Apocalypse

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Frontispice de l'apocalypse de la Bible de Saint-Paul-hors-les-Murs, vers 875.

L’Apocalypse ou Apocalypse de Jean ou encore Livre de la révélation, également appelé Révélation de Jésus-Christ (en grec ancien : Αποκάλυψις Ιησού Χριστού, apokálupsis Iēsou Christoũ) suivant les premiers mots du texte[1], est le dernier livre du Nouveau Testament.

L'œuvre a été composée vers la fin du Ier siècle par un auteur judéo-chrétien dénommé Jean, selon le préambule. Ce Jean se serait trouvé à Patmos au moment de la composition du texte[2], et la tradition l'a parfois identifié avec l'apôtre Jean, fils de Zébédée, auquel on a également attribué le quatrième évangile canonique – cette attribution de l'Apocalypse à Jean de Zébédée sera contestée dès son apparition, au IIe siècle –, ou à un certain « Jean le Presbytre », c'est-à-dire « l'Ancien »[3].

Étymologiquement, le mot « apocalypse » est la transcription d’un terme grec (ἀποκάλυψις / apokálupsis) signifiant « dévoilement » ou, sous un aspect religieux, « révélation » et appartient à un genre littéraire juif puis chrétien de type ésotérique – la littérature apocalyptique – qui présente une grande diversité mais qui a en commun un goût prononcé pour l'allégorie ainsi que pour le symbolisme, et dont l’Apocalypse de Jean constitue un modèle du genre.

Le texte, d'essence prophétique et dont l'auteur se réclame d'Ézéchiel, se présente ainsi comme une « révélation de Jésus-Christ » (Ap 1,1) qui dévoile à Jean « quel est le sens divin de son époque et comment le peuple de Dieu sera bientôt délivré ».

Genre littéraire[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, le mot « apocalypse » est la transcription d’un terme grec (ἀποκάλυψις / apokálupsis) signifiant « dévoilement » ou, sous un aspect religieux, « révélation »[4]

Le terme qui s'est chargé au fil des siècles d'une série de connotations et de travestissements qui l'ont éloigné de son sens d'origine pour souvent évoquer une catastrophe massive et violente[4], est « devenu populaire pour de mauvaises raisons »[5]. Cette perception est notamment liée à la difficulté d'appréhender un genre littéraire déroutant[6] qui ne trouve pas de comparaison dans la littérature contemporaine[7].

La littérature apocalyptique — dont l’Apocalypse de Jean constitue un modèle du genre[5] — constitue un genre littéraire ancien qui apparaît probablement à l'époque de l'exil à Babylone — au VIe siècle av. J.-C. — avec les textes d'Ézéchiel, de Joël et de Zacharie avant de s'épanouir avec Daniel (vers 165 av. J.-C.) qui sert de modèle à l’Apocalypse de Jean mais aussi aux apocalypses apocryphes juives et chrétiennes ou encore aux textes apocalyptiques de Paul de Tarse[8].

Dans les littératures juives et chrétiennes, le genre de ces écrits se définit par certaines relations entre leur forme, leur contenu et leur fonction sans qu'ils appartiennent pour autant à un mouvement ou un milieu particuliers. Ils ne témoignent d'aucun courant théologique spécifique et peuvent véhiculer des idéologies très éloignées, voire opposées[4] et, si ils présentent une grande diversité, ont néanmoins en commun un goût prononcé pour l'allégorie ainsi que pour le symbolisme[9]

On peut ainsi déceler comme terreau commun à ce genre prophétique une ossature narrative qui a pour fondement une vision-révélation divine transmise à un homme[1], généralement par l'entremise d'un être surnaturel[10], dans une représentation du monde caractérisée par la présentation de deux ordres de la réalité : celui de l'expérience humaine sensible et celui d'une réalité spirituelle invisible et inaccessible à l'expérience courante mais déterminant pour le destin humain[4]. La révélation elle-même procède d'une réalité transcendante qui propose à la fois une dimension temporelle, dans la mesure où elle propose un salut eschatologique, et spatiale, dans celle où elle annonce l'imminence d'un monde nouveau[1].

La ligne de partage entre l'ancien monde arrivé à son terme et le nouveau près de s'accomplir, est ainsi marquée par l'intervention divine qui juge les impies et récompense les élus[11]. Trois traits apparaissent également caractéristiques de ce genre de littérature : premièrement, le voyant de l’Apocalypse est un écrivain qui, à la différence d'un prophète, consigne ses visions dans un écrit ; deuxièmement, celui-ci est souvent pseudépigraphique ; enfin, l'auteur fait usage de chiffres, d'objet et de personnages symboliques, sans s'attacher à rendre cohérent ce symbolisme[12].

Textes apocalyptiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs écrits pseudépigraphes sont également des apocalypses : Apocalypse grecque de Baruch, Apocalypse syriaque de Baruch, Apocalypse d'Abraham, Apocalypse de Moïse, Apocalypse d'Élie[13], Apocalypse de Noé[14] ou encore Apocalypse d'Esdras[15].

De nombreux apocryphes se réclament du genre ou en portent le nom : Apocalypse de Pierre, Apocalypse de Jacques, Apocalypse de Paul, Apocalypse d'Étienne... Si l’Apocalypse de Jean est, d'une façon formelle, la seule apocalypse reconnue dans le Nouveau Testament, des passages entiers de celui-ci, relèvent du même genre : le discours eschatologique de Jésus, dans Matthieu (24-25), dans Marc (13) et dans Luc (21,5-36), certains passages des épîtres de Paul de Tarse (2 Th 1,6-12 ; 2,3-12) ou de saint Pierre (2 P 3,10).

