Trabzon
| Trabzon Trébizonde |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Région de la mer Noire | |
| Province | Trabzon | |
| District | Trabzon | |
| Maire Mandat |
Orhan Fevzi Gümrükçüoğlu, AKP 2009 |
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| Préfet | Recep Kızılcık 2009 |
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| Indicatif téléphonique international | +(90) | |
| Plaque minéralogique | 61 | |
| Démographie | ||
| Population | 220 860 hab. | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | 0 200 m | |
| Localisation | ||
Districts de la province de Trabzon |
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| Liens | ||
| Site de la mairie | http://www.trabzon.bel.tr | |
| Site de la province | http://www.trabzon.gov.tr | |
| Sources | ||
| World Gazetteer | ||
| Index Mundi/Turquie | ||
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Trabzon (en laze : თამთრა "Ťamťra"), longtemps mieux connue en français sous le nom de Trébizonde (nom dérivé du grec Τραπεζούντα, Trapezounta ; la forme antique plus courante est Τραπεζους, Trapezous, de trapeza, « la table », rappelant la forme de la montagne qui surplombe la ville), est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située au bord de la mer Noire, dans la région du Pont. Au recensement de 2008, la municipalité comptait 283 509 habitants, dont 220 860 dans la ville proprement dite[1].
Depuis sa fondation par des colons grecs autour du VIIe siècle av. J.-C., Trabzon a souvent constitué un des centres commerciaux et politiques majeurs de la côte sud de la mer Noire. Au Moyen Âge, elle fut une étape de la Route de la Soie ; Marco Polo y passa à son retour de Chine, alors que la ville était capitale de l'Empire de Trébizonde, qui fit sécession de l'Empire byzantin en 1204 et lui survécut quelques années : le sultan ottoman Mehmed II s'en empara en 1461.
Rabaissée depuis au rang de capitale provinciale, Trabzon conserva son caractère ethniquement et religieusement divers, et ses nombreuses colonies de marchands, jusqu'au début du XXe siècle et aux deux génocides (grec pontique et arménien) de la fin de l'Empire ottoman. Son port demeure important dans l'économie turque, essentiellement comme plaque tournante du commerce entre le Moyen-Orient (notamment l'Iran), le Caucase, et les autres pays riverains de la mer Noire.
Sommaire |
Histoire [modifier]
Antiquité [modifier]
Trébizonde (en grec Τραπεζοῦς, littéralement Trapezous) a probablement été fondée vers -700 par des colons originaires de Milet ou de Sinope. La cité n'était alors que l'un des nombreux comptoirs fondés par les Milésiens sur les côtes de la mer Noire, comme Sinope. Comme beaucoup de colonies grecques, la cité n'était qu'une petite enclave hellénique.
C'est aux environs de cette ville que Xénophon et ses Dix Mille aperçoivent la mer pour la première fois suite à leur retraite de l'empire perse.
La ville passa au main du roi du Pont Mithridate VI Eupator (-132,-63) et devint le port d'attache de la flotte pontique.
Lorsque le royaume fut annexé à la province romaine de Galatie en 64-65, la flotte devint la Classis Pontica. Trébizonde gagna en importance sous la domination romaine au Ier siècle grâce à sa position sur les routes conduisant à travers la passe de Zigana à la frontière arménienne ou dans la haute vallée de l'Euphrate. De nouvelles routes furent construites de la Perse et de Mésopotamie sous le règne de Vespasien, et Hadrien ordonna des modifications visant à doter la cité d'un port mieux structuré.
La cité fut pillée par les Goths en 258 et, malgré sa reconstruction, ne retrouva toute son importance qu'à l'époque byzantine.
Époque byzantine [modifier]
Entre le VIIIe siècle et le Xe siècle, la route commerciale que commandait Trébizonde reprit de l'importance : les auteurs musulmans du Xe siècle notent que la ville était fréquentée par les marchands musulmans, étant le principal point de transbordement de la soie byzantine destinée aux territoires musulmants plus à l'est[2]
La ville était alors la capitale du thème de Chaldée. Suite à la défaite de Mantzikert en 1071, Trébizonde fut prise par la dynastie turque des Danichmendides qui la gouvernèrent brièvement entre 1080 et 1098. Reprise par les Byzantins, Constantin Gabras la gouverna de manière plus ou moins indépendante entre 1126 et 1140 et Nicétas Choniatès le qualifie de "tyran de Trébizonde"[3]. En 1140, Jean II Comnène (1118-1143) vint en Chaldée à la tête de l'armée byzantine pour mener campagne contre les Danichmendides, replaçant par la même occasion la région sous son autorité directe.
