autant en masse. Au fil du temps, les musulmans déchantent et prennent leurs distances avec les « gens du livre ». La rupture est marquée lorsque la direction de la prière devient la Ka'ba à La Mecque et non plus Jérusalem.

À la suite des persécutions que subirent les musulmans à la Mecque, le Prophète reçut peu de temps après avoir trouvé refuge à Médine l'ordre de combattre les Quraysh (Coran 8, 39). Les opérations se limitent à de simples raids sur des caravanes mecquoises, raids qui s'avèrent infructueux au début[100]. Pendant le mois de ramadan en l'an 624, la bataille de Badr éclate. Il s'agit du premier conflit mené par une armée musulmane stricto sensu. Elle aurait opposé 317[Note 35] soldats musulmans à un millier de soldats mecquois. La victoire contre les Mecquois assoit l'Empire musulman naissant et constitue un atout psychologique pour les musulmans. Le mois de jeûne, Ramadan, est par la suite fixé le mois anniversaire où aurait commencé la révélation du Coran ou, selon une autre version, pour commémorer la bataille de Badr.

Les Mecquois prennent leur revanche lors de la bataille de Uhud, en l'an 625. Supportant mal la mainmise des musulmans sur Médine, certains notables juifs, à l'instar de Salam ibn Abi Al-Haqiq, auraient profité de cette défaite pour se rendre à la Mecque et inciter les Mecquois à revenir à la charge. Afin d'en finir avec la menace que constituait à leurs yeux ce nouvel état, les Mecquois forment une coalition regroupant plusieurs tribus arabes dont Gatafan, Banu Sulaym, Banu Asad, Fazarah et Ashja. En l'an 627, une armée de dix mille soldats marche sur Médine ; les défenseurs se retranchent derrière un fossé creusé sur la proposition du compagnon de Mahomet, le Persan Salman Al-Farisi. Le siège de la ville s'installe dans la durée. Quelques escarmouches opposent les deux parties. La diplomatie mecquoise a tenté secrètement et a réussi à soudoyer la tribu juive des Banu Qurayza qui avait la charge d'une partie du front. Mahomet envoie quatre émissaires aux Banu Qurayza pour s'assurer de la réalité de leur soutien, mais les émissaires sont mal reçus et constatent la défection des Banu Qurayza. En parallèle, un homme de Ghatafan nommé Nuaym ibn Masud se convertit secrètement à l'islam et reçoit l'ordre de semer la zizanie entre les coalisés. Il réussit à faire douter les Banu Qurayza de la solidarité des coalisés en cas de défaite et fait douter les premiers de la sincérité de leurs alliés médinois. Exténués par le siège et les intempéries, les coalisés décident de lever le siège laissant les Banu Qurayza à leur sort. Après un siège de 25 jours, ces derniers sont soumis au jugement de leur allié de jadis, Sa'd ibn Mu'adh : les hommes de la tribu sont tués, leurs biens confisqués et leurs femmes et enfants sont asservis.

En 628, Mahomet part en pèlerinage à La Mecque à la tête d'un convoi de 1 400 pèlerins et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire, mais concluent avec les musulmans la trêve dite d'Al-Hudaybiyya. Prévue pour durer dix ans, elle permit dans les deux premières années de plus que doubler le nombre de musulmans[101]. En l'an 630 ( 8 de l'hégire), la trêve est rompue lorsqu’une tribu alliée de La Mecque agresse une tribu alliée de Médine. Mahomet marche secrètement sur La Mecque à la tête de dix mille soldats. Aux portes de la ville, il garantit la sécurité de toute personne non combattante et déclare une amnistie générale. La Mecque se rend alors sans opposition.

À partir de l'hégire, il aura fallu neuf ans pour que toute l'Arabie embrasse l'islam. Mahomet ordonne l'arrêt des razzias entre tribus arabes déclarant lors de son Sermon d'Adieu, seul grand pèlerinage qu'il fit, en l'an 632 : « Le musulman est intégralement sacré pour le musulman, son sang est sacré, ses biens sont sacrés, son honneur est sacré. ». L'unification de la péninsule arabe sous la bannière de l'islam n'est pas de nature à laisser ses puissants voisins indifférents. Mahomet décide donc d'envoyer ses ambassadeurs en Égypte, en Perse et à Byzance, entre autres destinations, pour transmettre son message. L'ère de la conquête au-delà de la péninsule va alors commencer.

Mort de Mahomet

Mort de Mahomet, miniature du Siyar-I Nabi, Istanbul, 1595.

Après avoir réorganisé l'administration et assis l'influence de l'islam à La Mecque, il retourne à Médine, où il meurt le 8 juin 632 âgé de soixante-trois ans selon la tradition après une courte maladie[102]. Il est enterré dans son appartement mitoyen de la « mosquée prophétique ».
Avec la prise de Khaïbar en 628, le Prophète était devenu l'homme le plus riche du Hijaz[103] et pourtant à sa mort il ne laissa rien comme héritage[104] ; il ne possédait au moment de sa mort qu’une tunique, un pagne de tissu grossier[105] et avait gagé son armure contre un gallon d’orge chez un juif[106].
Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur.

Par la suite, ses disciples continueront de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les sourates, avant qu'elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition de Mahomet[107].

Diplomatie et batailles internes

Article détaillé : Batailles de Mahomet.
Lettre envoyée à Héraclius, l'empereur byzantin.

Mahomet aurait participé à trente-cinq expéditions, selon les uns, à quarante-huit selon d'autres[108] ou encore soixante-dix. Mahomet envoya huit ambassadeurs vers huit rois ou gouverneurs, pour les appeler à l'islam[109].

Il s'agirait :

La lettre aurait contenu : « Au nom d'Allah clément et miséricordieux. Dis : Ô humain, je suis l'apôtre d'Allah, envoyé vers vous tous, de celui qui possède les cieux et la terre. Il n'y a pas de dieu en dehors de Lui, qui donne la vie et fait mourir [..] »[110] La lettre finissait par « Salut à celui qui suit la droite voie. Mets-toi à l’abri du châtiment de Dieu si tu ne le fais pas, eh bien, moi je t'ai fait parvenir ce message ! »[109].

Aspects de la psychologie de Mahomet

Portrait de Mahomet, tiré de l'Histoire générale de la religion des Turcs de Michel Baudier. Paris (1625).

Des spécialistes de disciplines variées se sont penchés sur la psychologie de Mahomet. Deux éléments sont souvent retenus pour la caractériser. Des sources indiquent qu'il aurait été orphelin à six ans[111]. Par ailleurs, à 25 ans il épouse Khadidja sans avoir d’autre femme. Ce n'est que deux ans après sa mort qu’il se remarie, cette fois en ayant plusieurs épouses.

L’historien Maxime Rodinson retient le profil d'un homme sage, équilibré[112]. Il constate que malgré cela Mahomet a un tempérament inquiet, nerveux, causé selon lui par son incapacité à obtenir une descendance mâle, source d’infamie à l'époque. Cette inquiétude est peut-être nourrie aussi par sa grande ambition. Il interprète l’épisode où à 6 ans, Mahomet a selon la tradition le cœur ouvert par des anges, comme le signe d'une constitution pathologique qu’il rapproche des poètes arabes préislamiques, les kohânn, qui pouvaient avoir des visions et expliquaient les songes. Maxime Rodinson rapproche la figure de Mahomet de grands mystiques.

Malek Bennabi réfute la thèse de la schizophrénie[113]. Il compare le prophétisme de Mahomet à celui de Jonas ou de Jérémie, à l’aide de la phénoménologie. La description des moments où Mahomet recevait une révélation a amené de nombreux commentateurs à évoquer l’épilepsie. Cependant, Bennabi affirme que toutes les caractéristiques de l’épilepsie ne se retrouvent pas, et que par ailleurs, Mahomet conservait l’usage de sa mémoire, ce qui va à l’encontre de ce diagnostic.

Autour de Mahomet

Mahomet considéré comme intercesseur

Plusieurs hadiths donnent à Mahomet le rôle d'intercesseur[64], de même certains passages du Coran[Note 38].

