Terrorisme

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Vidéo de sécurité du bâtiment du Pentagone pris pour cible lors des attentats du 11 septembre 2001[1].

Le terrorisme est l'emploi de la terreur[2] à des fins politiques.

Si historiquement le terme désigne le régime politique sous la Terreur pendant la Révolution française, son usage se transforme au cours du XIXe siècle pour désigner la violence politique (attentats, conflits asymétriques, assassinats politiques, etc.)[3]. Fréquemment utilisé par les journalistes et les chercheurs[4],[5],[2], son concept est critiqué par des chercheurs, en général[6] ou dans des cas spécifiques[7], le terme étant jugé subjectif et comme servant à retirer toute légitimité et tout aspect politique aux groupes ou aux actes auxquels il est appliqué[8].

Les multiples définitions (Alex Schmidt et Berto Jongman en 1988 en listent 109 différentes[8]) varient sur : l'usage de la violence (certaines comprennent des groupes n'utilisant pas la violence mais ayant un discours radical[8]), les techniques utilisées, la nature du sujet (mettant à part le terrorisme d'État), l'usage de la peur, le niveau d'organisation, l'idéologie, etc. Dans nombre de définitions intervient aussi le critère de la victime du terrorisme (civile, désarmée, innocente, attaque contre un État démocratique qui aurait permis au terroriste de s'exprimer légalement, etc.)[9]. Un grand nombre d'organisations politiques ont recouru au terrorisme pour faire avancer leur cause. Des partis de gauche comme de droite, des groupes nationalistes, religieux ou révolutionnaires, voire des états, ont commis des actes de terrorisme. Une constante du terrorisme est l'usage indiscriminé de la violence à l'égard de civils dans le but de promouvoir un groupe, une cause ou un individu.

Concept[modifier | modifier le code]

Histoire du mot[modifier | modifier le code]

Comité révolutionnaire durant la Terreur en 1793-1794, d'après Alexandre Fragonard.

Le mot « terrorisme » est attesté pour la première fois en novembre 1794, il désigne alors la « doctrine des partisans de la Terreur »[10], de ceux qui, quelque temps auparavant, avaient exercé le pouvoir en menant une lutte intense et violente contre les contre-révolutionnaires. Il s'agit alors d'un mode d'exercice du pouvoir, non d'un moyen d'action contre lui. Le mot a évolué au cours du XIXe siècle pour désigner non plus une action de l'État mais d'une action contre lui. Son emploi est attesté dans un sens antigouvernemental en 1866 pour l'Irlande, en 1883 pour la Russie (mouvement nihiliste), en Inde britannique (Jugantar (en)), dans les Balkans et l'Empire ottoman (l'Organisation Révolutionnaire Macédonienne, ORIM, qui pratique des prises d'otages d'Européens, et les comitadjilik arméniens, qui fournirent la matière d'un livre, Les comitadjis ou, Le terrorisme dans les Balkans à Albert Londres).

Selon François-Bernard Huyghe, l'attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800, la machine infernale du boulevard du Temple en 1835, les complots de carbonari « restent encore dans la tradition du tyrannicide » ; « le terrorisme au sens moderne naît avec les médias modernes »[11]. Celui-là, sous sa forme moderne, se répand au Moyen-Orient, avec l'assassinat du shah Nasir al-Dîn en 1896, dont la responsabilité morale est souvent attribuée, à tort ou à raison, à Jamal al-Dîn al-Afghani.

Il a acquis une connotation péjorative et désigne aujourd'hui les actions violentes destinées à répandre la terreur et ainsi faire pression sur un État. Elles visent souvent les populations civiles, afin de détruire, tuer et de mutiler. Ces attaques ont pour but de promouvoir des messages à caractère idéologique, politique ou religieux par la peur et la publicité médiatique.

Tentatives de définition[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Définition du terrorisme .

