Mont Ararat

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Mont Ararat
Vue satellite du mont Ararat.
Vue satellite du mont Ararat.
Géographie
Altitude 5 165 m
Massif Haut-plateau arménien
Longueur  km
Largeur  km
Superficie  km2
Coordonnées 39° 42′ Nord
         44° 18′ Est
/ 39.70, 44.30
Administration
Pays Turquie Turquie
Géologie
Âge
Roches
Type Volcan gris
Activité Actif
Dernière éruption 2 juillet 1840 - ?
Code [1] 0103-04-
Observatoire Aucun

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Mont Ararat

  Géolocalisation sur la carte : Turquie

Mont Ararat
Documentation du modèle - Volcan - géographie physique

Le mont Ararat (en turc Ağrı Dağı ; en arménien Արարատ ; en kurde Çiyayê Agirî) est le sommet le plus élevé (5 165 m d'altitude) de Turquie (auparavant d'Arménie occidentale). Ce volcan au sommet aux neiges éternelles se situe dans la province d'Ağrı, au nord-est du pays.

Sommaire

[modifier] Géographie

[modifier] Situation géographique

L'Ararat se situe à l'extrême est de la Turquie, près des frontières avec l'Arménie d'une part, et avec l'Iran d'autre part. Il se dresse au sein d'un massif de 1 000 km2. Il est repérable à grande distance grâce à son sommet englacé, situé au dessus de la limite des neiges éternelles[1]. Il est en fait constitué de deux sommets : le plus grand et le plus élevé, le Grand Ararat, culmine à 5 165 mètres d'altitude selon certaines sources officielles et à 5 137 mètres selon d'autres sources comme l'Encyclopedia Britannica[2]. L'autre sommet d'une altitude de 3 896 mètres, appelé Petit Ararat (en turc Küçük Ağrı Dağı, en arménien Փոքր Արարատ ou parfois Massis (Մասիս) ou Sis (Սիս)), est situé au sud-est du sommet principal et y est relié par un plateau de lave. Les deux sommets sont distant de 11 kilomètres. Sur le flanc nord-est du Grand Ararat s'ouvre une profonde fissure, le Gouffre d'Ahora, où se situait autrefois le village d'Ahora et le couvent de Saint-Jacob, ainsi qu'une des deux seules sources du massif.

Grand Ararat (au milieu) et Petit Ararat (à gauche) (Landsat, NASA).

[modifier] Formation géologique

Le mont Ararat est un volcan situé à proximité des frontières entre trois plaques tectoniques: la plaque arabique, la plaque eurasienne et la plaque anatolienne. Les mouvements tectoniques de cette région expliquent sa forte sismicité ainsi que son activité volcanique.

De formation relativement récente (au Plio-villafranchien, c'est-à-dire à la limite entre les ères tertiaire et quaternaire), ce volcan résulte de l'accumulation de coulées de laves et d'éjections pyroclastiques successives. Après une période de production de tufs andésitiques, dont l'accumulation forma la base claire de l'Ararat, il y eu apport de coulées successives de basaltes et d'andésite, formant les pentes basses, plus sombres, du volcan (jusqu'à environ 3 000 m d'altitude). Le sommet du Grand Ararat est formé de deux dômes de trachytes séparés d'un ensellement de 400 m de long. Le Petit Ararat est formé, quant à lui, de projections volcaniques[1]. La mise en place du Grand et du Petit Ararat fut suivie d'une période où les éruptions avaient plutôt lieu sur le flanc du volcan, produisant des cônes de projections volcaniques et des dômes de nature dacitique/rhyolitique (ces derniers étant apparus autour du Grand Ararat)[3].

Bien que l'Ararat soit un stratovolcan dormant, il semble avoir eu quelque activité durant les temps historiques. Des objets ainsi que des restes humains, estimés de 2500 à 2400 avant J.-C., c'est-à-dire datant du début de l'âge de bronze, ont été retrouvés sur le flanc nord-ouest, ensevelis sous des coulées pyroclastiques qui sont ainsi estimées comme datant de cette époque. D'autres traces plus récentes (estimées de 550 avant J.-C.) ont été trouvées sur le flanc nord, plus en altitude, et ont permis de déterminer la datation d'une autre éruption[3],[4]. La dernière activité recensée est un violent séisme en juillet 1840. L'épicentre se situait aux alentours de la gorge d'Ahora, un gouffre incliné profond de 1 825 m par rapport au sommet.

[modifier] Histoire

[modifier] Le contexte biblique

Dans la Bible, le livre de la Genèse (8,4) identifie cette montagne comme l’endroit où l'arche de Noé atteint la terre ferme après le Déluge. Le nom du royaume d'Ararat réapparaît en 2 Rois 19, 37, Isaïe 37, 38 et Jérémie 51, 27.

