Al-Mutawakkil III

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Al-Mutawakkil III ou Muḥammad al-Mutawakkil `alā Allah[1] est le dernier calife abbasside. Son père Al-Mustamsik lui remet le pouvoir en 1509.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le 24 août 1516, le sultan mamelouk Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî perd la bataille de Marj Dabiq aux environs d’Alep (Syrie) contre le sultan ottoman Sélim Ier. Le calife abbasside al-Mutawakkil III y est fait prisonnier et Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî décède peu après la bataille. Son père Al-Mustamsik reprend ses fonctions de calife au Caire auprès du nouveau sultan mamelouk Al-Achraf Tuman Bay.

Après avoir conquis la Syrie, Sélim Ier prend l'Égypte. Al-Achraf Tuman Bay, dernier sultan mamelouk, est exécuté le 13 avril 1517 par Sélim Ier.

Selim s'empare des insignes du pouvoir califal détenus au Caire, cependant la transmission du titre de calife au sultan ottoman est une fiction créée au plus tôt à la fin du XVIIIe siècle[2],[3]. En 1922, ce prétendu titre de calife sera mis en avant par la Grande assemblée nationale de Turquie qui élit Abdülmecit II comme « calife » alors qu'il succède à Mehmed VI qui a été déchu du titre de sultan par la révolution menée par Mustafa Kemal Atatürk.

Al-Mutawakkil est mort en 1543 à Istanbul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en arabe : muḥammad al-mutawakkil ʿalā allāh, محمد المتوكل على الله « qui fait confiance à Dieu ».
  2. (en) Clifford Edmund Bosworth, op. cit. (lire en ligne), « The caliphs in Cairo 659-923/1261-1517 », p. 9, Janine & Dominique Sourdel, op. cit., « Abbassides, 749-1517 », p. 11 et Janine & Dominique Sourdel, op. cit., « Califat », p. 181 qui précise que le titre officiel de calife et de commandeur des croyants n'a jamais été pris par les Ottomans. C'est la constitution ottomane de 1876 qui prévoit que « le sultan en tant que calife est le protecteur de la religion musulmane. »
  3. Concernant cette transmission du titre de calife, Bernard Lewis écrit :

    « Il n'y a pas l'ombre d'un doute que cette histoire soit apocryphe. Ni les historiens égyptiens ni les historiens ottomans du XVIe siècle n'y font la moindre allusion et il est inconcevable qu'un événement de cette ampleur soit passé inaperçu. De temps en temps, les Ottomans firent usage de titres califaux, mais beaucoup d'autres monarques musulmans relativement mineurs en firent autant. [...] L'ère du califat universel était révolue et aucun souverain musulman n'y prétendit jusqu'à ce que l'idée en fut ressuscitée par les Ottomans à la fin du XVIIIe siècle.
    Cette revendication surgit pour la première fois dans le traité de Kaïnardji en 1774. [...] Afin de sauver la face, le sultan, tout en renonçant à la souveraineté politique sur la Crimée, fut autorisé à proclamer que « en tant que chef religieux suprême de l'Islam », il était le chef religieux des Tatars. »

    — Bernard Lewis, Islam, Paris, Gallimard, coll. « Quarto »,‎ 2005, 1333 p. (ISBN 978-2-07-077426-5), « Le langage politique de l'islam / Gouvernants et gouvernés », p. 732.


Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Janine & Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2004, 1056 p. (ISBN 978-2-13-054536-1), « Abbassides, 749-1517 », p. 5-12
  • André Clot, L'Égypte des Mamelouks 1250-1517. L'empire des esclaves, Perrin,‎ 2009, 474 p. (ISBN 978-2-262-03045-2)
  • (en) Clifford Edmund Bosworth, The new Islamic dynasties: a chronological and genealogical manual, Edinburgh University Press, 389 p. (ISBN 978-0-7486-2137-8, lire en ligne), « The caliphs in Cairo 659-923/1261-1517 », p. 7-10