« Il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu » correspond bien à l'idée selon laquelle Mahomet, qui est illettré, retransmet ce que lui dicte l'archange Gabriel.

Annonce de la venue de Mahomet

Article détaillé : Annonce de la venue de Mahomet.

Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans l'Évangile. Plusieurs passages de la Bible sont interprétés en ce sens[114]

« Et quand Jésus fils de Marie dit : “ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager d’Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi, dont le nom sera “Ahmad”. Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : “C’est là une magie manifeste”. »

— Sourate 61.6

« (Je prescrirai ma Miséricorde à)..., Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit chez eux dans la Torah et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants. »

— Coran VII, Al-A'raf : 157[115],[Note 39]

Miracles

Mahomet lors de l'épisode du Voyage nocturne, chevauchant le cheval Bouraq, est entouré d'anges, dont l'archange Gabriel, à gauche. Mahomet, comme il est de tradition dans la peinture persane, est auréolé de flammes et son visage est représenté couvert d'un voile. Peinture issue d'un Khamseh de Nizami, attribuée à Sultan Muhammad et datée 1539-43[116].

Mahomet aurait dit que « le Coran est un miracle »[117].

Selon le Coran et des hadiths, Mahomet aurait fait une série de miracles :

  • La scission de la Lune a eu lieu, lorsque les gens de La Mecque auraient demandé à Mahomet de faire un miracle. Les Mecquois auraient vu le miracle se réaliser devant leurs yeux[118]. Le verset du Coran de la sourate de la Lune rapporte aussi qu'elle se serait fendue[Note 40].
  • La pluie tombe quelque instants après par l'invocation du Prophète, et ce à plusieurs reprises[119].
  • La bénédiction de l'eau ; quand ses compagnons ont eu soif et s'en sont allés demander de l'eau à Mahomet, pour boire et pour faire leurs ablutions, Mahomet fit jaillir comme des fontaines l'eau entre ses doigts, en mettant sa main dans son récipient. Il y en eut pour tous ses compagnons, nombreux de mille cinq cents hommes[120],[121],[120]. L'eau jaillit de la source de Tabuk ainsi que du puits d'al Hudhaybiyya grâce à l'invocation du Prophète[122].
  • La bénédiction de la nourriture ; en l'honneur de son mariage avec Zaynab, Um Sulaym prépara une bouillie sucrée dans un récipient que mangèrent quelque trois cents invités par groupe de dix. À la fin du repas, Anas constata que le récipient était resté tel qu'il était au début[123]. Une autre fois, lors de l'expedition de Tabuk, les gens souffrirent de grande disette et demandèrent la permission d'immoler des chameaux pour se nourrir. Mais sous le conseil de Omar, le Prophète ordonna de rassembler ce qui reste de nourriture composé d'une poignée de maïs, de dattes et de galette, ils rassemblèrent ainsi une petite quantité de nourriture qu'ils mirent sur un voile étendu par terre. Il invoqua ensuite la bénédiction de Dieu. Les musulmans étaient composés de 30000 hommes, remplirent tous leurs ustensiles de cette nourriture et mangèrent jusqu'à satiété en laissant une grande quantité[124].
  • Différents malades auraient été guéris[125],[126].
  • La toile d'araignée et le nid de pigeon devant l'entrée de la caverne, lors de la venue des troupes mecquoises qui voulaient entrer dans la grotte où Mahomet et ses compagnons se sont cachés. Ce récit a inspiré François Coppée pour L’Araignée du Prophète.
  • La docilité des arbres ; à plusieurs reprises le Prophète saisit une branche de l'arbre pour que celui-ci le suive aussi docilement qu'un chameau quand le maître le tire par une bride[127].
  • Une brebis aurait parlé à Mahomet[128].
  • Un rocher aurait parlé à Mahomet[129].

Mahomet, la médecine, la sorcellerie et les démons

Le livre At-Tibb an-Nabawi[130] d'Al-Suyūtī ou encore celui de Ibn Qayyim al-Jawziyya renferme presque tous les dires du prophète Mahomet et ceux de ses compagnons pour traiter les maladies. Cette médecine est appelée la « médecine prophétique ». Les mêmes s'intéressent de près au « mauvais œil » et à la sorcellerie, au commerce avec les démons ou aux jinns : « Une autre race habitant la terre, des esprits qui habitent les endroits déserts, les points d'eau, les cimetières et les forêts. ». La même source indique 129 hadiths sur la médecine sont rapportés dans le Sahih al-Bukhari. Et, par la suite, quelques médecins musulmans ont prétendu établir des essais cliniques pour attester les dires de Mahomet. Les plus anciens sont Abu Nu`aym, Ibn Qayyim al-Jawziyya et Jalal ad-Din as-Suyuti.

Armes

D'après le professeur Hamidullah[88], toutes les batailles livrées par « Muhammad » étaient défensives. Les raisons de chacune sont systématiquement expliquées dans la biographies de Mahomet d'Ibn Ishaq connue par la version d'Ibn Hicham. Mahomet dira sur le combat et les armes « Le vrai combat ne se livre pas au sabre, mais dans l'âme de l'homme »[131].

Selon les traditions musulmanes médiévales, Mahomet aurait possédé sept épées[132].

  • La première aurait porté le nom d'Adhbâ. Il l'aurait eue avant la fuite de Médine (hégire), et aurait combattu avec cette épée lors de la bataille de Badr.
  • La deuxième se serait appelée Dhû'l-fiqâr. Elle aurait appartenu à Monabbih, fils de Hadjâdj, et Mahomet l'aurait trouvée au cours de la bataille de Badr[132].
  • Trois autres aurait été un butin de guerre contre les Béni Qainoqâ. Elles portent les noms suivants : Khaif, Battar et Qoaite.
  • Enfin, Ali lui aurait offert deux autres épées qu'il aurait trouvées dans le temple des Bani Tayy. Les noms de ces épées sont Mikhdsam et Rosoub[132].

Mahomet aurait eu trois arcs, trois cuirasses, trois lances et un bouclier[132].

Ses secrétaires

Mahomet aurait choisi dix secrétaires pour écrire ses révélations et pour gérer l'argent et les revenus[133].

Ses affranchis

Mahomet aurait dit à une personne qui voulait avoir le paradis: « Délivrez vos frères des chaînes de l'esclavage[134]. » Mahomet a acheté 17 esclaves pour leur rendre la liberté[135]. Bilal fut un des premiers Noirs à jouir de la liberté pour devenir le premier muezzin de l'islam[136].

« Rédigez un contrat d'affranchissement pour ceux de vos esclaves qui le désirent, si vous reconnaissez en eux des qualités et donnez-leur des biens que Dieu vous a accordés[137]. »

— Le Coran, « La Lumière », XXIV, 33, (ar) النور

Son pèlerinage

Mahomet a accompli trois fois le rituel du pèlerinage. Deux fois avant sa fuite et une fois lorsqu'il était à Médine. Le dernier pèlerinage s'appelle Hadjetou el Wadâ (« le pèlerinage de l'adieu » ou « de la perfection »). Mahomet a fait quatre fois la visite de l'Accomplissement[108].

Sa vie maritale

Article détaillé : Épouses de Mahomet.

Selon ses biographes, Mahomet aurait eu en tout quinze épouses[138] tout au long de sa vie. Dans son livre La chronique, l'historien médiéval Tabari signale que Mahomet aurait convoité cinq femmes et qu'il avait deux esclaves dont l'une « Maria fille de Siméon le Copte »[135], lui donna un fils, Ibrahîm, qui mourut à l'âge de deux ans. « Il avait parfois en même temps onze femmes, parfois neuf et parfois dix. Quand il mourut, il laissa neuf veuves. »[138]. Un peu plus loin, Tabari signale que selon d'autres traditions, Mahomet aurait épousé vingt femmes et qu'« il y a en outre cinq femmes que le prophète a convoitées, mais qu'il n'a pas épousées »[139].