Le terme de terrorisme est aujourd'hui très fréquemment employé en droit international et par les institutions internationales, mais il ne donne pas lieu à une définition unique et universelle[12].

Certains éléments semblent faire consensus, le philosophe Jacques Derrida écrit ainsi : « Si on se réfère aux définitions courantes ou explicitement légales du terrorisme, qu’y trouve-t-on ? La référence à un crime contre la vie humaine en violation des lois (nationales ou internationales) y impliquant à la fois la distinction entre civil et militaire (les victimes du terrorisme sont supposées être civiles) et une finalité politique (influencer ou changer la politique d’un pays en terrorisant sa population civile) »[13].

Dans le cadre d'une guerre conventionnelle, il existe en effet un cadre juridique précis, le droit de la guerre. Les actes violant le droit de la guerre sont alors qualifiés de crimes de guerre. Les notions de terrorisme et d'acte terroriste servent donc à qualifier des actes en dehors du cadre bien défini de guerre conventionnelle et du droit de la guerre, même si leur définition précise n'est pas bien établie d'un point de vue strictement juridique, ou plus exactement, même si un usage peut en être fait à des fins d'intérêts politiques.

Pourtant, même une fois exclus les crimes de guerre, le terrorisme reste difficile à définir avec une précision satisfaisante. Une définition proposée par le Groupe de personnalités de haut niveau et le Secrétaire général de l'ONU en 2004 est soutenue par la France, elle précise : « toute action […] qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non-combattants, lorsque le but d'un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d'intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation internationale à prendre une quelconque mesure ou à s'en abstenir »[14].

Pour Laurent Bonelli, il est préférable de parler de « violence politique » et non de « terrorisme » car cela « permet d’éviter les impasses auxquelles conduit immanquablement l’usage de ce terme politiquement et moralement connoté. En effet, « terrorisme » ne décrit pas une réalité objective, qui s’imposerait à tous »[15].

Terrorisme et résistance[modifier | modifier le code]

On distingue le terrorisme des actes de résistances sur des critères techniques ou tactiques :

En effet, les résistants s'attaquent à des "cibles" précises, ils détruisent des moyens militaires afin d'enrayer l'effort de guerre ennemi (par exemple : sabotage des voies ferrées ou destruction de convois, qui permettaient l'acheminement de vivres, de munitions et de carburant aux soldats allemands sur le front de l'est) ; les résistants ne tuent pas au hasard, et encore moins des civils (non-combattants), s'ils sont amenés à tuer, ils ciblent des autorités militaires ou administratives ennemies, toujours dans le but de décapiter le potentiel d'effort de guerre d'un ennemi. Les résistants peuvent également organiser l'assassinat de « collaborateurs », et cela dans le but de contrer les actions de l'ennemi.

Les différents courants durant la Seconde Guerre mondiale comme les Francs-tireurs et partisans (FTP) qui se regrouperont pour former les Forces françaises de l'intérieur (FFI) que de Gaulle organise en un front uni de résistance à l'occupant nazi et au gouvernement de Vichy, celui de l'Organisation armée secrète [OAS], ou plus récemment en Grande-Bretagne avec la lutte de l'Irlande du Nord.

Membre des FFI à Châteaudun en 1944.

Jacques Derrida encore rappelle de manière précise que la définition du terrorisme dépend de la possibilité de distinguer différents types de guerres, d'actions armées et de combattants, conformément aux analyses de Carl Schmitt qui font référence en la matière. Il précise :

« Une lecture critique de Carl Schmitt, par exemple, serait fort utile [...] pour prendre en compte, aussi loin qu’il est possible, la différence entre la guerre classique (confrontation directe et déclarée entre deux États ennemis, dans la grande tradition du droit européen), la « guerre civile » et la « guerre des partisans » (dans ses formes modernes, encore qu’elle apparaisse, Schmitt le reconnaît, dès le début du XIXe siècle). »