Auteur, datation et localisation[modifier | modifier le code]

Le quatrième Ange sonne de la trompette (Apocalypse VIII), enluminure du Beatus de l'Escorial, vers 950-955.

Attributions traditionnelles[modifier | modifier le code]

Vers le milieu du IIe siècle, Justin de Naplouse[16] est le premier à identifier l'auteur à Jean fils de Zébédée[17], l'un des apôtres de Jésus de Nazareth, et affirme que ce dernier est revenu, après sa détention à Patmos, à Éphèse où il aurait vécu jusqu'au début du règne de Trajan, soit l'an 98. Un peu plus tard par Irénée de Lyon attribue également l'évangile et les lettres johanniques à l'apôtre[17]. Papias d'Hiérapolis attribue quant à lui ce livre à Jean le Presbytre (ou Jean l'Ancien), qui serait un disciple de Jean l'apôtre, devenu responsable de la communauté d'Éphèse à la fin du Ier siècle. Mais déjà au IIIe siècle, Denys d'Alexandrie procède à une analyse textuelle qui lui fait conclure que l’Apocalypse n'a pas été rédigée par l’auteur de l'évangile johannique ou des trois premières épîtres qu'il attribue à l'apôtre Jean. Il attribue le texte apocalyptique, suivant Papias, à Jean le Presbytre [18]. Au IVe siècle, en se fondant sur Papias, Polycarpe de Smyrne et Denys, Eusèbe de Césarée attribue à leur tour le texte à Jean le Presbytre[9].

L’attribution traditionnelle apostolique, la plus partagée parmi les auteurs ecclésiastiques du monde antique[19], contribue à l'acceptation de canonicité du texte. Mais cette canonicité s'est faite difficilement, notamment en Orient où l'utilisation du texte par des groupes sectaires comme les adeptes du montanisme l'a rendu suspect.

La théologie orthodoxe a pris parti dans le débat sur la datation lorsque les moines orthodoxes de Patmos ont solennellement fêté le dix-neuvième centenaire de la rédaction de l’Apocalypse en 1995.

Ainsi, la confusion règne dans la tradition car la tradition johannique d’Éphèse — cœur anatolien de celle-ci — a vu se télescoper les deux « Jean » — l'apôtre et l'auteur de l’Apocalypse[20].

Recherche contemporaine[modifier | modifier le code]

Auteur et localisation[modifier | modifier le code]

Localisation des sept cités et de l'île de Patmos, en Asie Mineure.

L'auteur de l’Apocalypse est inconnu. À quatre reprises dans le texte, le voyant s'attribue le nom de « Jean », qui est un prénom très fréquent dans les écrits néotestamentaires[21]. Celui-ci se décrit comme exilé forcé sur l'île de Patmos « à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus »[22], dans ce qui pourrait s'apparenter à l'idée contemporaine de « délit d'opinion »[23].

L'analyse exégétique contemporaine s'oppose ainsi à la tradition[24] car rien ne permet d'identifier Jean de Patmos à l'apôtre Jean[25] ; avant tout, l'auteur ne revendique jamais ce titre - se revendiquant seulement comme « serviteur »[25] - et exprime que pour lui le groupe des apôtres appartient au passé[26]. De la même manière, il n'utilise pas davantage le titre d'« Ancien » (« presbytre ») dont parle Papias[25].

L'auteur a vraisemblablement été un personnage important des communautés judéo-chrétiennes d'Asie Mineure aux sept Églises[27] auxquelles il s'adresse et dont le texte peut laisser penser qu'il était un prophète itinérant[25], peut-être néanmoins singularisé des autres prophètes par une certaine autorité[28].

En se fondant sur l'analyse exégétique et textuelle, il est vraisemblable que suivant le constat que le grec utilisé est le plus pauvre des écrits néotestamentaires - sa langue soit l'araméen voire l'hébreu, ce qui rend ainsi possible la thèse des chercheurs qui en font un prophète apocalyptique judéo-chrétien qui aurait fui la Palestine à la suite de la révolte juive des années 60 et se serait réfugié en Asie Mineure — peut-être à Éphèse — avant de s'exiler sur l'île de Patmos, mais difficilement sous la pression de ce que la tradition chrétienne appelle « persécution de Domitien » - forgée par les apologètes chrétiens du IIe siècle sur la base de la propagande sénatoriale romaine contre la mémoire de l'empereur[29] - dont la réalité est largement mise en question par les historiens[18] : il est même douteux qu'aucune poursuite spécifique de chrétien ait eu lieu en Asie sous son règne[29].

Patmos n'est d'ailleurs pas une île d'exil impérial et il n'est pas à exclure que l'auteur s'y soit rendu à la suite d'une affaire municipale[30] de sa propre initiative[31] car l'orientation de la crise de l’Apocalypse n'est pas nécessairement liée à des évènements politiques particuliers : l'auteur de Patmos apparait plutôt en conflit avec la société romaine que le contraire, portant à la fois un regard critique sur les pouvoirs humains et invitant ses auditeurs chrétiens - qui « installés » dans le monde en oublient la proclamation du temps nouveau - à s'envisager de la sorte[11]. Ainsi, des recherches exégétiques récentes tendent à faire passer de l'idée d'une « littérature de crise » qui serait due aux persécutions, à une littérature cherchant à provoquer la crise dans une période de consensus[32] marquée par la continuité de la Pax Romana[33].

