Ali ibn Abi Talib

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Ali ibn Abi Talib
Portrait par Hakob Hovnatanian
Portrait par Hakob Hovnatanian
Titre
Calife et Commandeur des croyants
17 juillet 65628 janvier 661
Prédécesseur Othmân ibn Affân
Successeur Hassan ibn Ali
Biographie
Date de naissance 598
Lieu de naissance La Mecque, Péninsule Arabique
Date de décès 661
Lieu de décès Koufa, Irak
Père Abu Talib
Mère Fâtima bint Asad (en)
Conjoint Fatima Zahra, Oumm al-Banin (en), Khawlat bint Ja'far, Oumama bint Zaynab (en)
Enfant(s) Hassan, Hussein, Muhammad ibn al-Hanafiya, Abbas, Abdullah, Awn, Hilal, Ibrahim, Ja'far, Jamani, Joumâna, Khadîja, Maymoûna, Mouhammed (al-akbar), Mouhammed (al-aswat), Mouna, Nafîsa, Omar, Oumama, Oumm al-Kîrâm, Oumm Hani, Oumm Ja'far, Oumm Koulthoûm (as-soughrâ), Oumm Salama, Othmân (al-akbar), Othmân (al-asghar), Ramla (as-soughrâ), Salma, Zaynab (as-soughrâ)[1],[2].

Abū al-H̩asan ʿAlī ibn Abī T̩ālib (v. 600 - 661) (en arabe : أبو الحسن علي بن أبي طالب, en persan علی پسر ابو طالب), souvent désigné simplement par son prénom Ali (ʿAlī) est le fils d'Abû Tâlib, oncle du prophète de l'islam Mahomet, qui l’a élevé et protégé comme son propre fils après la mort de son grand-père ‘Abd al-Mottalib. Ali est né vers 600, à La Mecque, une dizaine d'années avant le début de la mission prophétique de Mahomet. Il a été à la fois le protégé, le cousin, le disciple et le gendre de Mahomet en épousant sa fille Fâtima, née de sa première épouse Khadija en 622.

De nombreuses sources, notamment Shi` i ceux, attestent que `Ali est né l'intérieur de la Kaaba à la Mecque, où il est resté avec sa mère pendant trois jours. Selon une tradition, Mahomet était la première personne qui a vu Ali comme il a pris le nouveau-né dans ses mains. Muhammad lui nommé Ali, qui signifie «celui exalté». Ali fait partie des ahlul bayt, la famille du Prophète, qui tiennent une place de haut rang dans l’islam.

Il a été le quatrième calife de l'islam (656-661). Alî a été le premier imam pour les chiites et l'ascendant du reste des imams. Il fut le père de al-Hassan et de al-Hussein.

Son nom signifie « élevé ». En Afrique noire, on trouve ce prénom sous les formes Alioune, Aliou ou Aghaly.

Biographie[modifier | modifier le code]

La date exacte de la naissance d'Ali est inconnue : elle est d'ailleurs un objet de controverse entre les différentes branches de l'islam car elle a des conséquences sur l'image du personnage. En effet, plus sa date de naissance (autour de 600) est ancienne, plus il peut être considéré comme ayant adhéré volontairement et en toute connaissance de cause à la religion musulmane, ce qui augmente son mérite : la conversion réfléchie d'un adolescent est en effet considérée comme plus méritoire que l'adhésion d'un enfant soumis à l'autorité du prophète (puisque vers l'âge de six ans, son père n'étant pas très aisé financièrement, il fut placé sous la protection du prophète Mahomet).

Membre des ahlul bayt. Il est resté en compagnie de Mahomet durant tout son ministère, y compris à Médine. Il a participé aux mêmes guerres que Mahomet, excepté à la bataille de Tabûk car Mahomet l'avait nommé responsable de Médine en son absence : Ali ayant protesté après que des personnes ont répandu la rumeur selon laquelle Mahomet ne voulait que se débarrasser de lui en le laissant à l'arrière, Mahomet lui a dit: « N'es-tu pas satisfait d'être envers moi ce que Aaron était pour Moïse, excepté qu'il n'y aura pas de Prophète après moi[3] ? ». Lors de la bataille de Uhud, Mahomet lui donna son sabre Dhû'l-fikar (Zulfikar) :