Il est parfois difficile de distinguer entre des actes de résistance et des actes de terrorisme car les différents termes renvoient à une forme de légitimité supposée des objectifs politiques qui justifierait en partie les actes de violence commis. La perception de cette légitimité varie largement selon les protagonistes et observateurs ce qui complique grandement l'établissement d'une définition objective et acceptée universellement de la notion de terrorisme. Un cas d'autant plus complexe qu'il fait partie de l'actualité est celui de l'Irak, où diverses tendances de l'islam sont en guerre larvée et certains groupuscules armés recourent à des actes violents contre des civils irakiens ou étrangers. Se considérant résistants à l'occupation de leur pays par les États-Unis les auteurs de ces actes prétendent trouver dans ce statut la justification de leurs actions. Si par contre on refuse d'accorder ce statut de résistant, soit par déni de l'objectif politique (ne considérant pas que l'Irak soit occupé) soit parce qu'on considère que la violence extrême utilisée dépasse toute forme de justification, on parlera alors de ces actes de violence comme d'actes de terrorisme. Ainsi, l'appellation de terroriste sous-entend une complète illégitimité de ces actions alors que la définition de résistant sous-entend une légitimité à résister à l'envahisseur.

Pour éviter le « piège » sous-jacent à ne pas faire abstraction de la légitimité ou non de l'acte et qui est rappelé par le cliché qu'« un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre », une approche est de se focaliser sur les « objectifs opérationnels » et non pas sur les « objectifs politiques ». Selon M. Stohl, on sort de ce cliché en prenant en compte qu'« un individu est un terroriste quand il emploie des méthodes terroristes [et que b]ien que certains puissent vouloir argumenter que des fins particulières justifient des moyens particuliers, cela ne change pas ce que sont ces moyens. » Le terme « terroriste » fait ainsi référence à un moyen tandis que « combattant de la liberté » à une « fin ». Le premier est objectif et le second subjectif[16].

Les différents types de terrorisme[modifier | modifier le code]

Il existe quatre grands types de terrorisme :

  • le terrorisme individuel, provoqué par des rebelles, des anarchistes, ou des nihilistes (admettant une liberté morale)
  • le terrorisme organisé, prôné par des groupes défendant des idéologies différentes (ex : extrême gauche, extrême droite…)
  • le terrorisme d'État,
  • cyberterrorisme

Terrorisme individuel[modifier | modifier le code]

Le terrorisme individuel est une pratique qui s'est développée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Ce terrorisme a été pratiqué par quelques anarchistes, comme Ravachol vengeant la Répression de Fourmies en 1891 et Sante Geronimo Caserio, vengeant la répression exercée sur les anarchistes en assassinant en 1894 le Président Sadi Carnot. Les États-Unis ont connu une vague d'attentats anarchistes pendant la Peur rouge de 1919-1920. Des attentats d'inspiration anarchiste ou nihiliste ont été commis dans divers pays (Russie, Espagne, Italie, etc.).

Les attentats des nihilistes ou des anarchistes visaient (souvent pour venger la mort d'un de leurs anciens camarades due à la répression) des personnalités de la sphère politique ou proche (le riche, le militaire, le prêtre, le policier, l'homme politique, etc.) ayant participé à réprimer la population ou d'un de leurs camarades. L'idée étant qu'une fois supprimés les acteurs de cette répression, celle-ci s'estomperait dû à la peur des autres acteurs de la sphère politique répressive. Ce terrorisme avait un caractère spontané et une base sociale.

Terrorisme organisé[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il est pratiqué par un groupe de personnes ne représentant pas un gouvernement, on le nomme simplement terrorisme. Dans les années 1960 et 1970, le terrorisme d'extrême gauche et d'extrême droite[17] était le plus important, ayant des buts politiques différents, menant à une lutte directe ou indirecte avec l'État, dans le but (pour l'extrême gauche) de radicaliser politiquement la société vers des questions sociales, ou (pour l'extrême droite) d'imposer le débat nationaliste et/ou, dans une stratégie de tension, de créer une situation amenant l'État à faire descendre la police ou l'armée dans les rues.