Après la prise de Constantinople par les Croisés en 1204, Alexis Comnène s'enfuit avec la famille impériale à Trébizonde et fonde une dynastie de princes qui régne pendant plus de deux siècles sur la ville et sa région. Trébizonde devient alors la capitale de l’Empire de Trébizonde.
En 1461, David II Comnène, dernier empereur de Trébizonde, livra la ville à Mehmet II.
Époque ottomane [modifier]
La ville connu désormais la domination des Ottomans et vit naître le sultan Soliman le Magnifique.
La fin de l'Empire et des communautés chrétiennes [modifier]
Jusqu'au début de la Première Guerre mondiale, la ville est très majoritairement habitée par les Grecs. Entre 1894 et 1896, une partie des 30 000 Arméniens de la ville fut décimée durant les massacres hamidiens[4].
Au début du XXe siècle, la majorité des populations chrétiennes de la ville ont été déportées ou exterminées par le gouvernement Jeunes-Turcs. En 1915, débute sous ordre du ministre de l'Intérieur turc Talaat Pacha la politique d'extermination des Arméniens de l'Empire ottoman. Le génocide arménien fera plus d'un million de morts dans toute la Turquie et plusieurs milliers dans la ville de Trébizonde.
À la même époque, Enver Pacha, alors ministre de la défense, veut « résoudre le problème grec… de la même façon qu’il pensait avoir résolu le problème arménien[5] ». Entre 1916 et 1923, le génocide des Grecs du Pont fera entre 350 000 et 360 000 morts. Les survivants se réfugieront en Russie impériale et les rares Grecs restés sur place seront expulsés vers la Grèce suite à la signature du traité de Lausanne.
Trabzon au sein de la République de Turquie [modifier]
La ville est connue pour être un berceau d'idées politiques ultra-nationalistes turques[6]. Le prêtre catholique italien Andrea Santoro y a été assassiné le 5 février 2006. La famille d'Ogün Samast, assassin en janvier 2007 du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink, est originaire de Trabzon[6].
Géographie [modifier]
Situation [modifier]
La ville est située sur la rive sud-est de la mer Noire au pied des Alpes pontiques, dans la province homonyme, de 4 685 km2 et 748 982 habitants en 2008.
Climat [modifier]
Le climat de transition entre le climat océanique et le climat subtropical humide de la ville est typique de celui qui règne sur les côtes méridionales et orientales de la mer Noire. Les précipitations sont abondantes tout au long de l'année, notamment au printemps et à l'automne. Les températures maximales moyennes sont de 26,4 °C en août et de 10,7 °C en janvier et février. Les chutes de neige sont fréquentes en hiver, mais l'enneigement est limité par des températures généralement douces. La température de la mer varie quant à elle entre 8 °C et 20 °C.
| Mois | jan. | fév. | mar. | avr. | mai | jui. | jui. | aoû. | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 4,6 | 4,3 | 5,2 | 8,6 | 12,8 | 16,9 | 19,8 | 20,2 | 17,2 | 13,6 | 9,9 | 6,6 | 11,6 |
| Température moyenne (°C) | 7,7 | 7,5 | 8,5 | 12,0 | 16,0 | 20,0 | 22,8 | 23,3 | 20,4 | 16,8 | 13,1 | 9,8 | 14,8 |
| Température maximale moyenne (°C) | 10,7 | 10,7 | 11,8 | 15,4 | 19,1 | 23,1 | 25,8 | 26,4 | 23,6 | 20,0 | 16,4 | 12,9 | 18,0 |
| Précipitations (mm) | 80,4 | 66,9 | 58,7 | 57,2 | 52,0 | 51,7 | 36,9 | 47,0 | 79,1 | 110,3 | 98,1 | 84,3 | 822,6 |
Démographie [modifier]
Au recensement de 2008, la municipalité comptait 283 509 habitants, dont 220 860 dans la ville proprement dite[1]. Selon les études, il y aurait encore entre 75 000 et 300 000[9] hellénophones de religion musulmane dans la région (voir l'article Pontiques), et de nombreuses populations caucasiennes de religion musulmane (Lazes, Géorgiens et Circassiens), ayant été chassées du Caucase par la Russie tsariste.
