South Stream

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Tracés des futurs gazoducs via l'Europe du Sud :
  •        Gazoduc Nabucco
  •        Gazoduc South Stream

South Stream (littéralement, « Flux du Sud ») est un projet de gazoduc paneuropéen qui, dès 2015, devrait relier la Russie à l'Europe occidentale. Ce gazoduc devrait avoir une capacité de 63 milliards de mètres cubes de gaz par an, qui sera acheminé sous la mer Noire vers la Bulgarie, puis la Serbie, l'Italie et l'Autriche. Son coût est estimé à 25 milliards d'euros[1]. Le 6 août 2009, la Turquie a donné son feu vert à la pose du gazoduc dans ses eaux territoriales.

Le projet permettrait à Gazprom de contourner l'Ukraine comme pays de transit, source de plusieurs conflits ayant provoqué les coupures d'approvisionnement à l'Europe. South Stream permettrait aussi de contrôler une grande partie des livraisons du gaz en provenance des gisements gaziers de la mer Caspienne et du Kazakhstan, concurrençant directement le gazoduc alternatif Nabucco, soutenu par les États-Unis et l'Union européenne, mais sans participation de Gazprom.

Historique[modifier | modifier le code]

La lettre d'intention de la construction de South Stream a été signée le 23 juin 2007 à Rome par Paolo Scaroni, PDG de la compagnie énergétique italienne ENI et le vice-président du gazier russe Gazprom - Aleksandr Medvedev - en la présence des ministres de l'énergie Pierluigi Bersani (Italie) et Viktor Khristenko (Russie). Le projet sera financé, détenu et opéré conjointement par Gazprom et Eni, avec des participations ouvertes aux pays de transit.

En 2009, EDF négociait sa participation au projet au côté de l'italien ENI[2]. En avril 2010, Vladimir Poutine déclarait que Gazprom et Eni céderaient 10 % chacun à EDF[3].

Le 7 décembre 2012, Gazprom lance symboliquement, en présence du président russe Vladimir Poutine, les premiers travaux de construction du gazoduc South Stream, destiné à livrer du gaz naturel à l'Union européenne via la mer Noire en évitant l'Ukraine[4],[5].

La suite significative des travaux et notamment le passage en off shore sous la Mer Noire ne devrait débuter que courant 2013[6].

Description technique[modifier | modifier le code]

Le gazoduc devrait transporter 63 milliards de mètres cubes de gaz chaque année. Les conclusions des études de faisabilité, effectuées par Saipem (filiale d'ENI) sont attendues pour 2008. La construction est prévue pour être terminée moins de trois ans après l'approbation des autorités de concurrence de l'Union Européenne. La livraison est attendue vers 2013. La construction devrait quant à elle coûter 8,6 milliards d'euros[7]. La fin des travaux du gazoduc est fixé au 31 décembre 2015, mais les parties s'emploieront à donner le coup d'envoi avant cette date, selon Alexeï Miller le président de South Stream[7].

Tracé[modifier | modifier le code]

Les 900 kilomètres (560 miles) de la section off shore de South Stream devrait débuter de la station de compression de Bregovaïa sur la côte russe de la mer Noire pour atteindre Varna en Bulgarie. De là, la route sud-ouest devrait continuer à travers la Grèce et la mer Ionienne jusqu'en Italie méridionale. La route nord-ouest devrait traverser la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie jusqu'en Autriche[8]. La partie Russe et Serbe du projet prévoit aussi l'extension de deux nouvelles branches partant de la Serbie vers la Bosnie[9] et la Macédoine.