Les relations de cet auteur avec la tradition et l'école johanniques sont encore débattues au XXIe siècle, car l'on trouve des points de convergence et des parallélismes entre les deux écrits mais aussi des oppositions dans leurs formes tant littéraire que théologique[31]. Mais une majorité de chercheurs incline à ne pas associer Jean de Patmos aux courants johanniques, même si des contacts ont pu avoir lieu[34].

Datation[modifier | modifier le code]

La majorité de l'exégèse actuelle s'accorde pour dater la rédaction de l’Apocalypse vers la fin du règne de Domitien[35], en tout cas sous le règne de cet empereur romain, entre les années 86 et 96[23]. Ce dernier a développé le culte impérial significativement, particulièrement en Asie Mineure ainsi que semble en attester le récit apocalyptique[36], qui a pu disconvenir à la foi des chrétiens eux-mêmes suspects aux yeux de l'empereur probablement hostile à un groupe entrainant ses sujets vers le culte exclusif d'un Dieu aniconique[37]. Cette option existe depuis longtemps dans l'exégèse mais était liée à une persécution de Domitien dont la réalité est désormais profondément remise en cause par la recherche actuelle[38] sans pour autant que la datation de l’Apocalypse le soit elle-même pour cette période[37], qui reste la plus vraisemblable[39].

Une autre datation plus ancienne est parfois proposée, faisant remonter cette rédaction au règne de Néron, mort en 68, se référant notamment à la tradition des persécutions néroniennes de chrétiens évoquée dans la vision apocalyptique. Cependant, s'il apparait que ce dernier, dont la réputation était telle chez les chrétiens qu'il représentait l'Antéchrist[23], semble plutôt avoir inspiré rétrospectivement le parallèle avec Domitien, ses activités antichrétiennes ne semblent pas avoir dépassé le cadre de Rome. À l'inverse, les tracasseries ou harcèlements de Domitien envers les chrétiens — refusant vraisemblablement pour certains de s'associer aux cultes publics — semblent s'être plus largement déployées, notamment en Asie Mineure et en Palestine[37]. Les traditions chrétiennes ultérieures, influencées par de plus importantes persécutions, ont pu amplifier les exactions contre les chrétiens et rendre les deux empereurs également coupables[40].

Canonicité[modifier | modifier le code]

La vision de saint Jean à Patmos, Les Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Chantilly, ms.65, f.17.

L’Apocalypse est le dernier livre du Nouveau Testament canonique et ce statut n'est de nos jours pas gravement contesté même s'il n'est pas repris par la totalité des Églises chrétiennes[5].

Cependant, son admission dans le canon des livres reçus a été assez difficile, notamment lorsque se posait la question de savoir si l'apôtre Jean en était ou non le rédacteur[41] et, particulièrement en Orient, par son animosité contre l'Empire romain[42].

D'une manière générale, dans l'Antiquité, le livre a été plutôt bien reçu dans les églises occidentales même si le prêtre romain Caïus - la soupçonnant de favoriser le millénarisme - le rejetait encore au début du IIIe siècle. Le fragment de Muratori, document occidental et peut-être romain daté du tournant entre les IIe et IIIe siècles, explique ainsi : « 71 Des apocalypses aussi, nous recevons seulement celle de Jean et celle de Pierre, 72-73 que certains des nôtres ne veulent pas qu'on lise dans l'église »[43].

En Asie Mineure, vers la fin du IIe siècle le texte, ainsi que l'évangile selon Jean, est rejeté en réaction aux affirmations des montanistes sur une nouvelle effusion de l'Esprit[41], qui exaltent la prophétie et l'attente millénariste[44]. Au milieu du IIIe siècle, Denys d'Alexandrie - dont le Sur les promesses est cité par Eusèbe - conteste son authenticité johannique pour des raisons stylistiques, sans toutefois rejeter le texte qui lui apparait incompréhensible mais « que beaucoup de frères tiennent avec faveur »[44]. Le texte est alors souvent rejeté en Orient, notamment pour l'usage qui en est fait en faveur d'une vision permissive du millénarisme[41] et Eusèbe de Césarée se fait l'écho au IVe siècle des divergences qui divisent les Églises orientales à son sujet[45]. Cependant, à la fin du IVe siècle, Athanase d'Alexandrie le reconnait pleinement dans sa liste de 27 livres reçus[46].

Néanmoins, en l'absence de décision conciliaire concernant les limites exactes du canon de l’Église grecque, le texte demeure souvent rejeté et, en Syrie et dans les Églises de langue syriaque[41], la Peshitta délimite un canon de 22 livres dont est absente l’Apocalypse[47]. Le concile in Trullo de 692, fondé sur des documents anciens qui ne s'accordent pas sur le canon, ne parvient pas à trancher la question pour l’Église grecque[48]. Le texte virulemment opposé à l'Empire romain est contesté dans l'église impériale de Constantinople jusqu'au IXe siècle tandis que l'Arménie ne l'admet qu'au siècle suivant[42].

Pour l’Église latine, des décisions conciliaires sont arrêtées notamment par les synodes régionaux de Carthage de 397 et de 419, fixant à 27 le nombre des livres reçus, y retenant l’Apocalypse[48].

À l'époque de la Réforme protestante, Luther lui accorde un rôle secondaire, Zwingli ne le compte pas parmi les Écritures et Calvin n'en fait aucun commentaire[41].

Plan et contenu[modifier | modifier le code]

Plan[modifier | modifier le code]

L'Agneau sur le Mont Sion (Apocalypse XIV). Beatus de Morgan, vers 940-945.

Ce plan a été proposé par Raymond E. Brown dans son ouvrage Que sait-on du Nouveau Testament ?[35].