«  Mahomet pense qu'il ne le prendrait pas et qu'il ne pourrait pas le manier. Cependant ‘Alî ayant pris le sabre et se jetant dans la lutte, le prophète le vit combattre avec fougue, frapper avec Dhû'l-fikar en avant, en arrière, à droite et à gauche. Un quraychite s'étant présenté devant lui, se couvrant de son bouclier, ‘Alî le frappa de façon que le sabre pénétra à travers le bouclier et le casque, fendit la tête de cet homme et traversa son corps jusqu'à la poitrine. Le prophète, en voyant cet exploit, dit : Il n'y a pas de sabre comme Dhû'l-fikar, et il n'y a pas de héros comme ‘Alî[4] »

À la mort de Mahomet en 632, vint la question de la succession du calife, le choix de la communauté se porte sur Abu Bakr, et celui-ci, à sa mort, nomma Omar en 634. Après l'assassinat du troisième calife Uthman en 656, Ali accéda au pouvoir mais se heurta à des revendications pour appliquer la loi du Talion aux assassins de Uthman. Parmi eux, Aïcha la veuve de Mahomet alliée à des compagnons de Mahomet, dont Talha et Al-Zubayr, qu'il vainquit près de Basra à la bataille du Chameau (656).

Lors de la bataille de Siffin (657), il doit affronter le gouverneur de Damas, le fils d'Abu Sufyan, Mu‘âwîya membre de la famille de ‘Uthman. Alors qu'il avait l'avantage, il accepte l'idée d'un arbitrage, mais celui-ci tourne en sa défaveur. Ali conserve néanmoins un certain pouvoir et se replie dans la ville de Koufa dont il avait fait sa capitale.

La Mosquée bleue de Mazar-i-Sharif

Parmi ses fidèles, certains lui reprochèrent d'avoir accepté de se soumettre à un arbitrage humain et quittèrent ses rangs, on les appellera les kharidjites (les sortants). Plus tard, ils entrèrent ouvertement en rébellion contre ‘Alî qui les vainquit à la bataille de Nahrawân (658). Décidés à venger leurs morts, les kharijites firent assassiner Ali alors qu'il se prosternait pour la prière de Al-Fajr par AbdurRahman Ibn Muldjam. On estime qu'Ali avait alors 62 ou 63 ans.

Ali reste cependant un personnage emblématique dans l'histoire musulmane, empreint d'un charisme incontestable. La plupart des chaînes de transmission dans la doctrine ésotérique soufie et les chaines de transmissions chez les sunnite remontent à Ali. Cependant, les chiites le considèrent comme détenteur des secrets divins et de la signification ésotérique de l'islam, qui lui seraient transmis par Mahomet.

Ali est également considéré comme le maître de la rhétorique arabe. Il est l'auteur de nombreuses citations, sermons et réflexions qui ont été recueillis dans divers livres tels que Nahj al Balagha (La voie de l'éloquence), surtout étudié par les chiites.

Ghadir Khumm[modifier | modifier le code]

Comme Mahomet revenait de son dernier pèlerinage en 632, il a fait des déclarations à propos de Ali qui sont interprétés de manière très différente par les sunnites et les chiites. Il s'arrêta la caravane à Ghadir Khumm, a réuni les pèlerins de retour de la prière en commun et a commencé à y répondre[5]:

Selon l'Encyclopédie de l'Islam:

« Prenant Ali par la main, il demande à ses fidèles que lui, Mahomet, n'était pas plus près (awla) aux croyants qu'ils ne l'étaient à eux-mêmes; la foule a crié: "Il est vrai, ô Messager d'Allah!"; il a ensuite déclaré: «Celui dont je suis le mawla, de lui Ali est aussi le mawla (man Kuntu mawlāhu fa ʿ Alī-mawlāhu)»[6].

L'égard de Shia ces états comme constituant la désignation d'Ali comme le successeur de Mahomet et le premier Imam; En revanche, les sunnites prennent seulement comme l'expression d'une relation spirituelle étroite entre Mahomet et Ali, et de son souhait qu'Ali, comme son cousin et beau-fils, hériter de ses responsabilités familiales, à sa mort, mais pas nécessairement d'une appellation d'autorité politique[7]. De nombreux soufis interprètent aussi l'épisode que le transfert de pouvoir spirituel et le pouvoir de Muhammad Ali, qu'ils considèrent comme le wali par excellence[8] Sur la base de ce hadith, chiites disent qu'Ali plus tard a insisté pour que son autorité religieuse était supérieure à celle d'Abou Bakr et Omar

La tombe d'‘Alî[modifier | modifier le code]

Mausolée d'‘Alî à Nadjaf

Le personnage d'‘Alî jouit d'une grande popularité dans le monde musulman, mais il est surtout vénéré par les chi'ites en tant que premier imam. Son mausolée, qui fait l'objet d'une grande dévotion lors des pèlerinages chiites, se trouve dans la ville de Nadjaf, dans l'actuel Irak, fortement endommagé par la guerre d'Irak de 2003.