Après la mort de Khadija, sa première épouse, il épouse la veuve Saouda, puis, pratique conforme aux normes et aux valeurs de l'Arabie de l'époque[140],[141], âgé d'environ 50 ans, il épouse Aïcha fille d'Abu Bakr âgée de 6 ans[142]. Trois ans plus tard, il consomme le mariage ; elle a 9 ans[143]. Cependant, l'âge d'Aïcha lors de son mariage est sujet à controverse pour des raisons d'incohérences chronologiques multiples, étant donné qu'il n'existait pas de véritable calendrier à l'époque chez les Arabes de la péninsule arabique avec une date de référence claire[144],[145]. Aussi, l'historien Maxime Rodinson émet une certaine réserve au sujet de ce hadith[146]. D'après la chercheuse britannique Ruqayyah Waris Maqsood (en), Aïcha avait probablement 19 ans lorsqu'elle s'est mariée au Prophète Mahomet[147]. En 627, il se marie avec Rayhana une juive, puis Myriam en 629 une chrétienne ; la même année, il se marie avec Safiyya une juive, en accord avec les règles de mariage de l'islam.

À la fin de sa vie, Mahomet aurait eu neuf femmes[Note 41], dont une esclave chrétienne copte qui lui avait été donnée par le roi d’Égypte. Selon le Coran[148],[149], ce statut spécial de Mahomet lui autorisant d'avoir plus de quatre épouses lui aurait été révélé par l'archange Gabriel :

« Ô prophète ! il t'est permis d'épouser les femmes que tu auras dotées, les captives que Dieu a fait tomber entre tes mains, les filles de tes oncles et de tes tantes maternels et paternels qui ont pris la fuite avec toi, et toute femme fidèle qui aura donné son âme au prophète, si le prophète veut l'épouser. C'est une prérogative que nous t'accordons sur les autres croyants ».
« Nous connaissons les lois du mariage que nous avons établies pour les croyants. Ne crains point de te rendre coupable en usant de tes droits. Dieu est indulgent et miséricordieux. » (sourate al Ahzab, versets 49-51)

La plupart de ses unions avaient un caractère politique et accompagnait le ralliement de tel notable ou tel clan[150]. Au Moyen Âge la polygamie est fréquente en Arabie, Mahomet la limite à quatre épouses[151]. À part Aycha, toutes les autres épouses de Mahomet étaient veuves, pour certaines plusieurs fois. L'une de ses épouses perdait continuellement du sang. Les mariages sont tous liés à un intérêt diplomatique comme le veut la tradition arabe de l'époque. Chaque mariage établissait un lien de sympathie avec la tribu de la mariée[152],[153].

Les épouses de Mahomet

Description physique et représentations

Portrait

À la différence de celle de Jésus de Nazareth, l'apparence et l'allure physique de Mahomet ont été précisément décrites[154], certains manuscrits accumulant les détails[155]. Suivant les descriptions reprises par Tabari[156] ou Bukhari[157], il n'était ni longiligne ni trapu, sa peau n'était ni d'une blancheur éclatante ni foncée, sa chevelure n'était ni crépue ni outrancièrement longue. Il avait les paumes et les pieds épais, sa tête était grosse et ses articulations imposantes. Les poils qui descendaient de sa poitrine à son nombril formaient une longue ligne. Quand il marchait, il s'inclinait vers le devant comme s'il descendait d'une pente. Sa barbe était ample et ne paraissait que la moitié de son âge[158].

Les images

Mahomet (voilé), Ali et ses fils, enluminure ottomane du XVIe siècle, Bagdad

La traditions islamique a hérité de l’interdiction juive de la représentation de Dieu, elle-même issue du Décalogue[159], mais l'aniconisme n'a jamais explicitement été promulgué : l'interdit pesant sur la fabrication d’images cultuelles « d’êtres vivants ayant un souffle vital (rûh) » (autrement dit, les êtres humains et les animaux) n’est pas posé par le Coran, ni la Sunna[160], ni, a proprement parler, par aucun des hadiths[161] même s'il est incontestable que ces derniers véhiculent une conception fort négative - presque diabolisante - des images[162] : leurs créateurs sont soupçonnés, voire accusés, de se livrer au blasphème en prétendant rivaliser avec l'activité créatrice d'Allah[163].

Si interdit il y a, c'est davantage dans un sentiment largement partagé et un certain consensus théologique - un ijmâ - qui réprouvent ces représentations et qui, même dépourvus de justification théorique objective, suscitent une large adhésion chez les musulmans, à la suite du courant majoritaire sunnite[164].

Ainsi, l'interdit s'est étendu - « mais pas partout ni toujours » - à la figuration de Mahomet (jugé non digne d'être représenté afin d'assurer la primauté de la lecture et de l'iconographie du Coran ou ou contraire jugé trop digne ontologiquement pour être figuré, en-Nûr el-Muhammadî la « lumière mohammedienne » étant selon les soufis trop éclatante pour être regardée[165]), voire à celle de tous les prophètes, leurs familles et leur descendance[164].

Différentes approches

Principaux courants de l'islam

Les différentes branches de l'islam ne partagent pas une vision strictement commune de la vie du message du prophète et ont développé des interprétations propres.

En matière iconographique et de manière générale, le sunnisme réprouve la représentation de tout être possédant une âme, d'autant plus s'il s'agit de Mahomet, ce qui s'apparente alors au blasphème. Au XVIIIe siècle, Ibn Abd al-Wahhâb, fondateur sunnite du wahabbisme, donne une interprétation innovante des hadits défavorables aux images et prône un iconoclasme radical[166]. L'interdiction sunnite n'est cependant pas respectée de façon absolue et certains courants sunnites n'en tiennent pas compte[167].

Cet interdit est également moins saillant chez les chiites duodécimains qui ont développé un rituel et une dogmatique de l'image : l'affichage de grands portraits n'y est pas rare à la fin du XXe siècle et des artistes ont proposé des illustrations pieuses de Mahomet en majesté ou adolescent[168] qui ont encore connu une certaine diffusion après les années 1990 en Iran[169]. Même si ces images elles-mêmes ont fait l'objet de critiques sévères et tendent à se raréfier[170], les représentations iconiques des martyres Hussein et Ali, des imams sacrés et des grands ayatollahs restent très habituelles en Iran, ainsi que la production de caricatures de responsables politiques et religieux[166].

Représentations

Mahomet selon une illustration persane (Bibliothèque nationale de France)

S'il faut constater que l'art de l'islam -qui est essentiellement un art du concept caractérisé par l'évitement de l'imitation des êtres vivants ainsi que par l'abstraction - évite d'une manière générale le portrait[171], Mahomet a néanmoins été régulièrement représenté en Perse, en Inde, en Afghanistan, en Turquie, ... avec différentes variantes[172]. Cependant, et malgré la nature iconique de bien des épisodes de sa vie, le prophète de l'islam a été peu représenté pour lui-même : il s'agit essentiellement de représentations - pas toujours figuratives - « en mouvement » ou « en action » pour l'illustration desdits épisodes[154].

Illustration du Siyer-i Nebi, XVIe siècle

Al-Dinawari rapporte l'existence de portraits dès le IXe siècle mais il n'en existe plus de trace : il faut attendre la fin du XIIIe siècle pour trouver les premières représentations dans des enluminures en Perse ilkhanide. Le Prophète est alors représenté dans des chroniques à visage découvert - nimbé d'une auréole ou d'une flamme - mais le visage, ainsi que les mains, se trouvent voilés progressivement à partir du XVe siècle. La silhouette se voile ensuite entièrement avant de disparaitre complètement au profit de motifs ou de formules évocatrices de sa personne, quittant une réalité anthropomorphe à laquelle se substitue une flamme, une lumière ou encore une « absence perceptible »[173]. Mahomet est finalement remplacé par la calligraphie de son nom, par une hilya - « portrait-écrit » -, par un arbre généalogique, voire l'empreinte de ses pieds ou de ses sandales[173] dans une évolution spirituelle qui doit notamment au soufisme chiite qui considère les représentations anthropomorphes comme mondaines et non-musulmanes[173].