A. Prologue : 1,1-3
B. Lettres aux sept Églises : 1,4-3,22
  • Formule d'ouverture avec louange, promesse et réponse divine (1,4-8)
  • Vision inaugurale (1,9-20)
  • Sept lettres (2,1-3,22)
C. Première partie de l'expérience de révélation : 4,1-11,19
  • Vision de la cour céleste : l'Unique sur le trône et l'Agneau (4,1-5,14)
  • Sept sceaux (6,1-8,1)
  • Sept trompettes (8,2-11,19)
D. Deuxième partie de l'expérience de révélation : 12,1-22,5
  • Visions du dragon, des Bêtes et de l'Agneau (12,1-14,20)
  • Sept fléaux des sept coupes (15,1-16,21)
E. Épilogue avec bénédiction de conclusion : 22,6-21

Prologue et lettres[modifier | modifier le code]

Les chapitres 1-3 contiennent le prologue du livre : celui-ci est présenté comme une « révélation de Jésus-Christ » qui est communiquée par un ange à un voyant, le « serviteur Jean », dans laquelle le Christ révèle le sens divin de l'époque, « ce qui doit arriver bientôt » et comment le peuple sera bientôt délivré[49].

L'adresse du texte (1,4-8) précise les destinataires visés par l'auteur, les « sept Églises qui sont en Asie »[50]. La dimension pascale est centrale dans le texte et le Christ est présenté à travers l'autorité que lui confèrent sa mort et sa résurrection[50] et Dieu, « celui qui était, est et vient », l'« Alpha et l'Oméga »[51]. Suit une première vision du Christ (1,9-20) qui apparait avec des attributs merveilleux et royaux attestant sa divinité[50]. Les chapitres 2 et 3 regroupent les lettres adressées aux différentes communautés de chrétiens des villes d'Asie Mineure occidentale, la plus longue étant adressée à Thyatire et la plus courte à Smyrne[52]. L'auteur avertit des dangers guettant les communautés, externes à celles-ci comme la persécution, mais aussi internes, comme les faux enseignements et la suffisance[52], le consentement au monde présent[50].

Visions[modifier | modifier le code]

Vision de la grande prostituée assise sur un monstre à sept têtes. Apocalypse de Lambeth, 1260-1270.

Après cette partie épistolaire, il n'est pas aisé de distinguer le plan d'ensemble que l'auteur a donné au livre mais, généralement, les exégètes s'accordent pour distinguer deux grandes parties à l'expérience de révélation, l'une commençant avec la vision d'une porte ouverte au ciel (4,1), la suivante débutant par un grand signe qui apparait dans le ciel (12,1)[53].

La première série de visions sont ainsi regroupées dans les chapitres 4 à 11 et débutent (4-5) par les visions de Dieu et de l'Agneau - l'un créateur et l'autre rédempteur[53] - entourés d'une cour céleste, glorifiés tour à tour dans une célébration cultuelle cosmique[50]. Un rouleau scellé de sept sceaux apparait dans la vision, qui pourra être ouvert par l'Agneau[53].

La partie suivante de cette première série (6 à 11) met en scène le jugement du Monde comme témoignage de la colère[50] et du jugement eschatologique de Dieu[54] dans les chapitres concernant l'ouverture des sept sceaux (6,1-17 ; 8,1-5) - où apparaissent les fameux cavaliers - et les sept trompettes de sept anges (8,6-9,21 ; 11,15-19), proposant une série de catastrophes qui ne sont interrompues que par la présentation des 144 000 élus et d'une foule de toutes nations (7) puis par l'épisode de l'ingestion du petit livre (10) et des deux témoins élevés au ciel (11), épisodes qui soulignent l'importance du témoignage[50].

La seconde série de visions (12-22,5) met en scène de manière symbolique la lutte eschatologique qui oppose Dieu, le Christ et son peuple à Satan et aux puissances terrestres inspirées par ce dernier[50]. Elle commence par trois chapitres de visions qui introduisent le personnage du « dragon » (12) - « l'antique serpent, celui qu'on nomme Diable et Satan », qui combat la descendance de « la femme » - et des deux « bêtes », l'une issue de la mer, l'autre de la terre, qui dominent le reste de l'ouvrage dans des passages qui sont souvent considérés comme le cœur de l’Apocalypse[55]. La bête chimérique surgie de la mer (13,1-10), avec dix cornes et sept têtes, incarne les persécutions de l'empire romain idolâtre tandis[50] que la bête venue de la terre (13,11-18), avec deux cornes tel un agneau mais parlant comme le dragon, est une parodie malveillante du Christ[56], assimilée à un faux prophète : elle marque les gens sur la main ou sur le front, à l'instar des serviteurs de Dieu. Elle incarne le système impérial dominant, le culte de l'empereur et le sacerdoce païen à son service[56] qui menacent ceux qui refusent de se plier à ses règles[50].

La communauté des 144 000 en communion avec l'Agneau (14, 1-5) survivent aux assauts des bêtes et du dragon et le jugement auquel Satan et ses affidés seront soumis est ensuite décrit (14,6-20). Comme aux chapitres 8 et 9 apparaissent alors sept anges et leurs malheurs (15-16) avant que n'interviennent le jugement de Rome et celui de l'Empire idolâtre (17-18) dont les richesses et le luxe ne sont que des biens fragiles et éphémères[50].

Les croyants célèbrent alors la victoire (19,1-10) tandis que le jugement, au-delà du seul Empire, devient cosmique (19,11-20) ouvrant à la victoire du Messie sur les bêtes, le faux prophète(19,21-20) et le dragon momentanément enchainé pour mille ans, pendant le règne sur terre du Christ et des saints martyrs (20,1-6) avant l'affrontement final avec Satan libéré. Celui-ci rassemble Gog, Magog et les nations de la Terre avant d'être précipité dans le lac de feu où ont déjà échoué les bêtes avant lui (20,7-15)[57].