Le type de terrorisme d'extrême gauche est souvent appelé lutte armée par ceux qui le pratiquent. Les membres des groupes terroristes s'appellent eux-mêmes généralement des résistants — ou des combattants, des partisans —, car ils considèrent qu'ils résistent à l'oppression du pouvoir politique en place, où qu'ils mènent des actions de libération, qu'ils comparent à celles menées par les Résistants à l'occupation nazie en Europe durant la Seconde Guerre mondiale.

Les terroristes se réclamant de l'islamisme se considèrent quant à eux comme des combattants de Dieu, menant une guerre sainte (traduction littérale qui ne fait référence qu'à la lutte physique incluse dans le terme Jihad, terme possédant d'autres significations). Depuis les années 1990, le terrorisme islamiste a pris une place croissante sur la scène internationale. Ses auteurs le justifient notamment comme une réponse apportée à la situation politique en Israël-Palestine et en Irak à la suite de l'intervention américaine.[réf. nécessaire]. Cependant, il a touché aussi bien des pays comme l'Algérie, l'Égypte, l'Indonésie, etc., où il n'y a pas de troupes occidentales et où il est difficile de parler de domination impérialiste. Dans ce cas là, son objectif est tout autre : c'est une démonstration de force contre des États où le pouvoir religieux extrémiste tente de renverser les gouvernements.

L'OAS, créée chez les Français d'Algérie au début des années 1960, mène une stratégie de terreur contre les musulmans supposés favorables au FLN. Elle essaie ensuite d'exporter la violence en métropole, contre les représentations du FLN et du PCF, puis contre le pouvoir gaullien, accusé de trahison. Aux États-Unis d'Amérique le Ku Klux Klan mène un terrorisme constant contre la population noire jusque dans les années 1960[18], ou bien dans d'autres groupements comme les auteurs des attentats des jeux d'Atlanta.

Les adversaires de ces groupes ou factions utilisent souvent le terme terrorisme pour désigner ces actions souvent meurtrières. Il faut donc être prudent car taxer ses adversaires de terroristes est une arme politique usuelle.

Terrorisme d'État[modifier | modifier le code]

Nombre d'incidents relevant du terrorisme en 2009.
Article détaillé : Terrorisme d'État.

On parle de terrorisme d'État dans le cas où des actions terroristes ont été mises en œuvre, commanditées, manipulées ou complaisamment ignorées par un État (ex. pas de mesure pour l'arrêter). Les méthodes employées sont strictement les méthodes du terrorisme (enlèvement, séquestration et assassinat) mais sous couvert de la raison d'État, les agents de l'État impliqués bénéficient de la part de ses autorités de l'assentiment nécessaire à outrepasser le droit et du support logistique et/ou financier nécessaire à leurs actions. Cette absence de cadre légal représente donc une entorse aux fondements de l'état de droit, quels que soient les objectifs recherchés.

Un exemple de terrorisme d'État est la « guerre sale » conduite par des services de l'État Espagnol à l'encontre du groupe armé nationaliste basque ETA. Les Groupes antiterroristes de libération (GAL) furent impliqués dans l'élimination physique de 37 personnes considérées comme appartenant ou soutenant l'ETA. L'affaire impliqua le gouvernement socialiste de Felipe González dont le ministre de l'intérieur José Barrionuevo et d'autres responsables furent finalement jugés et reconnus coupables dans le cadre de l'affaire « Marey » (du nom d'un citoyen franco-espagnol séquestré par erreur par les GAL). En dépit de cette décision initiale, ces commanditaires d'actions terroristes bénéficièrent d'une relative clémence de l'appareil judiciaire, comparativement aux membres de l'ETA qui arrivent en fin de peine initiale et dont la justice espagnole cherche actuellement à prolonger les condamnations.