À la fin du XXe siècle bandes dessinées, à vocation pédagogique, adaptant le Coran ont été publiées en pays sunnites[174] mais ont suscité le débat avant que la publication en soit stoppée[175] : en effet, au début du XXIe siècle, en dehors de l'espace chiite[168], l'interdit concernant les représentation de Mahomet - qui représente une réalité divine pour nombre de croyants - est devenu plus fort qu'il ne l'était auparavant, pour atteindre une grande rigueur et devenir un interdit majeur s'apparentant à un tabou[176]. Dans ce contexte, la publication de caricatures de Mahomet dans un journal danois en 2005, relayées dans des médias internationaux, a soulevé un tollé et provoqué des réactions violentes dans plusieurs pays de tradition et de culture islamiques et certaines communautés musulmanes des pays occidentaux.

Reliques

De nombreuses reliques du prophète de l'islam sont aujourd'hui conservées à Istanbul, ainsi qu'à Médine, entre autres. Une paire de chaussures de Mahomet, très sacrée pour les pèlerins musulmans, qui se trouvait à Lahore au Pakistan a été volée en 2002[177].

Ses descendants

Articles détaillés : Famille de Mahomet et Descendance mahométane.

Après la mort de Mahomet, de nombreux musulmans se réclament de sa descendance. Ils sont alors qualifiés de chérif, littéralement « noble » ou sayyid « seigneur ». Leur lignée remonterait à Mahomet par l'intermédiaire d'al-Hasan ou d'Al-Husayn, les enfants de Ali ibn Abi Talib et de Fatima Az-Zahra, la fille de Mahomet. Ces considérations généalogiques peuvent revêtir une dimension politique importante lorsque certaines familles régnantes la font valoir pour asseoir leur légitimité, à l'instar des Hachémites en Jordanie et de la famille royale du Maroc, les Alaouites. Néanmoins il n'y a rien à ce sujet dans le Coran ; le fait d'être descendant de Mahomet ne donne aucun privilège particulier[178].

En Occident, être ou se revendiquer de la descendance de Mahomet est plus anecdotique. Néanmoins, à la suite de la conquête de l'Espagne au VIIIe siècle, plusieurs dynasties espagnoles comptent Mahomet dans leur ascendance.

Mahomet dans la littérature occidentale

Moyen Âge

Fresque de la Basilique San Petronio de Bologne en Italie, où Mahomet est tourmenté par un diable.

Mahomet apparait tout d'abord dans la littérature populaire occidentale, sous le nom de Mahound (entre autres corruptions comme Mahowne, Mahon…) en tant que divinité païenne ou démon[179] : il est parfois identifié comme l'une des principales divinités des Sarrasins au sein d'un panthéon variant d'une œuvre à l'autre (par exemple, aux côtés d'Apollyon et Termagant dans la chanson de Roland, voire comme une divinité païenne générique d'autres peuples « infidèles » : ainsi, dans les mystères du cycle de York, Pharaon à l'orée de la mort, appelle son armée à adresser ses prières à la divinité « Mahowe »[180].

Sous l'influence de sources espagnoles comme les chroniques d'Euloge de Cordoue ou de récits de pèlerins revenant de Terre sainte comme celui de Dithmar, le Mahomet de la littérature se rapproche aux XIIe et XIIIe siècles de celui de la tradition musulmane, sa vie est enrichie de nombreuses histoires fabuleuses et calomnieuses. Des biographies occidentales fleurissent, essentiellement en latin, telles la Vita Mahumeti de Embricon de Mayence, les Otia de Machomete de Gautier de Compiègne dont le Roman de Mahomet (1258) d'Alexandre du Pont est une adaptation qui constitue la première œuvre de littérature française à son sujet. Mahomet y est présenté comme un schismatique de la chrétienté, brutal et perfide, souvent comme un sorcier malfaisant[181].

Au XIIIe siècle, Dante, dans la Divine Comédie, présente Mahomet en compagnie de son cousin ʿAlī ibn Abī T̩ālib dans son neuvième cercle des enfers, celui qu'il réserve aux "schismatiques", les entrailles sortant de son ventre ouvert. Cette description sera utilisée par plusieurs artistes, comme récemment Salvador Dalí, pour représenter Mahomet les entrailles exposées ou encore Gustave Doré dans son illustration de la Divine Comédie. On rencontre aussi le Mahomet éventré de Dante dans certaines églises, telles la Basilique San Petronio de Bologne en Italie, où il est représenté tourmenté par un diable.

XVIIIe siècle

L'ouvrage de Voltaire

Dans la littérature occidentale du XVIIIe siècle, Mahomet est souvent considéré comme l'auteur du Coran[Note 42].

Selon le critique littéraire François Busnel, parlant de la pièce de Voltaire Le Fanatisme ou Mahomet, « Le fanatisme ou Mahomet le prophète est une charge contre l'islam et, plus largement, contre toute religion monothéiste »[182]. Dans cette pièce, Voltaire fait dire à l'un de ses personnages que Mahomet est un « imposteur », un « faux prophète », un « fanatique » et un « hypocrite »[183],[184].

C'est pourtant « l'intolérance de l'Église catholique et les crimes commis au nom du Christ » qui étaient les premiers visés par le philosophe des Lumières[185]. C'est ce qu'écrit Voltaire dans une lettre de 1742 : « Ma pièce représente, sous le nom de Mahomet, le prieur des Jacobins mettant le poignard à la main de Jacques Clément »[186]. Ce double sens de la pièce est confirmé par le critique littéraire Julien Louis Geoffroy : « Mahomet est donc un mauvais charlatan, un caffard imprudent et téméraire : à travers son costume éblouissant, on reconnaît toujours le capuchon du révérend père Bourgoing »[187]. Les dévots qui n'ont pas été dupes l'ont attaqué immédiatement en justice pour impiété et scélératesse, et Voltaire a dû retirer sa pièce. Par ailleurs selon Emmanuel Leroy-Ladurie, « le philosophe tenant du Déisme attribue d’abord au Coran l’immense mérite d’avoir affirmé avec plus de rigueur et de raison que le christianisme l’unicité de Dieu. “Il a retiré toute l’Asie de l’Idolâtrie…” »[188]

Le Marquis de Sade fait émettre par son personnage du moribond des critiques violentes contre l'ensemble des chefs religieux, dont évidemment Mahomet : « Ton Jésus ne vaut pas mieux que Mahomet, Mahomet pas mieux que Moïse, et tous trois pas mieux que Confucius qui pourtant dicta quelques bons principes pendant que les trois autres déraisonnaient; mais en général tous ces gens-là ne sont que des imposteurs, dont le philosophe s'est moqué, que la canaille a crus et que la justice aurait dû faire pendre. »[189]

XIXe siècle

Alphonse de Lamartine écrit une Vie de Mahomet en 1854[190], dont on peut dire que c'est la première biographie écrite par un Occidental qui ne soit pas à charge. Il y dit :

« Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l'homme et l'homme à Dieu, restaurer l'idée rationnelle et sainte de la divinité dans ce chaos de dieux materiels et défigurés de l'idolatrie… Jamais homme n'accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde, puisque moins de deux siècle après sa prédication, l'islamisme, préché et armé, régnait sur les trois Arabies, conquérait à l'Unité de Dieu la Perse, le Khorassan, la Transoxiane, l'Inde occidentale, la Syrie, l'Égypte, l'Éthiopie, tout le continent connu de l'Afrique septentrionale, plusieurs iles de la Méditerranée, l'Espagne et une partie de la Gaule.

Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet ? Les plus fameux n'ont remués que des armes, des lois, des empires; ils n'ont fondé, quand ils ont fondés quelque chose, que des puissances matérielles, écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d'hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué, de plus, des idées, des croyances, des âmes. Il a fondé sur un Livre, dont chaque lettre est devenue une loi, une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toutes les langues et de toutes les races, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des faux dieux et la passion du Dieu un et immatériel…

Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. À toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand[191] ? »

De même, Victor Hugo, dans un poème de La Légende des siècles (1858), L'an neuf de l'Hégire, présente de façon romantique la mort de Mahomet :

Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ;
Il écoutait pendant qu’Aboubékre lisait,
Et souvent à voix basse achevait le verset ;
Et l’on pleurait pendant qu’il priait de la sorte.
Et l’Ange de la mort vers le soir à la porte
Apparut, demandant qu’on lui permît d’entrer.
“Qu’il entre.” On vit alors son regard s’éclairer
De la même clarté qu’au jour de sa naissance ;
Et l’Ange lui dit : “Dieu désire ta présence.”
“Bien”, dit-il. Un frisson sur les tempes courut,
Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut[192].