Monuments historiques et touristiques [modifier]
Culture [modifier]
Éducation [modifier]
Cuisine [modifier]
Traditionnellement, la cuisine de Trabzon repose surtout sur le poisson, notamment le hamsi, une espèce d'anchois pêchée dans la mer Noire au large de la ville. Les pêcheries de Trabzon représentent 20 % de la production turque de poissons. Parmi les plats régionaux typiques, on peut citer l'Akçaabat köfte (des boulettes d'agneau épicées), le Karadeniz pidesi (une pita en forme de canoë, farcie avec du bœuf, du fromage ou des œufs), le pastırma (pastrami) ou encore le kara lahana çorbası (une soupe au chou noir et aux haricots). Trabzon est aussi réputé en Turquie pour ses noisettes. La Région de la mer Noire, dont Trabzon est une des villes principales, est le premier producteur mondial de cerises et de noisettes, et une région majeure de culture du thé : ces produits jouent par conséquent un rôle important dans la cuisine locale.
Sport [modifier]
Le sport le plus populaire à Trabzon est de loin le football. Le club local, Trabzonspor, fondé en 1967, est le seul club à avoir remporté le Championnat de Turquie de football (à six reprises) avec Bursaspor (une fois) en tant que clubs d'Anatolie qui contre les clubs d'Istanbul (Fenerbahçe, Galatasaray et Beşiktaş).
Trabzon a accueilli en 2007 la première édition des Jeux de la mer Noire, et sera en 2011 la ville hôte des épreuves estivales du Festival olympique de la jeunesse européenne.
Personnalités nées à Trabzon [modifier]
Jumelage [modifier]
La municipalité de Trabzon est jumelée avec[10] :
Sotchi (Russie) depuis 1993
Rizhao (Chine) depuis 1997
Szigetvár (Hongrie) depuis 1998
Batoumi (Géorgie) depuis 2000
Rasht (Iran) depuis 2000
Zanjan (Iran) depuis 2001
Kahramanmaraş (Turquie)
Notes et références [modifier]
- « http://report.tuik.gov.tr/reports/rwservlet?adnksdb2=&report=idari_yapi_2008.RDF&p_il1=61&p_yil=2008&p_dil=1&desformat=html&ENVID=adnksdb2Env » (Archive • Wikiwix • Que faire ?). Consulté le 2013-04-01
- R.B. Serjeant, Islamic Textiles: material for a history up to the Mongol conquest, 1972, pp 63, 213, relevé par David Jacoby, "Silk Economics and Cross-Cultural Artistic Interaction: Byzantium, the Muslim World, and the Christian West", Dumbarton Oaks Papers 58 (2004:197-240) p. 219 note 112
- J. Harry, City of Byzantium: Annals of Niketas Choniates, Wayne State University Press, Détroit, 1984, ISBN 0-8143-1764-2
- Hundreds killed at Trebizond; Soldiers joined the mob in looting and in firing on Armenians, New York Times, 18 octobre 1895
- Ferguson, Niall. The War of the World: Twentieth-Century Conflict and the Descent of the West. New York: Penguin Press, 2006, (ISBN 1-5942-0100-5) p. 180.
- Turkey's nationalist hotbed 1er mars 2007, reportage de Sarah Rainsford, correspondante à la BBC.
- (en) Climatological Information of Trabzon (Information climatologique de Trabzon)
- (tr) (en) Yıllık Toplam Yağış Verileri – Trabzon (Les données des précipitations annuelles totales de Trabzon)
- (tr)Ömer Asan, Pontos Kültürü, İstanbul Belge, coll. « Marenostrum », 1996, (ISBN 9789753442206).[réf. incomplète]
- Sister Cities
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Trabzonspor
- Empire de Trébizonde
- Génocide arménien
- Génocide grec pontique
- Massacres hamidiens
- Pont (région)