De nombreux chiites croient qu'Ali ne voulait pas que l'on connaisse l'emplacement exact de la tombe de sa femme de peur que ses ennemis ne la profanent. L'emplacement de cette tombe sur le site de la ville de Nadjaf, a été révélé plus tard.

Une histoire raconte que le calife Haroun ar-Rachid lors d'une chasse aurait découvert un tumulus dont ses chiens refusaient de s'approcher. Les habitants de la région lui auraient dit que c'était la tombe d'Ali. Une autre histoire raconte que le secret s'était transmis de père en fils et que l'imam Jafar as-Sadiq dit au calife où se trouvait cette tombe. Une tradition d'origine afghane voudrait que le corps d'Ali fut transporté et enterré à Mazar-e-Charif dans la Mosquée bleue Rawze-i-Sharif.
[réf. nécessaire]

Les œuvres[modifier | modifier le code]

La compilation des sermons, des conférences et des cours attribuées à Ali sont compilées sous la forme de plusieurs livres.

  • Nahj al-Balagha (Voie de l'éloquence) contient des sermons éloquents, des lettres et des citations attribuées à Ali, qui sont compilés par ash-Sharif ar-Radi (m. 1015). Reza Shah Kazemi déclare: «Malgré les questions en cours quant à l'authenticité du texte, des études récentes suggèrent que la plupart de la matière en elle peut en effet être attribuée à Ali" et à l'appui de ce qu'il fait référence à un article de Mokhtar Jebli.Ce livre a une place importante dans la littérature arabe. Il est également considéré comme un travail intellectuel, politique et religieux important dans l'Islam. Masadir Nahj al-Balagha wa asaniduh, écrit par al-Sayyid 'Abd al-Zahra al-Husseini al-Khatib, introduit certaines de ces sources[9]. en outre, Nahj al-Saada fi Mustadrak Nahj al-Balaghah par Muhammad Baqir al-Mahmoudi représente l'ensemble des discours existants d'Ali, des sermons, des décrets, des épîtres, des prières, et les paroles qui ont été recueillies . Il comprend le Nahj al-balagha et autres discours qui n'ont pas été incorporés par ash-Sharif ar-Radi ou n'étaient pas disponibles pour lui. Apparemment, à l'exception de quelques-uns des aphorismes, les sources originales de tout le contenu de la Nahj al-balagha ont été déterminées. [133] Il ya plusieurs commentaires sur la crête de l'éloquence par les sunnites et les chiites comme les commentaires d'Ibn Abi al-Hadid et commentaires de Muhammad Abduh.
  • Supplications (du'a), traduit par William Chittick[10].
  • Ghurar al-Hikam wa Durar al-Kalim (Les aphorismes et des perles du discours Exalté) qui est compilé par Abd al-Wahid Amidi (d. 1116) se compose de plus de dix thounsads des énonciations courtes Ali[11]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il existe une 13e fille dont les historiens n'ont pas retenu le nom. Voir Hassan Amdouni, Les Quatre Califes, édition Al-Qalam (2005), (ISBN 2-909469-07-7).
  2. Des traditions racontent que Ali aurait au 36 enfants : 18 garçons et 18 filles.
  3. Martin Lings, Mohamad, Inner Traditions, Rochester, p. 331. (ISBN 978-1-59477-153-8).
  4. Muḥammad Ṭabarī (trad. Hermann Zotenberg), La chronique histoire des prophètes et des rois, vol. 2 : Mohammed, sceau des prophètes, Les quatre premiers califes, Les Omayyades, L'âge d'or des Abbasides, Arles, Actes sud Sindbad,‎ 2001 (ISBN 978-2-742-73318-7), p. 197
  5. Dakake 2008, p. 34–39
  6. See:
    • Dakake 2008, p. 34–37
    • Ibn Taymiyyah, Minhaaj as-Sunnah 7/319
    "من كنت مولاه فهذا علي مولاه"
  7. voir aussi:
  8. Dakake 2008, p. 33–35
  9. Quarterly Journal de la pensée islamique et de la culture, Vol. VII, No. 1 numéro d'Al-Tawhid
  10. (en) Ali ibn Abi Talib, Supplications (Du'a), Muhammadi Trust,‎ 1990 (ISBN 978-0-9506986-4-9), p. 42
  11. Shah-Kazemi 2007, p. 4

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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