Mahomet est aussi une pièce théâtrale de Johann Wolfgang Von Goethe[193]. Selon le spécialiste de la littérature allemande du XIXe siècle, Adolphe Bossert[194],

« Le Mahomet de Goethe n’est pas, comme celui de Voltaire, un imposteur ; c’est un croyant, possédé du besoin de répandre sa foi. Il commence par adorer les étoiles ; mais bientôt, au-dessus des étoiles, il découvre celui qui leur a donné l’existence et qui a formé l’univers. « Élève-toi, cœur aimant, vers l’auteur de toutes choses ! Sois mon seigneur et mon dieu, toi qui as créé le soleil, et la lune et les étoiles, et la terre et le ciel, et moi-même ! » La foi de Mahomet reste pure, aussi longtemps qu’elle est renfermée en lui-même, qu’elle demeure un colloque entre son dieu et lui ; elle se rabaisse et se corrompt, dès qu’il cherche à la faire pénétrer dans les âmes grossières. Il est obligé d’employer la force, même la ruse, pour fonder sa religion ; il suscite des inimitiés légitimes, et, à la fin, il meurt empoisonné[195]. »

Johann Wolfgang Von Goethe a appris l'arabe et il est allé en Arabie pour comprendre le personnage principal de sa pièce théâtrale Mahomet[193]. Il dira après que :

« Si c'est ça l'Islam, alors nous sommes nous tous musulmans[196] »

Pour Ernest Renan, parlant de la pièce de Voltaire,

« Mahomet nous apparaît comme un homme doux, sensible, fidèle, exempt de haine. Ses affections étaient sincères; son caractère, en général, porté à la bienveillance… Rien de moins ressemblant à cet ambitieux machiavélique et sans cœur qui explique en inflexibles alexandrins ses projets à Zopyre [..] ses précautions dans les batailles étaient peu dignes d'un prophète[197] »

.

XXe siècle

  • Annie Besant écrit « Quiconque ayant étudié la vie et la personnalité du grand prophète d'Arabie, connaissant son enseignement et sa manière de vivre, ne peut que ressentir de la vénération pour cet éminent prophète, l'un des grands messagers de Dieu. Quoique insignifiants que puissent être mes dires pour un lecteur familiarisé aux paroles du prophète chaque fois que je les relis, je ressens une admiration et une vénération nouvelles pour cet incommensurable maître arabe[198]. »
  • En 1988, Salman Rushdie évoque Mahomet dans les Versets sataniques qui provoquent une vaste polémique, assortie d'une fatwa réclamant l’exécution de l'auteur, en 1989[199]. D'après al-Tabari, Satan aurait tenté de dicter des enseignements hérétiques à Mahomet. Cet incident aurait eu lieu à La Mecque, huit ans avant l'hégire, alors que Mahomet récitait la sourate de l'Étoile, dans laquelle sont mentionnées trois déesses considérées par les Koraïchites païens, comme des " filles de Dieu ". D'après Maxime Rodinson, al-Lat, al-`Uzzâ, et Manât étaient, des déesses préislamiques appelées les « filles d'Allah ». Mahomet aurait, dans une première version, recommandé qu'on leur rendît un culte, ces versets prononcés puis abrogés, sont les fameux « versets sataniques » évoqués dans le roman de Rushdie.
Article détaillé : Les Versets sataniques.

XXIe siècle

  • En 2005, la publication de douze caricatures de Mahomet par le journal danois Jyllands-Posten soulève la colère dans les pays musulmans. Des manifestations pour protester contre les dessins danois ont lieu dans plusieurs pays dont les manifestations violentes devant le consulat italien à Benghazi en Libye qui ont fait onze morts.

Mahomet dans les œuvres de fiction

Romans et essais

Théâtre

Films

Plusieurs films, des films de fiction biographique ou des films documentaires, ont été consacrés à Mahomet.

Parmi les films de fiction, plusieurs sont réalisés dans une perspective musulmane et s'imposent de respecter l'interdiction de représenter Mahomet. Ils y parviennent en recourant à des plans en caméra subjective chaque fois qu'une scène implique Mahomet. C'est le cas du film biographique Le Message, coproduction multinationale réalisée par Moustapha Akkad et sortie en 1976. Plusieurs films d'animation américains produits par le studio Badr International adoptent la même technique : Muhammad : The Last Prophet de Richard Rich en 2002 et ses préquelles sorties au cours des années suivantes : Before the Light, Salman the Persian et Great Women of Islam.

Par ailleurs, plusieurs documentaires consacrés à Mahomet ou à l'histoire de l'islam en général relatent la vie du prophète. C'est le cas de la série documentaire Islam: Empire of Faith de Robert H. Gardner, distribuée par la compagnie américaine PBS en 2000. En 2002, la même chaîne produit un documentaire Muhammad: Legacy of a Prophet, réalisé par Michael Schwarz et Omar al-Qattan.

En 2011, du 21 au 25 juillet, la chaîne britannique BBC diffuse une mini-série documentaire en trois volets sur la vie de Mahomet, The Life of Muhammad, réalisée par Faris Kermani. Selon la BBC, il s'agit de la première série documentaire consacrée au prophète de l'islam à être diffusée sur une chaîne européenne[200]. La mini-série est purement documentaire et ne contient pas de scènes de reconstitution mettant en scène Mahomet[201].

Notes et références

Notes éditoriales
  1. Mahomet est le nom propre français qui désigne habituellement le fondateur de l'Islam ; voir la section Ses noms.
  2. Le degré d'authenticité historique de ces récits est discuté par les historiens contemporains, certains allant jusqu'à les rejeter au profits de sources non musulmanes plus anciennes ; cf. Mathieu Tillier et Thierry Bianquis, op. cit. 2012, p. 79
  3. 570 est l'année conventionnelle, parfois 571. L'année de naissance de Mahomet est en fait incertaine. Le Coran ne la mentionne pas mais la Tradition musulmane la situe l'année où La Mecque repousse l'attaque d'Abraha vice-roi du Yémen, appelée « année de l'éléphant » ; cependant la recherche contemporaine s'accorde pour situer cette attaque plusieurs décennies plus tôt et envisage généralement la naissance du prophète de l'Islam après 570, peut-être entre 570 et 580 ; cf. Alford T. Welch, « Muhammad » in The Encyclopaedia of Islam, vol. VII, éd. Brill, 1993, p. 360
  4. Les causes de ces dévastations sont débattues par les chercheurs, pouvant combiner les conséquences des guerres, des massacres, des épidémies - comme la « Peste de Justinien » - mais aussi le dessèchement progressif du climat et peut-être une catastrophe naturelle de type volcanique ; cf. Christian Robin, « La péninsule arabique à la veille de la prédication muhhammadienne », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 27-30
  5. L'exégèse traditionnelle, reprise par nombre de chercheurs contemporains, assimile également le nom de Bakka qui figure dans la sourate 3,96, à celui de La Mecque pour revendiquer une grande antiquité à la ville, en faisant de la sorte le premier centre spirituel du monde. Cette assimilation et l'interprétation du nom sont débattues ; cf. Claude Addas, article « Mecque (La) », in Mohammed Ali Amir-Moezzi (dir.), Dictionnaire du Coran, éd. Robert Laffont, 2007, p. 540 et Christophe Luxemberg, The Syro-Aramaic Reading of the Koran: A Contribution to the Decoding of the Language of the Koran, éd. Verlag Hans Schiler, 2007, p. 328, 329
  6. le Qu'rân/Coran signifie « Récitation »
  7. C'est pourquoi il est appelé « dernier des prophètes» ou encore « sceau des prophètes » dans le Coran et dans les hadiths : « Muhammad n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais le messager d’Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient. » Coran 33:40.
  8. Selon le dictionnaire Larousse arabe-français : « comblé/digne d'éloges/de louanges ; loué ». Le nom dérive de la racine arabe : ح م د de même qu'Ahmed, M'Hamed, Mahmoud, Hamid, dont le sens est proche.
  9. Cette référence est obsolète : En 1869, dans l'introduction à la traduction du Koran par Albin de Kazimirski Biberstein intitulée Notice biographique sur Mahomet, on trouve la citation :