L'expression « terrorisme d'État » est parfois utilisée pour décrire des agressions ouvertement commises par un État contre un groupe particulier. La terreur à la source du « terrorisme d'État » (des faits) peut aussi relever du « crime contre l'humanité » (un jugement).

Le terrorisme d'État est pratiqué par des services secrets à des fins politiques. Dans les années 1930, les services secrets soviétiques et italiens ont ainsi éliminé plusieurs de leurs opposants réfugiés à l'étranger ; par exemple, Ramón Mercader, un des exécuteurs travaillant pour le NKVD, a assassiné Léon Trotski et aurait tué une vingtaine de ses partisans[19]. Pendant la guerre d'Algérie, les services français en tant que la Main Rouge ont mené plusieurs centaines d'« actions homicides » contre des responsables du FLN et de l'OAS et contre leurs fournisseurs d'armes. Après les indépendances, des dictatures comme celle de Saddam Hussein en Irak, de Mouammar Kadhafi en Libye[20], du régime de la Corée du Nord ont aussi pratiqué la liquidation de leurs opposants à l'étranger.

Les démocraties modernes peuvent être accusées de terrorisme pour des actes comme le dynamitage du bateau de l'organisation Greenpeace en Nouvelle-Zélande par les services secrets français en 1984, ou le financement des Contras au Nicaragua par la CIA dès 1981.

Le noyautage d'organisations contestataires par des agents aux ordres directs du pouvoir permet d'en manipuler les actes à des fin d'auto-discréditation, tout comme la fausse revendication d'attentats, accréditant ces derniers à des groupes non directement impliqués. Le réseau stay-behind mis en place par les États-Unis en Europe après-guerre est suspecté d'avoir servi à des opérations false flag (voir Gladio en Italie par exemple).

Terrorisme économique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Terrorisme économique.

Le concept de terrorisme économique est controversé et le plus souvent utilisé de façon polémique ou démagogique pour associer le terme « terrorisme » à un pays, une entreprise ou un groupe accusé de pratiques abusives.

Il est néanmoins également utilisé de façon plus strictement définie pour désigner une tentative de déstabilisation économique par un groupe. Plus précisément, le Centre de politique de sécurité de Genève a défini en 2005 le terrorisme économique de la façon suivante :

« Contrairement à la "guerre économique", qui est menée par des États contre d'autres États, le "terrorisme économique" serait mené par des entités transnationales ou non-gouvernementales. Elle supposerait des actions variées, coordonnées et sophistiquées, ou des actes massifs de déstabilisation pour désorganiser la stabilité économique et financière d'un État, d'un groupe d'États ou d'une société (telle une société occidentale à l'économie de marché) pour des motifs idéologiques ou religieux. Ces actions, si menées, pourraient être violentes ou non. Elles pourraient avoir des effets immédiats ou infliger des effets psychologiques qui à leur tour peuvent avoir des conséquences économiques. »

« Cyberterrorisme »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cyberterrorisme.

L'influence de plus en plus grande des réseaux informatiques dans l'activité des populations et des États et leur dégradation par des « cyberattaques » a fait naître l'idée d'un possible « cyberterrorisme ».

En avril 2007, le déplacement d'une statue à Tallinn, capitale de l'Estonie, provoque une émeute d'un millier de jeunes issus de la minorité russophone[21]. L'émeute sera suivie au cours du mois de mai par une attaque par déni de service des principaux sites de l'administration estonienne, de banques et de journaux estoniens vraisemblablement par des pirates au service du gouvernement russe[22]. Moscou dément formellement toute implication du gouvernement et du principal service secret, le FSB.

Le conflit qui oppose l'Inde et le Pakistan se reporte régulièrement sur Internet depuis 2001, et se manifeste par des défacements de sites Internet[23] et par la diffusion de virus informatiques[24].