C'est alors la venue du nouveau monde, de nouveaux cieux et une nouvelle terre remplaçant les précédents dévastés [50] tandis qu'une nouvelle Jérusalem descend du ciel (21-22)[57].

Épilogue[modifier | modifier le code]

L'épilogue est composé des versets 6 à 21 du chapitre 22. Il met à nouveau en valeur le voyant ainsi que son propos prophétique appuyés par l'autorité de l'Alpha et Oméga, demande de ne pas le maintenir secret car la fin des Temps est proche et de ne rien retrancher ou ajouter au paroles prophétiques de l'ouvrage[58]. Ayant présenté les termes de la victoire du Christ, l'auteur exprime la certitude de son accomplissement qui s'exprime dans la proclamation liturgique finale : « Maranatha, viens Seigneur Jésus » (22,21)[59].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Interprétations générales[modifier | modifier le code]

Symbolique au Ie siècle[modifier | modifier le code]

La littérature apocalyptique est une littérature de résistance par laquelle les visionnaires font à la fois entendre un message d'interpellation, en portant un regard critique sur le monde dans lequel ils vivent, mais aussi d'espérance pour des groupes fragilisés qui sont ou se sentent opprimés. L’Apocalypse de Jean s'adresse à son auditoire dans un langage symbolique qui permet de discourir sur l'action divine et l'avènement du nouveau monde, ainsi que de représenter la réalité transcendante dont il rend compte[60].

Le langage et les codes utilisés visent des auditoires particuliers et ciblés dont les élus peuvent comprendre les images qui ne sont toutefois pas pour autant ésotériques : celles-ci sont en effet parlantes et claires pour les auditeurs du Ier siècle lesquels sont habitués aux références vétérotestamentaires, aux Écritures judaïques et aux allusions métaphoriques sur la situation politique ou culturelle du temps[60]. Ce langage symbolique doit d'ailleurs éloigner de toute interprétation littérale du texte : son objet n'est pas de proposer un déroulement de faits chronologiques mais plus résolument d'annoncer un message salvifique[61] dans l'histoire des hommes, la victoire de Dieu et du Christ sur Satan et les forces du mal[60] dans un texte qui ne peut être reçu que dans son entier plutôt que découpé en analyses spéculatives sur les symboles de passages isolés, par essence anachroniques appliqués à un autre temps que le Ier siècle auquel il est destiné, et souvent farfelus[61].

Commentaires ultérieurs[modifier | modifier le code]

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Le langage hautement symbolique de ce livre a ouvert la voie à de très nombreuses interprétations, qui diffèrent selon les sensibilités et les époques. Cependant cinq grands courants sont en général retrouvés.

  • Le premier courant inclut la thèse idéaliste, qui voit l’Apocalypse comme un combat entre les forces du bien et celles du mal. Tout est affaire de symbole. Parmi les adeptes de cette interprétation, Clément d'Alexandrie et Origène (IIIe siècle) peuvent être notés.
  • Le deuxième inclut la thèse prétériste (praeter : avant), qui considère l’Apocalypse comme un livre d'histoire y retrouvant des événements comparables à ceux survenus durant la guerre de Judée (Ier siècle).
  • Le troisième, la thèse présentiste ou historique, fait le rapprochement de l'actualité et des événements décrits dans le texte. De nombreuses personnalités illustres ont soutenu cette vision, comme Wycliffe, Luther, Joseph Mede ou encore Isaac Newton.
  • Le quatrième, thèse futuriste, voit dans ce livre une peinture des événements à venir, une prophétie. Cette dernière conception donne lieu à de multiples interprétations, visant à rattacher les symboles à des événements du présent.
  • Enfin, le cinquième, la thèse mystagogique, la plus permanente dans l'exégèse, qui voit dans ce livre une description de l'Église elle-même, dans sa liturgie, en tant que Jérusalem céleste. À ce titre, ce qui y est dévoilé correspond aussi aux aspects de l'Église terrestre qui n'est que son reflet en perpétuel devenir (sa liturgie, ses sacrements, ses temps - y compris ses derniers).

Millénarisme[modifier | modifier le code]

William Blake : Le Dragon rouge et la femme enveloppée de soleil (Ap. 12)
Article détaillé : Millénarisme.

Le millénium est le terme employé pour désigner le règne de mille ans de Jésus-Christ sur Terre décrit dans le chapitre 20 de l’Apocalypse. Il existe plusieurs conceptions du millénium, qui peuvent être globalement classé en trois catégories.

Les prémillénaristes, ou millénaristes conçoivent le millénium littéralement : le règne de 1 000 ans du Messie sur terre. Le retour de Jésus-Christ, qui met fin au règne des deux bêtes et du faux prophète, amène le début du millénium. Selon certains, l'Église serait enlevée dans un premier temps, puis accompagnerait la parousie, débutant ainsi le millénium. Après ce millénaire auraient lieu la disparition de la terre devant Dieu et le Jugement dernier.