    « C'est Mohammad (le glorifié) qu'on devrait dire ; les Turcs prononcent Méhémet, quand il est question d'un personnage vivant du nom de Mohammed, c'est au contraire l'usage en français de se servir de la forme Mohamed, lorsqu'on parle des Arabes vivants qui portent ce même nom. »

  10. on trouve chez Daniel de Larroque, dans sa traduction du XVIIe siècle de la Vie de Mahomet d'Humphrey, le remarque et propose en index la graphie Mohammed, Biographie universelle, V° Mahomet (Mohammed)[réf. nécessaire]
  11. Ce dernier sollicite les travaux de quatre traducteurs : principalement Robert de Ketton, ainsi que Hermann de Dalmatie, le juif converti Pierre de Tolède et un Sarrasin nommé Mohammed ; cf. Françoise Labalette, Pierre le Vénérable, le glorieux abbé de Cluny, in Historia, no 721, 01/01/2007, article en ligne. Le manuscrit original de Robert de Ketton se trouve à la Bibliothèque de l'Arsenal.
  12. Outre les hérétiques, Pierre le vénérable dénonce violemment les juifs dans son Adversus judaeos (Contre les juifs, vers 1143); cf. Françoise Labalette, Pierre le Vénérable, …, op. cit.
  13. Dans son traité Contra sectam sive haeresium Sarracenorum, il entend convertir ces derniers au christianisme par « la parole, (…) la raison, (…) et l'amour ». cf. François Bérriot, Spiritualités, hétérodoxies et imaginaires : études sur le Moyen Âge et la Renaissance, éd. Université de Saint-Étienne, 1994, p. 133, 134 extrait en ligne
  14. Ce premier volume est augmenté de la Doctrina Machumet constituée d'extraits de hadits rassemblés par Hermann de Dalmatie, et d'une biographie du prophète de l'islam, la De generatione et nutritura Machumet. Un deuxième volume présente une série de refutations de l'islam à l'attention des théologiens et un dernier présente de la documentation destinée aux princes chrétiens dans l'optique de vaincre les musulmans dans une prochaine croisade. Cf. François Bérriot, op. cit. p. 136-141
  15. Ainsi qu'en atteste le titre complet de la première édition de l'ouvrage ; cf. Henri Lamarque, Le coran à la renaissance : plaidoyer pour une traduction, éd. Presses Universitaires du Mirail, 2007, p. 25, version intégrale latine et traduction française en ligne
  16. Elle connaît de nombreuses contrefaçons à l'instar d'une Mehemetis Abdallae fillii theologia imprimée à Nurenberg dès 1543 ; cf François Bérriot, op. cit., p. 141
  17. Après les versions en italien, Alcorano di Macometto, en 1547 par Andrea Arrivabene, puis en allemand en 1616, en hollandais en 1641 ; cf François Bérriot, op. cit., p. 141
  18. Professeur émérite (linguistique de l'hébreu et linguistique sémitique) à l'université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle.
  19. Celui-ci utilise déjà le nom Mohammadau sein de son Mahomet (livre abondamment cité dans le paragraphe « Aspects de la psychologie de Mahomet », cf. infra)
  20. Maxime Rodinson, Dominique Chevallier, André Miquel, Mohamed El Aziz Ben Achour, Haïm Zafrani, Hichem Djaït, Dominique et Janine Sourdel, Robert Mantran, Marc Bergé, Pierre Lory, tout comme le philosophe Mohammed Arkoun, écrivent tous « Muhammad » ou « Mohammad » ou « Mohammed » dans leurs textes en français. Il en est de même des penseur Malek Bennabi et Martin Lings, du juriste théologien Muhammad Hamidullah.
  21. En 1869, dans l'introduction à la traduction du Koran par Albin de Kazimirski Biberstein intitulée Notice biographique sur Mahomet, on trouve la note suivante :

    « C'est au contraire l'usage en français de se servir de la forme Mohammed, lorsqu'on parle des Arabes vivants qui portent ce même nom. »