[modifier] Revendication de la région

La région d'Ararat est un territoire revendiqué depuis toujours. L'Urartu est le premier État unifié à en prendre le contrôle au IXe siècle av. J.-C..

Par la suite elle fut alternativement sous contrôle arménien, kurde, perse, arabe, romain, seldjoukide, russe puis, plus récemment, turque.

[modifier] Première ascension

La montagne fut vaincue pour la première fois en 1829 par Friedrich Parrot, médecin russe, fils de Georges-Frédéric Parrot 1er recteur de l’université de Tartu (appelée Dorpat à l'époque) en Estonie, et quatre étudiants. Ce n'est qu'après deux tentatives infructueuses qu'il parvint au sommet, le 29 septembre 1829.

[modifier] Occupation humaine

Outre les traces d'occupation humaine datant de l'âge du bronze[3], les récits médiévaux parlent d'un mont Ararat boisé, peuplé d'animaux et parsemé de hameaux[1]. Il n'y a que deux sources dans l'Ararat : celle de la crête joignant le Petit et le Grand Ararat (Sardar Bourlakh) et la source Saint-Jacob, près de laquelle se trouvait le village d'Ahora (ou Arguri), dans le gouffre d'Ahora. Ce village possédait un couvent, le couvent de Saint-Jacob. Une légende raconte qu'aux premiers temps du christianisme en Arménie, un moine venu prier sur le mont sacré fut par trois fois ramené par les anges à son point de départ ; il décida alors de bâtir le couvent de Saint-Jacob[1]. Lors de l'éruption phréatique du 20 juin 1840, un séisme provoqua dans le gouffre d'Ahora une coulée de rocs, de neige et d'eau qui détruisit Ahora et son couvent et déplaça même l'emplacement de la source. Depuis, il n'existe plus d'habitation permanente sur le mont Ararat, où la végétation est de nos jours maigre, constituée d'une steppe clairsemée où croissent quelques genévriers et quelques bouleaux. Seuls quelques semi-nomades kurdes profitent en été des pâturages d'altitude, surtout à proximité de la source Sardar Bourlakh, vers 2900 m d'altitude[1].

Le mont Ararat est souvent caché par les nuages et la légende dit qu'Alexandre le Grand, resté 15 jours à Erebouni par temps couvert, se soit exclamé au moment de son départ et en se tournant vers lui « dommage, Ararat, tu n'auras pas vu Alexandre »[5][réf. incomplète].

[modifier] Anomalie d'Ararat

Article détaillé : Anomalie d'Ararat.

L'anomalie d'Ararat est une forme non identifiée apparaissant sur quelques photographies des étendues enneigées du sommet. Quelques littéralistes bibliques avancent qu'il pourrait s'agir des restes de l'arche de Noé, échouée sur ce mont selon la Bible. L'anomalie est située à l'extrémité nord-ouest du plateau occidental du mont Ararat, à 4 724 mètres d'altitude et à environ deux kilomètres du sommet.

Elle fut repérée pour la première fois en 1949 au cours d'une mission aérienne de reconnaissance de l'US Air Force.

[modifier] Symbolisme

Armoiries arméniennes.

Bien que le mont Ararat soit aujourd'hui situé en Turquie, il est le symbole national de l’Arménie, où il est également appelé Masis (Մասիս). En tant que tel il apparaît sur les armoiries du pays et se trouve fréquemment représenté par les artistes arméniens. Le Larousse de poche édition de 1914 (donc un an avant le génocide arménien), en page 59, donne : « Ararat (ra), massif volcanique d'Arménie ; 5 211 m. »

Au cinéma, Ararat est un film du réalisateur canadien d'origine arménienne Atom Egoyan, sorti en 2002. La montagne est également au cœur de l'histoire du Voyage en Arménie (2006) de Robert Guédiguian. En 2007, le documentaire Les femmes du mont Ararat d'Erwann Briand retrace la vie quotidienne d'un manga de femmes kurdes.

Dans la littérature, l'écrivain turc Yachar Kemal peint un portrait symbolique de la montagne dans La légende du Mont Ararat[6].

[modifier] Galerie

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[modifier] Notes et références

  1. abcde Collectif, Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, Reader's Digest, 1982, p 53
  2. Mount Ararat - Britannica Online Encyclopedia
  3. abc Le mont Ararat sur le site du Global Volcanism Program
  4. Histoire éruptive du mont Ararat sur le site du Global Volcanism Program
  5. Hubert Reeves, Je n'aurai pas le temps
  6. Agridagi Efsanesi, 1970 ; 1998 pour la version française).

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • Édouard Cortès, Ararat : sur la piste de l’arche de Noé, Presses de la Renaissance, 2007 (ISBN 978-2750902070)

[modifier] Liens externes

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