Le National Center for Digital Intrusion Response (NCDIR) a été fondé en 2007 par le FBI avec un budget de soutien de 3 millions de dollars pour traiter le problème de la cybercriminalité. L'objectif est de protéger la cyberinfrastructure des États-Unis

Exemples de terrorisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d'attentats meurtriers.

Voici une liste non-exhaustive d'actes terroristes :

Terrorisme d'État[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Terrorisme d'État.

Terrorisme politique[modifier | modifier le code]

Autres appellations[modifier | modifier le code]

Terrorisme à composante confessionnelle[modifier | modifier le code]

Actes terroristes[modifier | modifier le code]

Actes antiterroristes[modifier | modifier le code]

Le 29 avril 2012 est organisée à Paris à l'initiative de l'imam de Drancy une Marche citoyenne des musulmans de France contre le terrorisme et l'islamophobie[27] pour marquer la désolidarisation de cette communauté des meurtres de Mohamed Merah et prévenir tout amalgame. Cette manifestation ne rassemble toutefois qu'une centaine de personnes[28]

Terrorisme séparatiste ou d'indépendance[modifier | modifier le code]

« Terrorisme criminel » ou mafieux[modifier | modifier le code]

Méthodes terroristes[modifier | modifier le code]

Désarmement d'une voiture piégée à Mossoul en Irak.
Articles détaillés : Attentat et Guerre asymétrique.

Si le terrorisme se définit par sa finalité, il peut aussi se caractériser par des modes opératoires qui lui sont propres. C'est ainsi que les objectifs d'un attentat sont avant tout de marquer les esprits et non d'offrir un avantage stratégique comme lors d'opérations militaires d'une guerre conventionnelle.

Statistiques[modifier | modifier le code]

  • Vue d'ensemble des attentats manqués, déjoués et achevés en 2012 dans les États membres de l'Union européenne et par affiliation selon Europol[29] :
    • En 2012, 219 attaques terroristes ont eu lieu dans sept des États membres de l'Union européenne. La majorité de ces actes ont eu lieu en France, en Espagne et au Royaume-Uni. Après une diminution en 2011 (174), le nombre d'attaques terroristes dans l'Union européenne a augmenté à un niveau similaire de celui de 2010. À la suite des attaques terroristes, 17 personnes sont mortes et 46 ont été blessées en 2012.
États membres Inspiré religieusement De gauche De droite Séparatiste Non spécifié Total 2012
Drapeau de la Belgique Belgique 2 0 0 0 0 2
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 0 0 1 0 1 2
Drapeau de l'Espagne Espagne 0 7 1 46 0 54
Drapeau de la France France 4 0 0 121 0 125
Drapeau de la Grèce Grèce 0 1 0 0 0 1
Drapeau de l'Italie Italie 0 10 0 0 1 11
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni - - - - 24 24
Total 6 18 2 167 26 219
  • Le Centre national du contreterrorisme du Département d'État des États-Unis a recensé, dans le monde :
    • en 2005 : 11 023 actes de terrorisme faisant 74 327 victimes dont 14 482 morts - ces chiffres excluant les attaques touchant les militaires américains en zone de guerre -;
    • en 2006 : 14 338 actes de terrorisme faisant 74 616 victimes dont 20 515 morts;
    • en 2007 : 14 435 actes de terrorisme faisant 71 856 victimes dont 22 736 morts;
    • en 2008 : 11 725 actes de terrorisme faisant 54 653 victimes dont 15 727 morts;
    • en 2009 : 10 999 actes de terrorisme faisant 58 142 victimes dont 14 971 morts[30].
  • En 2011, un centre de l'OTAN sur le terrorisme recense, via les sources publiques, 11 965 actes de terrorisme faisant 17 403 morts, 25 368 blessés et 1 923 personnes enlevés[31].
  • En Inde, il y a eu 5 839 morts liés au terrorisme en 2001, 2 232 en 2009 et 1 902 en 2010[32].