Tracé bulgare[modifier | modifier le code]

Tracé serbe[modifier | modifier le code]

Les présidents serbe et russe, Boris Tadić et Dmitri Medvedev, signent l'accord sur la construction de South Stream en décembre 2008

Dans le cadre du projet South Stream, près de 47 milliards de mètres cubes de gaz russe et d'Asie centrale seront acheminés chaque année en Europe. Gazprom a fait de la Serbie une de ses priorités dans la région[10]. En effet, la Serbie sera le pays qui aura la plus grande partie du tracé sur son territoire, plus de 450 km[11], alors que la longueur totale du tronçon du gazoduc passant par la mer Noire sera d'environ 900 km. En Serbie sera également construit un réservoir souterrain (à Banatski Dvor[12]) de gaz capable de contenir environ 300 millions de m3, de quoi fournir tous les pays d'Europe de l'Ouest pendant une certaine période en cas de coupure du réseau. Pour pouvoir entretenir l'infrastructure serbe de South Stream, il est prévu de créer une coentreprise pour moderniser l'infrastructure serbe existante pour un coût total de 2 milliards €[13]. La création de 100 000 emplois sera nécessaire pour la réalisation de la totalité de ce projet[14]. Une fois le tracé terminé (en 2013) l'importance énergétique de la Serbie sera aussi grande pour l'Union européenne que l'Ukraine aujourd'hui, alors que l'importance de l'Ukraine pour Moscou sera moindre. La Serbie dépend du soutien de Moscou pour le Kosovo, elle est donc pour la Russie un partenaire bien plus fiable que l'Ukraine qui elle se tourne vers les États-Unis[15].(voir Relations entre la Russie et la Serbie)

En mai 2009, la Russie et la Serbie ont proposé à la Bosnie (plus particulièrement, la République serbe de Bosnie) et à la Macédoine d'être reliées à South Stream via la Serbie à partir de la ville de Paraćin, 2011 les contacts avec le président serbe de la république serbe de Bosnie, Milorad Dodik confirme la déviation vers Banja Luka[16]. Le 15 mai 2009, le président Dušan Bajotović de Srbijagas (49 % des parts du projet South Stream en Serbie) et Gazprom (51 %) ont signé l'accord de création d'une filiale qui gèrera le projet Gazprom en Serbie. Cette filiale serait basée en Suisse. À cette occasion, le président serbe Dusan Bajotovic a déclaré que le gazoduc ferait transiter entre 23,1 et 21,4 millions de mètres-cubes de gaz par an[11].

Tracé hongrois[modifier | modifier le code]

Le projet devrait partiellement remplacer l'extension prévu de Blue Stream vers la Turquie, au travers de la Bulgarie et la Roumanie vers la Hongrie. South Stream devrait également anéantir tout espoir de voir Gazprom rejoindre le projet de gazoduc Nabucco.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dépêche de RIA Novosti, le 6 août 2009
  2. source : communiqué EDF cité par Enerpress n) 9931 du 20 oct 2009, p 4)
  3. South Stream: Gazprom et Eni cèdent 10 % chacun à EDF
  4. www.boursorama.com « Faux départ pour South Stream », Boursorama.com avec Commodesk, mis à jour le 14 janvier 2013, consulté le 24 septembre 2013.
  5. www.lemonde.fr « Le chantier du gazoduc South Stream, qui doit relier la Russie à l'UE, est lancé », Lemonde.fr, mis à jour le 10 septembre 2012, consulté le 24 septembre 2013.
  6. www.lemonde.fr « La construction du gazoduc South Stream ne débuterait qu'en 2013 », Lemonde.fr, mis à jour le 10 septembre 2012, consulté le 24 septembre 2013.
  7. a et b http://fr.rian.ru/business/20090515/121611217.html
  8. RIA Novosti - Économie - South Stream: la Grèce fait grand cas du projet de gazoduc
  9. http://fr.ria.ru/energetics/20120921/196110041.html
  10. RIA Novosti - Opinions - Medvedev en Serbie: une visite-éclair qui en dit long
  11. a et b http://balkans.courriers.info/article12907.html
  12. RIA Novosti - Économie - Srbijagaz-Gazexport: vers la construction d'un entrepôt souterrain de gaz en Serbie
  13. RIA Novosti - Économie - Gazoduc South Stream: la coentreprise russo-serbe créée avant le 25 mai ministre)
  14. http://fr.rian.ru/analysis/20090129/119863653.html
  15. RFI - Ukraine – Russie - Pressions autour du gaz russe
  16. http://fr.rian.ru/business/20111122/192081490.html

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]