Les postmillénaristes pensent que le retour de Jésus-Christ se fera après les mille ans de règne. Ils assimilent le millenium avec le règne de l'Église catholique. Les mille ans, et la première résurrection d'Ap 20,1-6 correspondraient à une victoire provisoire de l'Église du Christ après la chute annoncée de l'Empire romain (cf. Ap 18,21). En somme un temps de chrétienté, avant un retour offensif de l'esprit du mal (cf. Ap 20,7). La thèse de Gaston Georgel (Les quatre âges de l'Humanité) s'inscrirait dans cette perspective qui situe le millénium comme étant compris entre l'édit de Milan (phonétiquement 1 000 ans) en 313 et la destruction de l'ordre des Templiers en 1313. Cette thèse fondée sur les travaux d'un ecclésiastique, Mgr Decouvoux, fait du millénium l'âge d'or du christianisme, comme prélude au déchaînement de Satan vers la fin d'un cycle. Les amillénaristes refusent la pensée d'un règne de Jésus-Christ sur Terre. Ils assimilent le millénium au règne éternel (Ch. 21 et 22) et appliquent les prophéties concernant le rétablissement d'Israël à l'Église.

Eschatologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eschatologie chrétienne.

Plusieurs autres textes de la Bible parlent de la fin des temps. Au début du chapitre 24 de l'évangile de Matthieu, Jésus est interrogé sur le moment et les signes de son avènement et de la fin du monde. Le Livre de Daniel, présente lui aussi des prophéties ayant trait à la fin des temps. Plusieurs théologiens protestants dont Charles Auguste Auberlen[62] font le rapprochement. Le prophète Isaïe évoque lui aussi de nouveaux cieux et une nouvelle terre, comme dans les derniers chapitres de l’Apocalypse.

Les trompettes sont un thème important de l'eschatologie[63]. Les trompettes de Jericho[64] qui annoncent la conquête de la terre promise par Josué sont parfois mises en parallèle avec les trompettes de l’Apocalypse qui annoncent la seconde venue de Jésus.

Le « nombre de la Bête »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nombre de la Bête.

Un « nombre de la Bête » figure dans le texte au chapitre 13, verset 18. Ce nombre est « six cent soixante-six » ou, en chiffres arabes, « 666 », quoique quelques manuscrits comportent le nombre « six cent seize » ou « 616 »[65] ou encore « 665 ».

Cette marque relevant de la spéculation littéraire chiffrée commune au genre littéraire apocalyptique doit permettre d'identifier la Bête de l'Apocalypse - sans qu'il soit précisé laquelle - dans une symbolique, déjà présente dans le livre de Daniel, qui représente un pouvoir politique[66]. Ce nombre de la Bête a donné lieu à nombre d'interprétations à travers les siècles.

Œuvres inspirées par le livre biblique[modifier | modifier le code]

Tenture de l'Apocalypse. Angers
Tympan de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun, représentant Le Jugement dernier

L'importance de l’Apocalypse dans le christianisme occidental a rendu ce thème très présent dans les beaux-arts, notamment au Moyen Âge et à la Renaissance. Il est moins systématiquement utilisé dans l'orthodoxie, même si elle connait de très belles représentations du Jugement dernier. La musique religieuse a également abondamment traité le sujet. Pour des raisons opposées (la présence du péché et l'occurrence de la damnation), la thématique apocalyptique a également un certain succès dans le hard-rock et le metal.

Beaux-arts[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • Une partie du texte des messes de Requiem se réfère au Jugement dernier et à l'Apocalypse (Dies Irae en particulier)
  • Pierre Henry en a donné une interprétation musicale.
  • Bob Marley se réfère abondamment à l'Apocalypse dans ses chansons, notamment dans son célèbre Redemption Song et dans Natural Mystic (où il évoque notamment les trompettes).
  • L'album 666 des Aphrodite's Child.
  • Le groupe Heavy Metal Iron Maiden a composé une chanson intitulée The number of the beast dans laquelle il fait référence à l'Apocalypse, en commençant par exemple par citer deux extraits de ce livre biblique[70].
  • Le groupe de métal gothique progressif Saviour Machine a réalisé une trilogie Legend Part I, II, III mettant en musique le livre de l'Apocalypse. Un quatrième disque serait en finalisation[réf. souhaitée]. Saviour Machine est un groupe californien étiqueté White Metal style, composé d'artistes chrétiens[71].
  • The Rivers of Belief, troisième et dernier extrait du mouvement Back to the Rivers of Belief de l'album MCMXC a.D., d'Enigma, y fait référence (avec le sample d'un titre de l'album 666, des Aphrodite's Child), tout comme l'album.

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

  • L'un des chef-d'œuvre d'Ingmar Bergman, Le Septième Sceau.
  • Le film de science fiction Holocauste 2000
  • La série télévisée américaine Supernatural, a pour thème l'Apocalypse durant les quatrième et cinquième saisons.
  • La série télévisée Dexter, a pour thème l'Apocalypse durant la sixième saison, diffusée en 2011 aux États-Unis.
  • La série de romans québécoise A.N.G.E. écrite par Anne Robillard traite de plusieurs points importants de l'Apocalypse.
  • La série Apocalypsis parle aussi de l'Apocalypse dans le cinquième livre"Oméga".
  • Le film Légion, l'armée des anges de Scott Charles Stewart, sorti le 17 mars 2010, traite de l'Apocalypse exécutée par les anges sur ordre de Dieu.

Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Cuvillier 2008, p. 387.
  2. « Moi Jean, votre frère, et qui ai part avec vous à la tribulation et au royaume et à la persévérance en Jésus, j'étais dans l'île appelée Patmos, à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. » Ap 1. 9.
  3. Le mot grec πρεσβύτερος, signifiant à l'origine « ancien », donnera en français les mots « prêtre », « presbytère ».
  4. a, b, c et d Frédéric Amsler et Enrico Norelli, « Qu'est-ce qu'une apocalypse », dans Religions et histoire no 34, juillet-août 2010, p. 20.
  5. a, b et c Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 830.
  6. Poucouta 2001, p. 455.
  7. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 832.
  8. Poucouta 2001, p. 456.
  9. a et b Poucouta 2001, p. 461.
  10. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 833.
  11. a et b Cuvillier 2008, p. 424.
  12. Paul Mattei, Le christianisme antique de Jésus à Constantin, éd. Armand Colin, 2008, p. 28.
  13. La Bible, Écrits intertestamentaires, Gallimard, 1987
  14. Albert-Marie Denis, Introduction aux pseudépigraphes grecs d'Ancien Testament, vol. 1, 1970, p. 17.
  15. Livre biblique pseudépigraphe attribué au scribe israélite Esdras et écrit au Ier siècle.
  16. Justin de Naplouse, Dialogue, 81,4.
  17. a et b Cuvillier 2008, p. 394.
  18. a et b Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 859.
  19. Ainsi qu'en témoignent le Fragment de Muratori, Clément d'Alexandrie, Tertullien, Hippolyte de Rome ou encore Victorius.
  20. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, éd. Nouvelle Clio/Presses universitaires de France, 2006, p. 216.
  21. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 859.
  22. Ap 1. 9.
  23. a, b et c Cuvillier 2008, p. 395.
  24. Marcel Simon, André Benoit, Le judaïsme et le christianisme ancien, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », Paris, 1998 (ISBN 2-13-045723-1), p. 226.
  25. a, b, c et d Cuvillier 2008, p. 420.
  26. Ap 18. 20 et Ap 21. 14.
  27. Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée.
  28. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 860, note 67.
  29. a et b Marie-Françoise Baslez, Bible et histoire : Judaïsme, hellénisme, christianisme, Gallimard, coll. « Folio histoire »,‎ 1998 (ISBN 2-07-042418-9), p. 371.
  30. Marie-Françoise Baslez, Bible et histoire : Judaïsme, hellénisme, christianisme, Gallimard, coll. « Folio histoire »,‎ 1998 (ISBN 2-07-042418-9), p. 367.
  31. a et b Cuvillier 2008, p. 421.
  32. Cuvillier 2008, p. 428.
  33. Cuvillier 2008, p. 423.
  34. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 860.
  35. a et b Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 831.
  36. Ap 2. 13 et Ap 13.
  37. a, b et c Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 864.
  38. Cuvillier 2008, p. 423-424.
  39. Cuvillier 2008, p. 422.
  40. Raymond E. Brown, op. cit., p. 865.
  41. a, b, c, d et e Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 865.
  42. a et b Frédéric Amsler, « Les apocalypses byzantines comme miroires sociaux », Religions et histoire, Faton, no 34 « Apocalypses juives, chrétiennes et musulmanes »,‎ septembre-octobre 2010, p. 42 (ISSN 1772-7200).
  43. Jean-Daniel Kaestli, « Histoire du canon du Nouveau Testament », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides,‎ 2008, 4e éd. (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 505.
  44. a et b Jean-Daniel Kaestli, « Histoire du canon du Nouveau Testament », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides,‎ 2008, 4e éd. (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 498.
  45. Jean-Daniel Kaestli, « Histoire du canon du Nouveau Testament », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides,‎ 2008, 4e éd. (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 495.
  46. Dans sa 39e Lettre Festale datée de 367, il propose la première attestation de la liste des 27 livres qui recoupe le Nouveau Testament que nous connaissons ; cf. Jean-Daniel Kaestli, « Histoire du canon du Nouveau Testament », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides,‎ 2008, 4e éd. (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 482.
  47. Jean-Daniel Kaestli, « Histoire du canon du Nouveau Testament », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides,‎ 2008, 4e éd. (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 502.
  48. a et b Jean-Daniel Kaestli, « Histoire du canon du Nouveau Testament », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides,‎ 2008, 4e éd. (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 499.
  49. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 837.
  50. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Cuvillier 2008, p. 415.
  51. premières et dernières lettres de l'alphabet grec, symbolisant l'existence de Dieu au commencement et à la fin
  52. a et b Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 839.
  53. a, b et c Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 843.
  54. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 844.
  55. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 847.
  56. a et b Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 849.
  57. a et b Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 851.
  58. Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 852.
  59. Cuvillier 2008, p. 416.
  60. a, b et c Cuvillier 2008, p. 418.
  61. a et b Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, Bayard,‎ 2011 (ISBN 978-2-227-48252-4), p. 866.