Listes officielles[modifier | modifier le code]

Certains États et organisations internationales tiennent à jour une liste officielle d'organisations terroristes et de terroristes :

Terrorisme et culture[modifier | modifier le code]

Terrorisme et cinéma[modifier | modifier le code]

Il existe une longue tradition de films documentaires sur le terrorisme depuis 12 décembre (1972) de Pier Paolo Pasolini et Giovanni Bonfanti sur l'attentat de la piazza Fontana du 12 décembre 1969 à Milan jusqu'à des films plus récents comme le film de Pierre Carles et Georges Minangoy sur les anciens d'Action directe (Ni vieux, ni traîtres, 2006) ou le film de Barbet Schroeder sur Jacques Vergès qui s'attarde longuement sur ses relations avec le terrorisme (L'Avocat de la terreur, 2007)[40].

Parmi les films de fiction, on peut citer Solo de Jean-Pierre Mocky qui raconte comment, dans la France d'après mai 1968, un groupe de jeunes terroristes cherchent à faire des attentats pour « purifier le monde ». Claude Chabrol a ensuite fait un film sur le terrorisme avec Nada en 1973. Rainer Werner Fassbinder a réalisé La Troisième génération sur la fraction armée rouge en Allemagne de l'Ouest. Il traite aussi du terrorisme à la fin de Maman Küsters s'en va au ciel. Plus récemment, on peut citer le film biographique d'Olivier Assayas sur Carlos (Carlos, 2010).

Le film La Bataille d'Alger (La Battaglia di Algeri), de Gillo Pontecorvo (1966), montre des scènes des attentats terroristes et de guérilla urbaine des indépendantistes algériens contre les forces coloniales françaises durant la guerre d'Algérie.

Terrorisme et théâtre[modifier | modifier le code]

Dans Les Justes d'Albert Camus, on a un groupe de révolutionnaires russes qui projette d'assassiner le grand-duc Serge. La pièce s'inspire de faits réels qui ont eu lieu en Russie en 1905.

Terrorisme et philosophie[modifier | modifier le code]

  • L'opinion de Noam Chomsky, « Le fait est que le terrorisme fonctionne. C'est une très grave erreur d'analyse que de dire, et c'est souvent le cas, que le terrorisme est l'arme des faibles. »
  • Jean Baudrillard affirme :