  22. Voir l'histoire de Sâlih dans les sourates du Coran 7:73-79, 9:70, 11:61-68, 14:9, 17:59, 22:42, 25:38.
  23. Dans les manuscrits de la mer Morte (des grottes de Qumrân) il est écrit dans « le Manuel de Discipline » : « Seuls les fils d'Aaron décideront des questions de droit et de biens et leurs ordres fixeront le sort qui déterminera les règles des hommes de la communauté. Quant aux biens des hommes saints dont la conduite est parfaite, qu'on ne les mêle point aux biens des hommes de fraude qui n'ont pas purifié leur conduite en se séparant de l'erreur et en agissant sans commettre de faute. Et qu'eux-mêmes ne s'éloignent d'aucun conseil de la loi pour marcher dans l'obstination de leur cœur, mais qu'ils jugent d'après les premiers préceptes par lesquels les hommes de la communauté ont été d'abord disciplinés jusqu'à ce que viennent un prophète et les messies d'Aaron et d'Israël. » (Les Manuscrits de la Mer Morte, p. 345).
  24. Comme le confirme le verset 48 de la sourate 29 : « Et avant cela (la révélation du Coran), tu ne récitais aucun livre et tu n'en écrivais aucun de ta main droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient des doutes. » (Coran 29:48)
  25. Imprimé dans I’lâm as-Salihin d’ibn Tulun, en tant qu’appendice.
  26. Tirmidhi, cité d’après Manazir Ahsan Gilâmi
  27. 1er éd. dans RAAD en 1953. Abu Hurayrah avait également écrit de nombreux livres de hadiths selon les sources diverses. Ibn ‘Abd al Barr, Jâm bayan al’ilm, I : 4 ; Fath’al Bari, I : 174.
  28. On connaît la date de sa mort : le lundi 8 juin 632 (lundi 13 rabî`al-awwal 11 A.H.), mais Tabari indique qu’on n’est pas sûr de son âge au moment de son décès (Voir Tabari (trad. Herman Zotenberg), La Chronique, Histoire des prophètes et des rois, vol. II, Actes-Sud, coll. « Sindbad »,‎ 2001 (ISBN 978-2742-733187), « Mohamed, sceau des prophètes », p. 354). Selon lui, Mahomet était alors âgé de 63 ans, ce qui rend possible la naissance en 570. Il rapporte que d'autres traditions lui donnent entre 60 et 65 ans, il n’est cependant pas précisé par Tabari s’il s’agit d’années solaires ou d’années de douze mois lunaires.
  29. Rabî`al-awwal en arabe : rabīʿ al-ʾawwal, ربيع الأول, premier (mois) du printemps, nom du troisième mois sur douze de l’année lunaire. Ce nom n’a plus de sens puisque ce type d'année, sans le mois intercalaire, (Le Coran, « L’Immunité ou le Repentir », IX, 36 ou 37, (ar) التوبة) instituée par Mahomet se décale par rapport à l’année solaire et par conséquent par rapport aux saisons.
  30. Halîma as-Sa`diyya, en arabe : ḥalīma al-saʿdīya, حليمة السعدية
  31. Il s'agissait probablement d'Abdullah, fils de Harith
  32. cette tradition se base sur la sourate « N’avons-nous pas ouvert ? », XCIV, où l'expression «poitrine libérée d'aise», selon Jacqueline Chabbi, signifie «l'aisance de la vie»
  33. « Cependant, la poitrine de leur fils adoptif ne portait aucune trace et rien d'anormal n'altérait la perfection de son petit corps. Le seul trait insolite se trouvait au milieu de son dos, entre les épaules : une marque de forme ovale, petite mais très distincte, où la peau était légèrement gonflée, semblable à l'empreinte laissée par une ventouse, mais cette marque était là à la naissance de l'enfant » in Martin Lings, Le prophète Muhammad, éditions du Seuil, p. 49-50
  34. Al-Fijar en arabe : ḥarb al-fijār, حرب الفجار, la guerre impie, ce nom viendrait du fait que les combats se sont déroulés pendant les mois sacrés. Voir Traduction d’Albin de Kazimirski Biberstein, Le Koran, Librairie Charpentier,‎ 1869 ([%5B%5Bs:fr:Page:Le Koran (traduction de Kazimirski).djvu/546|Page:Le Koran (traduction de Kazimirski).djvu/546%5D%5D lire en ligne]), « Notice biographique sur Mohammed », viii
  35. D'après les chroniques de Tabari, la version la plus exacte avance que le nombre de musulmans était de 314 hommes.
  36. Personnage mal identifié, son nom arabe, al-muqawqis, المقوقس, serait l'arabisation d’un mot copte signifiant le caucasien.
  37. Négus ou nedjaschi (en arabe : an-najāšī, النجاشي) est le titre des rois d'Abyssinie.
  38. « Les Femmes », IV, 64 : « et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, très accueillant au repentir, miséricordieux. » Et le verset 43.86 qui précise qui peut intercéder auprès d'Allah
  39. Lire également : Le Coran, « Ordre de bataille », LXI, 5, (ar) الصف, Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 75, (ar) آل عمران, Le Coran, « La Vache », II, 75, (ar) البقرة
  40. Coran, sourate 54, versets 1 et 2
  41. Femmes esclaves avec lesquelles une relation charnelle a lieu. Cela étant autorisé dans l'islam, mais pas appliqué forcément, ainsi un passage du Coran encourage à marier les esclaves femmes et hommes pour ne pas museler leurs besoins sexuels ; (ar) Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor. II, La Vache :221) ou Tafsir, ibn kathir (Cor. II, La Vache : 221
  42. « J’ai lu par ordre de Mgr le Chancelier l’ouvrage intitulé L'Alkoran, par le sieur Mahomet, et n’y ai rien trouvé de contraire à la religion, ni aux bonnes mœurs; signé Crébillon le fils, censeur royal, 1783. (privilèges royaux pour la traduction de Savary »
Références
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  2. mort vers 823
  3. mort en 845
  4. mort en 923
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  12. Christian Robin, « La péninsule arabique à la veille de la prédication muhhammadienne », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 28
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  14. a, b, c, d, e et f Mathieu Tillier et Thierry Bianquis, « De Muhammad à l'assassinat de 'Alî », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 80
  15. a, b, c, d et e Mathieu Tillier et Thierry Bianquis, « De Muhammad à l'assassinat de 'Alî », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 81
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  17. a et b Mathieu Tillier et Thierry Bianquis, « De Muhammad à l'assassinat de 'Alî », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 82
  18. a, b, c, d et e Mathieu Tillier et Thierry Bianquis, « De Muhammad à l'assassinat de 'Alî », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 83
  19. François Déroche, « Vie de Muhammad », in Religions et Histoire, no 36, janvier 2011, p. 27
  20. a, b et c Mathieu Tillier et Thierry Bianquis, « De Muhammad à l'assassinat de 'Alî », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 84
  21. a, b et c François Déroche, « Vie de Muhammad », in Religions et Histoire, no 36, janvier 2011, p. 29
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  23. a et b Mathieu Tillier et Thierry Bianquis, « De Muhammad à l'assassinat de 'Alî », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 85
  24. Christian Robin, « La péninsule arabique à la veille de la prédication muhhammadienne », in Thierry Bianquis, Pierre Guichard et Mathieu Tillier (dirs.), Les débuts du monde musulman, VIIe ‑ Xe siècle. De Muhammad aux dynasties autonomes, éd. P.U.F./Nouvelle Clio, 2012, p. 5
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  41. Françoise Labalette, Pierre le Vénérable, ..;, op. cit.
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  51. Christian Robin, Les tribus de l'Arabie déserte, L'Histoire, no 272, janvier 2003; Au temps de l'Arabie heureuse, L'Histoire, no 354, juin 2010.
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  68. ibn Habîb al-Baghdâdî (m.245), Muhabbar p. 79. Haydarabad. / al-Balâdhurî (m.279), Ansâb'al achrâf tome I paragraphe 177 Caire 1959.
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  73. Tahdhib at-Tahdhib, IV, 198, 236 ; ibn Hajar.
  74. Hadyu's-Sârî, Muqaddimatu Fathi'l-Bârî, 2 tomes, Caire (1964/1383H). Tome II, page 185.
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  76. a et b lundi 12 rabî`al-awwal / dimanche 4 ou lundi 5 mai 470, Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 25
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  78. (ar)/(tr) Muhammed bin Sâlih ed-Dimeşkî (m.1537) Peygamber Külliyâtı; édition : Ocak Yayıncılık. İstanbul 2004. (12 tomes + Indexe), (ISBN 978-975-97992-6-7). Traduction : Yusuf Özbek, Hüseyin Kaya. Tome I, partie V, 6e chapitre.
  79. (ar)/(tr) Muhammed bin Sâlih ed-Dimeşkî (m.1537) Peygamber Külliyâtı; édition : Ocak Yayıncılık. İstanbul 2004. (12 tomes + Indexe), (ISBN 978-975-97992-6-7). Traduction : Yusuf Özbek, Hüseyin Kaya. Tome I, partie II, 13e chapitre.
  80. Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 29
  81. a et b Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 30
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  86. Mahdi Rizqullah Ahmad, Mahdī Rizq Allāh Aḥmad, Syed Iqbal Zaheer, A Biography of the Prophet of Islam: In the Light of the Original Sources, an Analytical Study, Darussalam,‎ 2005 (ISBN 9789960969022, résumé, lire en ligne), p. 124
  87. a et b al-Sira, Ibn Ishaq.
  88. a et b Hamidullah 1989.
  89. Maxime Rodinson, Mahomet, Essais, Seuil, 1994, chapitre IV : Naissance d'une secte
  90. Pierre Marie Baude, Jésus de Nasareth, éditions desclée, Bibliothèque d'Histoire du christianisme, p. 75.
  91. Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 68
  92. Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 72-73
  93. Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 73
  94. Le Coran, « L’Immunité ou le Repentir », IX, 96-97, (ar) التوبة : « Les Arabes sont les plus durs dans la mécréance et l'hypocrisie… »