  62. L'Apocalypse de Jean et Le Livre de Daniel considérés dans leurs rapports réciproques
  63. Introduction aux Sept Trompettes
  64. Les remparts de Jéricho s'effondrent
  65. papyrus 115 (en) des Papyri d'Oxyrhynque
  66. l'empire grec des successeurs d'Alexandre chez Daniel, chapitre VII et l'Empire romain dans l'Apocalypse ; cf André Paul, article "La Bête de l'Apocalypse", in Encyclopædia Universalis, 2010
  67. site officiel de la commune de Saint-Chef et ses fresques
  68. Un doute subsiste en ce qui concerne l'épigraphe : GISLEBERTVS HOC FECIT située au milieu du tympan. Voir Pierre Alain Mariaux, « Quelques hypothèses à propos de l’artiste roman », Médiévales, no 44, Paris, PUV, printemps 2003, p. 199-214.
  69. "Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête." Apocalypse 12.
  70. http://www.maidenfrance.fr/dossiers/dossier_suite_204_104_the+number+of+the+beast.html
  71. http://www.seventhcircle.net/legend.htm
  72. Turville-Petre, G. Origins of Icelandic literature. Oxford : Clarendon Press, 1967. p. 60.
  73. Orchard, Andy. Cassell's dictionary of Norse myth and legend. London : Cassell, 2002. (Cassell reference). ISBN 0-304-36385-5.
  74. Simek, Rudolf. Lexikon der germanischen Mythologie. 3., völlig überarb. Auflage. Stuttgart : Kröner, 2006. (Kröners Taschenausgabe ; 368). ISBN 3-520-36803-X.
  75. The Poetic Edda. Ed. with translation, introd. and commentary by Ursula Dronke. 2, Mythological poems. Oxford : Clarendon press, 1997. p. 162. ISBN 0-19-811181-9.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John H. Alexander, L'Apocalypse verset par verset, La Maison de la Bible, Genève-Paris, 9e édition, 2001.
  • Hans Urs von Balthasar, L’Apocalypse, Éditions du Serviteur, 2000 (Court et dense commentaire).
  • E. Bernard Allo, Saint Jean, L'Apocalypse, éd. Large, 1933.
  • Georges Bordonove, Les quatre cavaliers, Julliard, 1962.
  • Ch. Brütsch, La clarté de l'Apocalypse, Commentaires bibliques, Labor et Fides, Genève, 1966.
  • Norman Cohn, The Pursuit of the Millennium, Fairlawn, N.J., Essential Books Inc., 1957 ; 2e éd. The pursuit of the millennium : revolutionary messianism in medieval and Reformation Europe and its bearing on modern totalitarian movements, New York, Harper, « Harper Torchbooks », 1961 ; 3e éd. revue et augmentée The pursuit of the millennium : revolutionary millenarians and mystical anarchists of the Middle Âges, Londres, Maurice Temple Smith Ltd., 1970 ; Londres, Paladin, 1970 ; New York, Oxford University Press, 1970 ;rééd. augmentée Oxford University Press, 1992 (ISBN 0195004566) ; Londres, Pimlico, 1993 (ISBN 0712656642), trad. (fr), Les fanatiques de l'Apocalypse. Courants millénaristes révolutionnaires du XIe au XVIe siècle, avec une postface sur le XXe siècle, traduit de l'anglais par Simone Clémendot avec la collaboration de Michel Fuchs et Paul Rosenberg, Paris, Julliard, « Dossiers des lettres nouvelles », [1962] ; revue et augmentée, Les Fanatiques de l'Apocalypse : millénaristes révolutionnaires et anarchistes mystiques au Moyen Âge, traduction revue par l'auteur et complétée par Maurice Angeno, Paris, Payot, « Bibliothèque historique », 1983 (ISBN 2228132101) ;
  • E. Cothenet, Le Message de l’Apocalypse, éd. Mame/Plon, 1995.
  • Elian Cuvillier, « Apocalypse de Jean », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides,‎ 2008, 4e éd. (ISBN 978-2-8309-1289-0)
  • Alain Decaux, La révolution de la croix. Néron et les chrétiens.
  • E. Delebecque, L’Apocalypse de saint Jean, éd. Mame, 1992 (Commentaire grammatical et philologique).
  • Max Gallo, Les Romains, Tome 2 : Néron, le Règne de l'Antéchrist, Fayard, 2006. (L'auteur part de l'hypothèse que Néron serait bien l'Antéchrist, désigné par saint Paul et par saint Jean).
  • Gaston Georgel, Les quatre âges de l'Humanité.
  • Léon Herrmann, La Vision de Patmos, Bruxelles, coll. Latomus LXXVIII, 1965 (texte grec de l'Apocalypse, avec traduction française en regard).
  • A. Läpple, L'Apocalypse de Jean, éd. du Cerf, 1970.
  • Pierre Mourlon Beernaert, Agneau et Berger, le Christ de l'Apocalypse, coll. Connaître la Bible, no 54, Bruxelles, Lumen Vitae, 2009, 80 p. (ISBN 978-2-87324-351-7).
  • Claire Patier, L'Esprit et l'épouse disent "Viens !" (Ap 22,17), coll. Connaître la Bible, no 32, Bruxelles, Lumen Vitae, 2003, 80 p. (ISBN 2-87324-214-0).
  • Paulin Poucouta, « L'Apocalypse johannique », dans Michel Quesnel et Paul Gruson (dirs.), La Bible et sa culture, vol. II, Desclée de Brouwere,‎ 2001.
  • Pierre Prigent, L'Apocalypse de saint Jean, éd. Labor et Fides, 2000.
  • Joël Rochette, Il nous a déliés de nos péchés. Lecture revigorante de l'Apocalypse de saint Jean, coll. Connaître la Bible, no 44, Bruxelles, Lumen Vitae, 2006, 80 p. (ISBN 978-2-87324-292-3).
  • Y. Saout, Je n’ai pas écrit l’Apocalypse pour vous faire peur, éd. Bayard, 2000.
  • L'Apocalypse de saint Jean illustrée par la tapisserie d'Angers, Éditions Diane de Selliers, 2010.
  • Gilles Quispel, Le livre secret de l'Apocalypse, Albin Michel, 1981.
  • S. Chamchinov, 7(sept) Tonnerres, « Laboratoire du livre d’artiste », Dives-sur-mer, 2010 : extraits d’Apocalypse de Saint Jean (version Louis Segond), jeu typographique, xérographie, 7 sceaux (gravures en relief), 7 peintures fac-similées d'après les peintures de Serge Chamchinov, papier Japon-Simili 80 g/m2, Buvard 110 g/m2, Himalaya 90 g/m2, format 305x305mm, tirage 12 exemplaires.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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