    « Tous les discours et les commentaires trahissent une gigantesque abréaction à l'événement même et à la fascination qu'il exerce. La condamnation morale, l'union sacrée contre le terrorisme sont à la mesure de la jubilation prodigieuse de voir détruire cette superpuissance mondiale, mieux, de la voir en quelque sorte se détruire elle-même, se suicider en beauté. (…) Quand les deux tours se sont effondrées, on avait l'impression qu'elles répondaient au suicide des avions-suicides par leur propre suicide. (…) Tout système à zéro mort est un système à somme nulle. (…) Dans ce cycle vertigineux de l'échange impossible de la mort, celle du terroriste est un point infinitésimal, mais qui provoque une aspiration, un vide, une convection gigantesques. Autour de ce point infime, tout le système, celui du réel et de la puissance, se densifie, se tétanise, se ramasse sur lui-même et s'abîme dans sa propre surefficacité[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Flight 77, Video 2 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-26
  2. a et b Gérard Chaliand (dir.), Les stratégies du terrorisme, Paris, Desclée de Brouwer,‎ 2002, 250 p. (ISBN 2220050521), p. 10
  3. Le terme est aussi employé dans des expressions comme terrorisme intellectuel, conservant l'idée d'intimidation.
  4. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/08/25/97001-20100825FILWWW00580-terrorisme-2-arrestations-au-canada.php
  5. http://www.20minutes.fr/article/590261/article.php
  6. Xavier Crettiez (dir.) et Laurent Mucchielli (dir.), Les violences politiques en Europe : Un état des lieux, Paris, La Découverte,‎ 2010, 336 p. (ISBN 9782707164582), p. 25
  7. Par exemple dans le cas du Conflit nord-irlandais, voir CAIN, « A Glossary of Terms Related to the Conflict » (consulté le 18 août 2010) et (en) Richard English, Armed struggle: the history of the IRA, Oxford University Press,‎ 2003, 450 p. (ISBN 0195177533, lire en ligne), p. 448
  8. a, b et c Amel Boubekeur, Xavier Crettiez (dir.) et Laurent Mucchielli (dir.), Les violences politiques en Europe : Un état des lieux, Paris, La Découverte,‎ 2010, 336 p. (ISBN 9782707164582), p. 33
  9. Les définitions du terrorisme
  10. Paul Cadroy cité par le Trésor de la langue française (rechercher terrorisme)
  11. F.B. Huyghe, « Message et terreur, acteurs et vecteurs », note 4 pour les premières attestations du sens moderne de « terrorisme », page 2 pour la citation.
  12. (en) ONU
  13. « Qu'est-ce que le terrorisme international ? », Le Monde diplomatique, février 2004.
  14. « Nouvelles menaces : les propositions du Groupe de personnalités », Centre de Nouvelles ONU, 2004.
  15. Laurent Bonelli, « Un ennemi « anonyme et sans visage ». Renseignement, exception et suspicion après le 11 septembre 2001 », Cultures & Conflits, 58, été 2005. [lire en ligne]
  16. Tanguy Struye de Swielande, Le terrorisme dans le spectre de la violence politique, Les Cahiers du RMES, juillet 2004.
  17. essentiellement un « fantasme » selon le Que sais-je ? consacré à la question, édition 2002 [réf. nécessaire] . En Italie, les groupes Ordine Nero et les Noyaux Révolutionnaires Armés fomentèrent des attentats sanglants, dont le plus célèbre, et le plus meurtrier, reste l'attentat contre la gare de Bologne, qui causa la mort de 84 personnes en août 1980 (cf. Ariel Merari, « Du terrorisme comme stratégie d'insurrection », in Gérard Chaliand et Arnaud Blin (dir.), Histoire du terrorisme, Bayard, Paris, 206, p. 45.). Au contraire, Anne Schimel (Ceriep) rapporte que, selon des statistiques établies par le Ministère de l'Intérieur italien, 67,5 % des violences (bagarres, actions de guérilla et destructions de biens) qui ont eu lieu en Italie de 1969 à 1980, pendant les années de plomb, sont imputables à l'extrême droite; 26,5 % à l'extrême-gauche, et les 5,95 % restants à d'autres. De plus, 150 personnes ont été tuées par des actions terroristes imputables à l'extrême droite, durant cette période, en Italie, et 94 morts sont imputables à des attentats d'extrême-gauche. Voir Anne Schimel, Justice "de plomb" en Italie, Le Monde diplomatique, mars 1998.
  18. Il existe toujours aujourd'hui, très affaibli
  19. Vladimir Fédorovski, De Raspoutine à Poutine. Les hommes de l'ombre, Tempus, 2007, p. 84.
  20. Moussa Koussa, ministre des affaires étrangères libyen depuis 2009 fut expulsé de Londres en juin 1980 après avoir déclaré que son pays allait exécuter deux opposants sur le sol britannique.
  21. Estonie : Le déplacement d'un mémorial provoque une émeute sur Wikinews
  22. Test Site eSStonia par Hillar Aarelaid du CERT-EE,
  23. En Inde, on prend des coups au cybercafé, juillet 2001
  24. Les créateurs de virus se chamaillent sur un terrain de jeu virtuel, mars 2003 : « Selon le groupe The Indian Snakes, le ver W32/Yaha-Q a été écrit en réponse aux hackers pakistanais qui ont modifié l'apparence de sites Web situés en Inde. »
  25. ¿Qué les queda a las FARC?, sur http://www.semana.com,‎ 2008 (consulté le 30 octobre 2009)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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