  95. L'hégire, article de Nicolle Samadi, de l'Institut Européen en Science des Religions, à destination des enseignants.
  96. « le second hommage d'Akaba », (en) Martijn Theodoor Houtsma, E.J. Brill's First Encyclopaedia of Islam, 1913-1936 (9 volumes), vol. I, BRILL,‎ 1987 (ISBN 978-900408265-6, résumé, lire en ligne), « Akaba », p. 227-228
  97. Malek Chebel, Dictionnaire des symboles musulmans, Éditions Albin Michel, p. 196
  98. Voir page 212 in Encyclopaedia Judaica, Cecil Roth, Encyclopaedia Judaica Jerusalem, 1972
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  100. Martin Lings, "Le Prophète Muhammad, sa vie d'après les sources les plus anciennes", éd. Seuil, 1986, p. 225
  101. Martin Lings, "Le Prophète Muhammad, sa vie d'après les sources les plus anciennes", éd. Seuil, 1986, p. 424
  102. Muhammad Hamidullah, "Le Prophète de l'islam", éd. El Najah, 1998, p. 986
  103. Hichem Djaït, "La vie de Muhammad, Le parcours du Prophète à Médine et le triomphe de l'islam", éd. Cérès, 2012, p. 242
  104. Bukhari, no 2534;Muhammad Hamidullah, Le Prophète de L’Islam sa vie son œuvre, §1912,§1939
  105. Abi Daoud, no 4036
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  108. a et b Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 326
  109. a et b Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 250
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  111. Gabriel Mandel Khân, Mahomet, édition Acropole, 2002
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  113. Malek Bennabi, Le Phénomène Coranique, Imprimerie BM (Paris), 1976.
  114. Rahmatoullah Al Hindi, Manifestation de la Vérité, éditions IQRA, 1996, ISBN 2-911509-03-X
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  118. Rapporté dans Sahih Al-Boukhari, 637, et Sahih Mouslim, 2802
  119. Ibn kathir, Les miracles du Prophète, éd. Almadina, 2007, p. 20-21
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  121. I. A. Ibrahim, « A brief Illustrated Guide To Understanding Islam », sur Google livre, Édition Darussalam, p. 36, Houston, 1997
  122. Ibn kathir, Les miracles du Prophète, éd. Almadina, 2007, p. 25 et 33
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  124. Ibn Kathir, As-Sîra, éd. Universel, 2007, p. 782
  125. Bukhari, Fada'l al-Sahaba, 9; Muslim, Fada'il al-Sahaba, 34
  126. Boukhari, hadith no 3916
  127. Ibn kathir, Les miracles du Prophète, éd. Almadina, 2007, p. 26
  128. Muslim, salam, 45; Abu Dawud, diyat, 6
  129. Tirmidhi, hadith no 3630; Hakim, 2.607
  130. At-Tib an-Nabawi, en arabe :at-ṭibb an-nabawīy (arabe : الطبّ النبويّ), la « médecine prophétique »
  131. Florence Montreynaud, Le féminisme n'a jamais tué personne, p. 24, 2004
  132. a, b, c et d Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 335-336
  133. Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 334
  134. Malek Chebel,l'Esclavage en terre d'islam, édition Fayard, 2007,page17
  135. a et b Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 331
  136. Dominique Peccoud et Sophie Dufour, Le travail décent points de vue philosophiques et spirituels, Bureau international du travail.
  137. Article Esclave (par Tahar Gaïd), dans le Dictionnaire élémentaire de l'islam
  138. a et b Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 327
  139. Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 330
  140. Maxime Rodinson, Mahomet. édition du Seuil (1994). (ISBN 978-2-02-022033-0). p. 232 ; "13 ans, c'était un bel âge pour les femmes arabes, et le mariage était consommé depuis longtemps".
  141. Tabarî (m. 310), Tarih ar-Rusûl w'al Mulûk, Leyde, 1897 et après. I, p. 1768-1769 : Conformément à la coutume d'alors, Abu Bakr, le père d'Aicha, une fillette de 6 ans, cherchait pour elle-ci un gendre. Il avait alors un autre homme en vue, mais il lui refusa sa fille parce que celui-là ne voulait pas devenir musulman. C'est ensuite que Mahomet épousa Aïcha. Pareillement plus tard, Umar ibn al Khattab épousera une fille très jeune d'Abu Bakr.
  142. (en) Aḥmad ibn Aḥmad Zabīdī, Muhammad ibn Isma'il Bukhari, Muḥammad Muḥsin Khān, The translation of the meanings of Summarized Ṣaḥīḥ al-Bukhārī: Arabic-English, Darussalam,‎ 1997, 1096 p. (ISBN 9960740803, lire en ligne), p. 743
  143. Hadith décrivant l'âge de Aïcha au moment de son mariage et de la consommation de celui-ci, sur le site hadith.al-islam.com édité par l'Arabie saoudite. Consulté le 4 avril 2008.
  144. Ali Amir Moezzi, Dictionnaire du Coran, éditions Robert Laffont (2007). ISBN 978-2-221-09956-8 ; (981 pages) p. 145.
  145. (en) Article calendriers (Reza Abdollahy) sur le site de l'Encyclopedia Iranica
  146. Maxime Rodinson, Mahomet, éditions du Seuil, 1994 (ISBN 978-2-02-022033-0) p. 182.
  147. Roqayyah Maqsood, Aishah - A study of her age at the time of her marriage - Islamic Vision, IPCI, (1996) : p. 1-3, 23-24.
  148. (ar) Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor. XXXIII, Les Coalisés : 49-51)
  149. (ar) Tafsir, ibn kathir (Cor. XXXIII, Les Coalisés : 49-51
  150. Claude Cahen, L'Islam. Des origines au début de l'Empire ottoman, chapitre 2 Mahomet, éditions Hachette, 1995, p. 23
  151. (ar) Jâmi'ul Ahkâm'il Qur'ân, Qurtubî ; (Cor.IV, Les Femmes : 3)
  152. Abu Djaber el Djazâiri, Le Prophète Bien-Aimé, édition Aslim. 1992
  153. Hamidullah 1989
  154. a et b François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 48
  155. Voir par exemple le Ms Persan no 82 de la BNF qui décrit les différentes parties du corps de Mahomet , cité par François Bœspflug , op. cit. 2013, p. 157
  156. dans sa Chronique celui-ci fait une longue description de Mahomet d'après Ali : il était de taille moyenne. La couleur de la peau était blanc rosé. Les yeux étaient noirs et sa chevelure longue. Mahomet nouait quelquefois ses cheveux en deux ou quatre boucles. Et parfois, ses cheveux tombent sur sa tête (...) Son nez était droit et les dents écartées. La barbe était bien fournie ; cf. Chroniques, II, 336
  157. Tabari, op. cit., vol. II, « Mohamed, sceau des prophètes », p. 337-338 ; voir aussi les hadiths rapportés par Bukhari (en) Compendium of Muslim Texts, Volume 4, livre 56, no 747 et suivants
  158. Martin Lings, le Prophète Muhammad.
  159. Ex 20. 1,Dt 5. 7
  160. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 22
  161. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 140
  162. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 36
  163. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 33
  164. a et b François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 141
  165. (en) Uri Rubin, « Pre-Existence and Light. Aspects of the Concept of Nûr Muhammad », Israel Oriental Studies, vol. 5,‎ 1975, p. 108-110
  166. a et b François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 72
  167. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 157
  168. a et b Pierre Centlivres et Micheline Centlivres-Demont, « Une présence absente : symboles et images populaires du prophète Mahomet », dans Derrière les images, Neuchâtel, Musée d'Ethnographie,‎ 1998 (lire en ligne), p. 139-170 ; Pierre Centlivres et Micheline Centlivres-Demont, « Une étrange rencontre », Études photographiques, no 17,‎ novembre 2005 (lire en ligne)
  169. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 124-129
  170. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 145
  171. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 49
  172. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 142
  173. a, b et c François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 143
  174. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 159
  175. Dans les années 1990, Youssef Seddik a du interrompre la publication de son Coran en bande dessinée en sept tomes après le troisième.
  176. François Bœspflug, Le prophète de l'islam en images : Un sujet tabou ?, Bayard,‎ 2013, p. 71-72
  177. (en) BBC, « Pakistan police probe relic theft »,‎ 1er aout 2002 (consulté le 28 février 2010)
  178. (ar) Liste de hadiths allant dans ce sens
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  180. Un relevé de nombreuses apparitions de Mahomet comme divinité ou démon dans les Mystères médiévaux figure dans Henry Stubbe, An account of the rise and progress of mahometanism, 1671
  181. Yvan G. Lepage et Robert B. C. Huygens, Le Roman de Mahomet de Alexandre Du Pont, 1258 : édition critique, éd. C. Klincksieck, 1977, présentation en ligne
  182. Voltaire, le retour, dans le magazine Lire, juillet-août 2004.
  183. Voltaire, Le Fanatisme ou Mahomet le prophète (1741), Œuvres complètes, éd. Garnier, 1875, tome 4, p. 135
  184. « Mahomet le fanatique, le cruel, le fourbe, et, à la honte des hommes, le grand, qui de garçon marchand devient prophète, législateur et monarque », Recueil des Lettres de Voltaire (1739-41), Voltaire, éd. Sanson et Compagnie, 1792, Lettre à M. De Cideville, conseiller honoraire du parlement (5 mai 1740), p. 163
  185. Pierre Milza, Voltaire p. 638, Librairie Académique Perrin, 2007
  186. Voltaire, Lettres inédites de Voltaire, Didier, 1856, t.1, Lettre à M. César De Missy, 1er septembre 1743, p. 450
  187. Jean Humbert, Mahomet, tragédie de Voltaire, publiée avec un commentaire historique et critique, Genève, 1825, p. 212
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Voir aussi

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